46) "Noces d'Argent"

De Marches du Nord
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Au mois des Loups de l'an 38, alors que la neige tapisse la Marche des Lacs, l'Honorable sénéchal des mines Adira Pratesh et sa fiancée Lamùdhali quittent leur château de Solerane pour rejoindre la forteresse de Tal Endhil, désormais dirigée par le capitaine-chevalier Herle de Lorune, où se préparent les spectaculaires noces des deux tourtereaux.
Unir ainsi deux lignées fehnri est déjà une gageure en temps normal, et la fortune enviée d'Adira exacerbe les tensions alors que d'affreux Écorcheurs cavalent encore dans la vallée des Lacs en Paliers. En l'absence de son précieux cousin, Adira a donc choisi de tenir les festivités dans la ville qui a certes fait son succès mais surtout sous l'œil attentif de deux chevaliers ondrènes, armés jusqu'aux dents, hautement résistants à l'alcool et qui ne tolèreront aucune sorcellerie : espérons que ça suffise lorsqu'on commencera à déterrer les querelles des Lignées Fehnri et les souvenirs d'enfance des deux cousins Pratesh...


PROTAGONISTES :
● l'inénarrable Adira Pratesh, armateur, négociant international, brasseur et depuis peu châtelain,
Devanagari Lalsangesh, émissaire des Lalnyhari et ami des deux fiancés,
● sa jeune collègue Shurya,
● le capitaine Herle de Lorune, connu dans toutes les Marches comme chasseur de sorcier, commandant la place-forte et de facto, le service d'ordre,
● cousin et lieutenant du précédent le chevalier Tharcem de Garde-Lunes.


Pratsumri & Lamùshandri

En voulant épouser Lamùdhali –"princesse" de la ruche des Braseros d'Améthyste rescapée des purges de Saraatsha, amie d'enfance de la (pas tout à fait) défunte Soashna dont elle est quasiment le sosie et qu'elle a un temps remplacée comme vedette du bordel darverin la Soyeuse, l'imprudent Adira se propose en fait d'unir deux puissantes lignées de la ruche des Jardins Enfouis, creusée sous la lointaine cité de Duriane et à qui les Marches du Nord étaient interdites depuis des générations par les Seigneurs du Nord, l'Ondhor et même la Cour des Marauds.


Adira est né dans la lignée des PRATSUMRI : descendante de la lignée de Pratvindrah (exilée de Fehn après avoir été vaincue par les Lalnyhari), celle de Pratsum rassemble les Fehnri "campagnardes" habitant les hauts-bourgs qui entourent la cité de Duriane. Beaucoup de leurs mâles sont ouvriers ou machinistes à l'Arche des Sources, le comptoir kerdan installé le plus loin de la mer par les Venderine et dont les scieries débitent les gigantesques arbres-ancêtres ramenés des Sylves voisines avant d'expédier ce bois précieux sur le fleuve Arem. Les autres sont plutôt palefreniers, muletiers ou charretiers pour les femmes qui dirigent la véritable affaire familiale : la contrebande.

Officiellement de simples transporteurs au service des véritables Maisons Marchandes (en particulier les Anvarel, dont leurs clients les Durgaut !), les petits chariots colorés des Pratsumri sillonnant les alpages de Mongar et d'Anguedale pour former une filière si efficace que, un peu avant le début de l'Ère Impériale, les Seigneurs du Nord leur avaient carrément interdit de traverser la Passe des Corneilles de crainte qu'ils n'envahissent toutes les Marches du Nord. La branche septentrionale des Pratvindri était pourtant installée de longue date à Darverane et jusqu'à Salviane mais, ainsi détachés de la lignée de Pratsum depuis 40 ans, les contrebandiers "nocturnes" des Marches ont largement pris leur indépendance des Jardins Enfouis.
Certaines d'entre elles se sont néanmoins fait une spécialité de contourner les frontières, comme le roué Rabindranath Pratvindresh (portant mâle, et plus connu sous le surnom de Malvolio) dont les insaisissables Fourmis ont longtemps été les seules à relier, parfois, les Pratvindri à leur lignée d'origine.

