Un Questor aux Trousses

De Marches du Nord
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L'aventure d'introduction de Dario Celsine, justicier malmené par la cruauté du monde...

Convocation

Tout a commencé durant la Huitaine passante des Labours...

MJ : C'est un matin glacial au début du printemps, ce qui ne peut être noté à Aroche que par le fait qu'on dérape moins souvent sur du verglas en descendant un escalier de pierre (il y a plusieurs morts par an) et que la neige a tendance à fondre avant d'atteindre les maisons.
Ils sont bien loin les printemps ensoleillés de ton enfance dans l'Archipel kerdan, soudain envahi par l'odeur entêtante des fleurs. Ici le froid, la grisaille, les constantes intempéries, l'humidité qui s'infiltre partout et le vent qui siffle entre les courées finissent par peser sur le moral de la plupart des Kerdans : bien que le négoce soit excellent, la plupart de tes compatriotes ont généralement l'air amer et la goutte au nez la moitié de l'année.
Il n'y a qu'à Aroche qu'on peut littéralement voir le froid fendre les pierres : l'eau s'infiltre dans une fissure et, la nuit tombée, un moellon plus gros qu'une tête d'homme se brise avec un claquement sonore.

Tu n'as heureusement pas loin à grimper de ton petit logement des arcature [1] jusqu'au deuxième niveau de l'Arche : un escalier, une passerelle verglacée qui rejoint la terrasse de l'Auberge Calamine, un second escalier, le parvis et, passé le double-portail de chêne, s'étend l'immense hall en tympan qui occupe tout l'étage, les escaliers de bois escaladant les murs de pierres à travers les deux rangs de galerie dont le premier rejoint la Place des Dîmes.
Si la communauté kerdane toute entière y tient largement lors des grands rassemblements, seuls quelques négociants et bateliers s'y trouvent à cette heure-ci, occupés à inscrire le prochain chargement au départ sur quelques-unes des centaines d'ardoises suspendues aux piliers. Tu repères donc aisément Severio Melangoline, le secrétaire de l'Exarque qui t'a convoqué ici de bon matin, en train d'examiner les parchemins que lui montre un scribe, debout au fond de l'estrade de bois, près d'une des hautes fenêtres à vitraux qui donnent sur la baie.

"Questor Celsine..." constate-t-il en levant à peine les yeux vers toi, avec son habituelle absence d'émotion et de politesse, en faisant peut-être juste un peu traîner ton patronyme comme il aime à le faire pour te rappeler ta place [2]. Il raye plusieurs paragraphes du parchemin qu'on lui tend, à grands traits de ces crayons de plomb que le monde vous envie, puis renvoie le scribe d'une remarque acerbe et te fait signe de le suivre dans l'escalier de coin.

"L'Exarque vous a réclamé personnellement, j'espère que vous savez ce que cela signifie..." et, pendant qu'il s'élève devant toi dans les étroits degrés de bois, tu te demandes sincèrement ce que cela pourrait effectivement signifier. Ta dernière arrestation était parfaitement régulière et ce ne sont certainement pas les deux jeunes fehnri que tu as remis aux hommes du Prévôt d'Armes Dorvas, commandant la garde arochaise, qui t'ont valu cette convocation si matinale.
Tu commences mêmes à t'inquiéter pour tes petits frère et sœur, qui doivent actuellement croiser aux larges des ïles de Grès à destination d'Orsane, mais tu sais que si on avait connaissance d'un naufrage, des scribes seraient déjà en train d'effacer les ardoises correspondantes.
Passée la deuxième galerie, le secrétaire se plaint de ses pauvres genoux avant de continuer son ascension à travers les hautes voûtes du tympan jusqu'à l'étage des Offices, où s'affairent déjà quelques scribes, corrigeant humblement le manifeste du Pilote Rinaldo Torodine, qui a l'air de le prendre assez mal mais lève la main pour te saluer : dès demain, il part avec un train de barges livrer des armes à Darverane et, avec les retards pris par les forges, son inventaire a été modifié trois fois depuis l'avant-veille.

Severio t'ouvre finalement les portes de la salle des cartes, où les tentures orangées aux armoiries des Melangoline (l'albatros et la lyre), les épais tapis de laine et les étagères couvertes de rouleaux de soie peinte colorent agréablement le pourtour de la table graduée, plus large qu'une barge de ravitaillement, contribuant autant que les braséros à la chaleur du lieu. "Ah, Celsine ! Bonjour. Prenez-vous un chiro [3] tant qu'il est chaud..." t'accueille l'Exarque qui, juchée d'une fesse au bord du plateau de bois-ancêtre, examinait une carte des Lisières avec l'Érudite Paolane, la cartographe en chef de l'Arche, les deux femmes sirotant elle-même le liquide revigorant versé d'une théière en étain posée sur une desserte.
Pendant que tu t'en sers une tasse, tu ne peux t'empêcher d'observer Salomé Melangoline, ses longues boucles auburn retenues par un foulard de batelière tombant sur sa capeline, la tunique de lin d'un vert vif qui fait ressortir ses yeux émeraudes surplombant quelques tâches de son, le lourd pendentif de sa charge niché au creux doux de son col largement délassé qui... Les deux joyaux verts te braquent soudain sous un sourcil arqué : "Hé bien Celsine, vous rêvassez ? J'espère que le chiro va finir de vous réveiller parce que j'ai besoin de votre attention. Regardez..."

Ta tasse à moitié remplie, tu rejoins les deux femmes pour observer le point qu'elle te désigne sur la carte de soie, au confluent de la rivière Se'Henlan et du Dramguil, sur les créneaux stylisées représentant le bourg fortifié de Dun Kerheine. "Il y a trois jours, des pêcheurs Otlalnan ont repêché le corps du capitaine Greylen le Gantelet, aide de camp du général-mercenaire anguedais Arund-le-Taureau, actuellement en marche vers Darverane.
Proprement égorgé, le Gantelet a apparemment été basculé dans le fleuve 6 lieues en amont, alors qu'il rejoignait son chef après avoir rassemblé ses derniers permissionnaires dispersés entre l'abbaye d'Hellerune et Loriale. D'après une missive envoyée par Arund lui-même, il aurait été tué dans une altercation avec une mercenaire kerdane, Diane Maletudine, qui a fait deux blessés de plus, et cette femme se serait alors ensuite enfuie vers l'aval et, selon lui, Aroche.
Mais si celle-ci s'est engagée dans l'Armée du Nord, c'est qu'elle a déjà été bannie par sa famille [4] pour avoir causé la mort d'un Torodine lors des Jeux Insulaires [5] il y a trois ans. Je doute donc qu'elle ait la bêtise de chercher refuge ici mais, d'un autre côté, si elle doit quitter la région, elle pourrait essayer de s'embarquer à partir d'un des autres ports de la côte.
Dans tous les cas, j'ai personnellement promis au général que notre famille lui livrerait la fugitive et c'est maintenant à vous que je confie cette mission..."
__________

PJ ► Dario, prend une gorgée de chiro avant de parler.
"Une meurtrière en fuite disposant d'au moins 3 jours d'avance... C'est une mission difficile." Il regarde la carte.
"Elle n'a pas tant de choix que ça pour fuir et d’après ce que vous me dites elle est seule. Sans l'aide de ces amis mercenaires et sans celle de ses... compatriotes, cette Diane aura bien du mal a ne pas laissé de traces.
Je pense pouvoir la retrouver, mais c'est une guerrière en plus d'une meurtrière : je doute de pouvoir la raisonner pour la ramener, a moins de lui promettre un procès en bonne et du forme... ?" Dario regarde Salomé, attendant sa réponse.
__________

Tu n'es Questor que depuis quelques mois et la belle Salomé Melangoline n'a pas encore eut souvent affaire à toi, Severio traitant fréquemment les questions judiciaires pendant qu'elle se concentre sur la diplomatie. Aussi la jeune Exarque d'ordinaire si peu formaliste t'observe-t-elle un instant pour savoir si tu plaisantes : "Vous pouvez bien promettre tout ce qui vous chante, Celsine, mais nous ne la jugerons pas : nous la remettrons, vivante, au Taureau." énonce-t-elle d'un ton extrêmement sérieux.
La cartographe plonge le nez dans sa tasse...
__________

► Dario hoche la tête : la mission est claire désormais.
"Bien je vais commencer par interroger certaines de ses anciennes connaissances. Je devrais quitter la ville assez vite, aussi vous ferais-je parvenir un premier compte-rendu avant cela...
Puis je envisager de me faire accompagner d'un "vigilanto" pour la durée de la mission ?"
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L'Exarque te jette cette fois un regard vaguement amusé avant de répondre : "Voyez avec le Maître d'Arme qu'il vous procure une agiellia [6] et deux rameurs. Severio vous procurera les vivres nécessaires et quelques tolone [7]. J'attends des rapports réguliers."
Et de te remettre la carte.
__________

► "Très bien. Exarque, Érudite..." Dario Salue dans les règles les deux femmes et se rend a l'office du Maitre d'Armes. Au passage il règlera avec Severio la partie des vivres et des tolones.
Surtout, il se demande bien ce que son mentor Vasco Sotorine va penser de tout ça...
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La "caverne" (comme les Kerdans s'amusent à nommer leur caSerne obscure au fond des entrepôts du rez-de-chaussée de l'Arche) est à cette heure-ci occupée par le petit tiers des sentinelles ("vigilanti") à n'être pas de garde :
4 d'entre eux prennent un petit déjeuner d'avoine bouillie arrosée de chiro, deux autres ferraillent un peu mollement pour s'échauffer sur la piste attenante et les 6 autres dorment encore (ou "enfin") derrières les tentures séparant le dortoir des femmes, celui des hommes et la "pièce d'eau" (latrines et salle de bains) des râteliers d'armes de la grande pièce mal chauffée par une unique cheminée.

On t'y salue sans formalisme, puisque tu étais encore un des leurs il y a quelques mois et, lorsque tu demandes si le "Padrino" [8] est là, une jeune vigilanta nommée Danilla Melangoline lève le nez de son bol pour te désigner l'escalier montant vers la terrasse des Arcades : "L'est sorti. Te fallait quelque chose ?", demande la demoiselle toujours avide d'aventure...
(Comme souvent chez les Kerdans, "rameurs" est un poste plus qu'une fonction permanente : tu as donc le droit d'emmener en mission deux personnes disponibles de ton choix, pour peu qu'elles sachent se battre et manœuvrer une agiella.)
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► Dario regarde un instant l'escalier l'air rêveur (Ah s'il pouvait profiter d'une journée !), avant de fixer son regard le plus ... martial sur Danilla :
"Oui, l'Exarque m'a confié une mission et m'a octroyé pour cela une agiella et deux aides. Intéressée ?
Il faudra sans doute ramer!" ajoute Dario avec un sourire.

Le Questor laissera un mot a l'intention de Vasco Sotorine[9] : "J'aurais voulu prendre le temps d'en discuter avec vous Padrino, mais la mission que m'a confié l'Exarque est pressante. Aussi je me permet de recruter 2 volontaires et emprunte une agiella comme me l'a autorisé Salomé Melangoline. Je prendrai soin de tous cela, je vous le promet.
Votre dévoué Dario Celsine.
PS: j’essaierai de repasser avant mon départ au cas où."

Dario s'occupera de confier au deux volontaires le soin de récupérer vivres, tolone et agiella, leur donnant rendez-vous un peu plus tard. Au besoin il usera de son charme pour convaincre un rameur expérimenté en plus de Danilla, qui semble d'ores et déjà acquise. Pourquoi pas quelqu'un connaissant Diane de vue ? Il y a peut-être des Maletudine...
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Trouver des Maletudine prêts à t'aider va être difficile, autant te le dire tout de suite [10]. Danilla préférera emmener quelqu'un de son âge et elle n'a pas l'autorité pour réquisitionner une embarcation.

Maintenant, je te laisse répartir tes 14pE sur tes préparatifs de départ (équipiers, équipements, pirogue, renseignements, contacts...) : si tu en emploie moins de 7, tu es parti dans l'heure.

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► Avec Social 3, Psychologue 3 et Charme 3, je mise 5 :
Charmer un ou une maletudine pour obtenir une description de Diane.

Investigation 4, Autorité 2, statut "Questor" 3, mise 5 :
Préparatifs départ + recruter un second rameur.

Éducation 3, (Lettres 3)/2, Observation 2 + bonus carte (fournit par l'Exarque), mise 3 :
Déduire grâce a ma carte un itinéraire.

Relation famille Celsine 3, mise 1 : Passer dire au revoir a ma famille : "Ne vous inquiétez pas je dois partir en mission pour un moment !"


