Catégorie:Del'Ranan

De Marches du Nord
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Les Del'Ranan étaient la tribu la plus nordique du Peuple du Vent, dont le territoire s'étendait au-delà de la Mer Intérieure, des Landes Pâles et de l'Archipel des Présages, aux limites du Pays des Glaces. Tribu assez mystérieuse sillonnant ses vastes toundras sur des traineaux à vent inspirés de ceux des Semi, les Del'Ranan semblent avoir complètement disparu du jour au lendemain il y a une vingtaine d'année, en plein hiver.

La Disparition

Des négociants Lewyllen signalèrent la disparition à l’exécuteur judiciaire des Tallalnen, Kal Kirhan. Avec une poignée de compagnons, il brava le blizzard pour se rendre au nord chez les Liam'Lon, qui confirmèrent la disparition de leurs voisins du nord, sans qu'ils n'aient laissé de trace. L'expédition explora la toundra pendant des jours, sans rien trouver. Ils s'acharnèrent pourtant : une tribu de 15.000 personnes ne s'évaporent pas comme ça.
La découverte des restes d'un vaste campement abandonné indiqua des signes d'un départ précipité et de possibles combats, mais les pisteurs ne trouveront jamais aucun corps.

Qui étaient-ils ?

C'était une tribu assez peu nombreuse, presque aux dimensions d'un clan (disons 10-15.000 individus), dont l'immense territoire s'étend sur la toundra au nord du Pays des Vents, au-delà des terres des Liam'Lon (quand les montagnes couvertes de forêt cèdent peu à peu la place aux plaines circumpolaires), au début du Pays des Glaces. Nécessairement nomades, suivant les migrations des troupeaux de rennes, la reproduction des phoques sur la côte etc., accordant plus que les autres Emishen une importance majeure aux rêves et au spiritisme, ils ont vécu pendant des siècles en bonne intelligence avec les autres clans comme avec les Semi, leurs voisins du nord. Ils ont d'ailleurs vécu et accompagné l'exode des Moni lorsque ceux-ci, après une guerre interne assez mystérieuse, ont été chassé des nations polaires. Le commerce avec les Semi leur a d'ailleurs amené quelques éléments technologiques plutôt rares dans le reste du monde, comme les traineaux à vents, les deltaplanes et l'alchimie (!). Les deux peuples se sont également un peu mélangés, bon nombre de métis étant alors nés au sein de la tribu, car si les Semi venaient volontiers visiter leurs cousins "sang-mêlés", ils n'en voulaient pas pour autant chez eux. Il y a quelques générations, peu après que les Remans aient commencé à s'implanter au Pays des Vents (quoique sans jamais trop préoccupé les lointains Del'Ranan), les Semi ont tout simplement cessé de venir aux rencontres commerciales saisonnières et, parce qu'ils n'avaient jamais bien su où les chercher dans l'immensité glaciale des terres polaires, les Del'Ranan ont simplement fini par laisser tomber et plutôt élargies leurs relations commerciales vers le sud, avec les Lewyllen et les Tallalnen.


Leur brusque "disparition" a commencé lorsque, soudain, il y a une vingtaine d'années, les Semi sont réapparus en plein été (lorsque la tribu campait le plus au nord)... pour mener des raids sanglants contre les campement dispersés des Del'Ranan, qui ont été décimés avant d'avoir pu s'organiser vraiment.

Lorsque les chamans en ont appelé aux esprits pour éclaircir la situation, la réponse a été limpide : fuyez vers l'ouest, tous, tout de suite, sans vous retournez. Aussi, les quelques milliers de survivants ont-ils franchi les montagnes de l'Échine du Monde (qui s'abaissent et s'écartent progressivement vers le grand nord) pour s'établir hors d'atteinte des Semi à l'incompréhensible agressivité, à des semaines et des semaines de marches (compte pas loin de 1000km), autour d'un réseau de lacs inhabités bordés au nord par la mer, à l'ouest par de nouvelles montagnes habitées de créatures très étranges et hostiles, et au sud par une vaste forêt où ils ont bientôt été confrontés à des tribus d'hommes-fauves nombreuses et agressives.

Actuellement, l'ensemble de la tribu des Del'Ranan vit sur une série d’îlots escarpés, sommairement fortifiés et reliés par des passerelles. Le lieu est surnommé le Lac du Refuge. Le choix du lieu a été dicté par les dangers des Terres Dentelés. Ce n'est que sur le Lac que les Del'Rana sont relativement à l'abri des corrompus et de la faune locale.

Même si elle vit groupée, la tribu reste composée de 4 clans :

  • les Pan'lohanan (tétras, dont font partie Kal Romlan Onei'llon et "Ventre-d'Ourse") étaient le clan dominant car le plus nombreux et compte encore près de 1500 individus, dont la plupart des artisans.
  • les Delar'Gehmen (guillemots, dont Ha'Osheilil) sont environs 900 - souvent pêcheurs, cueilleurs et chasseurs. "Dernier-Sapin", leur vieux chef, a été élu à la tête de toute la tribu il y a une décennie pour sa capacité au consensus.
  • les Nev'Lonen ("gerfaut boréal", dont "Né-des-Rochers" et Kal’esh’ Kan'shethan) sont encore près de 700, principalement des chasseurs.
  • les Bom'Silven ("jaseur boréal") étaient un vaste clan de guerriers et de bardes qui furent les premières victimes des Semi et ne sont plus que 400.