Au mariage, les Pratsumri sont représentées par :

  • la Distinguée Pralmanuri, émissaire des Jardins Enfouis, est arrivée très discrètement à Darverane juste avant les Talendans [1], dissimulée derrière les employés dalanes de sa caravane livrant notamment du matériel à l'état-major de Bragone (!). Si elle espérait clairement y prendre le contrôle du ghetto fehnri, très affaibli depuis les émeutes dans la ville basse, mais les Matrones locales se sont vite placées sous la protection des Lalnyhari pour échapper à l'influence de leur maison-mère (!?).
  • la matrone Pralindrah, surnommée "Tantine Praline" par les dizaines de mômes qu'elle a élevés (au fouet) pendant que leurs parents muletiers convoyaient ses cargaisons ou étaient réduits en esclavage (comme ceux d'Adira). Accompagnée du jeune Tarang Pratesh (copain d'enfance d'Adira), techniquement au service de Pralmanuri, Tantine entend bien ramener dans son giron celui de ses gamins qui (de loin) le plus réussi...
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La belle Lamùdhali descend de la bien plus noble lignée des LAMÙSHANDRI : alchimistes et influentes politiciennes car en fait les horticultrices des Jardins Enfouis, elles ont jadis fondé la ruche des Braseros d'Améthyste avec leur alliées Saoshri [2], mais elles en ont perdu le contrôle il y a un peu plus de 20 ans quand Saraatsha a remporté le "jeu des princesses" puis, à l'encontre des traditions, décidé d'asseoir son pouvoir en massacrant ses concurrentes vaincues (sans d'ailleurs faire trop de distinction entre les Lamùshandri et celles des filles de Saosh qui soutenaient leur règne depuis des générations).

Mais le problème qu'on les Lamùshandri avec ce mariage vient de ce qu'il leur apparaît comme une officialisation des velléités d'indépendance qu'elles ont toujours combattu : non seulement les Fehnri des Marches du Nord ont échappé à l'autorité des jardins Enfouis mais Adira lui-même avait abandonné les Pratsumri depuis des années suite à "une regrettable affaire" (voir Secret précédent) et a même poussé l'affront jusqu'à caché pendant deux ans un assassin-dissident des Lamùshandri, en le présentant partout comme son "cousin Vighnu".

La seule horticultrice à avoir fait le voyage jusqu'à Tal Endhil est donc l'Estimée Pépiniériste Lamyang, vieille matriarche aigrie et l'arrière-grand-mère de Lamùdhali venue délivrer en personne une horrible menace : si la Soyeuse déshonore les Lamùshandri en épousant Adira, sa lignée emploiera le pouvoir qu'elle a sur toute ses descendantes pour la priver d'enfanter à jamais !


Dans l'antichambre

Le mariage va bientôt avoir lieu et la mariée se prépare. Est ce le stress du mariage ou le fait que son mari ait invité la vieille Lamyang... mais le moral de Lamùdhali n'est pas au plus haut. Pour essayer de la remettre d'aplomb, on fait appel à la seule fenhri "alliée" pour l'aider à se pomponner (maquillage, coiffure, rob...), la jeune Shurya... qui malheureusement n'est pas du tout doué avec la chose. Heureusement Devanagari Lalsangesh est présent et c'est lui le pro en la matière.

Le marié vient toquer à la porte de sa belle pour s'enquérir de son état, Shurya l'envoie gentiment paître en lui disant qu'il avait intérêt à trouver une solution pour que la cérémonie se fasse. Shurya se demande bien ce que la jolie et gracieuse fenhri peut bien trouver à ce petit homme... Malgré tout, au vu de la réputation qui le précède et de tout ce qu'il a accompli, il doit bien cacher son jeu et avoir de nombreux plans dans sa besace (spoiler alert: non).
Alors que ce dernier s'en allait, la marié se lève, va le chercher et tout ce beau monde se retrouve dans la chambre pour discuter d'un plan.

