Esclavage

De Marches du Nord
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L'esclavage est une pratique ancestrale dans le pourtant jeune Empire de Rem, héritée de l'antiquité solaire, via le Royaume de Horne autant que les traditions guerrières du Haut-Royaume des Aramides. Longtemps, elle a surtout consisté à asservir les peuples vaincus aux travaux les plus durs ou dangereux requis par l'expansion des états vainqueurs, en particulier dans la construction des grands projets, l'agriculture et l'irrigation, les mines, la sylviculture et même pendant un temps aux galères.
Différemment, Fehn ne se contente pas de mettre les vaincus aux travaux forcés : dans le lointain continent équatorial, les esclaves sont le socle laborieux d'une société de caste bien plus complexe où presque tout le monde appartient littéralement à une Lignée et à une Maisonnée noble, et l'ont trouve donc au sein des matrimoines fehnriques des "esclaves" lettrés, artistes, négociants et parfois même savants qui peuvent s'élever jusqu'à occuper des postes assez élevés sans jamais vraiment cesser d'être la propriété d'une Matriarche.
Il est à noter que si le négoce des esclaves est interdit par le Concile d'Altamire et donc généralement désapprouvé parmi les navigateurs kerdans, cette règle ne s'applique réellement que dans leurs archipels et, récemment, on a vu des navires Torodine livrer des esclaves à Felriane et Mélanque...

Cette forme particulière de servitude est toutefois relativement nouvelle au Nord, puisqu'elle était inconnue au Royaume des Ondrènes jusqu'à leur défaite à l'issue de la Guerre des Lunes et –bien sûr– absolument proscrite par le Hagad au Pays des Vents. Cela ne fait donc que deux ou trois générations que la pratique s'est répandue dans les Marches du Nord, mollement encadrée par la loi impériale, elle-même issue d'une tradition religieuse qui s'est imposée en même temps que le Culte des Pères...


Cadre légal et religieux

En théorie, on ne peut posséder d'esclaves que par permission impériale, quoique les nécessités économiques et l'éloignement des Marches du Nord y aient assoupli la coutume, au point qu'il suffit aujourd'hui de posséder une licence, largement dispensée par la Sénéchaussée. Entre l'extrême permissivité des autorités et l'enthousiasme des Seigneurs du Nord, le commerce des esclaves emishen a donc explosé avec la Conquête du Pays des Vents, et s'est répandu depuis depuis une décennie jusqu'à Lycène, Felriane et même Riger, au point que les ouvriers asservis deviennent une des exportations les plus rentables des Marches.
Néanmoins, quatre peuples seulement peuvent être "asservis", plus souvent par capture que par punition : les Emishen, les Fehnri, rarement les Hommes-Fauves et -techniquement- les Géants. Et ce parce que, au sein de l'Empire de Rem, on ne peut plus aujourd'hui asservir que ceux qui refusent cette divinité.

La révélation de Saint Olgham

Les Livre des Âges indique que, durant l'Âge Sombre, lors d'une terrible bataille contre les Varangiens impies, un des "princes de l'Arem" (c'est-à-dire un seigneur aramide) avait été mis à bas de son cheval et que les barbares s'apprêtaient à le massacrer lorsque son prêtre et conseiller Olgham se jeta devant son suzerain pour le protéger. Frappé par une lance, il s'allongea tout de même sur le prince pour lui faire un rempart de sa dépouille mais, lorsqu'un des Varangiens leva son arme pour achever le prêtre, Rem pris possession de ce dernier pour éblouir les barbares. Une fois le prince relevé, la bataille fût d'autant plus vite gagnée que les Varangiens se prosternaient devant Olgham : y voyant un signe que même les barbares vaincus pouvaient être touchés par l'illumination, le prêtre demanda au prince de leur permettre de rejoindre les rangs des fidèles, au lieu d'être emmenés comme esclaves selon "l'ancienne coutume"[1].
Bien plus tard, le Concile d'Arnelore de -104 (de temps en temps, on met à jour le dogme) transforma cette exception, déjà répétée plusieurs fois, en règle religieuse officielle, qui fût ensuite intégrée aux lois impériales et étendues aux adorateurs de Herem lors de la Chute de Horne, comme unique condition à la reddition des derniers défenseurs Hornois. De nos jours, l'Empire n'asservit donc plus que les peuples qui ne revendiquent pas de filiation avec les Premiers ou refusent le dogme du culte, en particulier les Emishen et les Fehnri, ou les rebelles et agitateurs politiques.

