Catégorie:Les Fehnri

De Marches du Nord
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L'empire matriarcal de Fehn, loin au sud-est par delà les Mers Serpentines, est un pays de jungle et de brumes dont les enfants sont petits, la peau sombre et des cheveux noirs souvent frisés, souvent imberbes, souriants et volubiles.
Les deux empires se regardent en chien de faïence depuis des siècles, comme deux adversaires d'égale puissance se tenant de part et d'autre d'un large océan dangereux.

On trouve parmi les immigrés "remanisés" des marchands (d'esclaves, notamment), des diplomates, quelques artisans (dont d'excellents orfèvres, apothicaires et maroquiniers), des boutiquiers ouverts très tard, de soi-disant "magiciennes" et devineresses (qui ont intérêt à pas trop se faire remarquer), des artistes, des baladins, quelques guerriers aux armes exotiques et, surtout, toute la racaille que l'assemblée des Reines fehnri jette régulièrement à la mer sur de frêles esquifs plutôt que d'en encombrer leur territoire : des voleurs et escrocs de toutes sortes, des prostitués des deux sexes, les redoutables assassins Muets, quelques mercenaires et des esclaves échappés des chantiers perpétuels de Maolarana, "la capitale sculptée" en lutte perpétuelle contre l'invasion végétale.

Généralement matriarcaux (quoique cet aspect tendent à se modérer chez les immigrés de deuxième ou troisième générations), adorateurs des Matrones et de Fehen, la Déesse Noire maîtresse des secrets, de la sorcellerie et des insectes, les Fehnri forment au sein de l'Empire de Rem le peuple le plus mal traité (en dehors des géants). Et si certains d'entre eux commencent à s'aventurer vers les Marches du Nord malgré des conditions climatiques qui leur sont spécialement hostiles, c'est notamment parce qu'ils y trouvent une certaine liberté, peuvent espérer y accéder à la propriété terrienne qu'on leur refuse ailleurs et aussi parce que les Remans y ont d'autres souffre-douleur : les indigènes emishen.

Évidemment, ceux qui connaissent bien ce peuple ou en sont originaires ont une vision bien différente de cette société organisées autour des Ruches, des Matriarches et de la redoutée pègre des "Nocturnes".


Population Immigrée

Si le racisme est une banalité entre les différents peuples qui composent l'Empire de Rem, les « Noirauds » représentent néanmoins la seule véritable population "immigrée" et attirent pour cela plus que leur part d'attaques. Sans compter que, d'après le Culte des Pères, ils sont les rejetons de la Première Traîtresse, Fehen, et de ce fait l'une des rares ethnies du continent à pouvoir être asservies.

Depuis environs deux siècles que la coutume a pris à Fehn de bannir les réprouvés de toutes sortent (délinquants, orphelins, aristocrates en disgrâce...) en les lançant dans des radeaux sur la Mer Serpentine, plus de noyés que de rescapés se sont échoués, par milliers, sur les côtes du royaume de Horne (où ils ont depuis des siècles été employés comme esclaves dans les ports du Sanctuaire), du sud de l'Empire jusque dans l'estuaire de l'Arem et le duché de l'Estran. Nombre de ces survivants ont eut des enfants, et sous la pression des peuples des plaines, se sont concentrés dans les grandes villes de la côte ou des montagnes lointaines, d'abord dans le grand port de Narcejane où ils ont noué des amitiés avec l'Arche kerdane locale, puis dans la principauté de Duriane et aujourd'hui dans la Marche des Sylves et les Marches du Nord.

Quelques rumeurs circulent sur une colonie fehnri dans les Îles Kerdanes, mais pour ceux qui finissent dans l'Empire de Rem, en tous cas, la vie est rude. La population fehnri du continent compte environs 45.000 esclaves, largement employés au Marquisat de Horne et dans le sud de l'Empire et peut-être 50 ou 60.000 "libres citoyens de l'Empire".

Dans les faits, ces derniers sont presque universellement considérés comme malhonnêtes, ils n'ont pas le droit de posséder de terre (il leur est donc impossible de participer à l'agriculture, principale activité économique du continent), d'accéder aux emplois impériaux ou à l'armée régulière (ils n'ont techniquement même pas le droit de porter les armes) et leur religion est interdite dans la plupart des cités impériales. Le Culte des Pères ne se privent d'ailleurs pas de rappeler fréquemment que les enfants de Fehen sont la cause de tous les malheurs du monde, y compris la disparition des Premiers.

Bien peu de remans prendrait donc un fehnri en apprentissage (c'est mal barré pour l'artisanat), on leur fait rarement confiance dans le commerce et nombre de marins considèrent qu'ils portent la poisse (difficile d'émigrer plus loin). La garde ne les défend jamais non plus puisqu'ils sont tous considérés comme coupables a priori et les "noirauds" -tout spécialement les femmes- sont donc les victimes désignées de tout un tas de persécutions populaires dès que les navets poussent mal ou que le lait tourne.