Plusieurs hypothèses sont émises et une petite séance de brainstorming intense est organisée pour trouver ce qui pourrait intéresser assez chacune des parties. D'abord, les Lalnyari propose d'adopter Lamùdhali Assez rapidement, le nom de Saraatsha survient et son élimination est sur la table. Cela permet à Adira Pratesh de faire la lumière sur qui elle est réellement, son passé (en tant que Princesse) et son ascension (pourquoi a t'elle massacré toutes les concurrentes) parce que c'est en connaissant mieux son ennemi qu'on peut le vaincre. Il en ressort que Saraatsha est folle, cruelle, sadique, pleine de rancoeur, cannibale et que c'est une sorcière dangereuse et talentueuse. Sa mort arrangerait vraiment Lamyang (et pas qu'elle d'ailleurs).

Autre point, Lamyang et sa lignée ont beau être des herboristes douées, elles ont un cruel besoin d'argent. Adira Pratesh sait qu'elles sont capable de produire une substance rare, appelé Nectar, une décoction capable d'élargir les capacités magiques... quelque chose que même les Lalnyari ne sont jamais réussi à produire. Shurya se montre forcément très intéressée et sait que sa lignée le sera aussi.
Un plan commence à se mettre en branle et qui impliquerait tout le monde: les Lamùshandri produirait le fameux nectar, les Pratsumri se chargerait de la partie transport, les Lalnyahri de la partie débouchés commerciaux. Pour ce plan, il faudra quand même gérer la partie Archerune (actuellement les Pratsumri ne peuvent y aller); la ville est dirigée par la cour des marauds et le roi d'Obole (en réalité une confrérie de magiciens).

Tharcem de Garde-Lunes essaye d'écouter à travers la porte mais ne parlant pas le fenhri, il ne comprend rien.

Fourchettes, poignards et tractations

La cérémonie approche, les invités commencent à trouver le temps long.

Pour les faire patienter, Adira Pratesh sort de la chambre pour essayer de négocier avant le début de la cérémonie, l'accord de Lamyang. Cette dernière a décidé de s’asseoir à une table, elle est entourée de deux gardes du corps. Elle est habillée d'un habit noire qui ne laisse apparaitre que ses yeux.

Herle de Lorune est dans la salle, à surveiller tout le monde.... En effet, qui dit "fête + alcool + Talendans" = problème assuré. Ce dernier est aussi là pour gérer le côté "majhique" de certaines personnes présentes.. quand il se rend compte, grâce à son gros fourreau qui vibre, que Lamyang a apparemment des sorts actifs sur elle. Il va donc la voir et, avec la subtilité et la politesse qu'on lui connait, lui demande d'arrêter avant que ça dégénère. Sèche comme un pruneau, et à jeun, la vieille Lamyan ne daigne même pas répondre à Herle (après tout, ce n'est qu'un mâle, donc inférieur!) mais, sans rien dire, décide d'obtempérer et de stopper ses sortilèges (ou en tout cas, ceux qu'Herle peut détecter!).

Dans la salle, on s'impatiente. Adira Pratesh va d'abord discuter avec Tantine et l'informe des enjeux en cours. Il va ensuite parler avec Lamyang et, évidemment, ça ne se passe pas bien. Il n'est pas sûr de lui, ne respecte pas le protocole... et tout ce qu'il peut lui dire ne semble pas l'intéresser.
De son côté, la mariée s'inquiétant du non retour de son époux, envoie Devanagari s'enquérir de la situation; ce dernier, quand il voit le pétrin dans lequel Adira est empêtré, se permet d'intervenir. Evidemment, grâce à sa politesse, son respect des us et coutumes, et ses belles paroles, il arrive à capter l'attention et un début d'approbation de la part de Lamyang et de ses gardes. De plus, Lamùdhali devant bientôt une Lalnyari, faire en sorte que les deux lignées s'entendent bien, serait la bienvenue.

Devanagari reformule les propositions d'Adira et même si cela semble un tant soit peu convenir à Lamyang, ce ne sera pas suffisant. Devanagari envoie Adira parler à Pralmanuri pour qu'elle vienne se joindre à leur groupe.

De leur côté, Herle de Lorune et son cousin Tharcem de Garde-Lunes discute entre eux et la philosophie qui en ressort est un bon descriptif des deux larrons: "Mon cousin, on s'ennuie fort, dans ces mariages de noirauds, vous ne trouvez pas ? Ca manque cruellement de gnons." Pour donner un côté plus festif à son armure, Tharcem s'est épinglé une fleur à la boutonnière.