  1. Les "arcature" désignent les avancées en arcades typiques des maisons kerdanes, leur nom servant à Aroche à désigner le quartier kerdan dans son ensemble.
  2. La famille Celsine, autrefois puissante, a subit tant de revers financiers qu'elle n'est plus aujourd'hui qu'une famille mineure devant, pour survivre, vendre ses compétences aux "dynasties" plus puissantes...
  3. le chiro est un mélange de chicorée, d'épices, de miel et de thé particulièrement vivifiant que consomment massivement les Kerdans frigorifiés des Marches du Nord. C'est le "café" kerdan, si vous voulez.
  4. Le bannissement est quasiment la peine capitale, chez les Kerdans : on n'exécute que rarement les gens, mais on les prive de tout soutien familial et on les envoie au loin, seuls pour la première fois et évidemment privés de tout statut diplomatique.
  5. les "jeux olympiques kerdans" qui, tous les 4 ans, permettent aux familles de gagner en renommée en s'affrontant dans une série d'épreuves nautiques, guerrières et académiques
  6. L'agiella est une pirogue d'exploration couverte, en bois léger, qui peut loger jusqu'à 4 personnes et être aisément manœuvrée à la rame comme à la perche. Dans les Arches déjà bien implantée, elles servent aussi souvent d'escorte aux barges de marchandises. Vu le statut de Dario, c'est un équipage "un peu plus que standard" qui dénote l'importance de la mission.
  7. Les p'tits tubes-flotteurs à message qu'on peut envoyer de l'amont vers les comptoirs à l'embouchure des fleuves.
  8. Si "Maître d'Arme" est le titre honorifique de vasco Sotorine, puisque c'est la fonction la plus haute qu'il a (longtemps) exercée dans l'Archipel, il n'est plus aujourd'hui que le "Commandator Vigile", soit le chef de la garde, et les Kerdans appellent volontiers padrino ("parrain") tous les anciens et les chefs en général.
  9. Car si c'est une rareté chez ces ploucs de terrane ("continentaux"), la plupart des Kerdans, eux, savent écrire.
  10. Car les familles Maletudine et Celsine se détestent depuis des générations...

L'Enquête

En étant vraiment charmant avec la vieille Gloriane Maletudine, une grand-mère de la comptabilité qui rentre régulièrement vers l'Archipel pour voir sa famille (et a assisté aux deux derniers Jeux), tu apprends que Diane Maletudine est une jeune femme plutôt grande et athlétique, cheveux clairs (chez vous ça veux dire "blonds vénitiens" ou "blonds teints en roux"), yeux gris-bleus, une assez large cicatrice sur la joue droite... et un putain de caractère.
Elle a gagné plusieurs épreuves martiales pour sa famille aux jeux insulaires (abordage, tir,...) et servi plusieurs années comme rameuse puis vigilanta avant d'accidentellement tuer un Torodine et d'être bannie (mais on ne saurait te dire vers quel port).
C'est une excellente combattante, une navigatrice et une exploratrice accomplie, elle parle la Langue des Pères presque sans accent (elle a beaucoup travaillé sur le continent), un peu de Langue des Vents... Par ailleurs, si tu considères qu'elle a fait presque 3 ans de mercenariat dans le secteur, elle doit plutôt bien connaître le Pays des Vents.
Bref : ça va pas être une proie facile.

Côté préparatif, "Investigation" n'est guère adapté mais tu te retrouves avec un rameur expérimenté, Rinaldo Torodine, qui connaît plutôt bien le secteur (mais lui n'est pas très content de venir, contrairement à Danilla).

Question itinéraire, c'est plutôt flou...
Si elle a foncé vers Aroche, elle peut déjà être arrivée en ville (en fait, elle a même pu arriver avant la nouvelle du meurtre). Si elle a cherché à se mettre au plus vite hors d'atteinte, le plus simple était sans doute de remonter vers les Lacs Marbrés pour entrer en territoire Oloden.
Dans tous les cas, elle peut difficilement être partie vers l'ouest (trop de mercenaires peuvent la reconnaître et c'est une zone de combat), ni vers l'est (c'est un peu "sans issue", depuis que le comptoir sur le Fleuve Ombreux a été fermé) mais elle peut avoir tenté de rejoindre Bragone pour filer vers le sud de l'Empire de Rem (auquel cas le flux des fleuves est contre elle, ça va lui prendre encore quelques jours, mais vous êtes mal barrés pour la rattraper).

Par où commences-tu ?
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► Bon c'est une navigatrice et une exploratrice kerdane, à mon avis elle s'est tournée vers la mer et est donc partie vers le nord et les Lacs Marbrés.
Je commence par le port d'Aroche : elle a sans doute demandé à des capitaines de l'embarquer, si elle est passée par là. Sinon des gardes l'on peut-être aperçue. Je commence par ça avant de remonter sur la côte.
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Comment tu fais ça ?
Des fois je vais te demander de répartir tes pions (en Conflit, sur des actions particulières, etc.) mais je vais surtout te demander de beaucoup me décrire ce que tu fais. Là, je voudrais que tu me dises qui tu vas voir, dans quel ordre, comment tu comptes leur causer, est-ce que tu emmènes tes deux rameurs...
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Dario, sur les docks, observe un moment le ciel face a lui, plongé dans une profonde réflexion... Puis le questor se tourne vers son équipe : la pétillante Danilla et le râleur Rinaldo !

"Notre cible se nomme Diane Maletudine, une jeune femme grande et athlétique au cheveux clairs et aux yeux gris-bleus. Son principal signe distinctif est une large cicatrice sur la joue droite.
Elle est en fuite depuis 3 jours mais pourrait encore se trouver sur le port. Elle cherche sans doute a profiter d'un bateau en partance, nous allons donc enquêter. Si vous la repérez, ne prenez aucun risque et venez me trouver. Utilisez vos contacts, ouvrez grand les yeux mais restez aussi discrets que possible. Nous serons moins repérable séparés : on se retrouve ici dans 2 heures. Si vous avez fait le tour de vos contact avant, vous me trouverez sans doute par la (Dario indique la zone ou se trouve la plupart de ses contacts)."

Dario commencera par utiliser ses contacts dans la garde d'Aroche, peu être auront-ils repéré, trainant sur le port, une mercenaire correspondant à la description. Ensuite il s'adressera aux dockers auxquels elle ce sera peut-être mêlée pour approcher des navires. Dario terminera par les équipages des bateau qui sont à quai depuis quelque jours, toujours poli et ayant prépare son discours :
"Dites les gars vous auriez pas vu ma cousine ? Elle cherchait a embarquer... Mais c'est bête, elle s'est fâchée avant de partir ... Vous l'auriez pas vu ?" Demande-t-il avec un air ingénu et un cruchon de vin.
Bien sur il ouvrira lui-même l’œil, sait-ont jamais !
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Dario se heurte très vite à la déplorable organisation remane : contrairement à celle des vigilante kerdans, la relève de la garde arochaise n'implique que l'échange des postes et pas la transmission des évènements de la garde précédente. En fait, la plupart des soldats que tu rencontres à différentes portes, dans les rues, sur les quais ou jusque dans leur caserne de la citadelle, s'ils sont plutôt disposés à t'aider, sont complètement infichus de te dire si une Maletudine balafrée est entrée en ville ces trois derniers jours : autant certains affirment qu'ils auraient remarqué une Kerdane arrivant par voie de terre si elle portait le Calamin, autant si elle est arrivée par le port ou a simplement eu la bonne idée de ne pas afficher sa nationalité, elle a pu passer complètement inaperçue.
Une guerrière (a fortiori une arbalétrière) "pas Kerdane" aurait également attiré l'attention mais, là encore, il lui aura suffit de dissimuler ses armes pour entrer en ville en payant simplement l'octroi.

Vers midi, Danilla et Rinaldo (qui ne râle pas du tout : il se contente de manifester silencieusement son peu d'enthousiasme pour la mission) ont par contre acquis la quasi-certitude que cette Diane Maletudine n'a pu arriver par le port d'aucune manière "officielle".
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► Bon , de toute manière je pensais bien avoir plus de chance avec les dockers et les capitaines de bateaux amarrés. Je me dirige vers eux et les interroge autour d'un verre. Je laisse a mes deux camarades un peu de temps pour prendre une pause dans une taverne. Mais ils leur faudra être prêt a partir rapidement.
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L'après-midi est déjà bien avancé lorsque, dans la troisième taverne et maintenant un peu éméché, tu entends enfin une histoire qui t'interpelle : la veille au soir, un batelier reman (qui redescendait le fleuve chargé de bois, de foin et de céréales après avoir monté de la chaux et des cordes pour la construction de la citadelle de Salviane) a trouvé un passager clandestin caché dans sa cargaison.
Il n'a pas eu le temps de le voir, puisque il s'est aperçu peu avant l'accostage qu'il y avait du mouvement sous une des toiles protégeant les ballots de fourrage et, lorsqu'il a voulu aller voir à la lueur d'une lanterne, il s'est fait assommé par derrière. Après quoi l'intrus a immédiatement plongé dans le port sans laisser à ses mariniers l'occasion de le regarder de près. Il en a bien sûr parlé à la garde mais puisque rien n'avait été volé...
Ce que ce brave marin d'eau douce ne s'explique pas, néanmoins, c'est comment quelqu'un a pu monter à bord alors que sa gabare n'a plus fait d'escale depuis qu'elle a chargé le foin en question, à Valmire : avant cela, le pont et l'unique cale étaient à peu près vides et donc ne pouvaient dissimuler personne et, après le départ, comme ils étaient en retard pour livrer et que le fleuve est encore assez peu fréquenté en cette saison, ils ont laissé filer à la voile sans accoster pendant un jour et deux nuits.
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► Dario s'approche de l'homme afin d'écouter plus attentivement son histoire. Et lui paye un coup. "Dîtes-moi brave homme, vous n'auriez pas croiser un autre navire ? Peut-être que ce n'est pas lors d'une escale que ce clandestin est monté !"
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"Des z'aut' navires, pour sûr qu'on en a croisé ! Mais si qu'un gars avait sauté sur not' pont à ce moment là, j'crois bien que je l'aurais vu, quand-même !"
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► Dario : "Hum ! Vous le savez sûrement, nous autre kerdans n'aimons pas beaucoup les passagers clandestins !" (grand sourire !) Le kerdan déplie sa carte, en prenant garde a ne pas la tâcher de vin : "Ça ne vous dérange pas qu'on regarde un instant cette carte pour afin de reconstituer votre aventure ? Tavernier une assiette d'olives pour cette table !"
Grâce aux informations qu'il possède sur le lieu et la date du meurtre, Dario détermine si le mystérieux passager peut être son suspect... Si c'est le cas le questor en déduira la direction prise par la fugitive.
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Comme on t'a dit que ta fugitive avait fuit en pirogue, si elle a effectivement pagayé très fort vers l'aval sans guère s'arrêter, elle pourrait avoir rejoint la gabare de ce brave reman au bout de la première journée et s'y être glissée nuitamment pendant qu'il faisait voile au nord, abandonnant la pirogue volée derrière elle.
Ce qui, si c'est bien elle, te permet d'ajouter au profil qu'elle peut agir vite et fort, mais qu'elle fait pas dans la dentelle...
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► Si notre "passager clandestin" a sauté dans le port la veille au soir, il est soit planqué dans un des bateaux à quai, soit parti sur ceux qui ont jeter l'ancre aujourd'hui. À moins qu'il soit sorti de la ville pendant le nuit, mais j'imagine que les portes sont alors fermées, non ?
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Et si la passagère clandestine a plongé dans le port la veille au soir, elle a en effet pu quitter la ville "à pied" depuis (quitte à franchir les murs : c'est moins difficile de l'intérieur), mais ça paraît un peu bizarre (pour aller où, vu qu'elle sera bientôt recherchée dans toute la marche ?).

Tu apprends aisément qu'il y a eu 4 départs "maritimes" depuis ce matin [1] : 2 navires de pêche (qui ne feront sans doute escale nulle part avant de revenir ce soir, ou alors brièvement à Éclisse en cas de grain soudain), un train de barges kerdanes [2] transportant des armes et du matériel vers Darverane (et qui serait donc partis "en sens inverse" du parcours effectué par Diane jusqu'ici, en plus d'être assez solidement gardés) et, enfin, une cogue militaire à destination de Grésil (où un bateau a paraît-il été volé par des Kormes, ce qui est assez bizarre pour que Berinor de Salviane y envoie quelques dizaines de ses hommes, qui étaient alors en permission à Aroche).

