26) "La Clé des Mensonges" : Différence entre versions

De Marches du Nord
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m (Gang de chats et diplomatie)
 
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''j'voulais te causer de deux trois trucs rapides là.
 
''j'voulais te causer de deux trois trucs rapides là.
 
''tu sais que vu qu'Adira est sénéchalisé, va falloir élire un nouveau président, et j'pensais bien qu'm'élire moi serait une idée.''
 
''tu sais que vu qu'Adira est sénéchalisé, va falloir élire un nouveau président, et j'pensais bien qu'm'élire moi serait une idée.''
''pis aussi je vais aller à Arroche avec vous autres, et j'ai deux trois trucs à gérer sur place, et j'vais avoir besoin d'un coup de main ... dans tes cordes.''
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''pis aussi je vais aller à Aroche avec vous autres, et j'ai deux trois trucs à gérer sur place, et j'vais avoir besoin d'un coup de main ... dans tes cordes.''
 
''j'pensais qu'on pourrait s'entendre pour un échange de bons procédés, vu que vous allez avoir besoin d'un coup de main dans mes cordes pour votre histoire d'huile de LIN.''
 
''j'pensais qu'on pourrait s'entendre pour un échange de bons procédés, vu que vous allez avoir besoin d'un coup de main dans mes cordes pour votre histoire d'huile de LIN.''
 
''Parce que la culture du LIN, c'est compliqué.''
 
''Parce que la culture du LIN, c'est compliqué.''
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''Et je parle même pas de ce que des mecs comme Tête de cailloux ou le tueur de sorciers ou ... le bailli même... enfin bon.''
 
''Et je parle même pas de ce que des mecs comme Tête de cailloux ou le tueur de sorciers ou ... le bailli même... enfin bon.''
  
''On est beaucoup, à Talendil et ailleurs, a avoir beaucoup investi dans la paix ici. Et Adira, c'est plus juste Adira-au-géant, le mec qui vendrait de la laine à un mouton et une selle a un cheval : c'est un sénéchal impérial maintenant, tu comprend?''
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''On est beaucoup, à Talendil et ailleurs, a avoir beaucoup investi dans la paix ici. Et Adira, c'est plus juste Adira-au-géant, le mec qui vendrait de la laine à un mouton et une selle a un cheval : c'est un sénéchal impérial maintenant, tu comprends?''
  
 
''T'imagine bien que si la lance de justice juge le sénéchal  impérial coupable de trafic de LIN et se décide à, je sais pas, le disperser en petits cubes dans toute la vallée pour le punir, ça va avoir un peu de ... enfin ça va foutre la merde quoi.''
 
''T'imagine bien que si la lance de justice juge le sénéchal  impérial coupable de trafic de LIN et se décide à, je sais pas, le disperser en petits cubes dans toute la vallée pour le punir, ça va avoir un peu de ... enfin ça va foutre la merde quoi.''
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''Plus je vieilli plus j'ai pas envie de recevoir plus de merde que strictement nécessaire, tu comprends? Donc j'aimerai bien éviter d'avoir à gérer la merde qui serait répandue si cette histoire de LIN... enfin. Quand je dis que ça jase, je veux dire que ça se sait. pour l'instant ce sont des gens qui n'ont pas plus envie que moi d'essuyer le sa... la merde d'Adira de leurs frusques. Et j'aimerai bien que ça reste comme ça, et, si vous voulez m'en parler, on peut voir ce qu'on peut faire pour éviter ça. Je sais pas qui vous fourni le LIN, mais je sais bien qu'il y a pas des masses de fournisseurs possibles. Ce sont pas des gentils. et maintenant qu'Adira est impérial... merde, je suis sur que vous avez pensé aux implications bien avant moi, non ?''  
 
''Plus je vieilli plus j'ai pas envie de recevoir plus de merde que strictement nécessaire, tu comprends? Donc j'aimerai bien éviter d'avoir à gérer la merde qui serait répandue si cette histoire de LIN... enfin. Quand je dis que ça jase, je veux dire que ça se sait. pour l'instant ce sont des gens qui n'ont pas plus envie que moi d'essuyer le sa... la merde d'Adira de leurs frusques. Et j'aimerai bien que ça reste comme ça, et, si vous voulez m'en parler, on peut voir ce qu'on peut faire pour éviter ça. Je sais pas qui vous fourni le LIN, mais je sais bien qu'il y a pas des masses de fournisseurs possibles. Ce sont pas des gentils. et maintenant qu'Adira est impérial... merde, je suis sur que vous avez pensé aux implications bien avant moi, non ?''  
  
''Et je suppose qu'Adira, étant Adira, il a promis tout plein de LIN à Arroche. A des mecs qui doivent pas être plus calins que vos fournisseurs. Donc il doit être comme une carne traversant un ruisseau, avec chaque pattes sur un cailloux, elle peux pas rester là, elle peux pas lever une patte, elle est dans la merde et si personne l'aide elle va finir à la flotte. Vous allez avoir besoin d'aide.''  
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''Et je suppose qu'Adira, étant Adira, il a promis tout plein de LIN à Aroche. A des mecs qui doivent pas être plus calins que vos fournisseurs. Donc il doit être comme une carne traversant un ruisseau, avec chaque pattes sur un cailloux, elle peux pas rester là, elle peux pas lever une patte, elle est dans la merde et si personne l'aide elle va finir à la flotte. Vous allez avoir besoin d'aide.''  
  
''Je peux aider.Et je veux aider, parce que je suis gentil et parce que J'AI INTERET à ce que la merde reste dans le cul du cheval. Pour ça que je viens te voir, parce que l'Adira est sympa mais pour lui expliquer quelque chose y'en as pour des plombes et que t'a la réputation de comprendre vite. Et il se trouve, oui, que je vais avoir besoin d'un coup de main à Arroche. En gros, c'est récupérer un truc chez les Dirsens.''
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''Je peux aider.Et je veux aider, parce que je suis gentil et parce que J'AI INTERET à ce que la merde reste dans le cul du cheval. Pour ça que je viens te voir, parce que l'Adira est sympa mais pour lui expliquer quelque chose y'en as pour des plombes et que t'a la réputation de comprendre vite. Et il se trouve, oui, que je vais avoir besoin d'un coup de main à Aroche. En gros, c'est récupérer un truc chez les Dirsens.''
  
 
''C'est pas dans mes cordes du tout, mais faut bien que quelqu'un s'en charge, mais pour un ... professionnel, c'est ça le mot? ouais pour un professionnel ça devrait pas être compliqué.''
 
''C'est pas dans mes cordes du tout, mais faut bien que quelqu'un s'en charge, mais pour un ... professionnel, c'est ça le mot? ouais pour un professionnel ça devrait pas être compliqué.''
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Alors c'est quoi ton histoire (Vighnu se frotte les mains).
 
Alors c'est quoi ton histoire (Vighnu se frotte les mains).
  
''C'est toi qui sait, mais bon, si t'es pas inquiet, tout va bien.Je suppose que t'a déjà ton idée pour vendre l'her.. le LIN (putain, j'ai du mal) sans prendre de risque. Laisse tomber pour les noms, si les gens qui m'ont prévenu avaient envie de nuire à Adira, ils auraient parlé depuis longtemps de ses affaires. Mais comme tout le monde aime bien Adira, personne n'a voulu lui faire de la peine. Le truc à Arroche, ce serait récupérer un objet dans la crypte des templiers locaux.
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''C'est toi qui sait, mais bon, si t'es pas inquiet, tout va bien.Je suppose que t'a déjà ton idée pour vendre l'her.. le LIN (putain, j'ai du mal) sans prendre de risque. Laisse tomber pour les noms, si les gens qui m'ont prévenu avaient envie de nuire à Adira, ils auraient parlé depuis longtemps de ses affaires. Mais comme tout le monde aime bien Adira, personne n'a voulu lui faire de la peine. Le truc à Aroche, ce serait récupérer un objet dans la crypte des templiers locaux.
 
Voila. rien de bien compliqué quoi.''
 
Voila. rien de bien compliqué quoi.''
  
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Il a choisi de te dire tout, et je suppose que c'est parce qu'il te connais et a confiance en ton jugement.
 
Il a choisi de te dire tout, et je suppose que c'est parce qu'il te connais et a confiance en ton jugement.
  
Je sais très bien ce que je risque juste a marcher dans arroche. Je sais aussi ce qui se passera si un démoniste s'empare du truc. Ou, tout simplement, si un mec mal inspiré pete la buche, se fait bouffer par les démons, et hop on a un nouveau urgan ou pire sur les pieds (et la, j'ai pas des masses d'imagination).
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Je sais très bien ce que je risque juste a marcher dans Aroche. Je sais aussi ce qui se passera si un démoniste s'empare du truc. Ou, tout simplement, si un mec mal inspiré pete la buche, se fait bouffer par les démons, et hop on a un nouveau urgan ou pire sur les pieds (et la, j'ai pas des masses d'imagination).
  
 
Mais tu parles d'en causer à l'archiviste.
 
Mais tu parles d'en causer à l'archiviste.
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Mais j'ai jamais eut a faire un truc du genre hein."}}
 
Mais j'ai jamais eut a faire un truc du genre hein."}}
  
Mis à part cela, le voyage se déroule sans encombre - à l'exception  notable de Vighnu et Lel'Liamil qui souffrent du mal de mer et arrivent quelque peu barbouillés à Aroche.
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Mis à part cela, le voyage se déroule sans encombre - à l'exception  notable de Vighnu et Lel'Liamil qui souffrent du mal de mer et arrivent quelque peu barbouillés à Aroche.<br>
  
  
 
== La Ville aux Dirsen Innombrables ==
 
== La Ville aux Dirsen Innombrables ==
''→ il faudrait rédiger une courte introduction''
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''"Port en vue !"'' s'exclame la vigie. Le Coppavento est en vue d'Aroche et les voyageurs montent sur le pont. L'air du large commence à changer et à s'emplir d'une odeur évoquant un mélange peu inspiré entre le poisson pourri et diverses déjections. Si Andréas s'exclame ''"Ah ! La civilisation !"'', sans qu'on puisse savoir s'il se réfère à la vue de la cité ou bien à son odeur, Lel'Liamil est moins convaincu par cette première impression olfactive de la Cité-Falaise. Il prend tout de même le temps de défaire ses tresses et de se faire une tête la plus "Rémane" possible.
  
 
=== Sur les quais ===
 
=== Sur les quais ===
Le Coppavento est en vue d'Aroche, au cri de la vigie les voyageurs montent sur le pont. L'air du large commence à changer et à s'emplir d'une odeur de poisson pourri et de déjections diverses. Si Andréas s'exclame ''"Ah ! La civilisation !"'', Lel'Liamil est moins convaincu par cette première impression olfactive de la Cité-Falaise. Il prend tout de même le temps de défaire ses tresses et de se faire une tête "Rémane".<br>
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Le Coppavento est à peine amarré que déjà un comité d'accueil force sa route à bord du navire : il s'agit de [[Remlin Anvarel]], [[12) "Ville Basse"|une vieille connaissance pour certains]], et désormais capitaine de la garde de toute la Ville Basse. Il est accompagné d'une vingtaine de gardes. Remlin salue Mérane et Herle d'un hochement de tête, puis explique à un Diovire quelque peu outré par cette intrusion qu'il est là pour inspecter l'ensemble de la cargaison par crainte de contrebande. Nos héros se disent que cela cache quelque chose, et s'approchent du Capitaine Anvarel. Ce dernier toise Vighnu.<br>
 
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''"À qui ai-je l'honneur ? Vous ne seriez pas un cousin Pratesh ?''<br>
Le navire est à peine amarré que déjà un comité d'accueil force sa route à bord : il s'agit de [[Remlin Anvarel]], [[12) "Ville Basse"|une vieille connaissance pour certains]], et désormais capitaine de la garde de toute la Ville Basse. Il est accompagné d'une vingtaine de gardes. Remlin salue Mérane et Herle d'un hochement de tête, puis explique à un Diovire quelque peu outré par cette intrusion qu'il est là pour inspecter l'ensemble de la cargaison par crainte de contrebande. Nos quatre héros se disent que cela cache quelque chose, et s'approchent du Capitaine Anvarel. Ce dernier toise Vighnu.<br>
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''"A qui ai-je l'honneur ? Vous ne seriez pas un cousin Pratesh ?''<br>
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''- Mais si, précisément, Vighnu Pratesh, enchanté !''<br>
 
''- Mais si, précisément, Vighnu Pratesh, enchanté !''<br>
 
''- Ah, en voilà un. Gardes, arrêtez-le !"''<br>
 
''- Ah, en voilà un. Gardes, arrêtez-le !"''<br>
  
Face aux protestations de Mérane, qui explique qu'il s'agit forcément d'une méprise puisque c'est la première fois que Vighnu vient à Aroche, le capitaine réplique que Vighnu est un assassin notoire et qu'il a ordre de l'arrêter. Lel'Liamil essaie bien d'intervenir.''"Mais, vous ne pouvez pas arrêter le cousin d'un Sénéchal Impérial !"'' Anvarel se tourne vers le nouvel intervenant, l'examine de haut en bas, et semble en conclure que malgré son accent bizarre ce n'est pas un Emishen.<br>
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Face aux protestations de Mérane, qui explique qu'il s'agit forcément d'une méprise puisque c'est la première fois que Vighnu vient à Aroche, le capitaine réplique que Vighnu est un assassin notoire et qu'il a ordre de l'arrêter. Lel'Liamil essaie bien d'intervenir.''"Mais, vous ne pouvez pas arrêter le cousin d'un Sénéchal Impérial !"'' Anvarel se tourne vers le nouvel intervenant, l'examine longuement de haut en bas, et semble en conclure que malgré son accent bizarre ce n'est pas un Emishen.<br>
 
''"Et vous, vous êtes qui ?''<br>
 
''"Et vous, vous êtes qui ?''<br>
 
''- Euh... Mon nom est Lel'Liamil et...''<br>
 
''- Euh... Mon nom est Lel'Liamil et...''<br>
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''"Bon écoutez, cousin du Sénéchal ou pas, j'ai ordre de l'arrêter. Et mes ordres viennent directement du Prévôt. Alors, je n'ai pas le temps de discuter. Je dois arrêter tous ceux qui sont sur cette liste."'' (il sort un papier et regarde soudainement Andréas) ''"Vous êtes qui, vous ?"'' <br>
 
''"Bon écoutez, cousin du Sénéchal ou pas, j'ai ordre de l'arrêter. Et mes ordres viennent directement du Prévôt. Alors, je n'ai pas le temps de discuter. Je dois arrêter tous ceux qui sont sur cette liste."'' (il sort un papier et regarde soudainement Andréas) ''"Vous êtes qui, vous ?"'' <br>
  
Fort heureusement, Andréas n'est pas sur la liste. Les Talendans apprennent bien vite que cette liste comprend Diane Malétudine (alias [[Nadine "la Moucheuse"]]), [[Eldan "le Moineau"]], et aussi les deux nouveaux "gardes du corps" d'Adira, [[Lutvik & Brengarn]]. Mérane essaie bien de faire valoir son titre d'Ambassadrice de Tal Endhil pour défendre Vighnu, mais rien n'y rien. Depuis le pont du Coppavento, Vighnu contemple un instant la centaine de brasses qui le sépare du quai de l'Arche Kerdane, ou Vasco Sotorine semble l'attendre. Malheureusement, le temps de tous ces palabres des gardes lui ont déjà enchainés les mains. Pesant le pour et le contre, le Fenhri décide que coopérer est plus diplomatique et se laisse emmener vers une charrette sur le quai. [[Vasco Sotorine]] s'approche du fenrhi enchainé et, avec la permission de Remlin Anvarel, entame une conversation sur le thème du mariage. Vasco est en effet l'oncle d'Islinna, et il semble fort concerné par l'avenir sa nièce...  
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Fort heureusement, Andréas n'est pas sur la liste. Les Talendans apprennent bien vite que cette liste comprend Diane Malétudine (alias [[Nadine "la Moucheuse"]]), [[Eldan "le Moineau"]], et aussi les deux nouveaux "gardes du corps" d'Adira, [[Lutvik & Brengarn]]. Mérane essaie bien de faire valoir son titre d'Ambassadrice de Tal Endhil pour défendre Vighnu, mais rien n'y fait. Depuis le pont du Coppavento, Vighnu contemple un instant la centaine de brasses qui le sépare du quai de l'Arche Kerdane, ou Vasco Sotorine semble l'attendre. Malheureusement, le temps de tous ces palabres des gardes lui ont déjà enchainé les mains. Pesant le pour et le contre, le Fenhri décide que coopérer est plus diplomatique et se laisse emmener vers une charrette sur le quai. [[Vasco Sotorine]] s'approche du fenrhi enchainé et, avec la permission de Remlin Anvarel, entame une conversation sur le thème du mariage. Vasco est en effet l'oncle d'Islinna, et il semble fort concerné par l'avenir sa nièce...  
  
