Rites

De Marches du Nord
Version du 10 décembre 2016 à 06:16 par Seb (discuter | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : Navigation, rechercher

Si la spiritualité emishen peut sembler beaucoup moins stricte que le Culte des Pères (et a fortiori que la Liturgie des Gardiens hornois), la vie sociale du Peuple du Vent est par contre rythmée par de nombreux rites. Qu'il s'agisse de rencontres fortuites, du troc, de rites de passage ou d'une assemblée clanique, les échangent et événements sociaux sont souvent l'occasion de réjouissance et d'un peu de cérémonie...
Alors que les chamans président aux rituels religieux, ce sont généralement les bardes, plus souvent que les chefs ou les "Alen", qui sont en charges de nombre de ces rites communautaires, étant à la fois les émissaires privilégiés des clans et les dépositaires de leurs traditions.

Vie courante

Palabres

Autant parce qu'ils sont très sociaux que parce qu'ils ont peu d'autres moyens de communication, d'échange et d'information, les Emishen prennent presque toujours le temps de "palabrer" lorsqu'ils rencontrent leurs semblables, fut-ce au détour d'une piste, à l'arrivée au campement ou même lors des rassemblements (où les bavardages peuvent alors prendre des heures).
Ce rituel appelé Leldoghan est donc l'un des plus importants dans la vie sociale, parce que c'est celui qui précède à la plupart des autres.

Particulièrement entre Emishen qui ne se connaissent pas, ces Palabres suivent normalement un rituel bien établi qui peut facilement traîner en longueur [1]:

1) Tous les adultes commencent par se présenter par ordre de rang, d'âge (les vieux, puis les adultes, puis les jeunes) ou même de préférence, les derniers de chaque catégorie à parler étant souvent les moins désireux de s'épancher (et leur souhait sera généralement respecté).
Chaque adulte décline au moins son nom, son clan, le groupe auquel il appartient (manade, campement, bande, parfois son mentor ou sa lignée [2]...), son rang et sa fonction.
Si les enfants n'ont pas d'obligation en la matière, ils ont par contre le droit de se présenter après les adultes et de participer aux palabres, ne serait-ce que pour apprendre.

2) On se cherche alors des connaissances communes, qu'il s'agisse de parents plus ou moins lointains, de rencontres passées ("Je connais Untel dans votre clan : vous êtes proches ?") ou même de célébrités ("Ce vieux Tael Shannan ? C'est un ami !"). Et dès qu'ils en trouvent, les Emishen prennent alors des nouvelles de tout cet entourage, s'échangent toutes sortes d'histoires (les exploits de l'une, les amours de l'autre, les naissances, les décès, les oracles des chamans...).
C'est également le moment de vanter ses exploits ou d'annoncer les événements du moment : les marchés, les rassemblement chamaniques ou même les déclarations de conflits [3].

3) Dès que la situation le permet, on s'installe alors confortablement pour procéder au partage : généralement, on en profite pour bivouaquer et prendre le thé[4] (chaque clan ayant ses propres recettes, il est fréquent qu'on enchaîne plusieurs dégustations à la suite) ou, au minimum, on rompt quelques galettes de veidhin, on distribue un peu de lait ou de miel, on fait circuler une pipe d'herbe-nuage ou une gourde d'eau fraîche...
Si c'est l'occasion pour les mieux nantis de se montrer généreux [5], l'important reste de communier en consommant ensemble, même s'il ne s'agit que de l'eau d'un torrent ou les baies d'un buisson voisin.

4) Abreuvés et rassasiés, les responsables sociaux (chefs, bardes, négociants, chamans ou ceux qui en font office) vont alors discuter du voyage : ils expliquent souvent en détails d'où ils viennent, leur destination ou leurs buts et, surtout, le trajet qu'ils ont fait en précisant la météo, l'état des pistes et des gués, les dangers rencontrés et les ressources disponibles.
C'est d'une certaine manière la partie "sérieuse" des palabres, celle qui a la plus grande importance pratique et les différents experts sont volontiers mis à contributions : les guerriers avertissent des dangers et de la présence des Dirsen, les chasseurs parlent du gibier et des prédateurs, les herboristes ou les pêcheurs s'échangent les bons coins...