Adira discute avec Pralmanuri et essaye de la mettre de son côté. Là aussi, la faiblesse des arguments et le manque de conviction... ça ne fait pas autant mouche que prévu. Néanmoins, il réussit à capter (un peu) son intérêt en la chargeant du transport du Nectar... mais surtout en lui assurant qu'il pouvait gérer le souci d'Archerune.

Pralmanuri rejoint Lamyang et Devanagari et fait en sorte de soutenir Adira... mais cela ne fait pas pour autant pencher la balance. De plus en plus de personnes s'impatiente... des membres de la guilde marchande commence à s'asseoir et à manger mais sont assez vite repris par Herle. Un choix s'offre à Adira: lancer la cérémonie sans avoir (encore) l'approbation de Lamyang (ce qui compliquerait encore la situation) ou alors encore attendre... il décide de passer outre.

Un mariage sans enterrement

De la musique se fait entendre du couloir, s'approchant, avec que des danseuses, avec leur nombreux voiles, fassent interruption dans la salle. Cette troupe de haute volée, engagée par les Lalnyahri, fait sensation: une danse magnifique, avec des voiles dégageant des parfums oniriques... ces derniers sont en plus visibles et, quand les danseuses se rapprochent des flammes des feux, cela se colore de multiples façons.

Lamùdhali fait son apparition, splendide, captivante, captant tous les regards. Dans une tentative presque désespérée, la jeune femme demande l'approbation de l'union par Lamyang... mais la matrone ne lâche rien! Cette dernière passe outre et la danse continue.

C'est ensuite au tour de Herle de Lorune de mener le mariage... et quel mariage! Son discours, emplie de références, de citations et de poèmes Hornoises (que la plupart des gens ne comprennerent pas, faut de parler la langue!)... mais ses phrases vibrantes touchèrent le coeur de tous et fit naître des larmes aux yeux de nombreux convives!

(voici un extrait)
Iucundum, mea vita, mihi proponis amorem
hunc nostrum inter nos perpetuumque fore.
di magni, facite ut vere promittere possit,
atque id sincere dicat et ex animo,
ut liceat nobis tota perducere vita
aeternum hoc sanctae foedus amicitiae.

Et enfin, le moment de grâce arrive: à la bouffe! Nos protagonistes sont assis non loin. Shurya en profite pour faire connaissance avec Tharcem de Garde-Lunes; ce dernier semble fort sympathique bien qu'un peu limité (surement un double jeu de sa part... Shurya le connait de réputation!). Herle de Lorune échange un peu avec Lamyang pour vanter les hauts faits de sa femme, Mérane "Roulier". Quand Lamyang apprend notamment que Mérane travaille avec Larmont d'Orsane, elle est agréablement surprise. La vieille Matriarche commença à se dire qu'Adira Pratesh n'était finalement pas aussi désespérant qu'elle ne l'avait pensé car il semble entouré de personnes douées... elle se mit donc à un peu moins le mépriser. Shurya et Devanagari Lalsangesh continuèrent à vanter les mérites d'Adira...

Un scandale fut éviter de peu quand un membre de la guilde marchande, peu aux faits des coutumes fenhri, décida de mettre une main aux fesses d'une danseuse... celle-ci, réprima ses pulsions premières et ne fit qu'entailler, avec un stylet tranchant, la joue du vil faquin. Le drame fut évité de peu... et il aurait été dommage qu'une meurtre eu lieu en plein repas.

Ce dernier tente, une énième fois, de convaincre la vieille; Adira propose même que ce soit son cousin, Vighnu Pratesh, qui se charge du cas de Saraatsha. A force d'obstination, et grâce à l'aide de ses camarades, ses arguments commence à compter et, finalement, Lamyang cède et finit par accepter le mariage... et va même plus loin, elle accepte de ne plus essayer d'éliminer la Lame Noire du Nord et que ce dernier serait même pardonné s'il tue Saraatsha (ou meure en essayant).

Tout est bien qui finit bien... les festivités continuèrent dans la joie et la bonne humeur.


  1. À la fin de l'été 38.
  2. Les Saoshri dont sont issues Saraatsha, Sariégushni, Soashna et quelques autres "sorcières" rencontrées par les Talendans

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