 
Remlin Anvarel explique ensuite aux Talendans que, suite aux "incidents" de la dernière fois, ils seront accompagnés par une dizaine de gardes lors de tous leurs déplacements en ville. Juste une petite sécurité, des fois qu'il leur prenne l'envie de brûler à nouveau [[La Cloche Rouge]]... Avec l'accord du capitaine, Mérane, Herle et Andréas décident d'accompagner Vighnu jusqu'à la Citadelle, pour plaider leur cause auprès du Prévôt. Lel'Liamil décide de rester sur le bateau. Avant de partir toutefois, le Capitaine Anvarel montre à Mérane un texte ''écrit'' en Langue des Vents et lui demande de le traduire. Passée la surprise de voir couchée sur parchemin la transcription d'une langue qui n'est qu'orale, Mérane découvre une sorte de chanson qui commence par ''"Bonjour Madame"''. Remlin Anvarel en explique alors l'origine : la Cité-Falaise est actuellement confrontée à '''une série de meurtres étranges visant des marchands d'esclaves'''. Et cette chanson Emishen a été entendue à proximité immédiate des meurtres, à chaque fois. Voyant que les Talendans ne connaissent pas cette chanson, Remlin laisse tomber et la troupe se met en route vers la Citadelle. <br>
 
Remlin Anvarel explique ensuite aux Talendans que, suite aux "incidents" de la dernière fois, ils seront accompagnés par une dizaine de gardes lors de tous leurs déplacements en ville. Juste une petite sécurité, des fois qu'il leur prenne l'envie de brûler à nouveau [[La Cloche Rouge]]... Avec l'accord du capitaine, Mérane, Herle et Andréas décident d'accompagner Vighnu jusqu'à la Citadelle, pour plaider leur cause auprès du Prévôt. Lel'Liamil décide de rester sur le bateau. Avant de partir toutefois, le Capitaine Anvarel montre à Mérane un texte ''écrit'' en Langue des Vents et lui demande de le traduire. Passée la surprise de voir couchée sur parchemin la transcription d'une langue qui n'est qu'orale, Mérane découvre une sorte de chanson qui commence par ''"Bonjour Madame"''. Remlin Anvarel en explique alors l'origine : la Cité-Falaise est actuellement confrontée à '''une série de meurtres étranges visant des marchands d'esclaves'''. Et cette chanson Emishen a été entendue à proximité immédiate des meurtres, à chaque fois. Voyant que les Talendans ne connaissent pas cette chanson, Remlin laisse tomber et la troupe se met en route vers la Citadelle. <br>
  
=== Audience auprès du Prévôt===
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=== Audience auprès du Prévôt d'Armes===
  
 
En route vers la Citadelle, le petit groupe remarque une silhouette vêtue d'orange qui les suit. Ils identifient une jeune ''questora'' en la personne de [[Danilla Melangoline]] : celle qui n'était alors qu'une apprentie ''questora'' avait participé à l'assaut donné par les Talendans et leurs alliés sur [[La Cloche Rouge]], le quartier général de l'[[Ondhor]] à Aroche. Danilla est désormais la remplaçante de [[Dario Celsine]] à la questure et elle aborde les Talendans pour prendre des nouvelles de Dario. Les protagonistes profitent également du trajet pour se tenir au courant des derniers évènements à Aroche. Les stigmates des incidents survenus lors de "la Nuit des Bêtes", notamment les incendies, commencent à s'effacer. <br>
 
En route vers la Citadelle, le petit groupe remarque une silhouette vêtue d'orange qui les suit. Ils identifient une jeune ''questora'' en la personne de [[Danilla Melangoline]] : celle qui n'était alors qu'une apprentie ''questora'' avait participé à l'assaut donné par les Talendans et leurs alliés sur [[La Cloche Rouge]], le quartier général de l'[[Ondhor]] à Aroche. Danilla est désormais la remplaçante de [[Dario Celsine]] à la questure et elle aborde les Talendans pour prendre des nouvelles de Dario. Les protagonistes profitent également du trajet pour se tenir au courant des derniers évènements à Aroche. Les stigmates des incidents survenus lors de "la Nuit des Bêtes", notamment les incendies, commencent à s'effacer. <br>
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Lel'Liamil rapporte alors certaines informations qu'il a obtenues en discutant avec les gardes qui étaient chargé de "l'escorter". Si la chanson qui tue a toujours été entendue près des meurtres, tous ceux qui l'entendent ne meurent pas. Elle a semble-t-il été récemment entendue à l'[[Auberge du Goéland]]. Concernant les victimes en revanche, leurs trépas ont été assez spectaculaires : un marchand d'esclaves est ainsi mort en s'étranglant dans ses propres chaînes après être tombé dans un escalier... <br>
 
Lel'Liamil rapporte alors certaines informations qu'il a obtenues en discutant avec les gardes qui étaient chargé de "l'escorter". Si la chanson qui tue a toujours été entendue près des meurtres, tous ceux qui l'entendent ne meurent pas. Elle a semble-t-il été récemment entendue à l'[[Auberge du Goéland]]. Concernant les victimes en revanche, leurs trépas ont été assez spectaculaires : un marchand d'esclaves est ainsi mort en s'étranglant dans ses propres chaînes après être tombé dans un escalier... <br>
  
A l'aide de ces informations et des intuitions de Mérane, Andréas émet l'hypothèse que cela pourrait correspondre à une forme de technique magique appelée [[Sorcellerie|Chimère]]. Si un sorcier a crée une Chimère, c'est-à-dire une créature d'Essence, ayant la forme d'une chanson et la capacité de donner des pulsions suicidaires (ou homicides), cela pourrait expliquer cette vague de meurtres. L'expression ''la chanson qui tue'' serait ainsi à prendre au pied de la lettre !  En théorie, les Chimères sont à usage unique, mais pour peu que le sorcier le décide, ou que son sortilège lui échappe, la chanson pourrait être une '''Chimère Maligne''', une créature magique parfaitement autonome et capable de grandir en puissance. Andréas ajoute que de son point de vue, la frontière entre ce qu'on appelle une Chimère Maligne et un Démon est assez fine... L'idée qu'une sorte de démon conçu pour tuer des marchands d'esclaves soit en liberté dans Aroche inquiète fort les Talendans...
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A l'aide de ces informations et des intuitions de Mérane, Andréas émet l'hypothèse que cela pourrait correspondre à une forme de technique magique appelée [[Sorcellerie|Chimère]]. Si un sorcier a crée une Chimère, c'est-à-dire une créature d'Essence, ayant la forme d'une chanson et la capacité de donner des pulsions suicidaires (ou homicides), cela pourrait expliquer cette vague de meurtres. L'expression ''la chanson qui tue'' serait ainsi à prendre au pied de la lettre !  En théorie, les Chimères sont à usage unique, mais pour peu que le sorcier le décide, ou que son sortilège lui échappe, la chanson pourrait être une '''Chimère Maligne''', une créature magique parfaitement autonome et capable de grandir en puissance. Andréas ajoute que de son point de vue, la frontière entre ce qu'on appelle une Chimère Maligne et un Démon est assez fine... L'idée qu'une sorte de démon conçu pour tuer des marchands d'esclaves soit en liberté dans Aroche inquiète fort les Talendans...<br>
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== La Cité des Intrigues ==
 
== La Cité des Intrigues ==
  
Le lendemain matin, nos Protagonistes se séparent pour s'occuper de leurs affaires. '''Vighnu''' s'éclipse discrètement de la chambre de l'auberge des Vénérables (qu'il avait rejointe nuitamment) et part en direction de la Ruche, le quartier général de la pègre fenhri. '''Herle''' se rend "en famille", chez les Garde-Runes, où il espère découvrir des informations sur la conspiration des Ondrènes et la sorcellerie. '''Mérane''' part pour affaires sur la terrasse des Arcades. Lel'Liamlim est quant à lui en quête d'un alchimiste qu'il souhaite ramener à Tal Endhil. <br>
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Le lendemain matin, nos Protagonistes se séparent pour s'occuper de leurs affaires. '''Vighnu''' s'éclipse discrètement de la chambre de l'auberge des Vénérables (qu'il avait rejointe nuitamment) et part en direction de la [[Ruches|Ruche]], le quartier (ou plutôt le ghetto) fenhri. '''Herle''' se rend "en famille", chez les Garde-Runes, où il espère découvrir des informations sur la conspiration des Ondrènes et la sorcellerie. '''Mérane''' part pour affaires sur la terrasse des Arcades. '''Lel'Liamlim''' est quant à lui en quête d'un alchimiste qu'il souhaite ramener à Tal Endhil : quelqu'un qui soit capable de relancer la fabrication du [[Bleu des Lacs]]. Et il a justement entendu parler d'un certain '''Leowyn''', qui serait actuellement au chômage pour des raisons pas très claires : l'alchimiste serait un "débauché". Après avoir mené son enquête, Lel'Liamil parvient à remonter la piste de Leowyn et à le rencontrer. Il finit par obtenir de lui toute l'histoire : Leowyn a eu la mauvaise idée d'avoir une relation avec ''un autre homme'', et visiblement un fils de bonne famille. Inutile de dire que ça c'est plutôt mal passé, et que Leowyn est la victime collatérale de l'étouffement de l'affaire. Toujours est-il que Leowyn n'est pas près de retrouver du travail à Aroche et qu'il est donc prêt à appareiller pour Tal Endhil. La question de savoir s'il sera mieux accepté là-bas qu'à Aroche est ouverte, même si pour Lel'Liamil, aimer les femmes ou les femmes n'est pas du tout un problème, quelles histoires ils font ces Dirsens ! <br>
  
=== Conspirationnisme ===
+
=== Notre agent à Aroche ===
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Après avoir réglé certaines affaires pour le compte de son cousin dans le quartier Fehnri - affaires relatives au commerce de substances euphorisantes mais néanmoins prohibées - Vighnu se concentre sur le problème principal qui l'occupe : le vol de la Clé. L'artefact est en sécurité dans le bâtiment de la '''Commanderie Templière''', qui lui même se trouve dans l'ensemble de bâtiments qu'on appelle le '''[[Cloître d'Aroche]]''' (et qui comprend aussi l'hospice et la [[Bibliothèque Impériale]] locale). Le Cloître est ceint d'une enceinte (gardée) et le bâtiment de la Commanderie est lui-même gardé. Après avoir envisagé un accès par les toits, Vighnu se demande si le plus simple ne serait pas d'essayer de passer par les égouts - car la Cité Falaise dispose d'un réseau d'évacuation des eaux usées ! Vighnu explore les environs et remarque plusieurs accès. Mais considérant qu'il doit bien exister un plan du réseau, et certains professionnels de la cambriole doivent en avoir une copie, Vighnu reprend la route de la Ruche (perdant beaucoup de temps dans ses déplacements car il doit éviter la patrouille). Là, il se rend au [[Ruche des Braséros d'Améthyste|quartier général]] des [[Nocturnes]], la pègre Fehnri, pour acquérir contre quelque argent un plan du réseau. Ne désirant pas que toute la pègre soit au courant de son objectif, il n'achète pas que le plan de la section proche du Cloître, mais un plan complet du réseau courant sous la Ville Haute.
  
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=== Conspirationnisme ===
 
Chacun de leur côté, Herle et Vighnu obtiennent des informations sur la [[Conspiration des Ondrènes]]. Vighnu se renseigne à la Ruche, et moyennant une forte somme d'argent (10 pièces d'or !) obtient d'importantes révélations sur l'identité de l’Écuyer du Roi. Selon la pègre Fenhri, l’Écuyer ne serait pas une personne, plutôt une fonction symbolisée par un objet : '''le sceau du Roi des Ondrènes''' (un anneau). Qui porte le Sceau à un instant donné est de fait l’Écuyer. Cette ruse a permis aux conspirateurs de brouiller les pistes et d'écarter les soupçons, la fonction s'échangeant aussi simplement qu'un anneau.<br>
 
Chacun de leur côté, Herle et Vighnu obtiennent des informations sur la [[Conspiration des Ondrènes]]. Vighnu se renseigne à la Ruche, et moyennant une forte somme d'argent (10 pièces d'or !) obtient d'importantes révélations sur l'identité de l’Écuyer du Roi. Selon la pègre Fenhri, l’Écuyer ne serait pas une personne, plutôt une fonction symbolisée par un objet : '''le sceau du Roi des Ondrènes''' (un anneau). Qui porte le Sceau à un instant donné est de fait l’Écuyer. Cette ruse a permis aux conspirateurs de brouiller les pistes et d'écarter les soupçons, la fonction s'échangeant aussi simplement qu'un anneau.<br>
  
 
Au manoir des [[Garde-Lunes]], Herle s'intéresse à la généalogie et cherche qui pourrait bien être l'héritier putatif de la couronne du Roi des Ondrènes. Entre discussions et vieux bouquins, Herle dresse la liste suivante, par ordre de préséance :
 
Au manoir des [[Garde-Lunes]], Herle s'intéresse à la généalogie et cherche qui pourrait bien être l'héritier putatif de la couronne du Roi des Ondrènes. Entre discussions et vieux bouquins, Herle dresse la liste suivante, par ordre de préséance :
* [[Lambdo d'Orsane]], Duc-Gouverneur du Nord ;
+
* [[Lamdo d'Orsane]], Duc-Gouverneur du Nord ;
 
* [[Larmond d'Orsane]], fils du précédent et Prévôt d'Aroche ;
 
* [[Larmond d'Orsane]], fils du précédent et Prévôt d'Aroche ;
* Theodrome de Lorune, duc de Lorune ;
+
* [[Theodrome de Lorune]], duc de Lorune ;
 
* le Général [[Sigrell d'Elorsame]], cousin et conseiller du précédent ;
 
* le Général [[Sigrell d'Elorsame]], cousin et conseiller du précédent ;
 
* et... [[Elsar d'Elorsame]], neveu du précédent, fils de  d'[[Oriane de Lorse]], qui a accompagné certains Protagonistes lors d'une récente [[24) "La Sanction"|chasse à la sorcière]] !
 
* et... [[Elsar d'Elorsame]], neveu du précédent, fils de  d'[[Oriane de Lorse]], qui a accompagné certains Protagonistes lors d'une récente [[24) "La Sanction"|chasse à la sorcière]] !
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=== Mythologies ===
 
=== Mythologies ===
'''Quant à Andréas''', il commence sa journée en passant chez un orfèvre de la Terrasse des Arcades. Il y dépose une cape contenant un étrange maillage en argent en sa doublure, qu'il voudrait voir réparer. Il s'agit d'une cape qu'il a acquise dans [[10) "Nuit Blanche"|de bien troubles circonstances...]] L'orfèvre tique, mais accepte les espèces sonnantes et trébuchantes du chroniqueur. Ensuite, Andréas prend le chemin de la Bibliothèque Impériale, sise dans le Cloître (et donc non loin de la Commanderie Templière). A sa relative surprise, il découvre que l'accès n'est pas simple. Tout chroniqueur qu'il soit, les Frères Consignants ne semblent pas décidés à le laisser rentrer sans une explication bien claire de ce qu'il vient faire là. Après une bonne heure à négocier, Andréas voit arriver avec soulagement Frère Abradem et ses reconnaissables tresses sociales, le seul Consignant s'intéressant aux Emishen. Tout content de voir un Talendan (et un chroniqueur), il lui permet d'entrer dans la bibliothèque. Avec son aide, il part à la découverte des lieux, mais passe plus de temps à discuter de ce qu'il cherche qu'à consulter des volumes. Lorsqu'Andréas parle de cartes, Abradem lui explique que ça va être compliqué : la section de cartographie est en accès encore plus restreint, secret militaire oblige ! Et de toute façon, des cartes du nord, ça n'existe pas... A ce moment, Abradem lui propose d'aller voir quelque chose d'étonnant. Quittant le premier étage du bâtiment où se trouve la bibliothèque proprement dite, ils descendent au rez-de-chaussée, qui constitue le Scriptorium. Là, après avoir traversé une vaste pièce emplie d'odeurs âcres d'encre et de parchemins, ils entrent dans ce qui est une sorte de cagibi, ou pièce de stockage. Là, sur le mur du fond, masqué d'innombrables étagères couvertes de fatras, il y a '''une carte peinte'''. Sur la petite portion qui est visible, Andréas reconnait la ligne droite marquant la Grande Chaussée et constate, à sa grande surprise, qu'elle ne s'arrête '''''pas''''' à Darverane ! Frère Abradem doit calmer un Andréas excité par cette découverte : malgré tous ses efforts, il n'a jamais pu avoir accès à la carte ou faire bouger les étagères. La dernière personne à l'avoir fait était un certain [[Tudwal de Gelaine]], qui a restauré la carte. C'était il y a bien 25 ans ! Andréas interroge alors Frère Abradem sur la fameuse chanson Emishen qu'on entend en ville. Le Consignant en a entendu parler. A vrai dire, il l'a même entendue chanter ! C'était à l'Auberge du Goéland, où des musiciens interprétaient une partie du répertoire Emishen. Mais il ne les a plus vus depuis un bail. Et vu qu'il est tard, fait remarquer Abradem, on pourrait y poursuivre notre conversation là-bas, non ? <br>
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Quant à Andréas, il commence sa journée en passant chez un orfèvre de la Terrasse des Arcades. Il y dépose une cape contenant un étrange maillage en argent en sa doublure, qu'il voudrait voir réparer. Il s'agit d'une cape qu'il a acquise dans [[10) "Nuit Blanche"|de bien troubles circonstances...]] L'orfèvre tique devant la caractère étrange du travail demandé, mais accepte les espèces sonnantes et trébuchantes du chroniqueur. Ensuite, Andréas prend le chemin de la '''Bibliothèque Impériale d'Aroche''', sise au sein du [[Cloître d'Aroche|Cloître]] (et donc non loin de la Commanderie Templière). À sa relative surprise, il découvre que l'accès n'est pas simple. Tout chroniqueur qu'il soit, les Frères Consignants ne semblent pas décidés à le laisser rentrer sans une explication bien claire de ce qu'il vient faire là. Après une bonne heure passée à négocier, Andréas voit arriver avec soulagement [[Abradem le Paremin|Frère Abradem]] et ses reconnaissables tresses sociales, le seul Consignant s'intéressant aux Emishen. Tout content de voir un Talendan (et un chroniqueur), il lui permet d'entrer dans la bibliothèque. Avec son aide, il part à la découverte des lieux, mais passe plus de temps à discuter de ce qu'il cherche qu'à consulter des volumes. Lorsque Andréas parle de cartes, Abradem lui explique que ça va être compliqué : la section de cartographie est en accès encore plus restreint, secret militaire oblige ! Et de toute façon, des cartes du nord, ça n'existe pas... À ce moment, Abradem lui propose d'aller voir quelque chose d'étonnant. Quittant le premier étage du bâtiment où se trouve la bibliothèque proprement dite, ils descendent au rez-de-chaussée, qui constitue le Scriptorium. Là, après avoir traversé une vaste pièce emplie d'odeurs âcres d'encre et de parchemins, ils entrent dans ce qui est une sorte de cagibi, ou pièce de stockage. Là, sur le mur du fond, masqué d'innombrables étagères couvertes de fatras, il y a '''une carte peinte'''. Sur la petite portion qui est visible, Andréas reconnait la ligne droite marquant la Grande Chaussée et constate, à sa grande surprise, qu'elle ne s'arrête '''''pas''''' à Darverane ! Frère Abradem doit calmer un Andréas excité par cette découverte : malgré tous ses efforts, il n'a jamais pu avoir accès à la carte ou faire bouger les étagères. La dernière personne à l'avoir fait était un certain [[Tudwal de Gelaine]], qui a restauré la carte. C'était il y a bien 25 ans ! Andréas interroge alors Frère Abradem sur la fameuse chanson Emishen qu'on entend en ville. Le Consignant en a entendu parler. A vrai dire, il l'a même entendue chanter ! C'était à l'Auberge du Goéland, où des musiciens interprétaient une partie du répertoire Emishen. Mais il ne les a plus vus depuis un bail. Et vu qu'il est tard, fait remarquer Abradem, on pourrait y poursuivre notre conversation là-bas, non ? <br>
  