(Suivent quelques discussion sur la probabilité que Diane aie pu monter à bord d'un navire plein de soldats lisirians, qui se concluent par "Ouais, nan, sans doute pas...")
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► Dans ce cas, elle doit être planquée quelque part sur les docks. Je récupère mes 2 acolytes et je pars enquêter dans les quartiers mal-famés.
Je vais profiter de mes contacts avec la garde ainsi que que mes connaissances de questor et de la ville pour déterminer qui sont les interlocuteurs les plus susceptibles de me renseigner, et je vais les rencontrer. Certes ils ne seront pas forcement d'accord pour me livrer les informations que je désire, mais je peux essayer de négocier avec eux et surtout je compte sur mes capacités de détection de mensonge pour les sonder.
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Je te rappelle si nécessaire que les deux autres "questore" sont beaucoup plus introduits que toi dans la pègre (surtout Sino) [3]. En tous cas, le soir tombe sur ta première journée d'enquête et tu n'as encore que la faible piste d'un clandestin inconnu ayant plongé dans le port : répartis-moi 10pE (la journée a été longue et tu as pas mal bu) dans tes actions pour trouver des témoins parmi les habitants des Écueils.
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► Avec Investigation 4 + Aroche 3 + Contacts "Garde" 2, je mise 5 pour obtenir des gardes des infos utiles.
Puis avec Social 3 + Charme 3 + Contacts "Melangoline" 3, je mise 5 pour tirer des infos a mes confrères.
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Les Gardes n'ont pas grand-chose à dire sur les Écueils, où ils évitent autant que possible d'aller à moins d'être vraiment nombreux. Ils doutent simplement qu'une Kerdane ait pu y trouver asile à moins d'avoir déjà des accointances avec la Pègre, car les Rouquins n'y sont pas très appréciés...

Tes confrères ont d'autres chats à fouetter que de t'aider, aussi il faudra te contenter de ce que Sino t'indique un Mongrel nommé Talumard, qui le tient généralement au courant de ce qui se passe dans les Écueils, en échange de quoi la Questure ferme les yeux sur le fait qu'il vend de fausses-reliques aux fervents du Culte des Pères (ce qui lui vaudrait d'avoir la langue coupée si les Remans l'apprenaient).
Problème, il n'est généralement trouvable qu'à la Cloche Rouge, la taverne gérée par les hommes du caïd Romwald, chef de l'Ondhor (tu as intérêt à y être discret si tu ne veux pas d'ennuis).
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► Et bé c'est encourageant tout ça....... Pour autant que je sache cette Diane Maletudine n'a pas de contact dans la Pègre. Mais où peut-elle être ? Sa famille aurait-elle pris le risque de la cacher ? À part dans les Écueils et dans l'Arche, nous avons patrouillé et questionné un grand nombre de gens, personne ne l'a vue.
Hier au soir, elle a a pourtant sauté dans l'eau du port, d'où elle a pu rejoindre un des bas-quartiers : la Pointe, les Écueils, la Rade, éventuellement le Faubourg des Planches...

En partant du principe qu'elle connait Aroche, la Kerdane a évité les écueils (d'après les gardes). Nous avons fouillé la Rade toute la journée. Reste la Pointe et le faubourg. Je peux toujours allez voir les pêcheurs, elle a pu tenter sa chance avec eux. Le faubourg, à mon avis, non : extérieur a la ville, pas de bateaux en partance...

Je dois vérifier toute les pistes.
Je vais d'abord me rendre a la Pointe lorsque les pêcheurs seront de retour afin de tailler le bout de gras... Ensuite j'irai a la Cloche Rouge incognito.
D'ici la peut-être boire un chiro et manger un morceau.
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Comme ce n'est pas ta première chasse à l'homme, tu sais déjà que c'est en grande partie un jeu de patience :
ta cible cavale, s'épuise, se cache, s'inquiète... et toi tu restes méthodique, tu surveilles les points de passages, tu sondes régulièrement toutes les cachettes et tu écoutes les rumeurs jusqu'à ce la cible commette une erreur. Parfois, quand la cible est très bête ou très mauvaise à ce jeu, c'est assez rapide. Mais souvent, c'est long.
Et ça t'aiderait certainement de connaître ses contacts et relations mais, justement, elle ne doit plus en avoir beaucoup : bannie par sa famille, rejetée par son peuple, grillée chez les mercenaires... il ne doit pas lui rester tellement d'options.

D'ailleurs, si elle est venue à Aroche, c'est soit qu'elle espérait embarquer sur un navire (auquel cas ce serait un calcul assez hasardeux, car elle est bien repérée chez les Kerdans et ce sont les seuls qui assurent des liaisons "vers l'étranger", mais peut-être qu'elle se pensait capable de se glisser sur un bâtiment... à propos, tu as fait renforcé la garde autour de vos nefs ?), soit qu'elle pensait trouver sur place de l'aide ou une autre "option de sortie".

Les pêcheurs rentrent avec le soleil et, si quelques-uns ont entendu parlé du clandestin qui a assommé un batelier (ou des vigilante qui recherchent une Kerdane renégate) tous peuvent sans problème assurer n'avoir emmené au large aucun passager, clandestin ou non (il y a peu de recoins dans leurs petits bateaux de pêche).
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► Je n'ai pas directement fait renforcer la sécurité, en revanche je suis passé voir les capitaines et j'ai averti les gardes de la ville. Mais il serai en effet utile de le faire, et je peux confier cette taches a mes 2 camarades.
Il semble qu'il ne reste plus que d'éventuel amis, en fait, qui pourraient aider Diane. Elle a été vigilanta : peut-être a-t-elle encore des amis parmi eux, ou peut-être d'anciens amants.

Tu as raison, c'est un jeux de patience. Je dois verrouiller chaque navire en partance et enquêter dans l'arche pour mieux cerner le suspect !

La visite a la Cloche Rouge m'effraie un peu mais, si je préviens les bas-fonds, elle sera complétement coincée. Bon, les navires ne partiront plus ce soir, j'ai donc un peu de temps. En postant des gardes cette nuit pour surveiller les nefs, je lui complique sérieusement la tâche. Je dois m'assurer que, même soutenue par quelqu'un qui a des contacts avec la pègre, elle ne puisse s’échapper.

Dans quel état suis-je ? Puis-je tenter une escapade à la Cloche ?
Dès le lendemain, j'aurais une conversation avec Vasco (c'est le chef des vigilante non ?)...
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(Vasco Sotorine est bien le commandator vigile de l'Arche, en effet. [4])
Tu es assez en forme pour tenter la Cloche Rouge, oui : comment tu t'y prends ?
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► Alors, je vais changer de vêtements pour passer inaperçu : exit l'orange et l'insigne de questor, je prend une pèlerine brune. Je passe mes cheveux auburn au charbon pour les noircir, me pouponne les joue avec avec un peu de rouge.
Je m'entraîne un moment a perdre mon accent kerdan en Langue des Péres. Il me faudra une bouteille d'alcool a moitié entamée. Me voila un négociant guère riche et légèrement éméché, qui souhaite passé une soirée animée.

Je me renseigne sur le meilleur chemin pour atteindre la Cloche et je me lance. Je suis armé quand-même, peut-être avec un truc plus discret qu'une rapière mais visible quand-même histoire que l'on ne m'emmerde pas...
Au besoin, j'utiliserais mes capacités de diplomate.
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À la nuit tombante et sous un méchant petit crachin, la Cloche Rouge ressemble à une vaste grange de pierre, à moitié encastrée dans la pente raide d'un îlot entourés de pontons branlants, et précédée d'arcades mangées de lierre : si la pluie a chassé presque toute activité dans le reste du quartier, quelques fêtards, prostituées, voleurs et vendeurs à la sauvette sont regroupés sous les porches et les galeries avoisinantes.
Malgré tes efforts de déguisement, tu réalises en croisant le regard sarcastique des deux gros barbus armés de gourdins qui encadrent la porte que tu n'as sans doute pas l'air assez pauvre et, sous ta pèlerine, ta main caresse machinalement l'épée courte que tu a emprunté à la Caverne.

La grande salle du niveau inférieure est une marée chaotique de tables de récupération, de tabourets, de bancs et de braséros qui ne se brise que contre le haut quai de pierres qui supporte la scène, où un groupe de musiciens joue des airs probablement paillards mais qui peinent à émerger dans la cacophonie ambiante.
D'après Sino, l'étage -accessible par deux grands escaliers de part et d'autre de la scène- abrite quelques alcôves protégées des regards par de lourdes tentures, et donne sur une rue supérieure ; la cuisine se trouve sous l'estrade, visible par la large voute ouverte sur la grande salle, derrière la cheminée dont les flammes se reflètent jusqu'à la grande cloche de cuivre suspendue dans les cintres.

Habilement parcouru par quelques jeunes hommes et femmes portant de grands plateaux ronds où les chopes de bière et les bol de soupe de poissons tanguent dangereusement, tout l'espace entre les larges piliers est en tous cas envahi de mercenaires en goguette, d'ouvriers du port venant boire leur paye, de marchands de passage négociant des affaires probablement douteuses avec quelques mauvais garçons des quais, de joueurs de dés et de marins à la recherche de compagnie pour la nuit... Reste à repérer dans cette foule le fameux Talumard, dont tu n'as que le nom et une vague description (petit, replet, dégarni avec un collier de barbe bouclée).
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Dario commence par se trouver un coin disponible, dos au mur, et commande une chope. "Surtout ne pas dévisager tout le monde et paraitre s'amuser" se dit-il.
Le jeune homme essaye d'être agréable avec les serveuses.

Après avoir pris le temps de s'immerger dans l'ambiance du lieu, bu une chope, peut-être mangé un petit bout, échangé quelques platitudes, Dario demandera a une serveuse -en l'accompagnant d'une piécette- si elle a vu Talumard aujourd'hui.

(Déjà, est-ce que je repère une sortie de secours ? Si je dois m'éclipser rapidement, vaut mieux prévoir. Sinon peut-être que quelque chose cloche dans le tableau ? (a part moi :-))
Il y a peut-être un autre "convive" dos au mur qui observe...
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Il y a la sortie "de l'étage" que t'a signalée Sino et probablement une depuis les cuisines.
Rien ne dénote vraiment dans le tableau, tous les "suspects" que tu peux repérer -ceux qui se livrent à la contrebande, ceux qui portent des armes illégales, ceux qui fument des machins pas clairs dans leur pipe, ce genre de choses- étant apparemment les mieux intégrés.
Et, pour une petite centaine de convives, tu vois encore 3 costauds armés de gourdins dans la salle, en plus des deux ricanants de l'entrée.

La serveuse est manifestement tentée par ton denier de bronze mais, malheureusement, elle ne connait pas le type dont tu parles... Peut-être que si tu pouvais le décrire ?
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► "Oh, c'est un habitué... Plutôt petit, barbu. Il a du ventre (rire) mais ne lui faites pas remarquer... Ah et il est un peu dégarni mais sa barbe en collier est joliment bouclée."
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Après un moment de réflexion, la serveuse te désigne une table assez éloignée : "Le "Moine" ? Ah ben ça, c'est sûr qu'il est là, tenez : sous l'escalier, à la table qui chante." Et d'empocher sa pièce.
En effet, tu peux repérer par là, dans le coin entre la grande cheminée et l'escalier ouest, un crâne chauve surplombant une sorte de bure, et qui s'agite parmi de beaucoup plus chevelus, toute la tablée levant sa chope et beuglant plus ou moins à l'unisson un air qui est peut-être celui que joue les musiciens, quoiqu'il te soit impossible de le confirmer d'ici.
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► Avant que la serveuse ne reparte je lui demande : "Pouvez vous lui transmettre un message avec une chope de ma part ? Je ne voudrais pas le déranger alors qu'il est en bonne compagnie.
Dîtes-lui juste qu'un ami de Sino aimerais lui parler."
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Quelques minutes plus tard, lorsque la serveuse revient des cuisines avec un plateau à nouveau plein et dépose une chope devant le chauve et lui parle un instant, celui-ci se dévisse le coup pour chercher son bienfaiteur, te trouve et, l'air mécontent, te désigne discrètement l'étage avant de retourner à sa chorale improvisée, l'air de rien.
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► Prenant ma chope avec moi, je monte prudemment a l'étage a la recherche d'une alcôve disponible. Je fais bien attention de ne déranger personne et de ne pas me faire surprendre par un malandrin !
Puis j'attends le "Moine".
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Un nouveau costaud à gourdin te réclame deux deniers de bronze pour pouvoir seulement t'installer dans une des "alcôves", qui s'avèrent n'être formées chacune que d'une petite table de mauvais bois, quelques tabourets, un petit tronçon de bougie (que le videur allume dès que tu as payé en te prévenant que chaque bougie supplémentaire est payante), le tout encadré par trois tentures et le mur de pierres humides.
Dans le box d'à côté, une prostituée produit une performance assez grotesque pendant qu'un bruyant client s'échine à faire grincer sa table.