Soit quelques 3500 membres en tout.

Des 15.000 individus d'origine, plus de la moitié sont morts dans les attaques surprises des Semi, quelques milliers de plus durant le long exode en plein hiver et une brève guerre contre des hommes-fauves (plus au sud) qui ont finalement chassé les Del'Ranan jusqu'aux Terres Dentelées. Depuis, les disettes, les bêtes sauvages, les accidents, les maladies (presque un cinquième du clan souffre de maux variés, généralement liés au froid ou à la malnutrition) ou tout simplement les températures boréales ont tués beaucoup d'anciens et d'enfants, finissant de réduire la tribu à ses dimensions actuelles : bref, c'est pas la joie et la plupart des habitants du Lac du refuge ont bien conscience qu'il faudra repartir un jour, sans quoi la tribu finira par s'éteindre.

La tribu est dirigée par un conseil tribal qui regroupe les chefs de tribus, les chamans, des chasseurs et des artisans - a priori, toute personne qui estime avoir son mot à dire.

Malheureusement pour la tribu, les choses se sont encore gâtées par la suite après l'installation sur le Lac...

Membres notables de la tribu

  • "Dernier-Sapin" (chef de la tribu et spécifiquement des Delar'Gehmen)
  • Shenol' Domer ("Né-des-Rochers", protecteur des Nev'Lonen et plus généralement de la tribu)
  • "Ventre-d'Ourse" (conquérante des Pan'lohanan et plus généralement de la tribu)
  • Kal Loamlin (chaman des Delar'Gehmen)

Les "corrompus" s'étaient multiplié depuis un peu plus d'un an : certains pourrissaient d'une longue et furieuse agonie, mais la plupart se distinguaient surtout par des comportements aberrants, un goût prononcé pour le sang des autres bêtes et une résistance surnaturelle aux blessures.

Les oiseaux-totem disaient ces créatures immatérielles originaires d'un grand puits, au fond d'une caverne d'hommes dans les montagnes de l'ouest, d'où elles sortaient poussées par la faim et le désir de revêtir une chair. Mais le pays étaient si vaste, et si vide, que la tribu n'en croisait pas plus d'un ou deux par an, et en protégeait leur nouveau territoire par des rituels, des glyphes et une garde vigilante.

Et puis, il y a deux automnes, un grand élan solitaire trébucha jusqu'aux terrains de chasse. Il fallu bien des efforts avant de le tuer en le poussant du haut d'une falaise.

Durant l'hiver un ours brun rôda autour du Lac, s'approcha par une bande de glace solide et tua plusieurs guerriers avant que Kal Romlan Onei'llon et Kal'esh' Kan'shethan (prévenu par les loups) ne puissent l'exorciser, permettant aux combattants de l'abattre.

Au printemps, un enfant du clan des Pan'lohanan qui s'était perdu lors d'un orage fut retrouvé après plusieurs semaines, hagard, à quelques lieues de la Baie des Épaulards (où les Del'Ranan vont parfois chasser le morse quand les vivres manquent après l'hiver) et, après trois jours passés à trembler comme une feuille et trois nuits à hurler dans son sommeil, il finit par mordre sa mère à la gorge, forçant son père à lui fracasser le crâne de sa hache : l'enfant ne cessa de bouger et de grogner qu'après que la cognée ait entamé la cervelle et brisé les vertèbres.

Durant l'hiver suivant, un immense oiseau sema la terreur dans toute la région, tombant littéralement du ciel pour enlever un chevreuil ou un jeune homme, poursuivant parfois les bêtes, les loups ou les hommes sur de longues distances avec un acharnement dément. Identifié comme un "condor noir", l'oiseau-totem de la lointaine tribu des Arkonnelkan, celui-ci semblait s'être égaré très loin des hautes montagnes de l'est et ne craindre ni flèche ni feu. Ce n'est qu'à force de ruse, en attirant le rapace géant dans un piège de filets hérissés d'hameçons, que les chasseurs de la tribu en vinrent finalement à bout, découvrant que le sang du monstre était déjà froid bien avant son trépas.

C'est alors que vint le Rêve...

La nuit même de la victoire sur le monstre, les 3 chamans survivants des clans d'avant l'exode, leurs huit novices et quelques dizaines d'autres membres de la tribu firent tous le même rêve : des centaines d'oiseaux arctiques (des sternes, des tétras, des guillemots, bref : les oiseaux totems de tous les Del'Ranan) envahissent le Lac du Refuge pour chanter dans leurs différentes langues "La Mère revient, la Mère revient ! Revenez vers la terre des Anciens !". Les chamans les plus expérimentés ou les plus sensibles eurent également la vision d'une grande cité baignée d'eaux chaudes, apparemment déserte et envahie par la végétation, au cœur duquel une sorte de temple surmonté d'une grande demi-sphère de métal rayonnait de milles feux, toutes les portes s'ouvrant et claquant en cadence pour accueillir une silhouette voilée plus haute qu'aucun homme. Et battant des ailes au rythmes des portes, un harfang à l’œil sanglant ouvrait aux Emishen une voie secrète dans les montagnes, passant devant 4 lacs au pied de 4 pics.

Il fallut alors bien des jours de palabres et de rituels pour que les chamans s'accordent sur une interprétation.

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