C'est donc confortablement installés à l'[[Auberge du Goéland]], sorte de taverne de marin pour bourgeois perchée au bord de la Terrasse des Arcades, qu'Andréas en apprend plus sur ces fameux musiciens. Leur chanteur, Andréas le connait, puisqu'il s'agit d'[[Alenn le Rimeur]], désormais installé à Tal Endhil. Mais il lui faut une insistance certaine et l'aide d'Abradem pour qu'une serveuse finisse par le renseigner sur le sujet manifestement épineux du devenirs des autres baladins. A force de jouer de la musique Emishen, ils ont fini par se faire serrer par la garde et leur chanteuse, qui remplaçait "Alenn le Rimeur", est encore enfermée à la citadelle. Les autres auraient trouvé refuge à [[la Lamproie]], une ''vraie'' taverne de marins dans la partie la moins reluisante du quartier de la pointe. <br>
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C'est donc confortablement installés à l'[[Auberge du Goéland]], sorte de taverne de marin pour bourgeois perchée au bord de la Terrasse des Arcades, qu'Andréas en apprend plus sur ces fameux musiciens. Leur chanteur de l'époque, Andréas le connait, puisqu'il s'agit d'[[Alenn le Rimeur]], désormais installé à Tal Endhil. Mais il lui faut une insistance certaine et l'aide d'Abradem pour qu'une serveuse finisse par le renseigner sur le sujet manifestement épineux du devenirs des autres baladins. À force de jouer de la musique Emishen, ils ont fini par se faire serrer par la garde et leur chanteuse, qui remplaçait "Alenn le Rimeur", est encore enfermée à la citadelle. Les autres auraient trouvé refuge à [[La Lamproie]], une ''vraie'' taverne de marins située dans la partie la moins reluisante du quartier de la pointe. <br>
  
Le reste de la discussion se tourne vers des considérations théologico-philologiques. Andréas discute avec Frère Abradem des "liens" qui pourraient exister entre certains figures Emishens (les Anciens) et les Premiers du culte des Pères. Un sujet aux frontières de l'hérésie, qu'Abradem aborde pourtant bien volontiers. Abradem a en effet sa propre théorie sur les correspondances entre les figures maternelles mythiques : il considère en effet qu'il y a des "Mères" dans les mythes de toutes les civilisations (et Andréas se dit alors que si Abradem considère les Premiers comme des figures mythique, le Consignant pourrait avoir des soucis !). Andréas évoque alors d'autres miracles : des "Dames Blanches" qui parlent dans les rêves, et des statues qui s'animent (histoires qui lui ont été rapportées par Herle de Lorune). Selon Frère Abradem, l'animation des statues des Premiers constitue un miracle relativement courant : bien souvent, ceux qui affirment que les divinités leur parlent disent qu'elles l'ont fait à travers de leur statue, soudain brillante, le plus souvent au crépuscule après de longues prières (un esprit un peu sceptique pourrait s'interroger sur la corrélation "manque de sommeil / lumière en pleine tronche / apparition divine"). En cherchant bien, Andréas devrait pouvoir trouver diverses chroniques à ce sujet : l'Inquisiteur Valiard (chef des Pénitents d'Aroche) les fait toutes consigner. Et si on étend le sujet hors de Melen et la Grande Mère, il y a carrément de quoi faire ! D'abord, il faudrait considérer Delem (sœur-épouse de Herem) et toute la [[Liturgie des Gardiens|liturgie du Sanctuaire]], qui décrit les nobles hornoises comme "Rayonnantes" ou "Resplendissantes" (autrement dit "qui brillent"), en plus d'être probablement d'une stature "anormale" comme le sont encore les Hornois d'aujourd'hui (les HornoisEs, c'est plus dur à dire : aucun "non-hornois" n'en a jamais vu). Chez les Emishen, les Anciens sont souvent décrits comme bien plus grands que les gens d'aujourd'hui, d'ailleurs parmi les Otlalnan, Abradem a même entendu une histoire de rêve "collectif", que beaucoup d'Emishen lui ont dit avoir fait, parfois la même nuit. Ce rêve est au sujet d'une "Grande Mère Vengeresse", à la fois chamane, guerrière et esprit elle-même, et qui reviendra pour libérer son peuple (en pétant la gueule aux vilains Dirsen, a priori). Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'elle arrive généralement de la mer sur un esquif rond et brillant au soleil.
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Le reste de la discussion se tourne vers des considérations théologico-philologiques. Andréas discute avec [[Abradem le Paremin|Frère Abradem]] des "liens" qui pourraient exister entre certains figures Emishens (les Anciens) et les Premiers du culte des Pères. Un sujet aux frontières de l'hérésie, qu'Abradem aborde pourtant bien volontiers. Abradem a en effet sa propre théorie sur les correspondances entre les figures maternelles mythiques : il considère en effet qu'il y a des "Mères" dans les mythes de toutes les civilisations (et Andréas se dit alors que si Abradem considère les Premiers comme des figures mythique, le Consignant pourrait avoir des soucis !). Andréas évoque alors d'autres miracles : des "Dames Blanches" qui parlent dans les rêves, et des statues qui s'animent (histoires qui lui ont été rapportées par Herle de Lorune). Selon Frère Abradem, l'animation des statues des Premiers constitue un miracle relativement courant : bien souvent, ceux qui affirment que les divinités leur parlent disent qu'elles l'ont fait à travers de leur statue, soudain brillante, le plus souvent au crépuscule après de longues prières (un esprit un peu sceptique pourrait s'interroger sur la corrélation "manque de sommeil / lumière en pleine tronche / apparition divine"). En cherchant bien, Andréas devrait pouvoir trouver diverses chroniques à ce sujet : l'Inquisiteur Valiard (chef des Pénitents d'Aroche) les fait toutes consigner. Et si on étend le sujet hors de Melen et la Grande Mère, il y a carrément de quoi faire ! D'abord, il faudrait considérer Delem (sœur-épouse de Herem) et toute la [[Liturgie des Gardiens|liturgie du Sanctuaire]], qui décrit les nobles hornoises comme "Rayonnantes" ou "Resplendissantes" (autrement dit "qui brillent"), en plus d'être probablement d'une stature "anormale" comme le sont encore les Hornois d'aujourd'hui (les HornoisEs, c'est plus dur à dire : aucun "non-hornois" n'en a jamais vu). Chez les Emishen, les Anciens sont souvent décrits comme bien plus grands que les gens d'aujourd'hui, d'ailleurs parmi les Otlalnan, Abradem a même entendu une histoire de rêve "collectif", que beaucoup d'Emishen lui ont dit avoir fait, parfois la même nuit. Ce rêve est au sujet d'une "Grande Mère Vengeresse", à la fois chamane, guerrière et esprit elle-même, et qui reviendra pour libérer son peuple (en pétant la gueule aux vilains Dirsen, a priori). Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'elle arrive généralement de la mer sur un esquif rond et brillant au soleil.
  
 
===Virée nocturne===
 
===Virée nocturne===
La nuit bien avancée, tout le monde (Frère Abradem et l'escorte de gardes compris) se retrouve à l'auberge de la Lamproie, bouge de marins où, effectivement, un petit groupe de baladins est en train de se produire. Point de répertoire Emishen toutefois : s'adaptant visiblement à leur public, les musiciens offrent une interprétation de chansons Ondrènes. Là, nos Protagonistes partagent certaines informations obtenues dans la journée, tandis qu'un Frère Abradem, visiblement ravi d'être le centre des attentions, répond aux questions de Mérane en se lançant dans un cours magistral de mythologie comparée et d'histoire locale. Il se révèle être un expert en matière de toutes sortes de légendes. Il explique en particulier les légendes autour du "trésor des Ondrènes" qui serait caché sous la Citadelle d'Aroche.
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[[Fichier:Musiciens-taverne.jpg|350px|thumb|right|Grosse ambiance à [[La Lamproie]], ou le sens de la fête chez les Ondrènes.]]
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La nuit bien avancée, tout le monde ([[Abradem le Paremin|Frère Abradem]] et l'escorte de gardes compris) se retrouve à la taverne de [[La Lamproie]], bouge de marins où, effectivement, '''un petit groupe de baladins''' est en train de se produire. Point de répertoire Emishen toutefois : s'adaptant visiblement à leur public, les musiciens offrent une interprétation de chansons Ondrènes. Vighnu Pratesh est également présent, il a suivi le groupe et est discrètement attablé à la table voisine. Enfin, pas si discrètement que cela, puisque même Frère Abradem semble avoir remarqué sa présence. Là, nos Protagonistes partagent certaines informations obtenues dans la journée, tandis qu'un Frère Abradem, visiblement ravi d'être le centre des attentions, répond aux questions de Mérane en se lançant dans un cours magistral de mythologie comparée et d'histoire locale. Il se révèle être un expert en matière de toutes sortes de légendes. Il explique en particulier les légendes autour du "trésor des Ondrènes" qui serait caché sous la Citadelle d'Aroche. Constatant que les baladins s'en tiennent au répertoire musical Ondrène, Lel'Liamil les aborde et leur propose de leur faire un concert privé dans une des salles privatives de l'[[Auberge Calamine]]. Trop contents de trouver un public intéressé, les baladins acceptent simplement contre le paiement des boissons. Avant de partir, Mérane décide de tester une hypothèse. Elle se rend dans les latrines (un coin qu'elle espère relativement tranquille) et tente "d'invoquer" le Barde Secret en prononçant son nom et en y pensant très fort. Malheureusement, la faune fréquentant les tavernes borgnes n'est pas très sensible à la notion d'intimité, même aux latrines, et il faudra l'aide de Herle pour que Mérane ressorte indemne des lieux d'aisance. <br>
  
-> Mérane invoque le barde dans les toilettes<br>
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Une fois installés à l'Auberge Calamine, et séparé de Frère Abradem, les Talendans peuvent enfin entendre cette fameuse ''chanson qui tue''. La chanson commence bien comme le Capitaine Anvarel leur avait dit sur le Coppavento : ''"youpi"'' (ou ''"joie"'') suivi de quelque chose comme ''"bonjour madame"''. <br>
-> concert privé avec les musiciens à l'auberge calamine<br>
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-> balade nocturne, rue sous les murs, lieux des meurtres (escaliers), on entend la chanson<br>
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-> on suit la chanson qui semble venir de sous la Citadelle et de la mer ou du quartier des Écueils<br>
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-> on va au Doigt, dernier élément du Cercle de Pierre qui se tenait jadis à la place  : il est gravé de Runes (normal), taggé de graffitis et couvert de traces de sang assez fraiches. Andreas fait un sort et comprend qu'une grosse dizaine de personnes sont venues à la tombée de la nuit pour charger la pierre en Essence (et elles l'ont fait sciemment, sachant comment charger la pierre)
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Après le concert, il est 4 heures passées et les Talendans prennent la direction de l'Auberge des Vénérables pour enfin aller se coucher (au grand soulagement de leur escorte qui tombe de sommeil et attend la relève avec impatience). Mais alors qu'ils longent la Rue sous les Murs pour rejoindre les escaliers montant à la Ville Haute, qu'elle n'est pas leur surprise d'entendre résonner la Chanson qui Tue ! C'est un écho lointain, comme chanté par des fêtards avinés, mais c'est sans nul doute la chanson. Avec un certains effroi, les Talendans constatent qu'il se trouvent à proximité immédiate du lieu d'un des meurtres, les escaliers où un marchand d'esclaves a fait une chute mortelle. Malgré les réticences de Mérane et d'Andréas, Herle et Lel'Liamil cherchent l'origine des chants. Mais ils ne réussissent à qu'à se perdre dans les rues avant que l'écho de la chanson ne disparaisse. Le groupe reprend sa route, atteint la Ville Haute, et la chanson résonne à nouveau ! Remontant la piste de la chanson dans les rues tortueuses de la Cité-Falaise, les Talendans sont stupéfaits de constater que la Chanson semble provenir de deux directions : la Citadelle tout d'abord, puis une direction qui serait celle du quartiers des Écueils, voire de ''la mer''.  Troublés par cette mystérieuse ritournelle, les Talendans font le point. Il y a effectivement des esclaves Emishens sous la Citadelle, mais... la mer ? Et bien, une des tribus du Clan des [[Otlalnan]], les Eritorden (les pélicans) étaient des marins. Et bon, avant la Citadelle, il se tenait sur cet imposant roc un Cercle de Pierre. Cercle de Pierre qui a certes été détruit, mais dont subsiste un vestige : '''le Doigt''', sorte de menhir qui se tient sur la bien nommée Place du Doigt, en plein cœur de la Ville Haute. <br>
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Au grand désespoir de leur escorte, les Talendans (toujours suivis de loin par Vighnu) se rendent alors sur la place du Doigt. Vu l'heure avancée, elle est déserte, et même les gardes s'appuient contre un mur pour se taper un petit roupillon. Andréas examine la pierre. Elle est couvertes de graffitis plus ou moins récents, mais le chroniqueur remarque la présence de runes gravée dans la pierre caractéristiques des Cercles Emishens. Plus étrange, la base de la pierre est couverte de '''traces de sang'''. Ces traces sont fraiches, probablement du jour même, et Herle et Vighnu se rappelle comment Soashna avait en quelque sorte "activé" le Cercle des Marais lors de [[24)_"La_Sanction"#Ce_soir.2C_on_vous_met_le_feu|l'affrontement final contre ses poursuivants]]. Juste pour voir, Lel'Liamil chante la chanson : il ne se produit rien de visible. Pour en savoir plus, et profitant de la relative inattention des gardes, Andréas essaie de sonder magiquement la pierre. Remontant le fil des évènements, il comprend qu'un nombre important de personnes (entre dix et vingt) sont venues peu après le crépuscule pour "charger" la pierre en Essence. Ces personnes ont chargé la pierre ''volontairement'' et savaient comment procéder (avec leurs mains ensanglantées). Mais à l'instant présent, le menhir est presque vide d'Essence. Autrement dit, le Doigt aurait été "chargé" avant que la chanson ne résonne, et se serait vidé à un moment indéterminé de la nuit. Peut-être justement quand la ritournelle résonnait ?<br>
  
  
Ligne 258 : Ligne 259 :
 
=== À la Tour des Quais ===
 
=== À la Tour des Quais ===
  
Les gardes mènent donc un groupe de Talendans pas très frais en direction de la Tour des Quais, où les attend le Capitaine Anvarel. En chemin, le petite troupe croise la route d'un Emishen affolé, visiblement un esclave en fuite, rescapé du naufrage de la nuit. Andréas fait valoir qu'ils sont attendus pour dissuader les gardes de lui donner la chasse. Hélas, en arrivant à la Tour, ils assistent au tabassage en règle d'un autre esclave par la maréchaussée. Herle s'interpose en expliquant qu'il a eu sa dose, mais le malheureux ne bouge déjà plus. Les Talendans montent alors les étages jusqu'au bureau du Capitaine, visiblement fort affairé à résoudre cette affaire d'esclaves en fuite. Il ne prend pas de gants et demande directement aux Talendans de lui expliquer ce qu'ils savent, parce que, visiblement, leurs actions de la nuit passée impliquent qu'ils ont compris quelque chose que lui ignore. Tandis qu'Andréas, épuisé, somnole sur un tabouret, les autres essaient de noyer le poisson. Anvarel soupire et dit d'un ton agacé : ''"Pourriez-vous cesser de me prendre pour un imbécile ? Je veux bien faire semblant d'ignorer qu'une silhouette sombre et encapuchonnée vous suit comme une ombre. Je veux bien faire semblant de vous croire si vous me dîtes ne pas savoir qui c'est. Après tout, personne n'est sensé s'être évadé des geôles de la Citadelle, n'est-ce-pas ? Mais ne me faites pas croire que vous ne savez rien à propos de cette chanson."'' Andréas se réveille alors brutalement et explique au Capitaine que Herle a découvert que cette chanson était en fait un sortilège qui poussait les marchands d'esclaves à se suicider. Anvarel prend un air pensif, se lève et regarde par la fenêtre en direction de la mer. ''"Un sortilège, dites-vous... Hum hum... Seriez-vous prêts à en témoigner ?"'' En effet, si les Talendans témoignent auprès de l'inquisiteur Valiard que sorcellerie il y a, l'affaire quitte automatiquement sa juridiction pour devenir le problème de l'Inquisition. Pour se sortir de ce mauvais pas, Herle accepte d'aller expliquer l'affaire à la Commanderie. Avant de congédier les Talendans, Remlin Anvarel lâche que "son homologue" de la Ville Haute semble avoir une dent contre eux... Herle se fait la remarque que l'homme a partie liée avec les Seigneurs du Nord.
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Les gardes mènent donc un groupe de Talendans pas très frais en direction de la Tour des Quais, où les attend le Capitaine Anvarel. En chemin, le petite troupe croise la route d'un Emishen affolé, visiblement un esclave en fuite, rescapé du naufrage de la nuit. Andréas fait valoir qu'ils sont attendus pour dissuader les gardes de lui donner la chasse. Hélas, en arrivant à la Tour, ils assistent au tabassage en règle d'un autre esclave par la maréchaussée. Herle s'interpose en expliquant qu'il a eu sa dose, mais le malheureux ne bouge déjà plus. Les Talendans montent alors les étages jusqu'au bureau du Capitaine, visiblement fort affairé à résoudre cette affaire d'esclaves en fuite. Il ne prend pas de gants et demande directement aux Talendans de lui expliquer ce qu'ils savent, parce que, visiblement, leurs actions de la nuit passée impliquent qu'ils ont compris quelque chose que lui ignore. Tandis qu'Andréas, épuisé, somnole sur un tabouret, les autres essaient de noyer le poisson. Anvarel soupire et dit d'un ton agacé : ''"Pourriez-vous cesser de me prendre pour un imbécile ? Je veux bien faire semblant d'ignorer qu'une silhouette sombre et encapuchonnée vous suit comme une ombre. Je veux bien faire semblant de vous croire si vous me dîtes ne pas savoir qui c'est. Après tout, personne n'est sensé s'être évadé des geôles de la Citadelle, n'est-ce-pas ? Mais ne me faites pas croire que vous ne savez rien à propos de cette chanson."'' Andréas se réveille alors brutalement et explique au Capitaine que Herle a découvert que cette chanson était en fait un sortilège qui poussait les marchands d'esclaves à se suicider. Anvarel prend un air pensif, se lève et regarde par la fenêtre en direction de la mer. ''"Un sortilège, dites-vous... Hum hum... Seriez-vous prêts à en témoigner ?"'' En effet, si les Talendans témoignent auprès de l'inquisiteur Valiard que sorcellerie il y a, l'affaire quitte automatiquement sa juridiction pour devenir le problème de l'Inquisition. Pour se sortir de ce mauvais pas, Herle accepte d'aller expliquer l'affaire à la Commanderie. Avant de congédier les Talendans, Remlin Anvarel lâche que "son homologue" de la Ville Haute semble avoir une dent contre eux... Herle se fait la remarque que le capitaine de la Ville Haute a partie liée avec les Seigneurs du Nord.
  