Ton bout de chandelle est plus qu'à demi consumé quand la tête de Talumard perce la tenture séparant "l'alcôve" du couloir derrière la scène, l'air franchement furieux, et entre en t'admonestant à mi-voix : "Nan mais vous voulez ma mort, c'est ça ?! Vous êtes complètement con de venir me voir ici en racontant à tout le monde que vous venez de la part de Sino !
Vous savez dans quelle merde vous me mettez, là !? Vous savez qui la tient cette putain de taverne ?!?"
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► Alors bien que surpris, (Sino aurai pu me prévenir) je la joue très diplomate :
"Ce n'était pas mon intention de vous mettre dans l'embarras. J'en toucherais un mot a Sino, qui ne m'a pas proposé d'autre méthode pour vous contacter.
Si je peux vous aider a redoré votre blason auprès de vos amis, dîtes-le moi. Par exemple, la serveuse a très bien pu écorcher le prénom de votre ami qui se prénomme en fait "Sidon". Et, oui, si je suis venu discrètement c'est que je sais a quoi je m'expose.
Je ne suis pas venu sans raison, figurez-vous, mais pour des renseignements importants : si vous voulez m'aider, je saurais vous en être reconnaissant..."
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(Heu... Sino t'avais prévenu, en fait : il t'a annoncé que ça poserait problème de « rencontrer un informateur dans la taverne même du patron de la pègre locale ». Après tu peux comprendre ("Psychologie" !) que même si ton déguisement et le protocole employé le mettent relativement à l'abri des représailles, ta simple présence dans l'antre de Romwald puisse l'angoisser...)

"À parce que j'ai le choix, maintenant ?!", gémit-il un peu fort et sûr un ton un peu trop aigu. Peut-être Dario n'a-t-il pas prêté assez attention à la manière dont Tomassino Melangoline traite généralement son informateur...

► "Ne vous méprenez point, je suis un homme courtois. Mais si vous ne m'aider pas -et c'est effectivement un choix- je crains que l'accord passé ne tienne plus..... (Là Dario jette un regard noir au Moine.)
Alors je vous explique le pourquoi de ma venue ? Prenez un siège..."

Il s'assoit avec l'air presque rassuré du type qui est beaucoup plus habitué à être menacé qu'en situation "courtoise", maugréant néanmoins, le nez dans le petit verre de vin qu'il s'est payé au passage. (Je te signale que, tes fonds étant un peu "limités", tu as claqué ce soir le budget habituel de plusieurs jours de bouffetance.)

► "Bon, nous sommes a la recherche d'une femme. Une mercenaire kerdane qui a des raisons de se cacher, nous comptons donc sur vous pour nous avertir si vous la découvrez." Dario fournit la description de Diane a Talumard et lui indique la date d'arrivée évaluée de la criminelle.
"Je suis bien sur prêt rémunérer toute information fiable..."

Le trafiquant de reliques [5] réfléchit vraiment mais semble très incrédule : "Une Kerdane dans les Écueils ? Non, je ne crois pas que ni Romwald, ni les fehnri ni quiconque ici ne prendraient le risque de cacher une fugitive de votre peuple...
Déjà, si une guerrière de n'importe quel peuple était venue ici à la nage, je l'aurais su."

► "C'est parfait, et si elle se pointait... vous me préviendriez illico, hum !"

"Oui, oui" promet le pauvre Talumard d'un air vaincu et anxieux, pressé de s'éloigner du danger que ta présence lui fait (apparemment) courir.

► "Merci pour votre coopération Talumard, a une prochaine fois." dit Dario avant de repartir discrètement par la sortie la plus proche.
Satisfait le jeune questor retourne néanmoins prudemment sur les quais vérifier que la surveillance des bateau a bien été augmenté.
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Oui, c'est bien bouclé de ce côté là.
Donc, vraisemblablement, ta cible est venue à Aroche, n'a sans doute pas réussi à en repartir par bateau et, si elle se planque quelque part, c'est probablement qu'elle a des contacts ou des moyens que tu ne connais pas.
Il commence à être très tard et tes deux assistants sont déjà partis se coucher.
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► J'ai encore des idées et des recoins a fouiller, mais je risque de m'effondrer demain. la piste d'un "complice" kerdan se préscise d'aprés Dario.
Je jette un œil à qui est encore debout dans l'Arche (et ne devrait pas), si Vasco est debout j'aurais volontier une courte discussion avec lui... Puis je vais me coucher.
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Vasco est passé dans la journée, il a donc probablement eu ton message, mais il est rentré chez lui (dans les arcature, aussi).
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► Dario decide de rentrer ce coucher, il ne prendra pas néanmoins le chemin le plus court profitant d'une promenade pour reflechir a son affaire. Quel sont les recours de sa proie ? "Intéressante réflexion que voila cher questor !!" se dit Dario.
Déambulant silencieusement dans l'arche Dario se dirige petit a petit vers son logis des arcatures.
"Où peut-elle bien se cacher ???"
Dario ne dispose que de fort peu d'information et aimerai beaucoup discuter avec Vasco. Aprés tout l'ancien Maitre d'Armes doit connaitre au moin de reputation un vainqueur des jeux insulaires et ex-vigila.
Dario se retrouve "presque" par hasard devant la maisonnette du Padrino..... et verifie si celui semble toujours réveillé.
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Il voit filtrer la lumière d'une chandelle et entend les bruits d'une conversation. >> Étrangement pour une quête solo jouée par mail, la scène où Dario débarque nuitamment chez Vasco Sotorine a été (brièvement) jouée par chat vocal. Je résume donc...

Lorsque Dario cogne à sa porte, le commandator vigile met un moment à venir lui ouvrir, en chemise, la chevelure en bataille et l'humeur moins qu'accueillante : c'est qu'il est en galante compagnie, explique-t-il en baissant la voix.
Pourtant, comme Dario commence à évoquer Diane Maletudine, Vasco se glisse à l'intérieur -le temps d'attraper une couverture et d'expliquer "Une affaire de la vigila, ma douce : ça ne prendra qu'un moment..."- pour rejoindre Dario sous l'auvent du perron.

Après quelques échanges pouvant être résumés à
"Vous ne me laissez pas entrer ? Vous allez geler dehors... (grand sourire)
_La dame n'est pas "décente".
_Vous voulez pas que je la voies !? C'est quelqu'un que je connais ? Vous lui avez parlé en kerdan, attendez, laissez-moi deviner...
_Bon gamin, tu déranges mes amours, là, et à mon âge, faut en profiter tant que ça tient : alors tu dégages ! On verra ça demain.
_À l'aube ?
_D'accord : demain, à la première heure : file maintenant, où la dame aussi va refroidir..."

Et notre Questor va enfin se coucher. Ce n'est qu'en arrivant à son lit, dans la petite maison qu'il partage avec sa vieille mère et ses frères et sœurs (ces derniers actuellement en mer), qu'il est soudain pris d'un affreux doute : "Meeeeeeeerde..."
:))
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► Dario se léve tot, fait un premier point avec son équipe autour d'un chiro :
"Nous bloquons du mieux possible tous les accés de la ville, dans tous les quartier le signalement de la fugitive a été diffusé. Il est probable qu'elle se terre qualque part en ville.
Nous devons maintenir la pression et restez pret a partir au besoin. Je vais poursuivre l'enquête dans chaque recoin d'Aroche : gardez l’œil ouvert et veillez a ce que l'agiella soit disponible.
_(MJ) On ferait bien mieux de lui tendre un piège...", fait remarquer Rinaldo.
► _De fait, Rinaldo, avec nos actions d'hier, la cible est piégée en ville. Mais vous avez raison, lui laisser une opportunité de fuir pour mieux la pincer est une bonne idée.
Néanmoins, je dois d'abord compléter les informations dont nous disposons pour mieux la cerner. Je vais faire un rapport a l'Exarque et interroger... quelqu'un. Ensuite, je vous retrouverai et nous discuterons de ce piège."

Et il se rend au bureau des Questor pour faire son rapport !
Dario tâche d'aller directement chez l'Exarque, en passant par Severio Melangoline, le Secrétaire : "Bonjour, je viens faire un rapport a l'Exarque si elle est disponible. Pouvez-vous la prévenir de ma présence ?"
Si c'est possible, Dario fera un rapport très précis de ses activité de la veille. Il ne dira rien en revanche de ses doutes concernant Vasco Sotorine...
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Severio Melangoline t'arrête tout de suite : l'Exarque a autre chose à faire que de suivre le détail de ta petite enquête et tes rapports d'activité lui seront donc exclusivement fait à lui, jusqu'à ce que tu ramènes la fugitive, seule événement susceptible de concerner l'Exarque. Une fois ravalée ton envie de le défenestrer et exposées tes activités de la veille, il lève un sourcil interrogateur :
"Et donc, qu'allez-vous faire maintenant ?"
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► Dario, imagine le corps hurlant de Severio chutant longuement avant de s'écraser sur un sol pavé de granit..... en réprimant un sourire acide.
"Je vais parfaire le profil de Diane Maletudine en interrogeant un maximum de ces connaissances et poursuivre les recherches sur d'éventuels soutiens dont elle disposerait en ville. Une fois ces informations en ma possession, il sera possible de monter une souricière pour la piéger."

Sur ce Dario tourne les talons et s'en va cuisiner Vasco !
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En arrivant donc de très bonne heure à la Caverne où la garde de nuit a déjà échangé sa place avec celle du matin, il trouve le Commandator Vigile (c'est son titre officiel, même si tous ses subordonnés l'appellent plutôt "Padrino") assis sur une table avec une tasse de chiro dans la main gauche et une longue badine dans la droite, de laquelle il indique leurs erreurs à deux bretteurs débutants. Comme souvent, il ne se retourne même pas pour demander :
"Ça ne te suffit pas de pourrir mes nuits de charme, il faut aussi que tu déranges mon petit-déjeuner ?"
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► Dario est heureux de constater que son mentor est toujours un peu ronchon au réveil : "Bonjour, Padrino. Je suis navré pour hier soir... vraiment... Si ça peut vous consoler, je viens de faire mon rapport à Severio : j'ai beaucoup apprécié sa perpétuelle bienveillance.
Mais je ne voudrais pas vous déranger trop longuement. Donc si vous me disiez ce que vous savez sur Diane Maletudine, je vous en serais reconnaiccant et je vous laisserais tranquille !
_(MJ) Je ne vois pas bien ce que je pourrais te dire à son sujet. Sinon que si tu te mets sur son chemin, reste bien sur tes gardes mon gars : tu es sans doute un des meilleurs bretteurs que j'ai formé mais, elle, c'est une tueuse. ► _Ah... je le note. (gloups)
Sinon, vous ne connaissez personne qui pourrait avoir conservé des liens avec elle ? Je cherche à mieux la connaitre, voyez-vous... Et éventuellement à découvrir qui aurait la motivation pour l'aider..."
(Dario utilise toutes ces competences pour decouvrir si Vasco lui cache encore quelque chose.)
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Et le maître d'armes s'en rend bien compte. Il descend de la table et s'approche de Dario pour le regarder de très près, droit dans les yeux, et murmurer très bas : "Tu veux savoir si je l'aiderais ? Oui, mon garçon, comme je t'aiderais toi si tu venais me dire qu'on veut te pendre parce que tu t'es défendu quand un connard de mongrel a voulu se taper ton p'tit cul poudré.
Mais aujourd'hui ton problème est différent et tu espères que je vais te jeter Diane en pâture pour que tu puisses racheter tes frères et sœurs à l'Exarque.
Tu crois pouvoir me demander ça, Dario ? Tu penses avoir le droit de venir dans ma caserne, au bord de la piste où je t'ai entraîné pour me demander la vie d'une de mes élèves afin de racheter ta dette ?"
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► Dario s'empourpre pris de sentiments antagonistes et violents (Putain j'avais raison !! Mais putain mais il me prend pour qui !?!). Le jeune homme inspire avant de repondre en murmurant lui aussi :
"Vous me connaissez bien mal si vous pensez ça.... Vous m'imaginez capable de sacrifier une innocente !!! Vous croyez que l'Exarque m'a laissé le choix ?
On m'a confié une mission et je m'efforce de la réaliser du mieux possible. Mais peut-étre que j'attendais de celui qui me connait le mieux qu'il me demande de regarder ailleurs, ou au moins qu'il ne me cache rien, comme par exemple le fait qu'il connait la meurtrière que je poursuis et qu'il la croit innocente..."