Dans un tel contexte, il a bien fallu que les fehnri "remans" s'organisent pour survivre et c'est dans la principauté de Duriane, seul territoire "impérial" où ils ont la liberté de culte, qu'ils ont fondé leur principale communauté, largement soustraite aux yeux du reste de la population, recréant à divers égards la société dont ils sont issus : un matriarcat dirigé par des magiciennes.


De par l'organisation des "coteries" fehnri en Ruches et le peu d'effort que font leurs habitants pour déclarer les naissances autant que les décès, les chiffres de la population "libre" ont été gravement sous estimés et avoisinent plutôt les 250.000 individus, très largement concentrés autour de Duriane et des Sylves.

La principauté dalane en abrite aujourd'hui plus de 40.000 : au moins 20.000 rien que dans les bas-fonds de Duriane (plus de 3 fois les estimations des autorités princières) et encore autant dans les mines et les Hauts Bourgs environnant. Dans les Sylves, ils sont plus de 30.000, soit près de 10% de la population "impériale" de la zone conquise.

C'est ensuite dans l'Estran qu'ils se regroupent, rayonnant à partir de leur communauté "historique" de Narcejane (près de 11.000 fehnri dans la cité portuaire) vers les exploitations des marécages où plus de 25.000 d'entre eux ont trouvé une sorte de havre : ils fondent des villages lacustres et vivent apparemment en bonne intelligence avec les "bourbeux" des basses-terres estrani.

Ils sont au moins 30.000 autour de la capitale impériale d'Arnelore, serrés dans les taudis de la rive nord de la cité ou se louant comme journaliers dans les vignes et les champs qui bordent l'Arem à des 10aines de lieues à la ronde. Au récent Marquisat de Horne, près de 12.000 d'entre eux vivent et travaillent à Harroadarm, une des rares villes portuaires encore en activité, quand plus de 10.000 esclaves sont employés à déblayer les ruines côtières du Sanctuaire.

Enfin, dans les Marches du Nord, la ruche d'Aroche concentre près de 6.000 personnes. Une fois soustraits les 2.000 esclaves de Bragone, moins de 3.000 fehnris vivent dans le reste des marches, principalement dispersés entre Darverane, Salviane et Valmire, ou dispersés dans la campagne à la faveur des lopins distribués par l'Armée Impériale. Car si le Nord est le seul endroit où les Fehnri puissent porter les armes, ils représentent en fait plus de 1.000 soldats dispersées dans divers régiments.


Société

Isolé dans ses ruches, le peuple fehnri de l'Empire a reproduit en miniature la structure sociale de Fehn, ou une "Assemblée des Reines".

Au sommet de la hiérarchie se trouvent les Matrones, la caste des magiciennes, des stratèges et des architectes, placées sous le signe de l'Araignée. Parmi elle, la doyenne et/ou la plus noble-née sera la Matriarche, toujours initiée à la sorcellerie, régnant sans partage sur sa "coterie", c'est à dire non seulement sa descendance et leurs familles mais aussi leurs employés, leurs "clientèle" et la foule de leurs débiteurs (voir plus bas).

En dessous se trouvent une bourgeoisie d'artisans, artistes, médecins, enseignantes, boutiquières, escrimeuses, jardinières (si, si) qui consacrent leurs prières au Scarabée. Presque tous appartiennent à l'une ou l'autre coterie et espèrent s'élever dans cette hiérarchie par l'excellence de leur travail : la pratique générale de la méritocratie et la place donnée à la fortune dans la société fehnri permettant de s'y élever en étant très bon dans son métier, très utile à la communauté ou en devenant très riche. Le seul palier réellement infranchissable étant celui de "magicienne", parce qu'il faut avoir été élevée par elles pour en devenir une (mais, à Fehn, toutes les familles leur offrent les fillettes prometteuses qui serviront au bas mot "d'assistante").

Mais la majorité des fehnri travaillent comme porteurs, lavandières, balayeurs, femmes de chambre, fileuses, maçons, courtisanes, ouvriers agricoles, muletières, bouviers... Ils s'échinent sous le signe de la Fourmi et comme ils ont déjà moins d'espoirs d'ascension, ils sont nombreux à se tourner vers les Nocturnes.

On travaille en tous cas énormément, chez les Fehnri (en plus de faire plein d'enfants) : de leur plus jeune âge (dès qu'on sait parler et marcher, on file un coup de main à la maison) et presque jusqu'à leur mort, même si avec l'âge leur activité évolue vers la comptabilité, les travaux d'intérieur, les tâches les moins fatigantes, etc. Il n'y a guère de bouches inutiles et pas d'indigents dans les ruches : tout le monde doit contribuer à enrichir son peuple et sa coterie et, surtout, tout le monde compte ses billets.