=== L'inquisiteur aime le fromage ===
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=== Sorcellerie, fromage et cochonnaille ===
Tout le monde prend alors le chemin du Cloître. Herle, Mérane et Lel'Liamlin se présentent devant le bâtiment de la Commanderie, avec la lettre d'introduction qui leur avait été remise par le Capitaine Anvarel. Andréas, prudemment, préfère ne pas mettre à l'épreuve la perspicacité des Templiers locaux et oblique en direction de la Bibliothèque Impériale. Là, il est accueilli par Frère Abradem. La curiosité du Consignant a été piquée par sa conversation de la veille à propos du soi-disant "trésor sous la Citadelle", et il a recherché des ouvrages dans les collections de la Bibliothèque Impériale qui pourraient traiter des sujets. Abradem et Andréas se partagent l'imposante pile d'ouvrages et commencent leur étude. Andréas note du coin de l’œil qu'un des Templiers de garde dans la bibliothèque est fort occupé à essayer de chasser un chat noir des lieux... <br>
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Tout le monde prend alors le chemin du Cloître. Herle, Mérane et Lel'Liamlin se présentent devant le bâtiment de la Commanderie, avec la lettre d'introduction qui leur avait été remise par le Capitaine Anvarel. Andréas, prudemment, préfère ne pas mettre à l'épreuve la perspicacité des Templiers locaux et oblique en direction de la Bibliothèque Impériale. Là, il est accueilli par [[Abradem le Paremin|Frère Abradem]]. La curiosité du Consignant a été piquée par sa conversation de la veille à propos du soi-disant "trésor sous la Citadelle", et il a recherché des ouvrages dans les collections de la Bibliothèque Impériale qui pourraient traiter des sujets. Abradem et Andréas se partagent l'imposante pile d'ouvrages et commencent leur étude. Andréas note du coin de l’œil qu'un des Templiers de garde dans la bibliothèque est fort occupé à essayer de chasser un chat noir des lieux... <br>
  
Pendant ce temps, les trois autres sont introduits dans le bureau de l'Inquisiteur Valiard. Ce dernier les accueille avec bonhommie. Il est à vrai dire au beau milieu d'une collation, et c'est en dégustant fromages et cochonnailles que l'Inquisiteur discute avec les Talendans de matières fort sérieuses. Lisant la lettre d'Anvarel, il n'est pas dupe et comprend que le Capitaine a surtout essayé de se débarrasser d'une affaire encombrante. Il interroge toutefois Herle sur la réalité de ces accusations de sorcellerie. La conversation se déroule à bâtons (et saucissons) rompus, et Mérane en profite pour approfondir ses connaissances en [[Sorcellerie]]. Herle expose ses doute concernant la nature du Doigt, et sa capacité à stocker l'Essence. Valiard n'est même pas surpris. Bien sûr, c'est pour cela que certaines "exhibitions" (comme danser tout nu autour du menhir) ont été expressément interdites sur la place du Doigt. En revanche, l'Inquisiteur doute du fait que de l'Essence puisse être effectivement stockée dans la pierre. Pour lui, le Cercle de Pierres ayant été brisé, une pierre seule n'est plus efficace. En revanche, elle pourrait servir de relais pour un sorcier opérant depuis ''l'extérieur'' de la ville. Car Valiard est convaincu que le sorcier n'est pas dans les murs d'Aroche. Pressé de s'expliquer, l'Inquisiteur présente aux Talendans un petit jouet dont il est très fier : un localisateur de sorcier ! Il s'agit d'une plaque de pierre dotée d'une rainure sur laquelle peut glisser une bille. Ne pouvant résister à une démonstration, Valiard lâche la bille sur la plaque. La bille glisse, et indique la direction de la bibliothèque (où se trouve Andréas !), avant d'osciller vers les jardins, puis à nouveau vers la bibliothèque. Devant soudainement sérieux, l'Inquisiteur appelle un Templier. <br>
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Pendant ce temps, les trois autres sont introduits dans le bureau de l'Inquisiteur Valiard. Ce dernier les accueille avec bonhommie. Il est à vrai dire au beau milieu d'une collation, et c'est en dégustant fromages et cochonnailles que l'Inquisiteur discute avec les Talendans de matières fort sérieuses <ref>Quel est le rapport entre les sorciers, le fromage et la charcuterie me direz-vous ? Et bien, les trois se fument très bien au feu de bois...</ref>. Lisant la lettre d'Anvarel, il n'est pas dupe et comprend que le Capitaine a surtout essayé de se débarrasser d'une affaire encombrante. Il interroge toutefois Herle sur la réalité de ces accusations de sorcellerie. La conversation se déroule à bâtons (et saucissons) rompus, et Mérane en profite pour approfondir ses connaissances en [[Sorcellerie]]. Herle expose ses doutes concernant la nature du Doigt, et sa capacité supposée à stocker l'Essence. Valiard n'est même pas surpris. Bien sûr, c'est pour cela que certaines "exhibitions" (comme danser tout nu autour du menhir) ont été expressément interdites sur la place du Doigt. En revanche, l'Inquisiteur doute du fait que de l'Essence puisse être effectivement stockée dans la pierre. Pour lui, le Cercle de Pierres ayant été brisé, une pierre seule n'est plus efficace. En revanche, elle pourrait servir de relais pour un sorcier opérant depuis ''l'extérieur'' de la ville. Car Valiard est convaincu que le sorcier n'est pas dans les murs d'Aroche. Pressé de s'expliquer, l'Inquisiteur présente aux Talendans un petit jouet dont il est très fier : un localisateur de sorcier ! Il s'agit d'une plaque de pierre dotée d'une rainure sur laquelle peut glisser une bille. Ne pouvant résister à une démonstration, Valiard lâche la bille sur la plaque. La bille glisse, et indique la direction de la bibliothèque (où se trouve Andréas !), avant d'osciller vers les jardins, puis à nouveau vers la bibliothèque. Devant soudainement sérieux, l'Inquisiteur appelle un Templier. <br>
 
''"Dites, vous êtes certains qu'un Sorcier n'aurait pas pénétré l'enceinte ?''<br>
 
''"Dites, vous êtes certains qu'un Sorcier n'aurait pas pénétré l'enceinte ?''<br>
 
''- Non, nos geôles sont vides en ce moment.'' <br>
 
''- Non, nos geôles sont vides en ce moment.'' <br>
 
''- Je ne parle pas des geôles, mais des Jardins. Vérifiez immédiatement, je vous prie !"'' <br>
 
''- Je ne parle pas des geôles, mais des Jardins. Vérifiez immédiatement, je vous prie !"'' <br>
 
L'inquisiteur sort avec son étrange appareil et sa bille oscillante. C'est alors que surgit un chat noir. ''"Ah, voilà, ce n'était pas un sorcier, mais un Démon ! Occupez-vous de lui !"'' Valiard a l'air assez fier de son petit effet. <br>
 
L'inquisiteur sort avec son étrange appareil et sa bille oscillante. C'est alors que surgit un chat noir. ''"Ah, voilà, ce n'était pas un sorcier, mais un Démon ! Occupez-vous de lui !"'' Valiard a l'air assez fier de son petit effet. <br>
De retour dans son bureau, l'Inquisiteur reprend un morceau de fromage et le fil de la conversation <ref>notez le beau zeugma !</ref>. Il voudrait bien que Herle se charge de cette affaire et arrête le Sorcier. Herle n'est pas vraiment en position de refuser, et voilà une nouvelle affaire qui s'ajoute à la longue liste des missions à accomplir à Aroche pour le petit groupe.
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De retour dans son bureau, l'Inquisiteur reprend un morceau de fromage et le fil de la conversation <ref>Notez le beau zeugma !</ref>. Il voudrait bien que Herle se charge de cette affaire et arrête le Sorcier. Herle n'est pas vraiment en position de refuser, et voilà une nouvelle affaire qui s'ajoute à la longue liste des missions à accomplir à Aroche pour le petit groupe.
  
 
Ignorant qu'on essaie de détecter les Sorciers à quelques dizaines de mètres de lui, Andréas est tout à ses lectures sur le trésor des Ondrènes. Dans différents ouvrages, il trouve trace du fait que la Citadelle a bien été construite par Gréold le Dévot pour protéger quelque chose, quelque chose qui se trouve ''sous'' elle. Il y a d'ailleurs trace, il y a une cinquantaine d'années, d'un étrange effondrement de toute section du rempart nord, entre la tour où se trouve la prison et le phare. Étrange, alors que la Citadelle est sensée est construite sur du roc massif... Concernant la nature de ce trésor, des recoupements montrent à Andréas qu'à l'époque de [[Rhoalberd des Ondrènes]] (le dernier Roi des Ondrènes) des objets liés à '''la Couronne des Ondrènes''' auraient été cachés au Nord. La nature exacte des objets n'est pas claire, il ne s'agit pas nécessairement d'une couronne au sens propre, mais en tout cas il s'agit d'insignes royaux.
 
Ignorant qu'on essaie de détecter les Sorciers à quelques dizaines de mètres de lui, Andréas est tout à ses lectures sur le trésor des Ondrènes. Dans différents ouvrages, il trouve trace du fait que la Citadelle a bien été construite par Gréold le Dévot pour protéger quelque chose, quelque chose qui se trouve ''sous'' elle. Il y a d'ailleurs trace, il y a une cinquantaine d'années, d'un étrange effondrement de toute section du rempart nord, entre la tour où se trouve la prison et le phare. Étrange, alors que la Citadelle est sensée est construite sur du roc massif... Concernant la nature de ce trésor, des recoupements montrent à Andréas qu'à l'époque de [[Rhoalberd des Ondrènes]] (le dernier Roi des Ondrènes) des objets liés à '''la Couronne des Ondrènes''' auraient été cachés au Nord. La nature exacte des objets n'est pas claire, il ne s'agit pas nécessairement d'une couronne au sens propre, mais en tout cas il s'agit d'insignes royaux.
  