5) Vient alors une séance de troc, qui peut être toute symbolique si personne n'a grand-chose dans ses fontes mais peuvent donner lieu à un véritable ravitaillement commun -les groupes "amis" partageant vivre et équipement en fonction des besoins- et s'étendent bien souvent en de longues négociations. De part la franchise des Emishen, et bien qu'il existe au sein de la plupart des clans de véritables négociants professionnels (les "Leldeichil" [6]), ce marchandage se fait généralement avec une honnêteté qui surprend les Dirsen : on évoque sincèrement la qualité des denrées, on démontre la valeur de l'équipement, on discute des besoins des individus et des communautés et on tâche au final de trouver un accord aussi juste que possible, plutôt que de faire des bénéfices.
Ce troc prend tout son sens si l'on tient compte du fait que les voyages et les rencontres sont la base même du commerce emishen : à part les Lewyllen qui circulent justement dans ce but [7], les clans et tribus n'ont guère d'autres opportunités d'échanger leurs surplus contre tout ce qui leur manquent. Bien sûr, il arrive fréquemment que les Emishen commerce des ressources qu'ils n'ont pas avec eux sur le moment, échangeant une monture disponible contre une bonne épée de fer et deux sacs de veidhin que les créditeurs devront aller chercher auprès du clan voisins : là encore, le présupposé d'honnêteté permet des arrangements bien "pratiques" et ceux qui manqueraient à leur parole savent qu'il n'échapperont pas à leur réputation...

6) On termine enfin par les chansons et les histoires, d'abord car c'est par les palabres que se font la plupart des échanges culturels entre communautés, ensuite parce que les Emishen adorent ça. Il est ainsi peu de palabres qui ne finissent par un petit spectacle composés de poèmes, de récits (toujours en partie chantés) et de musiques, les légendes et les ritournelles circulant ainsi de communautés en communautés pour la plus grande gloire de leurs personnages autant que de leurs auteurs.
Des bardes qui se rencontrent prendront souvent le temps de s'apprendre quelques œuvres les uns aux autres, le répertoire d'un artiste se formant largement par les voyages et les palabres. Contes et vers font même l'objet d'une sorte de "troc" didactique et culturel, l'enseignement d'une mélodie particulièrement attrayante mais sophistiquée pouvant alors s'échanger contre plusieurs récits épiques, des services (porter des messages, faire la promotion d'une personne ou d'une idée...) ou même des biens.


Déroger aux palabres peut être admis s'il existe un impératif vraiment critique mais, souvent, même s'ils sont poursuivis par un ours ou pris dans une tempête de neige, les Emishen tenteront d'au moins s'échanger leurs noms et leurs groupes respectifs.
Faire moins que cela est considéré comme une grande impolitesse et peut même motiver le refus de l'hospitalité sacrée...

Hospitalité

La Part des Esprits

Événements

Cérémonie d'Accueil

Rites de Passage

Si tous les peuples du continent possède des rites de passage sous une forme ou sous une autre, l'adultité Emishen a la particularité d'être volontaire : lorsqu'ils se sentent "assez grands", les jeunes Emishen ayant atteint la puberté doivent demander d'eux-mêmes à effectuer les Rites de Passage qui leur donneront le statut d'adulte.

