Esh'lelil

De Marches du Nord
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En Langue des Vents, Esh'lelil signifie «Celui qui Chuchote»...


-INACCESSIBLE SANS AUTORISATION EXPRESSE DU MJ-


Créée au sein des Lewyllen de l'Aile de l'Orind, l'organisation des Chuchoteurs est l'unique service secret emishen : un secret extrêmement bien gardé puisque l'immense majorité d'Emib ignore seulement que certains peuvent mentir ou se dissimuler pour "de bonnes raisons", et a fortiori faire de l'espionnage. Coup de chance pour les Chuchoteurs : les Dirsen n'ont plus n'ont pas la moindre idée que c'est possible, facilitant largement le travail d'une société secrète qui en a bien besoin, puisqu'elle est par ailleurs très restreinte, débutante et, paradoxalement, pacifique...


1) FONDATION
Il y a presque deux générations, lorsque le Royaume des Aramides a commencé à se constituer en un futur "empire", les Lewyllen de l'Aile de l'Orind, qui commerçaient jusqu'en terres ondrènes et dalanes, ont été témoins du lent accouchement de la nation remane, puis des premières conquêtes au sud (Horne) et à l'ouest (les petits royaumes Sylvains). Parmi l'Aile méridionale, les plus lucides ont alors réalisé qu'avec la mer à l'est, la prochaine expansion se ferait sans doute plein nord, au détriment du Peuple des Vents. Il y a donc près de 40 ans que leur tribu a pris conscience de la menace que représentent les Dirsen et, étant tout de même des Emishen, ils ont d'abord tenté d'amortir le choc, de négocier, de temporiser et de prévenir les autres tribus. À peu près en vain d'ailleurs, puisque les Remans n'avaient pas vraiment l'intention de négocier et que seuls les guerriers So'Sherkan ont vraiment pris conscience de la situation, et se sont préparés pour la guerre.
Lorsque la "colonisation douce" a soudain tourné à l'invasion militaire, les Lewyllen sont alors devenus aux yeux de certaines tribus "ceux par qui le malheur arrive" (ou carrément de vils collabo), et certains des chefs et chamans de la tribu des Corneilles ont pris un sévère virage culturel : mettre au point une véritable stratégie de résistance. Là encore, les limites de leur mentalité et du Hagad les empêchaient de devenir de vrais tacticiens (ou même de produire des guerriers en masse), mais les Lewyllen de l'Orind avaient au moins le bagage intellectuel pour se mettre à l'espionnage, à la diplomatie et au sabotage.

Certains d'entre eux ont donc mis en place une espèce de réseau, d'abord informel puis de plus en plus structuré, pour pouvoir se livrer efficacement à ce qu'ils nomment 'Esh'lelen Neldaren', « la guerre des murmures ». Celle-ci a d'abord consister à informer les Emishen "aptes à comprendre" de ce qui se trame un peu partout, à éduquer les autres aux notions intellectuelles indispensables à leur survie (la première étant "Non, les gars, ça va plus marcher comme avant...") et à faire subtilement campagne pour le regroupement des tribus en une nation unie (c'est extrêmement laborieux). Mais devant l'incompréhension et le ressentiment plus ou moins général d'Emib, l'organisation s'est par la suite bien garder de prévenir quiconque qu'elle avait décider de se mettre à espionner activement les Dirsen pour le compte des "résistants" de tous poiles (Rebelles, Kormes, Alon Sorhan... et même Kal Kirhan !), et à saboter joyeusement les lents efforts d'organisation des occupants...


2°) STRATÉGIE
Les "Esh'lelilei", ces Chuchoteurs qui se livrent discrètement à la guerre de l'information, ont notamment compris qu'au delà de la force martiale, c'était le quadrillage systématique du pays, la colonisation et les infrastructures qui étaient les plus dangereuses pour leur mode de vie. Pour lutter contre ces menaces, ils colportent jusque dans l'Empire d'horribles rumeurs sur les Kormes sanguinaires afin de décourager les colons, ils incitent la plupart des Lewyllen à conserver secrète les nombreuses pistes "sauvages" qui sillonnent le pays bien plus efficacement que les routes impériales, ils envoient régulièrement les armées impériales à la chasse au dahu en signalant des rebelles un peu partout (sauf là où ils sont) et détournent une part significative du commerce des chevaux en apprenant à leurs montures comment s'échapper pour rejoindre les caravanes (bilan, dans un pays plein de canassons occupés depuis 15 ans, les Emishen ont encore pratiquement une monture par personne et les Impériaux restent très majoritairement fantassins).
D'une certaine manière, on pourrait dire que les Lewyllen de l'Aile d'Orind, et à plus forte raison les quelques 100aines de Chuchoteurs qui en sont majoritairement issus, ont pris sur eux d'intégrer les notions moralement douteuses que leurs cousins refusent et dont leur nation a pourtant besoin pour survivre. Un choix qui les a évidemment éloigné des autres ailes autant que des autres tribus : l'Aile d'Orind a donc tendance à restreindre ses rapports "sincèrement fraternels" à des individus précis plutôt qu'à des clans entiers, des amis choisis à qui ils expliquent les principes de la géo-stratégie, de l'économie impériale et, parfois, les étranges bienfaits de la duplicité. S'ils cumulent pourtant de nombreux contacts "personnels" au sein du Peuple des vents, auprès des Kerdans et jusque dans la pègre des Marches, l'Aile de l'Orind commencent à avoir des problèmes de plus en plus fréquents avec les clans et tribus les plus "traditionalistes et belliqueux" (comme les Oloden, les So'Sherkan, les Arkonnelkan) et les Chuchoteurs conservent donc un profil bas, la plupart de ceux qu'ils renseignent ignorant généralement qu'un véritable réseau d'espionnage est à l’œuvre au Pays des Vents.