Dario laisse un instant le silence s'installer avant d'enchainer:
"Et sinon, c'est sérieux cette histoire de cul poudré ?"
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Vasco s'écarte, saisit sa tasse et, sans vraiment répondre à la question, reprend toujours à voix basse mais d'un ton plus doux : "Alors tu as eu ce que tu attendais, c'est parfait. Je te ferais remarquer au passage que, si tu la trouves, l'un de vous deux va mourir. Probablement toi, d'un carreau d'arbalète en pleine tête avant même de t'être aperçu que tu l'avais rattrapée.
Mais si tu perdais encore un tout petit de temps, Dario, si malgré tes efforts tu ne la trouvais pas... il y aurait ensuite d'autres missions, d'autres occasions de racheter ta dette. Tu n'as pas besoin de jouer vos deux vies sur un coup de dés."
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► Le jeune homme réfléchit un instant avant d'enchainer a voix basse : "Je vais passer la matinée à interroger ses possibles connaissances dans l'arche et les arcatures, puis je vais passer l'aprés-midi à convaincre un capitaine de me laisser utiliser son navire comme souricière.
En me cantonnant aux zones les plus surveillées de la ville, ça devrait lui laisser le champ libre. Mais je devrais tôt ou tard rendre directement compte a l'Exarque. Demain, ce sera sans doute trop tard pour faire semblant...."
(MJ)_Elle est partie, mon garçon" réponds Vasco, "et je doute qu'elle se soit adressée à quiconque à part moi : elle est arrivée avant-hier dans la nuit, avant même qu'on te confie l'affaire ou que l'Arche soit avertie qu'elle était recherchée.
Elle m'a demandé si je pouvais lui trouver une place sur le premier navire hors des Marches mais il n'y en avait pas, aussi je lui ai conseillé de repartir vers le sud par le fleuve Dramguil, de franchir la Passe des Corneilles et de continuer sa route dans l'Empire, loin des mercenaires comme des Kerdans. Elle est partie hier matin avec le train de barges transportant des armes pour le front : le Pilote était ravie d'avoir une arbalétrière de plus.
Après quoi je me suis absenté toute la journée pour aller tancer un de nos fournisseurs de la Guilde des Fontes [6] et, bien sûr, ce n'est que bien après son départ,lorsque que tu es venu me trouver ce matin, que j'ai découvert qu'elle était recherchée..."
► _Habile... Avec une telle avance, il est quasiment impossible de la rattraper. Je vais de ce pas faire mon rapport à Severio et demander une entrevue avec l'Exarque. Au mieux, je partirai d'ici 2 heures. Ça ne vous ennuie pas d'être mentionné ?"
(MJ)_Mentionne à ta guise", conclue Vasco, un peu raidement.
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(Après quoi, Dario grimpe les escaliers vers les niveaux supérieurs, préparant dans sa tête le boniment qu'il va servir au Secrétaire de l'Arche : il va devoir mentir habilement s'il veut sauver son poste, son mentor et peut-être même la fugitive...)

Et c'est un Conflit social ! :)
Tu calcules ta mise de "Baratin et apparentés" ; à chaque tour, tu me donnes ta répartition "attaque/défense/techniques bizarres" et je t'annonce le résultat.
Bonus variés à la description. :))
Tu me rappelles ton objectif ? Le sien est clairement de te faire cracher tout ce que tu sais.
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► Mon objectif c'est de présenter la poursuite de Diane comme étant une entreprise impossible : la faute à pas de chance, foutu d'avance, etc. Bref : c'est pas ma faute ni celle de Vasco...

Mon pool: Social 3 + Psychologue 3 + Charme 3 + Diplomatie 2, soit 11 (puisque c'est baratin je n'ajoute pas mon statut).
Dario se prépare psychologiquement, il révise son baratin avant de se jeter sur le "portier" de l'Exarque. D'ailleurs il s'échauffe pour paraitre agité (mais pas en nage) et arrive à grands pas !

Attaque 7 + Manœuvre 1 / Défense 3 : "Pour attraper du poisson, encore faut-il qu'il soit dans l'eau quand on jette le filet !!"
Dario espére bien déstabiliser Severio par ce "proverbe" Kerdan et enchaine aprés un court instant (le tempo c'est important) :
"J'ai obtenu les informations nécessaires à la localisation de la cible. Il s'avére que celle-ci est en mouvement depuis 2 jours en direction des terres.
Elle a donc quitté la zone de recherche avant même l'etat d'alerte ! Je requiers l'avis de l'Exarque pour planifier la poursuite !"
Dario laisse la parole a Severio, mais se prépare à enchainer, anticipant ses demandes d'éclaircissements (son jargon technique étant à dessein).
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[Je considère que ta brutale entrée en matière t'octroie la Priorité (que sinon tu n'aurais pas, sa Mise étant supérieure à la tienne).]

Ta première attaque lui fait brièvement perdre contenance (tu gagnes 1 pion par ta Manœuvre) et sa riposte est un peu incertaine, mais sa question fait néanmoins mouche (si tu mens en répondant, il le saura) :
"Comment avez-vous appris que la fugitive était repartie avant-hier ?" demande-t-il en plissant les yeux. → Une Attaque à 5 qui dépasse ta Défense : tu perds 2 pions (en Tension).
Et tu comprends au passage qu'il soupçonnait probablement déjà Vasco Sotorine d'aider Diane. (Je précise s'il était besoin qu'elle est partie depuis 24h, pas 2 jours, mais je suppose que tu mens sciemment.)
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► (Oui je mens sciemment : je vais réduire un à jour et demi, mais vaut mieux se garder une marge.)

Dario se met a marcher de long en large, agitant la main, index tendu comme s'il était un chef d'orchestre ponctuant d'un coup de baguette ses arguments. Il est en pleine démonstration !
"Je vous ai annoncé lors de mon rapport précédent que j'avais prévu de questionner les personnes suceptible d'avoir connu Diane Maletudine. Une des premiére personne auquel j'ai pensé est bien sur l'homme qui s'occupe de nos combattants.
Vu son profil, il était évident que notre cible était -au moins de réputation- connue de notre Commandator Vigile. Celui-ci m'a averti que, avant-hier, la cible l'avais contacté. Soit avant que nous ayons été informés de la situation."

Puisque j'ai maintenant 10 pions (et lui 1 de moins !) : Défense 9 + Manœuvre 1.
Je laisse Severio attaquer (si besoin) pour mieux contre-attaquer avec les arguments qui expliquent le délai entre ma prise en main de l'affaire et l'interrogatoire de Vasco.
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Il te reprend donc la Priorité au deuxième Tour et enchaîne d'un ton aigre :
"Et le cœur tendre du Commandator aura bien sûr fondu à l'écoute des malheurs de son ancienne élève... Sur quel transport a-t-elle trouvé à s'embarquer ?"
Attaque 8, bloqué par ta défense : tu lui prends 1 pion de plus... et la Priorité !.
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► Dario se redresse l'air outré "Le Commandator n'avait aucune raison de se méfier ! D’après mes informations, la cible est partie sur un train de barges à destination du front!"
Dario achéve sa phrase d'un geste circulaire mimant un long déplacement... très long... lointain au bas mot !
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"Hé bien alors, qu'est-ce que vous attendez pour la poursuivre ? Rappelez-vous que votre dette ne sera payée que si vous la capturez..." te dit le Secrétaire, en se tirant lui-même par l'escalier le plus proche avec un geste de mauvaise humeur (vu qu'il vient de rompre le Conflit pour pas le perdre tout à fait).
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► Dario écarte les bras, fataliste, et crie au fuyard :
"Poursuivre un train de barges qui a deux jour d'avance avec une agiella et deux rameurs !? À contre-courant qui plus est !?"

Ensuite, le Questor (ravi de sa victoire par abandon) se rend auprès de ses camarades pour leur apprendre la bonne nouvelle ! Ceci fait, il préviendra Vasco de son départ imminent. Puis organisera le voyage pour plusieurs jours de poursuite : l'avance de Diane devrait être suffisante, désormais...


  1. les bateaux ne partent pas la nuit, et 4 par jour c'est un peu le maximum pour la saison, histoire de situer.
  2. un "train de barges", c'est lorsque les kerdans attachent plein de barges les unes derrière les autres et y collent un régiment de rameurs pagayant en cadence, de façon à profiter de l'effet de "train", conférant à l'ensemble une inertie dynamique qui permet de remonter même les grands fleuves rapides avec un gros tonnage de marchandise.
  3. Les Questore de l'Arche sont tout à la fois chargé des enquêtes criminelles, des "relations" avec la Pègre (car les Kerdans sont généralement partisans de traiter avec les voleurs plutôt que de les repousser à coups de lames), des "renseignements généraux" et du contre-espionnage. Travaillant généralement seuls -quoiqu'ils puissent réquisitionner des vigilante lorsque c'est nécessaire, ils rendent comptent directement à la belle Salomé Melangoline plutôt qu'au commandator vigile (considérant que leur office dépend d'avantage des "affaires étrangères" que de la seule sécurité).
    Les deux collègues de Dario Celsine sont Lassia Torodine, une mère de famille aussi rusée que fine arbalétrière, et Tomassino "Sino" Melangoline, un trentenaire chauve et râblé, particulièrement peu commode, mais qui connaît par leur nom la plupart des truands de la ville (qui, eux, connaissent par son petit nom sa hache d'arme, "Furia").
  4. Si Vasco approche l'âge de la retraite, embaucher un célèbre Maître d'Armes comme chef de leur milice est surtout une question de prestige et d'alliance pour les Melangoline : non seulement ça consolide un lien directe avec la petite famille aventureuse des Sotorine (et ça leur rappelle leur place dans la hiérarchie dynastique), mais ça montre aux autres famille que l'arche d'Aroche peut se payer les services d'une célébrité. Le fait que Vasco entraîne les vigilante, en plus de les diriger, n'est alors qu'un petit bonus...
  5. Car c'est en effet son métier, et la raison de son accoutrement.
  6. Soit la guilde des forgerons, métallurgistes, orfèvres etc., une des cinq principales corporations formant la "Haute-Guilde" d'Aroche


La Poursuite

En plein préparatifs de départ, Dario est subitement convoqué par l'Exarque en personne et, guidé par un Severio particulièrement renfrogné, monte jusqu'à la salles des cartes où Salomé Melangoline était en conférence avec la cartographe Paolane, plusieurs capitaines, le Commandator Vigile (la mine plus que sombre, il fixe un regard noir sur l'Exarque) et l'une des financières de l'étage du dessous, Valentina Melangoline :
"Ah : Celsine ! Entrez... Cousins [1], l'organisation des transports étant à peu près réglée, je voudrais vous présenter le Questor chargé de l'affaire suivante : Dario Celsine.
Asseyez-vous et écoutez, Questor. Paolane, si vous pouviez résumer le sujet pour l'assemblée ?
_Hé bien... pour l'instant, les combats dans la vallée de Cainil ne sont toujours pas terminés et, si nos renseignements sont justes, ils vont durer encore plusieurs huitaines.
Nous n'écartons pas la possibilité d'un embrasement général, si les rapports que nous avons reçus concernant les Arkonnelkan et les So'Sherkan sont justes : si ces deux tribus se lancent effectivement dans une offensive contre les Remans, toutes les Marches pourraient devenir très instables et la guerre se poursuivre durant des mois. Dans tous les cas, les grandes compagnies mercenaires seront à la pointe du conflit, tout particulièrement celle d'Arund-le-Taureau puisqu'il dirige la plus grande armée privée du pays..."

L'Exarque hoche la tête d'un air entendu avant de reprendre :
"Valentina, où va se jouer notre expansion commerciale ?
_Sur le métal, une fois de plus, Signora[2]. Les cours commencent déjà à augmenter et si la production de la Marche des Lacs continue de ne pas arriver [3], ils vont certainement monter encore...
Dans un premier temps, c'est la Marche des Gemmes -en particulier le baron de Corelguil- qui va en profiter le plus : son exploitation minière est la plus importante, et ses forges les mieux préparées à décupler la production si le conflit devait durer. Pour l'instant, notre intérêt se situe essentiellement dans le transport, mais nos investissements ici, à la Guilde des Fontes, risquent même de souffrir des nouveaux cours du métal tant que les compagnies mercenaires préfèreront s'approvisionner à l'ouest.
De manière générale, le développement de la Marche des Gemmes -qui a détourné vers elle l'activité métallurgique- nous a infligé un large manque à gagner depuis une dizaine d'années et, tant que les relations entre les guildes arochaises soutenues par Berinor de Salviane et le Prévôt Larmond d'Orsane -sous les ordres de son père- resteront aussi tendues, nous ne pouvons espérer bénéficier du marché que représente l'armée régulière.
_Mais, heureusement, nous sommes en négociations avec Arund-le-Taureau..." avance l'Exarque en regardant Dario droit dans les yeux.