 
=== Conversation secrète ===
 
=== Conversation secrète ===
Dans l'après-midi, tandis que Lel'Liamil et Andréas prennent un peu de repos, Mérane en profite pour aller rendre visite à sa sœur qui réside à Aroche. En route, sa manche est attrapée par une jeune fille : il s'agit d'une jeune Emishen, qui lui explique que ''"Sail'Langdir a entendu son appel"''. Mérane est alors menée hors de la ville, par la porte nord, puis dépasse le faubourg des brins. Les deux femmes se retrouvent en pleine campagne, puis pénètrent une forêt jusqu'à une cabane de charbonnier. Dans la cabane, au milieu d'un fatras d'instruments de musique, accordant un luth, Mérane découvre la grande silhouette du Barde Secret, et qu'il est plutôt beau gosse. Sail'Langdir se lance alors dans un petit numéro de charme, mélange de prévenance et de caresses de sa voix de velours. Mérane est troublée par ce numéro à la Barry White (il faut dire que ses compagnons de voyage ne l'ont pas habituée à cela), et il faut un petit instant pour retrouver sa contenance. Une conversation franche s'en suit, où le Barde explique plus clairement ses objectifs. Il explique déjà ne plus avoir accès à la ville, et que cela le coupe d'une partie de son pouvoir. Concernant la chanson, Sail'Langhir explique qu'elle s'adresse aux Emishens, que c'est un moyen pour leur permettre de se souvenir qu'il sont des [[Otlalnan]]. En se souvenant, ils obtiennent l'aide des Esprits. Qui peuvent, parfois, faire chavirer un bateau, par exemple... Mais ce n'est pas la Chanson qui tue les marchands d'esclaves : ce sont les agents bien réels de Sail'Langdir en ville, le petit groupe d'Emishens qui l'aident. Tandis que la chanson résonne, les gardes courent après son écho, offrant aux hommes du Barde Secret la diversion dont ils ont besoin pour agir.
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Dans l'après-midi, tandis que Lel'Liamil et Andréas prennent un peu de repos, Mérane en profite pour aller rendre visite à sa sœur qui réside à Aroche. En route, sa manche est attrapée par une jeune fille : il s'agit d'une jeune Emishen, qui lui explique que ''"Sail'Langdir a entendu son appel"''. Mérane est alors menée hors de la ville, par la porte nord, puis dépasse le faubourg des brins. Les deux femmes se retrouvent en pleine campagne, puis pénètrent une forêt jusqu'à une cabane de charbonnier. Dans la cabane, au milieu d'un fatras d'instruments de musique, accordant un luth, Mérane découvre la grande silhouette du Barde Secret, et qu'il est plutôt beau gosse. Sail'Langdir se lance alors dans un petit numéro de charme, mélange de prévenance et de caresses de sa voix de velours. Mérane en est troublée <ref>Reconnaissons que ses compagnons de voyage ne l'ont pas habituée à un tel niveau de glamour...</ref> , et il lui faut un petit instant pour retrouver sa contenance. Une conversation franche s'en suit, où le Barde explique plus clairement ses objectifs. Il explique déjà ne plus avoir accès à la ville, et que cela le coupe d'une partie de son pouvoir. Concernant la chanson, Sail'Langhir explique qu'elle s'adresse aux Emishens, que c'est un moyen pour leur permettre de se souvenir qu'il sont des [[Otlalnan]]. En se souvenant, ils obtiennent l'aide des Esprits. Qui peuvent, parfois, faire chavirer un bateau, par exemple... '''Mais ce n'est pas la Chanson qui tue les marchands d'esclaves''' : ce sont les agents bien réels de Sail'Langdir en ville, le petit groupe d'Emishens qui l'aident. Tandis que la chanson résonne, les gardes courent après son écho, offrant aux hommes du Barde Secret la diversion dont ils ont besoin pour agir.<br>
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Sail'Langdir aborde ensuite la question de '''la Clé'''. Il demande à Mérane ce qu'elle en sait, et comprend bien que ses compagnons ne lui pas révélé grand chose. Pour lui, ils n'ont pas le droit de prendre la Clé, car elle ne leur appartient pas. Elle aurait été confiée aux Barantanen, et donc appartiendrait toujours à ce clan. Tael Shannan l'aurait dérobée à des Sylvains, et c'est par peur de ces Sylvains que Tael Shannan aurait demandé au Barde de la cacher à Aroche, en échange de la promesse de l'aider à libérer les esclaves. Mais Tael Shannan n'a pas tenu sa promesse. Et Sail'Langdir demande alors clairement à Mérane son aide : qu'elle aille plaider la cause des esclaves auprès des Dirsens. Sinon, les meurtres continueront, jusqu'à ce que le Barde ait suffisamment de forces à ses côtés pour s'attaquer directement à la Citadelle. <br>
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=== Une bien curieuse Fenhri ===
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De son côté, [[Vighnu Pratesh]] se réveille après une grasse mâtinée dans les quartiers de [[Vasco Sotorine]]. Le Kerdan étant après tout bientôt officiellement en famille avec lui, il a accepté d'héberger le Fenhri loin des regards du Guet de la Ville Basse. Vighnu jette un coup d’œil dehors et constate que les rues sont patrouillées par de nombreux gardes : il est sans doute préférable de se déguiser pour circuler de jour dans Aroche... Vighnu fouille donc dans la penderie de Vasco et découvre des habits de femme, après un mince sourire il prend un miroir et un peu de charbon de la cheminée pour se maquiller ! Peu après, maquillée avec soin une petite fenhri sort fièrement de la chambre de Vasco en roulant des hanches et se dirige vers le quartier fenhri pour faire quelques emplettes. Arrivée à une échoppe, la fenhri-Vighnu achète deux ou trois babioles : un sac, du parfum, une gourde, quelquess vêtement de rechange. Devant l'air ébahi du marchand, Vighnu prend le taureau par les cornes et lui demande directement si son déguisement est réussi.<br>
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''"Euh... Ca dépend, c'est pourquoi faire en fait ?''<br>
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''- Comment dire... les gardes sont assez tatillons en ce moment."''<br>
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Le marchand se retourne alors en direction de l'arrière-boutique : ''"Chérie, il faut que tu viennes... C'est pour un client..."'' <br>
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La femme du marchand arrive et ne peut s'empêcher d'éclater de rire à la vue de Vighnu. Autant pour le déguisement... Après une nouvelle séance de maquillage et quelque ajustements de prêt-à-porter, Vighnu est fin prêt ! Il se dirige alors vers la Citadelle et le prévôt d'armes [[Dorvas le Bras]]. Vighnu fait parvenir un message au Prévôt, lui donnant rendez-vous a l'[[Auberge du Goéland]]. Après quelques heures d'attente, Vighnu voit entrer à l'auberge un homme ressemblant fortement à un garde déguisé en civil. Celui-ci balaie la salle des yeux et repère la fenhri assise seule dans un coin. L'homme s’appelle Devlin et serait le neveu du prévôt... Vighnu lui fait son rapport, à savoir : que l’écuyer du roi est en fait un alias dont se revendique une sorte de "collectif" pour crédibiliser la conspiration. En l'occurrence, le duc [[Theodrome de Lorune]], le comte [[Sigrell d'Elorsame]], [[Aergabald de Rordame]] et le vieux comte [[Berengar de Delarane]] (un Orsani) ont tous, à divers moments, prétendus être eux-mêmes le fameux personnage. Ça leur a déjà permis d'échapper plusieurs fois aux espions de la Primature, par exemple lorsque l'un d'eux se savait surveillé et que, soudain, on signalait l’Écuyer à l'autre bout du pays. Donc on pourrait considérer que le personnage est moins important que le Sceau du Roi [[Rhoalberd des Ondrènes]] : celui qui porte la bague royale est, techniquement, l’Écuyer du moment, et donne des ordres aux autres conspirateurs. Devlin est intéressé par ces révélations, Vighnu lui signale que ces informations lui ont couté fort cher. Son interlocuteur manque s’étrangler à la mention de la somme puis s'insurge : <br>
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''"Mais vous l'avez achetée cette information ? Et aux nocturnes en plus !'' <br>
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''- Bah oui je suis un nocturne vous savez... N'est-ce pas pour ça que vous m'avez embauché ?"'' <br>
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Vighnu propose alors de voler l'anneau, Devlin s'en va remonter les informations et un rendez-vous est fixé pour plus tard.
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=== Discussion du soir (espoir ?) ===
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Les Talendans se retrouvent à l'Auberge du Goéland pour échanger leurs informations. En particulier, Mérane leur apprend sa rencontre avec le Barde Secret. Elle demande aussi, légèrement irritée, qu'on lui dise la vérité sur cette histoire de [[La Porte-Sous-la-Montagne|Porte-Sous-la-Montagne]]. Andréas, un poil embêté, se lance dans une explication rapide : ''“Vois-tu, l’artefact que l’on cherche, est une clé. La clé d’un coffre-fort. Le coffre, on le connait sous le nom de Porte-Sous-la-Montagne  et pour autant qu’on le sache, c’est une sorte de réserve d’Artefacts Premiers. Des trucs magiques puissants. Très puissants. Qui pourraient être utilisés comme des armes, contre nous, contre d’autres. Pour te donner une idée de quoi on parle, Urgrand et Lorkan avaient mis la main sur un Artefact Premier, un sarcophage, qui avait le pouvoir de ressusciter les morts. Ouais, rien que ça. Et ça marchait, hein. Tu imagines si ça se savait ? Fort heureusement, ce machin est inaccessible désormais. A priori, des trucs comme ça, la Porte en est pleine. C’est une sorte de réserve, de planque. Est-ce que ces objets ont été mis sous terre pour les protéger, pour nous en protéger ? Qui les a mis là ? On ne sait pas. Mais bon, une sorte de curiosité professionnelle me pousse à aller y voir, histoire d’en avoir le cœur net. Et puis, je me demande si cet endroit ne serait pas une sorte de Cité Première. Alors bon, les histoires racontée par le Barde sur la Clé qui aurait été confiée aux Barantanen... Je ne sais pas. Qui leur aurait confié ? Quand ? Pourquoi ? Il chercherait un moyen pour lui de mettre la main sur un arsenal magique pour virer les Dirsen de la Marche des Lisières qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Il faut qu’il s’explique. À moins que Frère Abradem ne soit au courant de légendes autour de cela ?"''
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Quant à Herle, il soupire lourdement et vide sa chopine. Il ne voit pas comment concilier toutes ces missions et tâches diverses que les Talendans se sont vues confier depuis leur arrivée à Aroche. ''"Il nous met dans un belle merde, le chanteur. Parce que j'ai beau réfléchir, on a plein de possibilités d'agir mais y'en a pas une qui me plaise."'' Et d'évoquer l'hypothèse de livrer le Barde pour satisfaire la faction Impériale et l'Inquisition, de l'aider au risque de se facher fort avec des gens qui sont plutôt des alliés politiques de Tal Endhil et du Bailli (le Prévôt d'Aroche), ou de tenter de ménager la chèvre et le chou. On évoque alors la question des esclaves sous la Citadelle : Andréas et Mérane semblent être d'avis d'essayer d'aider le Barde à les libérer, mais Herle pointe le danger politique pour Tal Endhil à frapper ainsi ses alliés chez les Impériaux. <br>
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Lel'Liamil se décide également à exposer clairement ce qu'il sait de comment [[Tael Shannan]] est entré en possession de la Clé, et de ce dont la Clé est capable. En effet, '''la Clé n'est pas qu'une simple Clé''' : elle aurait intrinsèquement des pouvoirs, puisqu'elle pourrait aider "à piquer des trucs" (pouvoirs que Tael Shannan aurait directement utilisés pour voler la Clé). De plus, si la protection qui l'isole est ôtée, la Clé est sensée "attirer des trucs", dont la nature n'est pas claire mais qui ne semblent pas être animés d'intentions sympathiques. L'histoire (récente) de la Clé est assez complexe et agitée, et commence... avec les Hornois. Les [[Hotars]] débarquent dans le Nord aux environ de l'an 15, en même temps que l'Empire qui lançait alors la [[Conquête du Nord]]. Lors de l'invasion, les Hornois profanent ce qui est le [[Cercles de Pierres|Cercle de Pierre]] principal de tout le Peuple des Vent, qui était également l'endroit où la Clé était cachée : [[Sheb'Ben Rhiban]], littéralement le ''Cercle de Tous les Chefs'' en langue des vents. Ce Cercle était alors entretenu par le clan Barantanen. Apparemment, les Hornois voulaient l'utiliser pour ouvrir "quelque chose", potentiellement ''une autre Porte''. La Clé est alors envoyée dans les Sylves. Là, les Hornois croisent la route d'un sorcier qui était ''le vaisseau précédent du [[Le Chacal|Chacal]]''. Ce dernier affronte un Hornois qui n'est autre que le père de [[Bahardabras "le Hornois"|l'Inflexible Capitaine]]. Tael Shannan vole la Clé à ce moment-là, alors qu'elle n'est pas gardée. Il est toutefois rattrapé par [[Urgrand]], le nouveau vaisseau du Chacal, qui aimerait bien récupérer la Clé. Tael Shannan baratine un poil, mais comprenant que cela ne va pas marcher bien longtemps, il la fait planquer à Aroche par Sail'Langdir, au milieu de la Commanderie Templière. Pensant être tranquille, Tael Shannan rentre dans ses terres et continue à traficoter avec les Kormes. Ces derniers, et Lorkan, continuent à lui mettre la pression pour avoir la Clé. Il a beau dire qu'il n'y a plus accès, ça ne prend guère et il sent le vent tourner. C'est à ce moment que Tael Shannan tourne casaque et rejoint le camp Emishen pacifiste. Étrangement, c'est peu de temps après la "trahison" de Tael Shannan que Lorkan et ses Kormes attaquent la faction pacifiste... <br>
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Toutes ces révélations ne résolvent hélas pas les questions qui agitent les Talendans. De plus, Mérane rapporte que le Barde Secret souhaiterait rencontrer tous les Talendans, car il aimerait pouvoir essayer de les convaincre de l'aider. Andréas approuve l'idée, mais Vighnu soupçonne un possible coup fourré. Mérane insiste sur la nécessité de la rencontre et a l'air toute guillerette à l'idée de revoir Sail'Langdir. La discussion revient alors sur la nature des excavations sous la Citadelle d'Aroche et sur le mystérieux trésor des Ondrènes. Si le Prévôt et le Duc-Gouverneur sont tellement pressés de mettre la main sur la Couronne du Roi des Ondrène, ne serait-ce pas que sa possession leur donnerait une légitimité certaine au sein de la succession Ondrène ? L’Écuyer du Roi et sa conspiration d'héritiers putatifs en seraient fortement décrédibilisés... Andréas suggère l'idée suivante : à supposer qu'en utilisant leurs talents si particuliers, '''les Talendans puissent récupérer la Couronne''' (ou tout au moins savoir où la trouver) puis échangeaient cette information au Prévôt contre la libération des esclaves (et leur exfiltration, pourquoi pas à Tal Endhil), ne pourraient-ils pas alors  s'arranger aussi avec le Barde, échangeant la libération des esclaves contre la Clé ? C'est en tout cas la solution qui semble la moins mauvaise à tout le monde.
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=== Affaires de famille ===
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Alors que les locataires de l'Auberge des Vénérables s’apprêtent à aller se coucher, Vighnu (alias la bien curieuse fenhri) quitte les lieux pour rentrer chez Vasco. Arrivant pour une fois chez son hôte à une heure décente, il trouve Vasco chez lui et la conversation s'enclenche entre les deux hommes. Vasco est un poil surpris par la tenue de Vighnu et l'interroge un peu sur ses activités. ''"Et alors, vous faites quoi dans la vie, pour être obligé de vous déplacer déguisé ? Islinna m'avait dit que vous étiez une sorte de défenseur de Tal Endhil ? Vous travaillez avec Dario ?"'' Quelques phrases plus tard, Vasco a compris qu'Islinna a choisi de vivre avec une sorte d'assassin, et Vighnu a compris que Vasco aurait préféré qu'Islinna épouse un bon Kerdan, comme Dario. Cela jette un froid, puis Vasco met tout simplement Vighnu à la porte. Décidément, on ne peut jamais compter sur la belle-famille...<br>
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== Rendez-vous clandestins ==
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Le lendemain matin, les Talendans de l'Auberge des Vénérables apprennent qu'un message a été déposé à leur attention. À la réception, un rouleau de parchemin orné d'un élégant sceau de cire les attend. Herle reconnait immédiatement le sceau : il s'agit de celui d'[[Oriane de Lorse]], la veuve joyeuse du Clos des Insignes et figure de proue de la faction Ondrène. Celle-ci invite ''"Herle de Lorune et ses amis"'' à une réception le lendemain soir. Tenue correcte exigée...
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=== Emplettes et bibliothèque ===
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Mérane, Lel'Liamil, Herle et Andréas se rendent ensuite au Cloître, pour interroger à nouveau l'indispensable Frère Abradem. En route, ils constatent qu'en plus de l'habituelle escorte de quatre gardes, ils sont suivis par une chaise à porteur Fehnri. C'est le nouveau moyen qu'à trouvé Vighnu pour suivre ses compagnons, son déguisement de femme n'ayant pas eu le succès escompté. Au Cloître, Abradem répond bien volontiers à leur questions concernant les Barantanen. S'il n'a jamais entendu parler de quelque chose nommé "la Clé", il explique que le nom même du clan Barantanen, les bernaches, peut être compris de plusieurs façons. Les bernaches annoncent en effet ''l'éclosion'' du printemps, ce qui en langue des vents peut aussi signifier ''l'ouverture''. Et de fait, leur Cercle (celui-là même qui fut profané par les Hornois qui y cherchaient la Clé) est supposé, selon Frère Abradem, être une "porte" vers le monde des Ancêtres... Tout ceci semble aller dans le sens des affirmations du Barde Secret. <br>
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En sortant du Cloître, les Talendans remarquent avec surprise que leur escorte à disparu. Après un moment d’inquiétude (''"il ne leur serait pas arrivé malheur, quand même ?"''), ils sont rassurés par deux Templiers. Il semblerait qu'après une discussion entre le sergent de la garde et l'Inquisiteur Valiard, il ait été convenu que désormais c'est le Temple qui se chargerait de la surveillance des encombrants touristes. Avantage pour les visiteurs, les Templiers ne sont que deux. Herle, en tant qu'ancien de la maison, n'a pas de mal à sympathiser avec la nouvelle escorte. Les templiers ont pour mission principale d'attraper Sail'Langdir lorsqu'il tentera de prendre contact avec les Talendans. Herle est un peu surpris que les Templiers connaissent le nom du Barde. Un peu gênés de confier cet élément normalement secret, les Templiers expliquent que l'Inquisiteur cherche le Barde depuis plusieurs mois. Voilà qui explique pourquoi Sail'Langdir n'ose plus rentrer à Aroche... <br>
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Ensuite, les Talendan passent une bonne partie de la journée à essayer des tenues chez un tailleur pour ne pas commettre de crime contre l'élégance à la réception d'Oriane de Lorse. Malgré l'insistance du tailleur à leur faire acheter des pantalons bouffants qui seraient à la dernière mode, le groupe préfère prudemment rester dans des tuniques plus classiques, accompagnés de sortes de chapeaux surplombés d'une unique plume.<br>
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Pendant ce temps, Vighnu attend à l'extérieur, toujours installé à l'abri des regards dans sa chaise à porteur. C'est alors qu'une jeune femme fend la foule de la rue et, malgré les protestations du porteur qui explique que c'est occupé, entre dans l'étroit habitacle. Là, Vighnu découvre une femme aux traits clairement Emishen, qui lui explique que ''"Sail'Langdir a entendu votre appel"'' et qu'il leur donne rendez-vous aux Talendans dans les jardins de l'Espalier, près de la porte est d'Aroche. La jeune Emishen s'esquive alors et Vighnu peut la voir disparaître dans une maison du quartier. Le Fenhri se gratte un instant la barbichette, avant de se rappeler qu'il vient de se la raser : la jeune femme est entrée sans difficulté dans cette chaise alors que Vighnu pensait en avoir fermé le loquet, puis elle a disparu dans une maison anonyme d'un quartier chic - un endroit où on imagine difficilement trouver des alliés du Barde Secret. Tout cela est bien étrange...
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=== Rendez-vous à l'Arche ===
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En fin d'après-midi, Vighnu récupère la fameuse cape d'Urgrand chez l'orfèvre. Il espère bien pouvoir s'en servir le soir même pour assurer la sécurité de la rencontre à venir avec le Barde Secret. Pendant ce temps, les autres prennent rendez-vous avec la ''questora'' [[Danilla Melangoline]], sous le prétexte d'échanger avec elle des informations concernant les Chacals continuant à opérer à Aroche. En réalité, les Talendans espèrent simplement profiter de leur entrée sur l'espace "extra-territorial" de l'Arche Kerdane pour se débarrasser de leur escorte. La ruse fonctionne avec les Templiers, mais pas avec Danilla qui n'est pas dupe de la vraie raison de la présence des Talendans. Un prêté pour un rendu, la ''questora'' en profite pour leur poser plein de questions : auraient-ils rendez-vous avec un certain "ennemi de l'Empire" ? Après leur séjour, les Talendans pourraient-ils avoir besoin d'une sorte de couverture diplomatique ? Enfin, elle pose plusieurs questions sur les projets Talendans autour d’[[Écume 7]] et du Grand Nord... Le petit groupe répond honnêtement aux questions. Andréas récupère également un paquet (la cape), précédemment confiée à Danilla par Vighnu. <br>
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Sortant discrètement de l'Arche, le groupe file sur le Coppavento où Andréas essaie de préparer la cape et restaurer le sortilège d'invisibilité lié à l'artefact. Hélas, il constate que s'il dispose maintenant d'un beau maillage en argent et d'une fibule neuve, les glyphes marquant le sortilège sont endommagées et il y a encore beaucoup de travail pour rendre ses propriétés à la Cape. Un peu dépité, Andréas annonce à Vighnu qu'il ne devra compter que sur son propre talent.
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===Aux jardins de l'Espalier===
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Partant en éclaireur, Vighnu s'infiltre discrètement dans les Jardins de l'Espalier. Il repère un bosquet offrant une belle visibilité sur la fontaine où le rendez-vous a été fixé. Pas grand monde à cette heure, sinon des promeneurs et des amoureux. C'est alors que Vighnu est rejoint dans son bosquet par une silhouette encapuchonnée, qui est visiblement là pour la même raison que lui ! Il lui faut un moment pour reconnaître ce visage féminin qui lui rappelle furieusement quelqu'un... Mais oui, c'est [[Mona Ma'od]] ! Une Korme ! Tiens, avec des cheveux... Constatant que Mona n'est pas là pour l'affrontement, les deux "agents de sécurité" décident de cohabiter dans le même bosquet. Alors que la nuit tombe, et que les promeneurs se dispersent, une autre silhouette apparait : c'est le Barde Secret.
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Les Talendans arrivent peu après et la discussion s'amorce. Sail'Langdir pose la discussion sur des bases morales. Selon lui, ceux qui profitent de l'esclavage sont complices de la barbarie du système de l'esclavage, puisque indirectement ou non, ils en ''profitent''. Mérane essaie d'expliquer que c'est plus compliqué que cela, et que tous les arochais n'ont pas forcément le choix, mais cette idée de culpabilité généralisée des arochais semble bien être la base idéologique qui permet à Sail'Langdir de justifier la guerre qu'il entend mener. Les Talendans exposent alors leur contre-proposition : essayer de négocier avec les autorités d'Aroche pour obtenir la libération des otages en échange de la couronne des Ondrènes. Le Barde Secret n'est pas très convaincu : il ne croit pas que le Prévôt puisse accepter de libérer les Emishens esclaves, même contre la couronne. Et pour cause : les esclaves s'occupent d'une opération très secrète. Ils ne font pas que chercher le mythique trésor des Ondrènes. En réalité, ils construisent surtout '''une vaste caserne secrète''' qui commence déjà à être occupée par des soldats impériaux. De quoi mater aisément un éventuel soulèvement des Ondrènes. Et jusqu'à présent, personne n'a vécu pour pouvoir parler à l'extérieur de la Citadelle de l'existence de cette caserne souterraine... <br>