En effet, le peuple des jungles pratique largement l'usure : si on a de l'argent, il est même considéré comme vertueux de le prêter avec intérêts à ceux qui en manquent. Les Fehnris sachant tous compter et presque tous écrire, on établit beaucoup de "billet de crédits" et on commerce même largement des emprunts à tout propos... et les pauvres se retrouvent souvent endettés à vie auprès des riches, qui "tissent leur toile" de débiteurs, au centre desquelles se trouvent presque toujours une matriarche.
Vus les horizons économiques limités que leur offrent l'Empire, ce système économique a produit une sorte de mafia, c'est à dire une société beaucoup plus fermée et violente qu'elle ne l'était à Fehn, où une grande part de l'activité économique est illégale selon les lois impériales quoiqu'elle ne soit pas forcément criminelle, mais où au moins les Nocturnes protègent effectivement leurs compatriotes des constants abus des "blafards" (les continentaux, quoi : Remans, Dalanes, Ondrènes...).


Persécutions

Parce qu'ils sont visiblement étrangers et même étranges, qu'ils vivent en communautés séparées du reste de l'Empire, qu'on les considèrent généralement comme des criminels ou mêmes des sorciers (!) et parce qu'ils descendent sensément de la Traîtresse originelle Fehen, les Fehnri servent fréquemment de boucs-émissaires aux Impériaux. Le fait qu'on leur interdise de posséder des terres, qu'ils exercent en conséquence nombre des métiers les plus dépréciés et qu'ils arrivent pourtant à prospérer ne fait qu'empirer le sentiment qu'ils sont des parasites de l'Empire.
Aussi, quand les épidémies frappent, que les récoltes sont mauvaises ou que les marchés s'effondrent et que la révolte gronde, la populace s'en prend fréquemment aux Noirauds lors de pogroms plus ou moins spectaculaires : on les tabasse dans les rues, on pille leurs échoppes, on en pend ou en démembre quelques-uns et, à l'extrême, on incendie leurs ruches. Si ces exactions sont désormais interdites à Duriane (ne serait-ce que pour éviter de déséquilibrer l'économie de la principauté ou de bouter le feu aux autres habitations), elles restent relativement courantes dans les duchés et colonies ondrènes où, en plus des persécutions courantes, de grands massacres racistes surviennent tous les 20 ou 30 ans.

L'un des exemples les plus frappants s'est ainsi produit au début de la Révolte des Ondrènes, dans la colonie de Salviane. Les Fehnri s'étaient installés en nombre et depuis longtemps dans cette région forestières, où ils participaient largement à l'essor économique en exerçant les fonctions d'apothicaires, d'herboristes et de médecins : si c'est dans les faubourgs de la jeune cité qu'ils étaient les plus nombreux, on trouvait une famille de rebouteux fehnri dans presque chaque village des alentours.
Mais en l'an 11 È.I., les récoltes avaient été si maigres que la disette menaçait avant-même que la Révolte n'oblige les nobles à appauvrir encore leur peuple pour ravitailler leurs duchés au sud des Monts Voilés. L'hiver apporta alors une épidémie de grippe qui tua des milliers de colons mais épargna, de fait, les Fehnri apothicaires : il n'en fallu pas plus pour que se répande la rumeur que les Noirauds étaient à l'origine de la maladie. Au mois des Loups, la populace s'en prit à eux dans toute la ville pour dévaster leurs boutiques et s'accaparer leur supposée fortune, puis les poursuivit jusque dans les campagnes pour les envoyer au bûcher afin de "repousser le mal" (sans grands résultats sanitaires, évidemment).
Si les chroniques officielles n'ont guère fait l'effort de dénombrer les victimes, les érudits kerdans estiment que plus de 5.000 Fehnri furent ainsi massacrés en trois huitaines. Les survivants affolés disparurent un temps au fond des bois, avant de reparaître au printemps et de ré-investir, graduellement, le faubourg de la Marne lorsque la carrière locale manqua de main d'œuvre. Mais leur communauté ne commis plus l'erreur de se disperser et se concentre aujourd'hui dans ce seul quartier de Salviane, encore plus misérable depuis la fin de l'extraction de craie mais désormais enclos dans les murailles de la cité.


Archétypes

Archer, baladin, assassin, médecin, marin, mineur, devineresse, escroc ou voleuse lié(e)s aux Nocturnes de Duriane, prostitué(e), mercenaire, contrebandier, colporteur, marchand d'esclaves ou dresseur de géants...

Noms fehnri : le nom de famille exprime une appartenance à une Matriarche et les prénoms sont généralement à consonance hindou ou indonésienne : Abhijeet, Asandratra, Anjali, Baidehi, Kishan, Chandni, Ramesh, Haripriya, Shubham, Jehannaz, Vikram, Meera, Himesh, Padma, Laghima, Barijaon, Isha, Anjavid, Baijayanthi...

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