Après un bref mais lourd silence, Valentina reprend :
"Nous étions en pourparlers avec lui, Signora : depuis qu'une kerdane a assassiné l'un de ses lieutenants, toutes les négociations ont été rompues et le Taureau envisage de s'approvisionner maintenant dans l'Empire, probablement à Valondre ou Duriane pour éviter que son ravitaillement ne bénéficie aux seigneurs d'Orsane ou de Lorune.
_Ce qui implique un transport par voie de terre...
_...pour lequel nous sommes disqualifiés, oui.
_De quelles ordres seraient alors les pertes financières pour l'Arche ?
_En comptant que nous n'approvisionnerions plus le front, ni la réserve des armées mercenaires et que Corelguil conserverait l'équipement de l'armée régulière... Peut-être 3 à 4000 pièces d'or par an, soit un peu plus du tiers de nos bénéfices actuels. Il faudrait surtout pouvoir évaluer ce que nous perdrions dans nos autres comptoirs nordiques, si leur activité s'arrête pour cause de guerre...
_Valentina, diriez-vous alors que, face à cette reprise soudaine des hostilités, le contrat d'approvisionnement de la compagnie du Taureau est indispensable à l'expansion de notre arche ?
_Pas seulement son expansion, Signora : si les affrontements devaient durer plus d'un ou deux ans, c'est la pérennité même de l'arche qui serait compromise.
_Merci de cet exposé limpide. L'importance de sa mission ayant été clairement rappelée, le Questor Celsine veut-il nous parler des avancées de son enquête pour retrouver la meurtrière ?"
Et là, tous les regards se tournent vers Dario.
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► Appartenant à une famille de marins comme tous les Kerdans, Dario sent le vent tourner à mesure que l'exposé avance. Il se prépare donc en conséquence, et c'est avec une voie ferme qu'il prend la parole :
"L’enquête a jusqu'ici permis d'établir un portrait de la cible et nous avons découvert qu'elle avait profiter d'un train de barges pour remonter le fleuve vers le front. Après avoir fait mon rapport, j'ai préparé la poursuite avec 2 vigilante. Nous étions justement sur le depart, afin de suivre sa piste, au moment où j'ai été convoqué ici, Exarque.
(MJ)_Diane Maletudine est donc passée par Aroche ?" demande le capitaine Andréo Torodine, surpris. "Comment a-t-elle fait pour s'embarquer sur un de nos transports ?!
►_Les recherches concernant Diane Maletudine n'ont commencé qu'hier matin. Au moment de l'embarquement, l'alerte n'avait pas été donnée...
_N'empêche que les capitaines ne sont pas sensés embarquer n'importe qui sur leur train de barges ?!" s'énerve le Torodine. "Qui est le crétin qui l'a laiss...
_C'est moi", tranche le Commandator Vigile d'un ton glacial qui coupe complètement le sifflet au capitaine.

Le temps que quelques yeux s'écarquillent de surprise, Vasco reprend :
"Diane Maltudine était mon élève et elle est venue me trouver avant-hier soir en me demandant de lui arranger une place sur un transport vers le sud pour le lendemain matin, prétextant qu'elle serait sinon en retard à son retour de permission : ignorant la situation, j'ai demandé au capitaine Lisandro Negrine [4] de la prendre à bord.
Et comme je passais la journée avec nos fournisseurs, ce n'est que le soir même, quand le Questor est venu me trouver chez moi, que j'ai appris qu'elle était recherchée et que lui-même a découvert qu'elle était repartie."
Ceci dit sur un ton qui tient d'avantage de la menace que de l'excuse, et laisse ensuite planer un silence quelque peu gêné sur l'assemblée.

"Tout cela ne nous glorifie pas auprès du Taureau" fait remarquer l'Exarque, "et c'est pourquoi la mission du Questor est aussi urgente qu'essentielle. Ce nécessaire rappel étant terminé, et puisqu'il s'apprêtait à partir, ne le retenons pas plus longtemps.
Celsine, je ne pense pas avoir besoin de vous rappeler tout ce qui en jeu, sur terre comme sur les flots ? Alors ramenez-nous Diane Maletudine, pied et poings liés, et vite."
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► Je rêve pas, là : elle vient bien de menacer mes petits frère et sœur qui sont quelque part "sur les flots", comme mousses sur une nef Melangoline ?
MJ : non, tu ne rêves pas... }:-)
► Dario répond simplement : "Oui, Exarque.", avant de sortir de la piéce et de rejoindre Danilla et Rinaldo.
Puis, dés l'agiella prête, il prend la route (fluviale) l'air pensif...

On va suivre le cours du fleuve, essayer de rattraper le convoie et questionner sur le chemin les éventuels témoins d'une défection de Diane. Vis à vis de mes 2 vigilante, je me sens obligé de me montrer efficace.
De plus le discours de l'Exarque donne à réfléchir à Dario : s'il n'est pas convaincu du bien fondé de sa mission, il s'inquiète néanmoins par le danger qui pèse sur l'arche, havre de nombreux Celsine (dont son frère et sa sœur).
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Pour ce qui est désormais une Poursuite, est-ce que tu pourrais me répartir les 10 pions de ton petit équipage entre Investigation (pour trouver une piste), Vitesse (pour rattraper le retard) et Vigilance (pour te protéger des dangers de la région, mais aussi vérifier si tu es suivi et éviter de tomber sur Diane de manière impromptue, puisqu'on t'a bien fait comprendre qu'elle était dangereuse...) ?
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► Dario partagé et tourmenté, répartit ainsi ses 10 pions au premier Tour : Investigation 3, Vitesse 4 et Vigilance 3.
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[Mmmmh... c'est raté pour le premier Tour.]

Il aura fallu presque huit jours à pagayer, en vous relayant contre le puissant flot contraire du fleuve Dramguil (qui mesure dans la région jusqu'à 5km de large !), ayant croisé (et parfois doublé) des cogues rémanes, des galères de la flotte impériale (aux bannières de Berinor de Salviane), des pirogues emishen et des train de barges kerdanes, pour arriver bredouilles à destination.

En tout, plus de deux jours furent employés à enquêter dans les bourgades fluviales de

  • Langolne, petit village de paysans et de brasseurs (rien),
  • Valmire, l'une des quatre "grandes villes" de la Marche des Lisières : un grand marché agricole, un petit port fluvial, carrément 4000 habitants, et en pleine expansion (mais aucune trace de Diane),
  • Dun Khereine, un hameau miteux serré autour d'une imposante forteresse à moitié en ruines, base d'opération d'Arund-le-Taureau (vérifié par acquis de conscience, mais Diane n'y était évidemment pas),
  • Loriale, bourgade de pêcheurs et de paysans dotée d'un petit chantier naval et d'un bac (la route pavée est sur la rive droite du fleuve, on ne voit la tour du débarcadère que par temps clair).

Et, enfin, après deux journées de navigation supplémentaires, bordée par la vaste forêt sauvage qui hérisse la vallé : Archerune.
Cette véritable cité semble toute petite, adossée qu'elle est à l'arche gigantesque qui permet à la Grande Chaussée de franchir le fleuve d'une seule enjambée de 600m de long pour presque 100m de haut (là-haut, sur la route parfaitement lisse, le vent emporte régulièrement des voyageurs et des chariots entiers), une route pavée serpentant depuis le sud de la ville pour rejoindre le gigantesque viaduc.

La ville sert de point de ralliement aux troupes lisirianes ("des Lisières") partant pour le front : elle est actuellement envahie par plusieurs milliers de soldats et mercenaires de toute la Marche, campant tout autour des murs de la cité mais s'y déversant chaque soir pour mettre un boxon invraisemblable dans les auberges et les cabarets de la ville-basse.
En dehors du courant, qui oblige à longer la rive sud pour pouvoir avancer (le rétrécissement du fleuve et l'effet de barrage des extrémités du viaduc ont suffit à créer un lac en amont), le plus impressionnant est sans doute l'ombre de la Chaussée qui s'étend sur la ville dès le début d'après-midi pour la plonger dans une pénombre surréaliste (la guilde des "candeliers" est de fait l'une des plus importantes de la ville).

Le port est par ailleurs un industrieux chaos de navires de guerre, de palans, de charrettes débordant de marchandises et de plusieurs centaines de portefaix et débardeurs qui s'activent jour et nuit pour transférer le matériel et les bagages des soldats en provenance des Marche des Gemmes, des Lisières et de Bragone : ils sont plusieurs centaines chaque jour à partir, régiment après régiment, par la route vertigineuse.

L'Arche locale des Torodine, beaucoup plus modeste que celle qui t'emploie, est une tour à trois étages située au bout de la jetée qui mord sur le fleuve pour protéger le port du puissant courant (une réalisation des "Moni" de Bragone) où il te faut plus d'une heure (en brandissant pourtant ton insigne de Questor) pour qu'on finisse par t'informer que les barges du capitaine Lisandro Negrine ont accosté la veille (il avait quitté Aroche au moment même de ton premier rendez-vous avec l'Exarque, c'est presque rageant).
"Son équipage s'est probablement dispersé dans la ville, Signor, ajoute la jeune scribe qui s'est finalement occupée de toi : ils ont deux jours de relâche avant de repartir vers l'aval..."
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► Dario un peu sombre, s'adresse alors à la jeune scribe : "Merci, cousine. Pouvez-vous m'indiquer les tavernes qui ont la faveur des marins kerdans ?" (MJ) _La petite scribe réfléchit et fini par dire : "En général, les cousins préfèrent se retrouver à l'auberge de "L'Abondance", c'est un peu plus haut vers la place du temple, ou chez Oracio, une petite taverne au bout de la jetée, mais comme la ville est envahie de mercenaires, ils se sont peut-être repliés ailleurs..."

Dario se rendra ensuite avec ses vigilantes enquêter dans les-dites tavernes. (Toujours perturbé par son dilemme, Dario n'est pas d'une humeur joyeuse.)
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De l'arche, Dario, Danilla et Rinaldo remontent donc la jetée vers un quartier assez tortueux de bicoques en bois, d'entrepôts, de granges (à l'odeur, il doit aussi y avoir un abattoir et des tanneries) et de huttes en chaume (?!) qui déborde sur la "plage" et finissent par repérer le lampion orangé de la taverne d'Oracio :
c'est en fait le cellier d'une corderie où l'on descend par une volée de marches pour découvrir une salle voutée de peut-être 10 brasses [5] de long où pendent des chandeliers en roues de charrette, coupée dans toute sa largeur par un comptoir de bois vernis derrière lequel on peut apercevoir, par-dessus la foule des marins, des mercenaires et des bateliers (sur plus de 200 personnes paquetés dans la salle étroite, il y a bien 40 ou 50 "cousins"), l'empilement des grands tonneaux, des bombonnes, un bouquet d'amphores (c'est souvent bon signe : vin du sud) et un couple de kerdans qui tentent de servir en urgence les deux douzaines de personnes assaillant les 7 ou 8m de comptoir.

Lorsque Rinaldo t'a taillé un passage à coups de coude, le jeune homme lève brièvement les yeux vers toi avant d'annoncer à la demoiselle qui s'affaire aux tonneaux (sans doute sa sœur, vue la ressemblance) "Et une coupe de vin vieux pour le Questor !".
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Dario décide de ne pas perdre de temps s'il a le serveur sous la main :
"Bonjour, merci pour cette coupe. Pouvez m'indiquer les marins de l'équipage du capitan Negrine ? (MJ) _Ils n'ont pas d'ennuis, j'espère ?" demande le jeune homme.
_Je n'ai que quelques questions à leur poser, ne soyez pas inquiet". Immense sourire du Questor et, dans le même temps, Dario fait un signe discret a ses vigilante pour qu'ils se déploient dans la taverne : on sait jamais.
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Emportant ton "vin vieux", offert par la maison et d'ailleurs excellent (probablement du "Val-Cendré", loin au sud vers Arnelore, ou peut-être de Gorme [6]...), tu rejoins la table où le jeune tavernier vient de te désigner Negrine et ses marins :
en plus du Capitaine, quatre de ses officiers, deux vigilante et un emishen qui est probablement leur pilote s'entassent autour d'une table ronde deux fois trop petite (pas la peine d'espérer trouver un tabouret, plusieurs marins sont déjà assis sur des tonnelets vides ou les marches qui monte vers la rue).
"Questor ?" annonce-t-il aux autres autant qu'il t'interroge lorsque tu approches (et tout le monde de tourner la tête vers toi d'un air légèrement méfiant).
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► Dario, prend sa pose et son ton le plus officiels pour s'adresser au capitaine et ses marins :
"Questor Celsine ! Capitaine Negrine, messieurs..." Dario salue les membres de la tablée.
"J'ai appris que vous aviez embauché à Aroche une arbalétrière dénommée Diane Maletudine. L'un d'entre vous pourrait-il vous me renseigner sur l'endroit où elle se trouve actuellement ?"