Non-contents de constituer ainsi l'unique "service secret emishen", les Chuchoteurs ont compris qu'ils devaient étudier la société impériale pour espérer la vaincre, et ont acquis ainsi une conscience très aigüe de ce que le principal danger chez les Remans était hiérarchique. Le fait que des gens qui ne se pointent jamais en personne puissent, à grande distance, décider des actions d'autrui sans avoir jamais eux-mêmes à se mouiller ou à rendre de comptes est assez invraisemblable pour des Emishen, mais cela apparaît d'autant plus menaçant aux yeux des Chuchoteurs que les décisions des "chefs" remans peuvent, d'un bout de parchemin idiot, faire plier un subordonné et donc contredire la parole donnée même par les Dirsen les plus sincères et les plus doux.
C'est d'abord une des raisons pour lesquelles les Lewyllen en général ont de bien meilleures relations avec les Kerdans, chez qui ça ne se produit (quasiment) jamais, mais c'est aussi un levier que les Chuchoteurs tentent actuellement d'apprendre à manipuler en observant les moyens de communications des Dirsen, pour voir s'ils pourraient court-circuiter leur système hiérarchique...


3°) ORGANISATION
Douloureusement conscients de leur faible nombre et de l'absolu nécessité du secret qui est leur unique protection, les Chuchoteurs se sont cloisonnés en plusieurs dizaines de cellules distinctes, souvent ignorantes les unes des autres, et chacune constituée d'une poignée d'agents indépendants qui ne se connaissent souvent pas et ne rendent comptes qu'à un coordinateur local.
Comme la participation au réseau est volontaire, et le recrutement aussi prudent que laborieux, ces coordinateurs ne sont pas tant des "chefs" que les responsables d'une certaine cohésion des efforts, les seuls dépositaires de l'identité de leurs informateurs et les collecteurs des informations recueillies par leur cellule. Ces informations sont ensuite redistribuées un peu dans tous les sens (les Chuchoteurs préférant être tous informés plutôt que de se cacher des renseignements les uns aux autres), d'abord entre les agents d'une même cellule puis, via les corneilles qui accompagnent les caravanes lewyllen, vers le très discret "Conseil des Murmures", dont seuls les oiseaux connaissent la position et les identités, qui rediffuse ensuite aux différents coordinateurs pour que les agents de terrains soient aussi au courant que possible.<br< Tout doucement, les Chuchoteurs apprennent à employer des noms de codes mais aussi un signe de reconnaissance emprunté aux Dirsen et consistant à dresser un doigt devant ses lèvres pour recommander le silence (un geste que la majorité des Emishen n'utilisent jamais, vu le peu de cas qu'ils font du secret). Mais comme les Chuchoteurs ne font justement se geste que pour parler, justement, il prend souvent la forme d'un index négligemment posé sur la lèvre inférieure, que les étrangers et les Emishen seraient tous aussi incapables d'identifier...

Responsable de plusieurs cellules au nord de la Marche des Lacs, de Celanire au Cercle des Hautes Pierres en passant par la Vallée des Lacs en Paliers, le coordinateur Tael Shannan recrute souvent (et imprudemment) à visage découvert. N'étant pas Lewyllen lui-même, il a d'ailleurs étendu son réseau à des membres d'autres tribus : Liam'Lon, Edell'okhil... Étant donnée l'importance de ce qui se joue dans la région, c'est à dire non-seulement les tentatives de Fraternisation avec les Dirsen mais aussi la création de la Zone de Paix (que le Conseil considère comme un très utile "plan de secours" si la guerre devait ne pas marcher), les Chuchoteurs ont récemment pris contact avec le chef des Sentinelles de l'Orage, Kal Kirhan, par le biais du célèbre barde qui est un de ses proches amis (mais avec un certain luxe de précaution). Depuis quelques temps, l'organisation secrète renseigne ainsi (plus ou moins "complètement") les Sentinelles sur les intrusions et les manigances menées par les groupes bellicistes (il ne faudrait quand-même pas que le plan "guerre" ruine complètement l'existence du plan "paix") mais le chaman-guerrier a demandé que les Chuchoteurs agissant sur son territoire se fassent connaître de lui (sous le sceau du secret), mais jusqu'ici seulement deux ont répondu à l'invitation : l'infatigable fourrageur Shiean Milgrim et le maquignon Lel'Liamil !