Jusqu'à leur initiation, les "enfants" d'Emib sont sous la responsabilité et la protection absolue de leur clan : qu'ils aient ou non des parents biologiques disponibles, ils sont nourris, vêtus, logés, éduqués, soignés et préservés de toute forme de violence. Si les Alen comme les bardes sont plus particulièrement chargés de leur enseigner le Hagad, les traditions et les moyens de leur future subsistance, la majorité du clan participe en fait à l'éducation des enfants : nombre d'adultes s'emploient ainsi à transmettre aux gamins qui le demandent les techniques, les jeux, les chants et les savoirs à sa disposition. Et comme Emib cultive volontiers la curiosité chez ses jeunes, la vie et les tâches quotidiennes de nombre d'adultes se font très largement entourés d'une marmaille joyeusement bruyante et indiscrète...
Mais si les enfants sont ainsi très libres et insouciants, ils n'ont par contre guère de droits et aucune autre possession que ce qu'ils fabriquent eux-mêmes (les vêtements, notamment, sont fréquemment redistribués selon les poussées de croissance). Ils n'ont pas accès aux ressources du clan ni la liberté de s'éloigner seuls des campements, ils dorment et mangent là où l'ont veut bien d'eux, n'importe quel adulte est légitime à leur faire la leçon et ils ne sont admis aux conseil du clan qu'en observateurs silencieux. Alors, que ce soit pour aller gambader à cheval, conter fleurette librement ou avoir droit au chapitre, les enfants sont très tôt incités à devenir des adultes. La famille, le clan, les esprits peuvent le pousser à quitter le statut d’enfant, mais cela doit être une décision personnelle.


EN TRAVAUX

Le rite se décompose en deux moment bien distincts. Le premier, le plus important, est personnel. Il peut prendre la forme d’une tâche à accomplir, d’une vision à rechercher. C’est par ce rite qu’un jeune prouve qu’il est désormais apte à tenir sa place dans la société. [à compléter]. Dès qu’il est effectué avec succès, l’enfant devient un adulte (même si le rite collectif aura lieu des mois plus tards).

Le second moment du rite de passage est collectif et symbolique. Il a lieu pour l’équinoxe de printemps. Si la taille de la communauté le nécessite, un second peut avoit lieu pour l’équinoxe d’automne. Le rite de passage collectif est une grande cérémonie qui rassemble l’ensemble des Emishen présents. Elle introduit rituellement les nouveaux adultes (tous les jeunes qui ont réussi leur rite individuel depuis l’année précédente) dans le groupe. C’est presque toujours une occasion de festoyer, de prouver ses talents, de nouer des liens. La cérémonie elle-même est spécifique à chaque clan. Elle comprend des danses et des chants parmi les plus anciens.
Le rite de passage, bien que très festif, est un moment privé. Seuls les membres de la communauté (le village, éventuellement quelques villages proches) y sont conviés. Pour un étranger, même un Emishen d’un autre clan, une invitation à assister à un rite de passage est un très grand honneur - et c’est très rare. Pour un Réman, c’est encore inédit.

Cérémonie de Maîtrise

Rituel d'Union

Funérailles

Les funérailles Emishen consistent en une grande veillée (chants, histoires, récit de la vie des morts, fumette...) autour d'un bûcher funéraire. La cérémonie est, lorsque c'est possible, dirigée par un Chaman.


  1. ... bien souvent à l'exaspération des Dirsen présents, d'autant que les salamalecs peuvent facilement prendre le pas sur tout ce qui n'est pas une urgence vitale. On a ainsi vu des armées en marche s'arrêter pour tailler le bout de bras avec des pêcheurs ou des chasseurs abandonner une piste parce qu'ils ont rencontrés des compatriotes.
  2. Les Okhina'en, Liam'Lon et les Oloden accordent ainsi une importance particulière à leur hérédité, alors que les Elloran et les Rimdehl préfèrent dire auprès de qui ils ont étudié.
  3. Ce qui signifie donc que, bien souvent, même des clans en guerre vont prendre le temps de se présenter et de s'échanger des nouvelles avant de lancer les combats : on est très fair-play chez les Emishen.
  4. Une tradition que les Emishen partagent d'ailleurs avec les Hornois et les Fehnri...
  5. L'égoïsme ou l'avarice étant considérés comme des péchés par les Emishen
  6. Nom qui partage la même racine, leldei (la parole), avec le Leldeyam (troc) et le rite du Leldoghan lui-même
  7. ...et ne se lanceraient jamais dans le négoce avant d'avoir palabré longuement.