Dario ne s'attend pas à une réponse claire et guette avec tous ses talents de psychologue un mensonge révélateur !
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De la vague méfiance, l'attitude tourne illico à une nette hostilité : tous les bateliers se regardent les uns les autres sans répondre, avant de se tourner vers le capitaine Lisandro Negrine qui fini par lâcher à regret :
"Je vois très bien de qui vous parlez, oui... parce qu'elle nous a sauvé les fesses pendant le trajet, lorsqu'une flottille de Kormes a tenté de s'approprier notre chargement. Nous avons eu deux morts et un paquet de blessés (maintenant que tu les regardes attentivement, le second a le bras en écharpe et une des rameuses une méchante entaille au front), mais si elle n'avait pas été là nous ne les aurions probablement pas repoussés...
_On les aurait même pas vu venir, oui !" commente son second.
_C'est juste, reprend Lisandro : on y serait probablement tous passés, et ils auraient pillé le chargement. Je n'avais embarqué cette demoiselle que pour rendre service au Maître d'Armes [7] et seulement comme passagère : elle ne devait pas faire partie de l'escorte, juste occuper une banquette et se faire déposer ici.
Évidemment, on a très vite compris à son comportement qu'elle avait des ennuis : elle regardait sans cesse par-dessus son épaule, ne quittait pas les barges pendant les escales et semblait éviter les vigilante comme les mercenaires...
_Sauf quand ça a chauffé : quand elle est venue nous dire que des pirogues nous suivaient... _Alors qu'on avait rien remarqué, nous !
_... elle a abandonné toute discrétion et...
_Elle a risqué sa peau pour nous aider !
_On lui en doit une solide !
_Ah ça on peut le dire !
_Et les Melangoline aussi, vu que sinon, leur cargaison d'armes, elle aurait pas été déchargé du bon côté du front, voyez ?!
_Alors nous, Signor Questor, on se fout bien de savoir ce que vous lui reprochez, nous on a rien à vous dire !"
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Dario sourit intérieurement : ces honnêtes mariniers lui en ont dis suffisamment. Désormais, il sait que Diane avait pour destination ce port et projetait de changer de transport, voire d'itinéraire. Et accessoirement qu'elle est vivante.
"Je respecte votre opinion, je ne connais pas Diane Maletudine personnellement. J'ai juste reçu pour mission de la retrouver.
Je ferai part de vos observations à l'Exarque Melangoline d'Aroche. Veuillez m'excuser pour le dérangement..."

Dario sort de la taverne avec ses vigilante :
"Surveillons les sorties de cet estaminet, il est possible que l'un d'entre eux file prévenir Diane. Elle a bien débarqué ici."

Pendant la surveillance, Dario réfléchit aux options de la cible : où peut elle se rendre à partir d'Archerune? (Réflexion purement professionnelle : le témoignage des marins a convaincu Dario de ne pas trop pousser la poursuite...)
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À partir d'Archerune, si elle trouve une autre embarcation, elle peut sans soute remonter le Dramguil jusqu'à Corelguil.
Mais si elle choisi de continuer par voie de terre, avec la Grande Chaussée, elle peut aller quasiment n'importe où : avec plus de 24h d'avance, elle peut déjà avoir atteint Bragone si elle a trouvé un cheval et de là continuer dans l'Empire, elle peut à l'inverse monter vers Darverane (mais puisque les mercenaires d'Arund-le-Taureau y vont, c'est pas le plus prudent), ou même aller se perdre dans la Marche des Gemmes voisine, où on ne la cherche pas encore...
Maintenant qu'elle a atteint ce carrefour, les possibilités sont vastes.
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Bon, Dario planche sur un plan qui couvre ses fesses vis à vis de ses supérieurs, et qui ne risque pas de le faire tomber direct sur Diane. L'hostilité des marins lui donne une petite marge et, grâce a la carte qui lui a été confiée, il devrait pouvoir établir un truc qui tienne la route.
L'objectif est aussi de convaincre ses vigilante qu'il a fait tout son possible.

Vue l'animation en ville, retrouver Diane serait déjà un exploit : le Questor maintient donc son équipe en alerte près de Chez Oracio, prête a suivre un marin qui se faufilerait prévenir la fugitive (tu parles, elle c'est barrée, oui).
Puis il se renseigne auprès des autorité sur les possibilité de déplacement (caravanes, convois etc.) partis depuis 24h, ou bientôt sur le départ. L'écurie du coin a peut-être récemment vendu un cheval à une arbalétrière rousse, d'ailleurs...
Dario fixe donc un rendez-vous à ses acolytes, et part enquêter.
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Après quelques heures de recherches, alors qu'il commence à se faire vraiment tard (mais toute la ville est en ébullition), Danilla te rejoint sur le port avec une piste :
une "guerrière" portant une cicatrice sur la joue gauche et des bagages assez encombrants (d'après le palefrenier, une sorte de harpe ou quelque chose du genre, emballé dans une toile... probablement son arbalète) a en effet acheté un cheval sur place. Elle était alors blonde (et ne portait évidemment plus l'orange "calamin") et elle est partie immédiatement, donc la veille au soir, vers la Grande Chaussée.
Danilla a poussé jusqu'à la porte ouest, au pied du Fort Rivard, et on lui a confirmé que "la blonde" était passée à cheval juste avant qu'on ferme les portes pour la nuit.

Rinaldo et toi n'avait pas pu obtenir d'avantage des autorités (qui ne sont au courant de rien), ni de la surveillance : ton rameur en a d'ailleurs marre de faire le pied de grue au coin de la rue en surveillant l'estaminet, car les marins de Negrine semblent être partis pour se pinter toute la nuit en racontant leur combat contre les Kormes. Puisqu'il n'y a plus de raison d'attendre, il aimerait autant profiter d'une vraie nuit de sommeil avant de repartir par voie de terre.
Sa comparse est d'ailleurs embêtée : on peut toujours laisser l'agiella aux soins de l'Arche locale, mais vous n'avez pas les fonds pour vous procurer des chevaux... Peut-être l'Archonte Torodine pourrait-il vous aider ?

(Tu as conscience que tu mets tes frères et sœur en danger en ne remplissant pas ta mission ?)
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► J'ai parfaitement conscience du danger. C'est pourquoi je dois faire en sorte que l'Exarque ne puisse me tenir responsable et ainsi menacer ma famille. Mais dans le même temps je ne pourrai plus me regarder en face si je livrais une innocente à une mort certaine (Dario a acquis la conviction que le récit de Diane est véridique).
Après tout, l'Énergie de Dario est la Justice.

Le Questor prend rendez-vous auprès de l'archonte le plus tôt possible (j’imagine qu'il dort, à cette heure). Il accorde un repos mérité a ses vigilante, et prépare la poursuite du lendemain.
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Si tu insistes et que tu brandis ton insigne, tu peux obtenir un lit pour toi, et peut-être pour tes deux assistants en jouant à fond la carte "mission officielle".
Sinon vous pouvez en effet dormir dans l'agiella, c'est juste nettement plus froid et moins confortable (et vous commencez tous à en avoir plein les bottes, depuis une semaine que vous pagayez) : ça va commencer à épuiser les forces vives, quoi...
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► Et bien j'insiste ! Mes troupes doivent se reposer et je dois me montrer convaincu que ma mission est capitale ! (sigh....)
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Face à une requête officielle mais craignant de devoir réveiller l'Archonte Regina Torodine, un des vigilante finit par vous proposer de partager leur dortoir.
L'arche bâtie au bout de la jetée est en effet flanquée d'une petite tour rectangulaire (côté amont) qui en domine l'entrée et, au premier étage de cette tour, se trouve la caserne des 12 vigilante locaux. Comme ils ont du doubler la garde pour surveiller l'ensemble des nombreux bateaux kerdans amarrés dans le port (le train de barges de Lisandro Negrine n'est pas le seul à faire ici la jonction avec les troupes de l'Armée du Nord qui doivent faire route vers Darverane), les collègues sont presque tous de patrouille et il n'est pas difficile de vous trouver trois places dans leur petit dortoir...

Le vent, particulièrement féroce ce soir, siffle à l'unique fenêtre calfeutrée par des chiffons et un petit courant d'air agite les flammes des deux braséros qui peinent à réchauffer la pièce, ses quelques tentures aux teintes orangées et les 4 lits superposés encadrant une minuscule table (8 places, fermées par de petites tentures de laine).
Mais Rinaldo, Danilla et Dario sont déjà bien heureux de se blottir chacun sous un épais édredon de plumes, derrière leur rideau privatif : enfin une bonne nuit de sommeil...


  1. "Cousin" est l'appellation consacrée entre kerdans d'une même famille ou entreprise (par exemple, de ce point de vue, les Melangoline d'Aroche sont tous les cousins de Dario).
  2. "Signora" ou "Signor", par contre, est une marque de respect un peu disproportionnée entre gens de la même famille ça peut indiquer une nette distance personnelle (traitant même les "cousins" comme des officiels étrangers) ou une politesse vaguement excessive (comme quand on vouvoie ses parents)... ou bien c'est juste pour faire de l’esbroufe à la réunion.
  3. Parce que, pendant ce temps-là, la route entre Solerane et Darverane est coupée par les Kormes.
  4. Les Negrine forment une famille mineure, cliente des Melangoline
  5. Les Continentaux comptent en "toises" ce que les Kerdans comptent en "brasses" : dans les deux cas c'est l'envergure des bras d'un homme (une "brassée", donc), soit environs 6 pieds ou 1,80m. De même, les marins comptent en "milles" (1000 brasses, donc 1,8km) ce que les Remans comptent en "lieues" (2000 toises, mais ils arrivent à 3,9km : faut pas chercher).
  6. Car la baronnie de Gorme est connue pour deux choses : l'excellence de ses cépages rouges et son Primat Aristame, lui aussi assez "corsé".
  7. Pas la peine de préciser lequel : du point de vue kerdan, il n'y en a qu'un seul dans toutes les Marches du Nord.


L'Incendie

Les épaules et les reins encore douloureux de tant de navigation, les pieds meurtris par les heures passées à arpenter la ville bondée, Dario sombre dans le sommeil à peine sa tête a-t-elle touché l'oreiller.
Une sorte de lourd bruit métallique vient pourtant bientôt (?) perturber ses rêves et il faut que Rinaldo l'appelle à travers le rideau pour que notre jeune Questor réalise soudain que c'est la grande cloche de bronze de l'arche qu'on sonne à toute volée : "ALERTE GÉNÉRALE" !

Rinaldo est encore en chemise et Danilla a l'air aussi confuse que Dario, mais les vigilante sont déjà en train de s'habiller en hâte, plusieurs ont saisi leurs armes et tous se demandent ce qui se passe, jusqu'à ce que la réponse leur vienne de l'escalier : "Au feu ! Au feu ! La ville est en flammes !"
Que fais-tu ? :)
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► Dario se secoue immédiatement et se tournent vers ses subordonnés : "Équipez-vous vite, armes et armures ! Rinaldo avec moi. Danilla, réunissez nos affaires dans un baluchon  : on se retrouve a l'entrée !"   Dario s’équipe lui-même, et se rend aux nouvelles. Il avisera un responsable (un mec qui gueule des ordres) et proposera ses services :
  "Questor Celsine, j'ai deux vigilante avec moi. Peut-on vous aider?"
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Il faut descendre jusqu'à l'entrée de l'Arche pour que Dario trouve un "responsable", en l'occurrence l'Archonte elle-même en train de donner des ordres pour détacher les barges et les éloigner du port...
Car, dès qu'il met le nez dehors, Dario est frappé par l'intense chaleur : à quelques centaines de mètres, au bout de la jetée, un rideau de flammes plus haut que les toits se propage de l'ouest (probablement depuis les campements mercenaires hors les murs et sur la plage) à la vitesse d'un cheval au galop, dévorant la ville-basse, les pontons en bois du port fluvial, une épaisse fumée noire rabattue par le vent noyant les rues et les quais alors que des braises et des cendres volent dans tous les sens.
"Les bateaux ! te répond l'Archonte, suffoquant malgré le chiffon qu'elle tient devant sa bouche : il faut éloigner les bateaux !"