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Sail'Langdir est surpris d'apprendre que celui qui a découvert sa surveillance magique est en fait ''Kal'esh Talendan'', le chaman novice des Talendans, autrement dit Andréas. Une discussion s'engage entre les deux sur les moyens qu'emploie le Barde Secret pour surveiller Aroche. Sail'Langdir explique qu'il utilise une technique appelée '''la Rivière de Mots''', qui pourrait s’apparenter à un rituel de Mentalisme ou de Songe assez puissant. Le principe de cette technique est de "pister" un certain nombre de "mot-clés" dans une conversation et de remonter la piste jusqu'à leur origine. Sail'Langdir explique également qu'il n'est ni "un sorcier", ni un Chaman. Ses pouvoirs, il les a appris pour ainsi dire ''à l'école de Bardes'', et ces techniques sont liées à son statut de barde. C'est quelque chose qui est considéré comme normal chez les Barantanen, mais pas nécessairement dans les autres tribus. Interrogé sur la Clé, le Barde explique que '''le principal pouvoir de la Clé est de pouvoir ouvrir à peu près tout ce qui est fermé'''. Dernier élément révélé par le Barde : le mur d'enceinte d'Aroche a été incrusté d'éclats issus des menhirs du Cercle qui se tenait sur le rocher de la Citadelle. Ces éclats sont sensés agir comme une barrière magique, bloquant la sorcellerie provenant de l'extérieur et ciblant l'intérieur des fortifications. A moins que l'on ne dispose d'un relais à l'intérieur, comme par exemple le Doigt...<br>
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Les deux groupes se séparent : le Barde Secret accepte que les Talendans tentent de convaincre les "chefs de Dirsen", même s'il n'y croit pas trop.<br>
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== Tenue correcte exigée ==
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C'est le grand jour : le soir, les Talendan sont invités au Clos des Insignes, à la soirée d'[[Oriane de Lorse]], et comptent bien y accomplir différents desseins ! Tout d'abord voler la clé des coffres de la Commanderie, pendue au cou de l'Inquisiteur Valiard. C'est Andréas qui en est chargé et il passe une bonne partie de la journée à s'entrainer à copier des clés à l'aide d'une sorte de pâte assez dure fournie par Vighnu. Une fois subtilisée, la clé devra être remise au Fehnri, qui tentera son audacieux cambriolage pendant que l'inquisiteur est encore à la soirée. De son côté, Herle espère être défié en duel par un ennemi déclaré de Tal Endhil : [[Aergabald de Rordame]]. Pour cela, tenter de séduire ouvertement son amante (qui n'est autre qu'Oriane de Lorse) semble une bonne piste. Il subit donc une sorte de formation accélérée à la séduction féminine dispensée par Mérane et Lel'Liamlil, qui tentent de transformer le rude soldat en ''gentleman'' (ou presque). Quant à Mérane, elle espère bien profiter de ces mondanités pour rencontrer un bon parti.
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[[Fichier:Oriane-de-Lorse-01.jpg|250px|thumb|right|[[Oriane de Lorse]], votre hôte pour ce soir.]]
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=== Petits fours et parties de cartes ===
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L'arrivée des Taledans, criée par un domestique, ne suscite guère de réaction parmi les convives déjà présents. Ils sont simplement rejoints par le jeune [[Lergoran de Garde-Lunes]], un petit cousin de Herle dont on lui a confié la garde pour la soirée.<br>
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Dans la grande salle, on se presse autour d'un vaste buffet, aligné des deux côtés de la salle. D'un côté on trouve surtout la noblesse lorunoise. À l'exception de Herle, le local de l'étape, les Taledans découvrent la mode lorunoise qui s'avère plutôt... rude ? rustique ? virile ? Ainsi, un énorme lorunois, presque plus large que haut, s'empiffre un poulet entier. Il est vêtu d'une armure de cuir clouté, et porte une hache au côté. Une vraie hache de guerre, pas une arme d'apparat... Non loin de lui, et tout aussi armé et harnaché, se trouve Æryn Tharguel - qui n'est autre que celui que Lel'Liamil sait être l'ex-amant scandaleux de l'alchimiste qu'il a embauché ! Visiblement, l'alchimiste aime les hommes, les vrais... Non loin, assise et semblant comme régenter toute la soirée, se trouve une dame âgée : la comtesse Ydrène de Lorune, venue présenter au monde la Dauphine, la jeune Luane de Lorune. Cette dernière, âgée de même pas 12 ans, est au centre de toutes les attentions.<br>
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De l'autre côté de la salle, car on ne mélange pas les torchons roturiers et les nobles serviettes, se trouvent de riches marchands arochais. Parmi ces derniers, [[Sénéchaussée|la Sénéchale Impériale de la cité d'Aroche]], Crysane d'Organde.
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Les lieux sont immenses et d'autres salles sont ouvertes pour la soirée. Ainsi, dans un salon de musique, Oriane de Lorse est près d'une fenêtre et se fait donner une leçon d'astronomie par l'Inquisiteur Valiard. Herle en profite pour se faire présenter... et tombe immédiatement sous le charme de la belle Oriane ! N'était-ce point lui qui était sensé la séduire ? Ça commence mal ! Non loin de là se trouve une salle de jeu où s'organise une partie de Prime, un jeu de carte ressemblant au tarot. Parmi les joueurs, une connaissance de plusieurs Talendans : le jeune Elsar de Lorse, fils d'Oriane et apprenti chasseur de sorcière. Il semble jouer mécaniquement, et arbore un visage bien triste. La vue de ses anciens compagnons d'aventure Andréas et Herle ne semble pas le réjouir, même si Andréas lui fait part de son plaisir de le voir à nouveau. Mérane se fait présenter et tente en vain d'arracher un sourire au jeune chevalier dépressif. Profitant d'un changement de joueurs, Andréas et Lergoran s'installent à la table de jeu, tandis que Mérane joue avec Elsar "pour apprendre les règles". Lergoran et Andréas se font plumer par deux autres joueurs jouant "en duo" (qui ne sont autres que [[Aergabald de Rordame]] et Ærdyn), et Andréas commence même à se faire extirper des informations sur les défenses militaires de Tal Endhil... La partie est fort heureusement interrompue par l'arrivée du marchand [[Merrywendell Loryame]], qui pose une telle somme d'argent sur la table qu'il décourage tout le monde.
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=== Amour, gloire et coma éthylique ===
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Herle continue son opération séduction sur Oriane, qu'il a à son bras - sans que cela semble déranger le moins du monde Aergabald. En revanche, Oriane lui explique que son amant est absolument obsédé par Durgaut : il en parle tout le temps, et visiblement pas qu'en bien. En tout cas, le courant passe entre Herle et Oriane : cette dernière parvient même à faire goûter à Herle du ''jus de fruit'', une étrange boisson non-alcoolisée (!!!) à base de goyaves importées du lointain empire de Fehn. La soirée est propice à la romance, puisque Mérane ne lâche pas le jeune Elsar et semble enfin avoir son attention. Le jeune chevalier est fortement perturbé par l'espèce de compétition qui existe entre Aergabald et lui-même autour de l'amour de sa mère.
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Lel'Liamil préfère les affaires à la romance et s'entretient avec la [[Sénéchaussée|la Sénéchale Impériale Crysane d'Organde]] et en profite pour se faire présenter au Sénéchal maritime d'Aroche, le marchand de sel Salvarol "Saunier".
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Pendant ce temps, Andréas se présente auprès de l'Inquisiteur Valiard. Ce dernier tique un peu en découvrant le patronyme d'Andréas, "Odran". La maison Odran, ces marchands qui se piquent de marcher sur les plates bandes de la Bibliothèque Impériale... Toutefois, ce léger froid dissipé la discussion s'engage agréablement sur la travail de chroniqueur d'Andréas à Tal Endhil. Remarquant que Valiard ne surveille pas trop son verre (car il préfére s'assurer que personne ne lui pique sous le nez ses mets préférés), Andréas y verse discrètement le contenu de la fiole que lui a confié Vighnu. Il n'y a plus qu'à attendre... sauf que l'inquisiteur semble être immunisé aux effets du somnifère ! Est-ce dû à la forte corpulence de Valiard, à la formidable quantité de nourriture qu'il ingurgite, ou bien que est-ce que Vighnu lui a donné un produit périmé ? En tout cas, Andréas est contraint de changer de tactique et commence à charger le verre de l'inquisiteur d'alcools forts, tandis que le chroniqueur verse opportunément les siens dans les plantes vertes. Valiard commence enfin à piquer du nez. Andréas le conduit vers un divan où l'ogre se décide enfin à s'assoupir avant de se mettre à ronfler bruyamment. Comme à l'entrainement, Andréas n'a plus qu'à glisser délicatement sa main au cou de l'inquisiteur pour prendre l'empreinte des clés supposées pouvoir ouvrir les coffres de la commanderie. Son forfait accompli, le chroniqueur prend poliment congé alors que la soirée commence à tirer à sa fin.
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=== Gang de chats et diplomatie ===
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Une fois à l'extérieur, Andréas hâte le pas en direction de l'Auberge des Vénérables, où il a rendez-vous avec Vighnu. Soudain, un chaton lui barre la route en feulant. Andréas le chasse sans peine, mais voilà un autre chat. Puis deux, trois, il en vient de partout et ils sautent toutes griffes dehors sur Andréas ! Le chroniqueur est rapidement dépassé et il faut l'intervention d'un passant qui chasse les matous d'un sceau d'eau glacée. Un Andréas salement amoché et frigorifié remercie son bienfaiteur. Ce dernier se présente comme étant Lemdern, au service de Remlil Anvarel et chargé de surveiller les Talendans. Andréas se fait escorter jusqu'à l'auberge et offre un verre à Lemdern. Son garde du corps est quelque peu agacé par les manoeuvres des Talendans pour semer leur escorte : ils ne faudraient pas qu'ils oublient que les Chacals ont mis leurs têtes à prix. Puis Lemdern demande des nouvelles de l'enquête sur la Chanson qui Tue. Andréas tourne un peu autour du pôt, lâche qu'il sait qui est responsable mais qu'il ne peut pas le dire sans en référer aux autres. Lemdern prend congé pas vraiment satisfait par cette réponse, mais Andréas peut enfin rejoindre Vighnu dans la chambre et lui confier les empreintes des clés.
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Au Clos des Insignes, la soirée est presque terminée et les Talendans restant s'apprêtent à se retirer lorsqu'on leur referme la porte au nez et que des hommes en armes surgissent de nulle part. Oriane leur fait comprendre qu'il sont attendu pour une importante discussion au salon et que leur présence est obligatoire. Des chefs Ondrènes, dont certains que les Talendans avaient vu quitter les lieux, apparaissent à leur tour. Toute la Conspiration des Ondrènes semble avoir pris part à la mascarade : Oriane, Ærgabald,Æryn Tharguel, la vieille Freyda ou encore le capitaine du guet de la Ville Haute.  N'ayant pas vraiment le choix, nos protagonistes obtempèrent. Oriane prend la parole et commence à '''leur proposer une alliance'''.<br>
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''"En effet,'' explique-t-elle, ''les relations entre les Seigneurs du Nord et les Talendans sont parties sur de mauvaises bases. Il y a eu, de part et d'autre, des actions malheureuses. Certes, l'alliance avec les Chacals ne fut l'idée la plus brillante d'Ærgabald.'' (ce dernier opine du chef en souriant, levant les mains au ciel comme s'il avait bien mérité cette pique) ''Pour autant, vous n'êtes pas vraiment Impériaux : ceux d'entre-nous qui ont récemment pu visiter Tal Endhil ont pu le constater de visu. Pensez à votre commerce : tout passe par chez nous. Aroche est votre débouché maritime, et vos routes traversent nos contrées. Vous devez comprendre que les Ondrènes se soulèveront à nouveau. Et cette fois, l'Empire n'aura pas les moyens de s'y opposer, parce que l'essentiel de sa machine de guerre ici est Ondrène. Une fois notre indépendance acquise, vous serez coupés de l'Empire, une minuscule enclave septentrionale. Nous sommes vos alliés naturels, pas l'Empire."'' <br>
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Les Talendans demandent ce qu'ils veulent d'eux exactement, car ils ne sont pas autorisés à prendre des décisions en place du Bailli Durgaut. Pour Ærgabald, ce qui importe, c'est que Tal Endhil prenne position dans la guerre à venir par une action concrète. En attendant, une action bénéficiant aux deux parties pourrait être de se débarrasser des Chacals survivant : Ærgabald vendrait volontiers ses anciens alliés aux Talendans. Les Talendans expliquent qu'ils transmettront l'offre des Seigneurs du Nord à Durgaut et on les laisse partir.
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=== L'heure du choix ? ===
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Tout le monde se retrouve à l'Auberge des Vénérables pour échanger ses informations. Un long débat entre les Protagonistes s'en suit, qui les tiendra occupés jusqu'aux premières lueurs du jour. Faut-il informer le Bailli ? Transmettre des informations aussi critiques par pigeon voyageur n'est sans pas sûr, mais Andréas explique qu'il peut crypter le message et l'envoyer à une personne de confiance.  défaut, il peut aussi tenter un contact direct par chroniquerie. Pour autant, beaucoup estiment que cela prendra trop de temps et qu'il faut agir vite. Vighnu n'a pas l'air convaincu par l'offre des Seigneurs des Nords et pense que Tal Endhil doit conserver son indépendance. Et surtout, il y a plus urgent : il faut récupérer la Clé avant que l'Inquisition ne se rende compte de ce qu'elle possède en ses coffres. Volons la Clé avec l'aide du Barde Secret, puis aidons-le en échange à faire évader les esclaves.<br>
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La question des "casernes" qui, selon les dires de Sail'Langdir, seraient creusées par les esclaves Emishen sous la Citadelle est également posée. Comment est-ce possible qu'une garnison reste enfermée sous terre, sans possibilité de sortie puisqu'elle doit être secrète ? Cela parait peut probable et les Talendans décident de demander des précisions au Barde.<br>
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== La nuit du double vol ==
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Le lendemain est consacré à la préparation et à l'exécution du vol de la Clé dans les coffres de la Commanderie. Vighnu a les plans des égouts, un déguisement de moine et a fait plusieurs reconnaissances sur place. Sail'Langdir leur accorde son aide. Andréas a obtenu le double des clés de la salle des coffres, et pourra aider l'opération à distance par magie. Quant à Herle, il va attirer une bonne partie des Templiers loin d'Aroche, à la chasse aux "sorciers sylvains". Tout devrait bien se passer, n'est-ce pas ?
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=== Préparatifs ===
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Plusieurs Talendans font d'abord une grasse matinée histoire de reprendre des forces après leurs émotions nocturnes. Mérane retrouve Sail'Langdir et, avec son aide, confectionne une copie crédible de la sculpture de faucon qui dissimule la Clé : les Templiers ne doivent pas pouvoir remarquer facilement qu'un objet a été volé. La sculpture fait près d'un mètre, tout de même : son évacuation ne sera pas discrète. Un rendez-vous discret avec Sail'Langdir et ses hommes est organisé dans l'après-midi sur le Coppavento. Les détails de l'opération sont discutés. [[Mona Ma'od]] accompagnera Vighnu à la Commanderie. <br>
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Les Talendans abordent également la question des "casernes sous la Citadelle". Sail'Langdir retransmet ce que les esclaves lui ont décrit, à savoir  des soldats en nombre (il ne saurait pas dire combien, mais au bas mot "plus que pour seulement surveiller les esclaves"), des espèces de cavernes aménagées et de grandes salles, du matériel, des armes, des lits, des tas de machines dirsen (d'après les descriptions : des palans, des scies, un four à ciment... rien que de très normal pour une excavation). Et surtout des travaux : les esclaves taillent des escaliers, ils transportent des cailloux, ils creusent, ils étayent, ils maçonnent, ils nettoient de vieux bas-reliefs dans les cavernes, ils installent des portes et des grilles. Les Emishen étant plus doués pour évaluer les distances et les volumes que compter les Dirsen, après réflexion, ça pourrait représenter en tout l'espace d'une dizaine de huttes, reliées par des couloirs, quelques puits et des escaliers. Mais alors plein d'escaliers ! Assez d'escaliers, en fait, pour que les plus profonds atteignent le niveau de la mer. Plus Sail'Langdir explique, plus les Talendans comprennent que c'est surtout '''un escalier''' entrecoupés de quelques espaces "techniques" : des paliers, quelques ateliers et salles de travail (surtout vers le haut), des remises, les cellules des esclaves, etc. Le tout croise quelques grandes cavernes (deux ou trois huttes de volume, dont une est clairement "sculptée") et semble être peu à peu segmenté par un paquet de portes et de herses. Ce n'est clairement pas une caserne : mais cet escalier secret pourrait servir à créer '''un accès protégé de la Citadelle à la mer''', sans passer par les quartiers "hostiles" ni dépendre des Kerdans. Et par lequel, si besoin, on pourrait en toute discrétion faire entrer des renforts, directement de la mer dans la Citadelle.<br>
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Pendant le casse, le travail d'Andréas sera d'endormir la méfiance des gardes à l'aide de sa magie. Le sortilège qu'il envisage étant couteux en Essence, il a besoin de "faire le plein". Expliquant son problème à Sail'Langdir, ce dernier lui propose de l'accompagner à l'Auberge Calamine. Une fois sur place, le barde parle avec les musiciens en train de jouer sur place et se met à chanter. L'ambiance change brutalement alors que la prestation de Sail'Langdir hyptonise la petite foule des clients. Andréas se concentre et commence à charger la Sphère des Anciens de l’Énergie des auditeurs. C'est alors que quelque chose l'attaque ''de l'intérieur de la Sphère''. Et là, c'est le drame.
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=== Le casse ===
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Pendant ce temps, Mona Ma'od et Vighnu progressent dans les égouts sous la Citadelle. Pliés en deux au milieu des miasmes et des déjections diverses, ils atteignent leur point d'entrée dans le Cloître : une évacuation située dans la salle de chirurgie. C'est à peu près à ce moment là que Mona Ma'od est "contactée" par Sail'Langdir qui vient avec des nouvelles assez troublantes. Le barde est toujours à l'auberge Calamine, où il semblerait qu'Andréas se soit lancé dans "une soirée de débauche" alors qu'il a un boulot à faire. Outre le fait que ce n'est pas son genre de laisser tomber une affaire en cours, Vighnu fait observer qu'Andréas est plutôt une sorte de moine vis-à-vis de la bagatelle. Mais il est trop tard pour faire demi-tour.<br>
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Couverts de certains "déchets chirurgicaux", Vighnu et Mona Ma'od entrent dans l'hospice en soulevant la grille d'évacuation. Leur entrée déclenche les cris d'un patient, qui se met à hurler ''"Les goules ! Les goules sont revenues !"''. Ses hurlements font intervenir deux Sœurs Compatissantes, qui tentent de leur mieux de calmer le dément pendant que Mona et Vighnu attendent dans la salle d'opération. Visiblement, l'hospice contient aussi des aliénés. Les Compatissantes finissent par repartir, et nos deux cambrioleurs reprennent leur route en direction de la Commanderie. Les voici maintenant dans les jardins du Cloître, où Sail'Landhir les informe qu'Andréas a cette fois disparu de l'auberge calamine... Le barde dit également à Mona Ma'od qu'en l'absence du chroniqueur, il va les rejoindre pour leur filer un coup de main opérationnel. En attendant, nos deux monte-en-l'air observent les mouvements de la patrouille. Une fois celle-ci passée, Mona Ma'od utilise son déguisement de nonne pour traverser le Cloître le plus innocemment possible, tandis que Vighnu passe de buisson en buisson, échappant à la vigilance d'un garde qui surveille les lieux depuis une tour de garde. Devant la porte de la bibliothèque, ils constatent que celle-ci est fermée à clé. Vighnu crochète la serrure, couvert par Lunes Voilées et parvient de justesse à faire jouer la serrure avant que le garde ne les repère. Mona Ma'Od fait une remarque acide à l'endroit de Vighnu qui l'a échappé belle, et ce dernier réplique à haute voix que ''"Ça va, hein."'' C'est alors qu'une voix répond de l'intérieur des lieux : ''"Chuuuut ! Vous êtes dans une bibliothèque !"'' <br>
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Un ange passe. <br>
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À l'intérieur, Frère Abradem qui regarde ces deux religieux d'un air un peu interdit. ''"Je ne vous connais pas, je suis Frère Abradem, Moine Consignant. Et vous ?"'' Lunes Voilées répond qu'elle est une Compatissante, tandis que Vighnu fait comme s'il ne pouvait pas parler. Haussant les épaules, Abradem leur dit que les ouvrages médicaux se trouvent au fond à gauche de la bibliothèque avant de s'en retourner à ses travaux. Et il n'a pas l'air de vouloir s'en aller, à vrai dire il sort même un petit en-cas qui laisse entendre qu'il est là pour un moment. Vighnu décide d'utiliser un de ses dards enduits de soporifique pour se débarrasser de l'encombrant Consignant. Il vise et atteint Abradem juste derrière l'oreille. Ce dernier lâche un ''Aïe !'' sonore, retire la fléchette de dernière son oreille et se retourne droit en direction de Vighnu. Il le regarde d'un air ébahi, se met à osciller et tombe. Les deux cambrioleurs le réinstallent derrière sa table de travail. Ils constatent à cette occasion que Frère Abradem semble être en train de travailler sur l'archéologie des Marches du Nord, reliant tous les sites Premiers entre eux pour voir où ça se croise. Notamment, il semble s'intéresser à ce qui se trouve dans le prolongement de la [[Grande Chaussée]], et qui semble être... le [[Pays des Gens de Pierre]] ! Lunes Voilées fait ingérer de l'Herbe-Nuage à Abradem d'une "soufflette", espérant que l'effet résiduel de la drogue sera suffisant pour lui faire de ce qu'il a vu pendant la nuit. Elle subtilise également les clés qu'il a sur lui. Coup de chance, il a les clés des lieux sur lui. Par contre, ils entendent aussi la patrouille qui est en train d'arriver. Les gardes trouvent Abradem affalé sur son bureau, le secouent, et il ne se réveille pas. Ils sentent également une odeur bizarre qui émane du Moine. Lunes Voilées se présente avec un livre sous le bras et un air innocent comme étant Sœur Cateline, et que Frère Abradem lui a conseillé cet ouvrage. Et que oui, ça sentait bizarre quand elle est entrée dans la bibliothèque. D'un air désapprobateur, les gardes referment la porte de la bibliothèque à clé et continuent leur patrouille... en direction de la salle où Vighnu s'est réfugié ! Ce dernier grimpe en haut d'une étagère et les deux gardes passent sous lui sans remarquer sa présence.<br>
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Une fois rejoint par Mona Ma'Od, ils constatent que le jeu de clés de Frère Abradem n'ouvre pas la porte qui donne sur la Commanderie. Mona Ma'od recontacte Sail'Langdir : ce dernier est arrivé sur place et ''"il a vue sur la Commanderie"''. Il pourra donc au besoin faire diversion sur les gardes en créant divers chuchotements dans les jardins. Vighnu a besoin de souffler et, dissimulé dans la salle de stockage du scriptorium, discute le bout de gras avec Lunes Voilées. Après s'être présentés leurs CVs respectifs, ils reprennent le cours de leur opération et retournent devant la porte verrouillée. Vighnu la crochète et entre enfin dans la Commanderie. Traversant un couloir, ils arrivent à la porte suivante, devant laquelle le garde de faction s'est endormi. Vighnu fait à nouveau jouer ses outils sous le nez du factionnaire... et les deux cambrioleurs passent ce nouvel obstacle. Ils descendent un escalier au pied duquel se trouvent plusieurs cellules, et un peu plus loin la porte qui doit mener aux coffres. Mais avant elle, il y a un garde qui est manifestement occupé à repriser des chaussettes sous une torchère. Vighnu sort à nouveau sa sarbacane... et une fléchette se plante dans le cou du garde qui lâche à nouveau un cri. <br>