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Économie

À l'heure actuelle, les principaux "marchés aux esclaves" de l'Empire sont Arnelore, Marale, Lycène et, dans le Nord, Corelguil et Aroche, même si la pratique se développe doucement dans le reste des Marches (d'abord à Darverane, puis Archerune). Parce que ce commerce réclame avant tout d'avoir les moyens d'enfermer et de transporter beaucoup de gens, il est surtout pratiqué par les nobles et des compagnies mercenaires reconverties mais, parmi les Maisons Marchandes, c'est devenu la spécialité des Borwyn, qui commence à dominer le marché, quoique les Anvarel s'y mettent à leur tour.
Concernant les tarifs :

  • un mâle Emishen se négocie autour d'un soleil d'or (disons entre 7 et 15 £unes suivant ses capacités physiques et sa santé),
  • une femelle adulte se vend entre 6 et 8£ (quoique les prix des "reproductrices" tendent à augmenter à mesure que se développe la pratique d'élever des esclaves en captivité), rarement 12£ si elles sont très belles et donc destinées aux bordels ou aux boudoirs des riches,
  • un enfant peut s'acheter entre 3 et 6£ suivant ses éventuelles aptitudes, les tarifs augmentant depuis peu à cause de la rétention exercée à Darverane (où le prévôt Rhilder le Boiteux les accumule comme otages),
  • les Fauves sont souvent vendus par lots, le prix à la pièce étant souvent inférieur à la moitié d'un Emishen (comptez 4£ pour un mâle) car ils ne font pas de bons tarvailleurs,
  • un mâle fehnri vaut de 5 à 8£,
  • curieusement, il n'y a guère de marché établi pour les femelles fehnri, à cause d'une sombre superstition (leurs propriétaires ayant paraît-il tendance à décéder de maladies affreuses), mais une très belle pièce est parfois l'objet d'enchères.


Esclaves emishen

Les esclaves y sont bien sûr très majoritairement Emishen, et principalement employés dans les exploitations minières, au pavage des routes impériales et sur les grands chantiers de constructions (la forteresse de Bragone, par exemple, est probablement le projet le plus consommateurs d'esclaves de toutes les Marches).

Otlalnan, Edell'Okhil

Tal Endhil, pays des hommes libres

Il y a une quinzaine d'années, alors même que les rébellions autochtones se multipliaient partout et gagnaient la Vallée des Lacs en Paliers, un jeune Elloran tapageur nommé Nevel Sholdanan mena un raid sanglant contre la mine d'argent locale pour en libérer les esclaves.
Cet acte et les représailles impériales dégénérèrent par la suite au point de coûter la vie à beaucoup d'Emishen et à Ahndro'shar, alors chef des Elloran, et Nevel fut banni...

Pour autant, la violence des combats engendrés par l'affront au Hagad que représente l'esclavage s'ajouta aux multiples difficultés et complications qu'impliquent le fait de détenir, d'entretenir et d'exploiter des esclaves. Aussi, le Lieutenant Armeld, nouveau commandant de la garnison de Tal Endhil, décida de renoncer à l'emploi d'esclaves pour arrêter de se fâcher avec les autochtones en échange d'un bénéfice discutable côté main d’œuvre, alors que ses propres troupes "impériales" étaient déjà insuffisante pour patrouiller la région, a fortiori pour garder des prisonniers.
C'est ainsi que, par pur pragmatisme, l'esclavage fut de facto prohibé à Tal Endhil : pas vraiment aboli car ce serait-là une sévère contradiction avec la loi impériale, mais l'usage et la possession des esclaves y furent fortement "découragées" aux résidents.

Beaucoup plus récemment, Armeld mort dans des circonstances troubles et la garnison remise aux mains expertes du Capitaine Durgaut, la question de l'esclavage fut remise sur le tapis lors de débats à la toute jeune Guilde Franche de Tal Endhil. Mais "l'esprit Talendan" y prévalu : les négociants et notables décidèrent de continuer à se passer d'esclaves, malgré le ralentissement que l'exploitation minière pourrait subir dans les environs.
Ce n'est que bien des mois plus tard, lorsque Liméric Durgaut fut nommé "bailli", qu'il fit inscrire cette prohibition dans la législation : posséder, acheter et vendre des esclaves était désormais interdit à tous (même aux étrangers de passage), dans toute la vallée. Ceux qui tenteraient de le faire verraient leur "marchandise" saisie par la garde... et probablement "perdue" peu après. Et si, techniquement, ce n'est toujours pas une abolition, cette décision est déjà très mal perçue dans la Marche des Lacs voisine, où on y voit déjà le germe d'une trahison en faveur des "Venteux".



  1. Plus prosaïquement, plusieurs commentateurs de ce verset notent que le culte de Rem (il n'est devenu le culte "des Pères" que bien plus tard, dans un souci de relatif syncrétisme) s'est développé à mesure que le Royaume des Aramides absorbait d'autres nations et, peu à peu, son identité nationale a glissé de "être un descendant de Rem et Melen" vers "croire en Rem". Et comme le culte présentait souvent la conversion comme une alternative à l'esclavage, il y eut beaucoup de convertis.