Une puissante éruption surprend tout le monde au moment où l'incendie atteint la corderie (et son cellier-taverne), un terrible grondement projetant des flammes plus haut que la tour de l'Arche en créant des reflets rougeâtres sur les volutes de fumée opaque. À l'ouest, les navires remans -calfatés au goudron et aux voiles huilées- s'embrasent les uns après les autres, certains sombrant déjà : l'incendie approche des embarcations kerdanes...
Derrière Dario, la plupart des Kerdans restent interdits devant cette vision infernale, mais Rinaldo dégaine un sabre d'abordage et, bravement, s'élance à travers la fumée âcre et les braises qui envahissent la jetée, sans doute pour tenter de trancher les amarres des barges encore chargées de matériel pour le front.
__________

► Dario, prend la mesure de la situation puis donne des ordres dans le sens de l'Archonte. Conservant son calme et usant de son autorité, il secoue les kerdans médusés et les envoie à la suite Rinaldo :
  "Allez ! Allez ! Ne restez pas plantés là !! Détachez les amarres, éloignez les bateaux et débarrassez la jetée de tous ce qui peut s'enflammer !!

(D'ailleurs si la jetée est en bois il faut la démolir.)
  "Archonte, il faut évacuer l'arche et, si vous désirez la sauver, il faut mouiller les étages supérieurs..."
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"Il ne suffit pas de trancher les amarres, répond Regina Torodine : il faut encore diriger les barges, sans quoi elles seront entraînées par le courant ! Mais nous n'arriverons jamais à rassembler assez de mariniers parce qu'ils sont...
_Dispersés dans le quartier du port...", termine Danilla d'une voix blanche, les yeux rougis par l'émotion autant que par la fumée.

Dans les heures qui suivent, Dario parvient à conserver un calme relatif malgré la panique qui s'est emparée de la plupart des Kerdans disponibles : il peut au choix employer "ses" maigres troupes...

  • au sauvetage des barges (donc du chargement),
  • à protéger l'Arche ou
  • à limiter le nombre des victimes (car il y en aura de toutes façons si vous plongez dans un incendie pour agir),

tout en gardant quelques pions pour se protéger lui-même. Ta répartition (Défense perso + action de sauvetage) m'indiquera à quel point il est lui-même atteint par l'incendie.
__________

► L'arche servira-t-elle a quelque chose si la ville part en fumée ? Par exemple, est-elle défendable ? Les barges ne peuvent-elles pas être échouées par une équipe postée en aval du fleuve ? Et surtout est-il de coutume qu'un médecin soit présent a l'Arche ?
→ L'Arche est défendable (c'est une tour fortifiée), elle n'aura par contre plus guère de raison d'être si la ville est réduite en cendres, un médecin y est certainement présent, échouer les barges en aval est une bonne idée qui peut sauver quelques embarcations en gagnant du temps.

Hormis ses compétences de chef, Dario ne peut pas faire grand chose... Il va donc laisser la sauvegarde de l'Arche et des blessés à des gens plus compétents pour diriger la manœuvre de sauvetage des barges (après tous c'est l'ordre que lui a donné l'archonte), et particulièrement leur échouage.
Il paye de sa personne : 9 pour aider, 5 pour se protéger.
__________

Avec un unique point de Blessure pour avoir respiré trop de fumée, Dario, Danilla et Rinaldo aident une poignée de bateliers à éloigner une douzaine des 30 ou 40 barges amarrée à l'Arche pour les échouer sur la plage de galets en aval du port (où les barques des pêcheurs, regroupées par dizaines sur la rive, se consument comme du bois de chauffage). Maintenant à l'extérieur des murailles (dont le chemin de ronde couvert a pris feu, la toiture s'effondrant au fur et à mesure que la charpente brûle en bombardant d'ardoises les rues adjacentes), les Kerdans entrevoient le vaste campement mercenaire à la porte est de la ville, où l'incendie semble avoir commencé...
En abordant la rive à l'abri des flammes qui continuent de progresser vers l'ouest, quelques cris de détresse ou d'agonie et une odeur épouvantable de chiffon brûlé mêlée de chaire rôtie se dégagent de ce qui était plus tôt un bruyant village de toiles bariolées, maintenant réduit à un vaste tas de cendres fumantes d'où pointent des bannières noircies, des piquets de tentent et les silhouettes des survivants tâchant de dégager leurs compagnons ou de transporter de vains seaux d'eau depuis le fleuve.

Dario venait de mettre pied à terre et commençait à donner des ordres pour rembarquer les mariniers dans une seule barge et retourner en chercher autant d'autres lorsque Rinaldo l'interpelle d'une voix basse et tendue, la main sur son sabre d'abordage et en jetant des coups d’œil inquiet autour de lui : "Questor ! Ce cadavre-là a une flèche dans le dos...", murmure-t-il en désignant le corps à peine noirci d'un homme en casque de fer orné de cornes de bélier (probablement une des sentinelles du campement) dont le plastron de cuir laisse entrevoir la pointe d'une flèche de bronze...

Qu'est-ce que tu fais ?
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► Dario réfléchit a toute vitesse et évalue le nombre des survivants du camp. Il faut établir un cordon de sécurité autour de nos barges et s'en servir pour évacuer un maximum de survivants. Quitte a jeter a l'eau la cargaison. Est-ce qu'on peut atteindre l'autre rive ?
"Rassemblez les survivants, on va évacuer un maximum de monde ! Rinaldo, trouve moi un officier, un sergent ou n'importe quoi qui parle pour ces mercenaires ! Et sois prudent... On récupère les autres barges de l'arche et on forme un convoi qui suivra le courant. Quitte a retourner a Aroche ! On sauve les barges, les hommes... On verra si on peut sauver la cargaison !!"
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Ta dizaine de bateliers (vous êtes exactement 11, toi compris) commencent à être sur leurs gardes puisque tu leur ordonnes d'établir un périmètre de sécurité.
En plus de toi-même (rapière fétiche, pas d'armure), tu as 8 Kerdans légèrement armés : Danilla et son arbalète (elle dort quasiment avec), Rinaldo qui passe son sabre à un rameur (gardant son armure et sa hallebarde), 3 vigilante qui étaient de garde quand l'alerte a été donnée (cuir renforcé, casques d'aciers, glaives), une batelière avec sa rame ferrée (elles le sont pas toutes) et un malin qui vient de récupérer la vouge du mort. Les autres n'ont que des perches, des rames ferrées ou des pagaies, rien pour tirer, mais se mettent tous courageusement en position autour des bateaux.
Il y a peut-être des armes plein les barges (ce sont de gros ballots huilés et protégés sous des bâches : sur 12 grandes barges, il y a probablement des armes et des armures, des boisseaux de flèches, beaucoup de vivres, de l'éclairage, des tentes, des couvertures, des harnais et des bâts de chevaux... tout le matos d'une armée en campagne), tu dirais qu'il y a peut-être une 15aine de mercenaires plus ou moins mal en point à portée de voix et l'autre rive est à un bon kilomètre (sans doute abordable, à l'aller vous avez surtout vu des pentes douces couvertes d'arbres).
On ne voit pas grand chose d'autre, au plus noir de la nuit aux abords d'un campement seulement éclairé par des braises fumantes.

À ton ordre, Rinaldo s'éloigne au petit trop vers deux soldats qui en transportaient un troisième (gémissant de manière pathétique)... et lâche un grognement sourd lorsque la première flèche lui cloue le bras gauche contre le flanc. Les fourrés et les rochers bordant le pied des premières collines à votre gauche se mettent alors à siffler de dizaines de traits...
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► Quand les flèches sifflent, Dario se met a couvert et hurle a ses camarades de faire de même :
"À couvert !!! À couvert !!"

Si des dizaines de traits siffle, l'ennemi est bien trop nombreux pour les quelques marins présent. Même avec les mercenaires, sans armes de tir... Dario va tenter d'évacuer tous le monde, il sauve les hommes en priorité. Si possible en detruisant les cargaisons.
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(À partir de là, on a du résumer pour accélérer, puisque le Protagoniste devait participer à son premier Épisode peu après...)

Plusieurs dizaines de traits ont criblé la plage et immédiatement épinglé les bateliers les moins vifs à se mettre à couvert.
Quelques cris ont signalé que les mercenaires avaient eux aussi subit les tirs, puis des bruits de course sur les galets ont annoncé la charge : peut-être 20 ou 30 ombres ont bondit parmi les feux mourants, les tentes affaissées et les barges...
Et puis ce fût la mêlée dans la demi-obscurité : brève, brutale et confuse. L'entraînement de Vasco et la vivacité de sa rapière ont sauvé la vie de Dario deux fois en quelques secondes durant sa première "bataille", d'abord en lui permettant d'esquiver une épée remane sans doute trop lourde ou trop nouvelle pour le Korme efflanqué qui la maniait (et que le Questor a transpercé d'estoc avant qu'il n'ait plus se replacer) puis en détournant de peu une hache émoussée qui allait lui fendre le crâne et ne fit que lui déchiré l'épaule (Blessure 3).

Quand les mercenaires ont enfin donné l'alerte et contre-attaqué en masse, Danilla et quatre autres Kerdans étaient blessés, mais à part Rinaldo, tous les autres avaient pu s'échapper en repoussant 6 des barges à l'eau. Ton vieux rameur, achevé par les Kormes avant qu'eux-mêmes ne s'enfuit vers l'aval avec trois de vos barges et plusieurs pirogues ou barques remanes chargées de matériel, était mort lorsque vous avez pu reprendre la plage.


Épilogue

Le lendemain, les entrepôts et ateliers du port brûlaient toujours, plus de la moitié des navires remans avaient été volés, brûlés ou coulés (mais les Kerdans n'avaient perdu que les trois barges volées sur la plage et une poignée de pirogues amarrées trop près des quais).
Trois jours plus tard, lorsque les dernières flammes furent enfin maîtrisées et qu'un pigeon venu d'Aroche rappela le jeune Questor légèrement blessé et sa rameuse survivante (mais boiteuse), on continuait de sortir des centaines de cadavres carbonisés et parfois percés de flèches des campements hors-les murs, des maisons éboulées dans les rues et même du fleuve, où nombre de marins et mercenaires s'étaient noyés en tentant d'échapper aux flammes.
Les Kerdans, les seuls à vraiment se préoccuper des chiffres dans leur Arche noircie mais toujours debout, parlaient de 800 morts et disparus, trois fois plus de blessés (dont une bonne moitié de soldats en route pour Darverane), près d'un millier de maisons calcinées et 70% du matériel destiné au front détruit ou pillé...

D'après les investigations de Dario, peut-être une centaine de Kormes s'étaient glissé dans la nuit jusqu'à Archerune, ils avaient commencé par abattre les sentinelles à l'extérieur, pris ce qu'ils pouvaient dans les camps mal gardés et progressé dans le quartier du port pour rafler des embarcations avant de tirer des flèches incendiaires depuis la plage puis de bouter le feu aux toiles de tentes et aux navires. Le groupe rencontré au bout de la plage devait être l'un des derniers, et déjà sur le départ :ils devaient être en train de charger leur butin dans les navires volés lorsque une dizaine de barges bien pleines arrivant sur la plage les ont rendus téméraires.
Malgré les affrontements sporadiques entre mercenaires et rebelles à l'est de la ville (le guet et les troupes régulières trop occupés par l'incendie n'étant jamais venus à leur secours), seulement deux cadavres de Kormes furent retrouvés.

Dario cumule 1pH, 1pP et 1pt de Blessure (après avoir été soigné à l'Arche) lorsqu'il rentre à Aroche en fin de Huitaine 5 pour rendre compte de l'échec de sa mission (mais avec une très bonne excuse). Il comprend très vite que Diane Maletudine n'est de fait plus une priorité pour quiconque et, si Salomé écoute avec attention son rapport sur le désastre d'Archerune, cette mission si essentielle deux semaines auparavant est abandonné d'un revers de la main de l'Exarque.
Le surlendemain, après avoir été rendu à ses tâches habituelles (récemment compliquées par une sorte de "guerre des gangs" dans le quartier des Écueils), Dario est invité à dîner par son mentor. Malgré la situation difficile dans laquelle se trouve désormais l'arche Melangoline et le récit d'apocalypse que lui fait son disciple, le Maître d'Armes semble... presque optimiste : les Kerdans y ont certes perdu quelques hommes et quelques navires, mais l'essentiel du matériel détruit avait été payé au déchargement, des commandes d'armes pressantes affluent à Aroche, Diane n'est plus poursuivie et Vasco vient de recevoir un message de sa cousine Ranyella Sotorine, exploitant un comptoir dans la lointaine Marche des Lacs, lui demandant de faciliter l'accès au port d'un corsario chargés de marchandises.
Les affaires sont les affaires...