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''"Aïe !''<br>
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''- Qu'est-ce qui se passe, tu t'es piqué avec ton aiguille à repriser ?"'' réplique une voix rigolarde, plus loin dans le couloir. La garde extrait de son cou la longue fléchette et la contemple avec perplexité. <br>
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''"Non... je crois qu'on m'a... tiré dessus..."'', a le temps de répliquer le garde avant de s'effondrer. L'autre Templier s'approche dans le couloir et a à peine le temps de se passer les épaules qu'il est frappé lui aussi par une fléchette empoisonnée. Tout surpris, il tente de crier un ''"alerte !"'' qui se révèle bien mou. Vighnu soupire de soulagement. C'est alors que de derrière eux quelqu'un fait ''"Pssstt... par ici !"''. C'est un prisonnier, puant, hirsute et avec un accent à couper au couteau, qui leur fait signe en agitant des doigts où les ongles ont été remplacés par une pulpe sanglante. C'est visiblement un Sylvain, et Vighnu lui explique qu'il ont une affaire à mener et qu'il ne récupèreront sur le chemin du retour. <br>
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Vighnu et Mona Ma'od sont enfin devant la porte de la salle des coffres, avec ses deux serrures suffisamment éloignées pour qu'il faille deux personnes pour ouvrir la porte. Prudemment, les deux compères examinent la porte en quête d'un autre système de sécurité. Vighnu examine également les serrures. Ne remarquant rien de particulier, ils entreprennent de tourner les clés de façon synchrone et dans le même sens. La clé de Mona Ma'od tourne... mais pas celle de Vighnu ! Lors d'un nouvel essai, Vighnu change son le sens de rotation de sa clé. Le mécanisme joue... mais la porte reste bloquée. Vighnu et Mona Ma'od pestent et se rejettent la faute, ce qui suscite les ricanements du prisonnier, un peu plus loin : ''"Vous n'avez pas vraiment l'habitude de travailler ensemble, n'est-ce pas ?"'' Ils essayent une autre combinaison de sens de rotation des clés, nouvel échec. Mais comment marche cette fichue serrure ? Comprenant qu'une rotation dans le mauvais sens est "enregistrée" par le mécanisme, et qu'il faut retrouver une sorte de position initiale, les deux cambrioleurs finissent, après vingt minutes d'essais et d'insultes mutuelles, à déverrouiller la porte. Ouvrant le double battant, ils découvrent derrière un vaste fatras d'objets divers sur des étagères, ainsi qu'un petit bureau. Les murs sont entièrement recouverts de plomb, et sur les étagères il y a parfois de simples caisses, ou bien des coffrets plombés. Sur le bureau se trouve un registre, tous les objets étant numérotés. En fouinant un peu ils trouvent l'objet qu'ils cherchaient : une statuette ressemblant "raisonnablement" à la copie réalisée par Mérane et Sail'Langdir et procèdent à l'échange. Il ne reste plus qu'à sortir d'ici maintenant... <br>
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Mona Ma'od demande quoi faire avec le prisonnier. Vighnu est partisan de l'évacuer, elle envisage de le tuer sur place. L'idée est de l'utiliser comme alibi en tout cas. Après un court débat, et une démonstration de mauvaise foi de Vighnu, ce dernier reconnait que Lunes Voilées a raison et que ce n'est probablement pas la peine de s'embêter à l'évacuer si c'est pour le tuer plus tard. Entrant dans sa cellule, ils constatent que le Sylvain a des menottes plombées avec des clous qui pénètrent ses poignets. Pendant que Mona Ma'od fait mine d'examiner les menottes, Vighnu poignarde le Sylvain qui meurt sans mot dire. Constatant qu'il porte sur la poitrine un tatouage de la Confrérie du Chacal, Vighnu entreprend de découper le morceau de peau tatouée pour "marquer" le crime de la main de la Confrérie. Ils enferment ensuite les deux gardes du couloir dans la cellule. Remontant l'escalier, ils remarquent que le garde qui s'était assoupi en faction est désormais réveillé. Ils demandent l'aide de Sail'Langdir pour faire diversion. Il leur faut attendre un long moment avant qu'ils n'entendent les gardes s'interpeler entre eux. Le factionnaire s'éloigne et les deux cambrioleurs peuvent sortir. En provenance du cloître, ils entendent des hennissements, des coups sourds et des cris. La diversion semble fonctionner ! <br>
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Remontant leurs pas, Vighnu et Mona Ma'od sont de retour dans le scriptorium. Il n'y a plus trace d'Abradem et la bibliothèque semble déserte. Regardant dehors, ils voient les Templiers courir après un cheval. Puis, ils entendent le bref échange suivant :<br>
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''"Il s'agit d'un cheval échappé, mon Commandeur.''<br>
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''- Je vous dis de vérifier le sorcier !"'' <br>
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Comprenant qu'ils n'ont pas une minute à perdre, Vighnu et Lunes Voilées se précipitent dans les jardins, sous le nez des gardes en train de maîtriser le cheval. Ils sont repérés, mais personne ne semble disposé à arrêter ces deux étranges religieux. Ils peuvent donc pénétrer dans l'hospice et refermer la porte derrière eux avec une solide barre de bois. À l'intérieur, les malades sont agités et plusieurs Compatissantes essaient de les calmer. Les deux cambrioleurs se font tout petits et rejoignent discrètement la salle de chirurgie. Quittant leurs déguisements, ils se faufilent par l'évacuation, direction les égouts, puis ils espèrent rejoindre discrètement le Coppavento. Mais juste avant d'atteindre la sortie des égouts, Vighnu a un mauvais pressentiment. Il a le temps de voir briller une lame... ''Lunes Voilées vient de le trahir !'' <br>
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Vighnu se décale, mais ne peut éviter complètement le coup de la Korme. Il encaisse le coup en grimaçant, et ne peut éviter un second coup de poignard qui lui fait perdre conscience. Mona Ma'od ne penche sur son corps et le frappe à nouveau pour s'assurer de sa mort, avant de s'enfuir avec la statuette. Dans l'obscurité des égouts, la caméra revient sur le corps de Vighnu. La caméra zoome sur sa main : elle s'agite encore ! Vighnu n'est pas mort ! Juste devant cette main apparait alors une paire de bottes, et la voix de Sail'Langdir s'exclame : ''"Ah, ces Talendans !"'' <br>
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=== Sur la route de Valmire ===
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Si Lunes Voilées la traitresse et Vighnu n'ont pas croisé tellement de Templiers à la Commanderie, et si l'Inquisiteur Valiard était absent, c'est parce qu'ils se trouvaient à ce moment là à plusieurs dizaines de kilomètres d'Aroche. La cause ? Une habile diversion montée par Herle de Lorune ! En effet, ce dernier a réussi à convaincre son cousin '''Tharcem de Garde-Lunes''' - qui joua un temps les "agents de liaison" entre la famille Garde-Lunes et la Conspiration des Ondrènes - à mettre en place un coup de billard à trois bandes. Herle compte en effet partir "innocement" en déplacement à Valmire, où se trouvent actuellement emprisonnée la petite troupe de "baladins-voleurs" qui avait sévit à Tal Endhil lors de la visite du Primat. Les voleurs avaient alors réussi à s'échapper, mais [[Dario Celsine]] n'a pas lâché l'affaire et les a fait chercher dans toutes les Marches du Nord. Et les Talendans viennent justement d'apprendre que les indélicats viennent de se faire poirer à Valmire, à deux jours de marche au sud d'Aroche. Le Bailli Durgaud aimerait beaucoup que ces individus soient transférés à Tal Endhil afin d'y subir toute la rigueur de la justice... ou bien entrer au service occulte du Bailli, on ne sait pas encore très bien. L'idée est que Tharcem parvienne à convaincre les Ondrènes conspirateurs que ce déplacement de Herle à Valmire, seul avec lui, serait une bonne occasion de se débarrasser de cet encombrant Talendan ''(première bande)''. Comme les conspirateurs ne peuvent pas trop agir à visage découvert, il y a de bonnes chances pour qu'ils refilent le sale boulot à leur anciens alliés de la Confrérie du Chacal ''(deuxième bande)''. Sauf que Herle aura prévenu les Templiers et l'Inquisiteur de son mouvement, et que donc l'embuscade montée par les Chacals sera en fait une embuscade montée par les Templiers (vous suivez ?). Et comme Herle aura suggéré la présence d'un sorcier Chacal, l'Inquisiteur lui-même va faire le déplacement. Ce qui fait que lui et son escorte ne seront pas à la Commanderie pendant le casse de Vighnu ! ''(troisième et dernière bande)'' <br>
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Or donc, Tharcel ayant servi un baratin qu'il espère suffisamment convaincant à son contact au sein de la conspiration Æryn Tharguel, le voilà en route vers Valmire en compagnie de Herle - suivis un peu plus loin par un détachement d'une petite dizaine de Templiers dirigés par l'Inquisiteur Valiard en personne. Le voyage aller se passe sans problème. Herle et Tharcem en profitent pour discuter de leurs lectures respectives au sein de la bibliothèque des [[Garde-Lunes]]. Tharcem y a lu '''des choses concernant le terrible sorcier Lorkan'''. Les Garde-Lunes ont en effet compilé une certaine masse d'informations à son propos. Ce dernier serait arrivé dans la [[Péninsule des Épées]] il y a bien longtemps (probablement avant la naissance du vieil Herrengard, c'est dire). Il aurait gagné en influence auprès des Arkonnelkans en leur promettant de gagner le contrôle du Pays des Vents, et la Conquête du Nord par l'Empire n'a fait que raffermir son influence. Le plus intéressant, c'est que Lorkan aurait passé une sorte de pacte avec un Démon. Le Démon en question serait une sorte de démon du feu et il lui donnerait accès à des capacités bien au-delà de ce que peut le Draconiste moyen. Et comme ces capacités sont permanentes, cela signifie que Lorkan et le Démon auraient "fusionnés", un peu comme Urgrand et le Chacal, la différence notable étant que Lorkan semble bien être resté aux manettes, tenant le Démon sous son contrôle. La bibliothèque des Garde-Lunes contient également un exemplaire ancien de ''Stratégie et Stratagèmes'', en version expurgée, écrite en patois Ondrène.<br>
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Herle découvre dans les faubourgs de Valmire un morceau de l'armée du Baron-Prévôt de la Marche des Lisières, [[Berinor de Salviane]]. Près de 1500 hommes, tout de même : la région est en proie à des affrontements assez violents avec les Kormes en ce moment. Se rendant à la prison, il obtient facilement qu'on lui confie les baladins. À vrai dire les autorités locales sont assez surprises qu'on ait retourné toutes les Marches du Nord pour retrouver ''"de dangereux baladins"'', et ça les fait un peu rigoler... Le groupe des baladins est constitué d'Olivar, leur chef (qui, remarque Herle, porte un tatouage de l'Ondhor), d'Ivayn (un jeune garçon), de Drogan (le cambrioleur), de Dame Podrane (une forte femme jouant les cantatrices) et enfin d'Amandel (danseuse plus ou moins habillée). Tout ce petit monde est embarqué dans un chariot direction Aroche. <br>
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Au retour, sans réelle surprise, le petit convoi tombe dans une embuscade tendue par une dizaines d'hommes. Herle et Tharcem supportent le gros du choc, le temps que les Templiers puissent intervenir. Herle aura le temps de se débarrasser de cinq de ses adversaires mais Tharcem sera légèrement blessé. Après le combat, on constate que les "Chacals" ne sont que trois, les autres étant des bandits de grand chemin embauchés pour l'occasion. Et, au grand désespoir de l'Inquisiteur, il ne semble qu'il n'y ait nul sorcier parmi eux (même s'il compte bien passer tout ce beau monde à la question pour s'en assurer). <br>
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Peu de temps après, la convoi croise la route de deux Templiers galopant en sens inverse : ils viennent apporter la nouvelle de l'intrusion dans la Commanderie et du meurtre du "sorcier" Sylvain. Plus qu'agacé par cette information, l'inquisiteur se tourne vers Herle et Tharcem : ''"Dites-moi, vous ne m'auriez rien à voir dans cette affaire, des fois ?"'' Si Tharcem n'a aucun mal à nier sa connaissance de l'affaire (puisqu'il tombe lui-aussi des nues), les dénégations de Herle ne convainquent pas totalement Valiard. Et quand l'Inquisiteur a un doute, même léger, il réagit toujours de la même manière : il fait arrêter tout le monde. C'est donc assis dans le même chariot que des baladins désormais carrément rigolards que Herle et Tharcem finissent le voyage, avant d'être jetés dans les geôles du sous-sol de la Commanderie. Autant dire que vu la totale confiance que l'Inquisiteur a envers la torture comme moyen absolu d'obtenir la vérité, ça risque de chauffer pour leur matricule... <br>
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== Épilogue : tout est bien qui finit mal ==
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Et c'est ainsi que Mérane se retrouva à devoir gérer les divers ratages de ses compatriotes Talendans.<br>
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Rentrant à l'Auberge, elle découvre tout d'abord que les affaires d'Andréas, ainsi que une bonne partie de l'argent laissé là, a été subtilisé. Sauf que selon le personnel de l'auberge,  le voleur en question semble bien être Andréas lui-même ! Andréas a même laissé un mot à la réception à l'attention des Talendans. Le mot en question est fort succinct, se résumant à : ''"Dites à Durgaut qu'il aille se faire mettre"''. Quelle élégance de la part d'un lettré... <br>
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De retour sur le Coppavento, Mérane est mise au courant des évènements s'étant déroulés au Cloître par Sail'Langdir lui-même, et découvre un Vighnu entre la vie et la mort, presque emballé dans des bandages. Le Barde Secret lui relate la trahison de Mona Ma'od, le fait que la Clé est désormais en possession de Lorkan qui va très probablement s'en servir ''"pour ouvrir la Porte des Fléaux"'', ainsi que du curieux comportement d'Andréas. Sail'Langdir précise que lorsqu'il chercha le chroniqueur à l'Auberge Calamine, il découvrit qu'Andréas était, en compagnie d'autres clients de l'auberge (hommes et femmes), engagé dans une partie fine dans une chambre de l'auberge. Faisant le pied de grue la chambre, il finit par voir sortir un petit vieux qui lui expliqua que l'orgie était loin d'être finie là-dedans. Attendant encore, il vit sortir tout le monde... mais pas d'Andréas ! Sail'Langdir est bien sûr tout aussi emmerdé que Mérane de la tournure prise par les évènements mais, à part avoir retapé Vighnu autant qu'il le pouvait, il ne pense ne plus pouvoir guère aider les Talendans. <br>
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Interloquée par ce comportement qui ne ressemblait guère à Andréas, et dans l'attente du retour de Herle de Valmire, Mérane entreprend alors de rechercher le chroniqueur. Interrogeant les serveurs à l'auberge Calamine, elle comprend que le "petit vieux" vu par Sail'Langdir ressemble fort à une sorte d'Andréas qui aurait pris 60 ans d'un coup. Puis elle se résoud à aller demander l'aide du Capitaine Remlin Anvarel. Ce dernier est disposé à aider Mérane, en échange d'informations claires : va-t-on enfin lui dire qui est le sorcier responsable de la Chanson Qui Tue ? Un peu désespérée de trouver de l'aide, Mérane écrit le nom de Sail'Langdir sur une feuille, en ajoutant que ce "sorcier" est capable d'entendre quand on parle de lui et qu'il ne faut pas prononcer son nom. Anvarel parait pour le moins troublé par l'idée que la sorcellerie existait vraiment... Mais en tout cas, il tient parole et fait chercher Andréas dans Aroche. Les hommes du Guet découvrent que "le petit vieux", reconnaissable à la grosse besace qu'il trimballe avec lui, est sorti de la ville par la porte Sud à peu près au moment où Mérane franchissait la porte du bureau du Capitaine Anvarel. Ils se lancèrent à sa poursuite à cheval, mais n'en trouvèrent pas trace avant d'atteindre la frontière avec la Marche des Lisières (et donc hors de leur juridiction). <br>
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C'est sur ces informations peu rassurantes que Mérane recoit la visite de l'Inquisiteur Valiard. Ce dernier lui apprend que Herle est enfermé à la Commanderie, soupçonné d'avoir participé à l'assassinat d'un sorcier prisonnier, sans doute pour l'empêcher de parler ! Valiard tente de tirer les vers du nez à Mérane, qui essaie de s'en sortir en jouant la femme dépassée par les évènements et la disparition de ses amis. Malheureusement, elle ne peut empêcher de faire porter le soupçon sur Andréas, à cause de sa brutale disparition concomitante à l'intrusion dans le Cloître. L'Inquisiteur est toutefois suffisamment convaincu par son numéro pour la laisser en paix le temps qu'il puisse interroger Herle, qui de son côté résiste de son mieux aux interrogatoires, pour le moment toujours relativement "cordiaux". <br>
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Mérane trouve heureusement un allié inattendu en la personne de Frère Abradem. Bien qu'il fut irrité d'avoir été pris pour cible lors du casse (''"Une fléchette dans le cou ! Comme ça ! Alors que j'étais en train de travailler pour vous, sur les questions que Maître Andréas m'avait posées !"''), le Consignant parait sincèrement disposé à aider Mérane pour tirer d'affaire Herle et - surtout - pour retrouver Andréas. Après avoir demandé à Mérane si l'expression ''"Choucas du sapin"'' (sic) lui disait quelque chose, Abradem lui expose une théorie assez crédible sur le déroulé des évènements, notamment sur le fait que les Talendans devaient être intéressés par quelque chose se trouvant dans les coffres, probablement ''"une espèce de faucon en bois assez moche"''. Un peu abasourdie par la clairvoyance du Moine, Mérane ne peut qu'opiner. Il faut dire que Frère Abradem lui révèle bien vite que c'est lui que le Barde avait contacté pour faire transférer la Clé dans les coffres de la Commanderie : il était donc au courant de l'intérêt de l'objet. Abradem était de plus au courant de la nature réelle des capacités d'Andréas, ainsi que de l'existence "de gentils magiciens" en plus des "méchants sorciers" (Andréas appartenant selon lui à la première catégorie). <br>
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Frère Abradem propose alors à Mérane une stratégie pour faire sortir Herle et son cousin des geôles. L'Inquisiteur ayant une grande théorie tenant en une vaste "conspiration de tous les sorciers", Abradem suggère de jouer dessus, en rajoutant une couche de "conspiration des sorciers ET des démons" pour expliquer qu'une affaire de possession démoniaque était là-derrière, et que le ''parfaitement innocent par ailleurs'' Andréas a été possédé par un Démon ! C'est bien là la seule explication capable de justifier l'étrange changement de comportement d'Andréas. La satisfaction de voir Abradem se ranger à sa théorie de "conspiration des sorciers", le fait que Herle continuait à nier toute implication, ainsi que les arguments de Mérane finissent de convaincre l'Inquisiteur Valiard, qui fait libérer sur le champ Herle et son cousin. Valiard promet de plus qu'il fera tout son possible pour retrouver Andréas et exorciser cet épouvantable Démon qui a volé son corps ! <br>
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Nous retrouvons alors Mérane, Herle et Abradem à l'extérieur du Cloître. Le Moine semble déterminé à éclaircir le mystère de la disparition d'Andréas, et interroge Mérane et Herle sur les derniers agissements du chroniqueur. Mérane parle du Démon qui pourchassait Andréas (son "exercice" de chaman), ce qui va dans le sens de la théorie qu'ils ont fait avaler à Valiard. Toutefois, cela ne concorde pas avec le mot laissé par "Andréas" à l'auberge des Vénérables : les Démons ne peuvent pas écrire. ''"Mais ça ne pourrait pas être un sorcier, alors ?"'' Cette étrange affaire de copulation à l'auberge Calamine rappelle à Herle la méthode utilisée par [[Soashna]] pour absorber l'Essence.<br>
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''"Mais ça ne peut pas être Soashna, elle est morte, je l'ai tuée !"'', explique Herle.<br>
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''"Vous l'avez tuée comment ?''<br>
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''- On lui a coupé la tête puis brûlé son corps, bien entendu ! Nous ne sommes pas des amateurs, mon cousin Heymdal et moi !''<br>
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''- Ah, parce que Heymdal l’Émacié est votre cousin ? Bonjour la famille... Bref, mais ça s'est déroulé, ça ?''<br>
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''- Dans un ancien Cairn.''<br>
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''- Dans un Cairn ? Mais quelle idée d'attaquer une sorcière dans un Cairn ! Ah bien, ne cherchez plus : gorgée d'Essence comme elle était, elle a dû réussir à transférer son Esprit dans le focus que votre Chroniqueur trimballe tout le temps avec lui !"''<br>
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Les Talendans semblent avoir compris ce qui s'est passé : Soashna a volé le corps d'Andréas. Mais il n'ont pas la moindre idée d'où il peut bien se trouver. Adradem est disposé à les aider, mais cela risque de prendre des mois... C'est sur cette amère révélation que les Talendans reprennent le chemin du Coppavento qui s'apprête à appareiller. <br>
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'''''Il va être coton, le rapport au Bailli Durgaut !'''''<br>
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'''Bilan des opérations à Aroche'''<br>
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Au moins, les transactions avec la Haute-Guilde ont été fructueuses, rapportant 1 point de Finances supplémentaires à la guilde, pas mal de liquidités à Durgaut lui-même (pour la vente de sa production d'argent, principale source de revenue du bailliage) et même de jolis bénéfices personnels pour les Pratesh (leur huile de lin) et Maître Plirune (pour sa laine). Curieusement, quelques jours avant le départ, la cale du Coppavento s'est remplie d'armes, rapidement emballées dans des sacs de grain avant que les trente nouveaux colons n'embarquent. En effet, le Coppavento ramene également une dizaine d'artisans (dont un forgeron et deux charpentiers), autant de paysans, des mineurs et 6 nouveaux soldats pour l'armée de Tal Endhil. Bien entendu, l'alchimiste Leowyn est également à bord, servant d'infirmier à Vighnu et lui permettant d'affronter les rigueurs de la traversée.<br>
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Frère Abradem continuera de chercher Andréas (sans l'aide de l'Inquisition : ce serait vraiment trop dangereux pour votre chroniqueur) et vous tiendra au courant. En attendant, il a remis à Herle une copie de la carte "murale" de la Bibliothèque : en consultant plein de vieux documents des nuits durant, il a pu remplir certains trous avec de vieilles indications en Hornois ''(?!)''.<br>
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Peu après le départ, une terrible vague de terreur s'empare des passagers, lorsque des têtes rasées sont aperçues dans la cale : "''Des Kormes ! des pirates !".'' Une rapide enquête révèle que quatre esclaves en fuite s'étaient introduit sur le Coppavento. Cinq minutes plus tard, les enquêteurs talendans obtiennent des aveux complets de trois marins kerdans qui les ont accueilli et nourri : les pauvres bougres (deux adultes et deux adolescents) ont réussi à atteindre le bord à la nage depuis les Écueils, après avoir échoué à rejoindre les Barantanen et s'être cachés plusieurs jours dans une grotte au pied des falaises. Ils se croyaient piégés jusqu'à ce que l'un d'eux remarque le pavillon de Tal Endhil en sortant pêcher pour se nourrir : ''"la Tour à l'Épervier Blanc"'' est non seulement une indication (rimée) qui résonnait le long du port depuis quelques jours, mais elle était carrément apparue en rêve à la jeune Edell'okhil du groupe la veille du "naufrage" de leur barge-prison. Une fois expliqué aux nouveaux colons que, non, on les jettera pas par-dessus bord, les Emishen passent le voyage sur le pont, à bâfrer (ils sont décharnés) et à chanter joyeusement par tous les temps (y compris la "chanson qui tue", qui terrifie les passagers sans pour autant tuer personne durant le voyage). Les protagonistes présents, connaissant tous la langue des Vents, apprennent ainsi une ancienne comptine [[Otlalnan|Eritorden]] pour saluer les orages : il parait que ça leur fait plaisir, aux orages...<br>
  
Sail'Langdir aborde ensuite la question de la Clé. Il demande à Mérane ce qu'elle en sait, et comprend bien que ses compagnons ne lui pas révélé grand chose. Pour lui, ils n'ont pas le droit de prendre la Clé, car elle ne leur appartient pas. Elle aurait été confiée aux Barantanen, et donc appartiendrait toujours à ce clan. Tael Shannan l'aurait dérobée à des Sylvains, et c'est par peur de ces Sylvains que Tael Shannan aurait demandé au Barde de la cacher à Aroche, en échange de la promesse de l'aider à libérer les esclaves. Mais Tael Shannan n'a pas tenu sa promesse...
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'''[[25) "L'Inquisiteur"|Épisode Précédent ←]] | [[27) "Malorne"|→ Épisode Suivant]]'''<br>
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'''[[25) "L'Inquisiteur"|Épisode Précédent ←]] | [[27) "La Caravane des Enfants"|→ Épisode Suivant]]'''<br>
 
'''[[Liste des Épisodes|<< retour à la LISTE des ÉPISODES]]'''
 
'''[[Liste des Épisodes|<< retour à la LISTE des ÉPISODES]]'''
  

Version actuelle en date du 26 février 2021 à 17:59

1] Forteresse / 2] Prison / 3] Manoir de Garde-Lunes / 4] Auberge des Vénérables / 5] Cloître / 6] Esplanade du Doigt / 7] la Bastide / 8] Place des Dîmes / 9] Cour des Pesons (Haute-Guilde) / 10] Arche kerdane / 11] Dépôt loué par les Talendans / 12] Auberge du Goéland / 13] Entrepôt d'Avishag Sanjharu, le nouvel ami d'Adira / 14] Quartier fehnri / 15] La Cloche Rouge, quartier-général de l'Ondhor
Au début de la huitaine croissante des Moissons de l'an 37, le Coppavento atteint le grand port d'Aroche pour y débarquer


Tout commence avec une discussion sur le commerce de l'huile de lin:


Lel'Liamil accoste Vighnu peu avant le départ du coppavento:

*Le maquignon intercepte l’apothicaire définitif et le prend par le bras sans façon, pour avoir une conversation aussi discrète que possible*

"Salut bonhomme, t'a cinq minutes ? j'voulais te causer de deux trois trucs rapides là. tu sais que vu qu'Adira est sénéchalisé, va falloir élire un nouveau président, et j'pensais bien qu'm'élire moi serait une idée. pis aussi je vais aller à Aroche avec vous autres, et j'ai deux trois trucs à gérer sur place, et j'vais avoir besoin d'un coup de main ... dans tes cordes. j'pensais qu'on pourrait s'entendre pour un échange de bons procédés, vu que vous allez avoir besoin d'un coup de main dans mes cordes pour votre histoire d'huile de LIN. Parce que la culture du LIN, c'est compliqué. Enfin, compliqué...Je sais qu'Adira et toi vous êtes des gens pleins de ressources, vous savez régler les problèmes quand ils se présentent, et je remet pas en cause ça. sérieux, j'imagine pas ce qu'il a du faire pour trouver cette huile de LIN avec tout ce qu'il a fait d'autre ce dernier mois. Mais si gérer les problèmes quand ils se présentent c'est une bonne chose, éviter les problèmes futurs c'est mieux. quoi que t'en dis ? Tu dis rien?

Attends, j'vais t'imager : si tu sais faire passer la chiasse à ton canasson, tu règle le problème quand il arrive, c'est bien.Si tu sais qu'il faut pas qu'il bouffe la plante qui donne la chiasse, tu l'en empêche, et il a pas la chiasse. t'a réglé le problème de chiasse et t'a pas eu aller lui tapisser les boyaux de pommade en plus. le résultat est aussi bon, t'a économisé la pommade et t'a pas de la merde de cheval jusqu'au coude : c'est mieux. Voila, l'idée c'est que je vous vois avec de la merde de cheval jusqu'au coup, je suis très admiratif du fait que vous arriviez à pas vous noyer, mais j'pense qu'en tant qu'ami d'Adira, il serait temps que je l'aide non seulement à pas se noyer, mais aussi à sortir de la fosse à purin, tu vois ce que je veux dire?

L'idée c'est que si mon truc se passe bien, et sans rentrer dans les détails il faudrait vraiment que ça se passe bien, pour tout le monde, je me met en efforts pour qu'au minimum toi et Adira n'aient pas de problème relatif à la culture du LIN du coté émishen, tu vois ce que je veux dire? On peut en discuter, hein, mais ... je sais pas comment vous le dire, parce que je sais que vous savez à quel point le LIN c'est compliqué chez nous, mais ça commence à jaser sérieusement quoi."


Vighnu reste effectivement silencieux durant l'exposé de l'emishem ses yeux se plissant un peu plus au fil du monologue, puis il demande:

c'est quoi ce :"coup de main" et qui: "jase" ?


Rha Bonhomme, détends toi, t'es pas à Duriane, je te veux pas de mal, d'une parce que t'es le cousin d'Adira, et de deux... parce qu'faut que tu comprenne que je suis un vrai gentil.

Je sais pas comment t'a l'habitude de bosser, chez moi on est assez simple : je te rend service parce que je peux le faire, et je sais que si j'ai besoin et tu peux, tu me rendra service.

Votre histoire de LIN, ce serait pas du LIN, j'en aurai rien à foutre. (merde, Adira t'a raconté le coup des chevaux et des géants qu'on a vendu y'a deux mois? c'était marrant quoi). De fait, j'en ai pas grand chose à foutre, même en sachant. Mais faut bien que tu comprenne que le LIN, c'est ... pas juste de l'alcool sous forme solide quoi.

C'est sympa pour se détendre, mais y'a des gens pour qui c'est ... enfin, merde, tu sais bien à quoi ça peu servir, le LIN, quoi. Donc bon, Adira a déjà déconné avec ça, comme il avait déconné avec les armes, tu te souviens? pour les armes il a juré d'arrêter, et sa parole suffit. Mais si, au pif tiens, la lance de justice. ouais, si le mec apprend qu'Adira fait dans le LIN, ça va pas du tout bien se passer.

Et je parle même pas de ce que des mecs comme Tête de cailloux ou le tueur de sorciers ou ... le bailli même... enfin bon.

On est beaucoup, à Talendil et ailleurs, a avoir beaucoup investi dans la paix ici. Et Adira, c'est plus juste Adira-au-géant, le mec qui vendrait de la laine à un mouton et une selle a un cheval : c'est un sénéchal impérial maintenant, tu comprends?

T'imagine bien que si la lance de justice juge le sénéchal impérial coupable de trafic de LIN et se décide à, je sais pas, le disperser en petits cubes dans toute la vallée pour le punir, ça va avoir un peu de ... enfin ça va foutre la merde quoi.

Et personne n'échappera aux éclaboussures. Moi je suis dans les chevaux tu vois? la merde, quand tu travaille avec les équins, c'est un peu normal d'en recevoir sa part.

  • en disant ça, le maquignon se cure les ongles, qu'il avait plutôt sales, sans avoir même l'air d'y penser*

Plus je vieilli plus j'ai pas envie de recevoir plus de merde que strictement nécessaire, tu comprends? Donc j'aimerai bien éviter d'avoir à gérer la merde qui serait répandue si cette histoire de LIN... enfin. Quand je dis que ça jase, je veux dire que ça se sait. pour l'instant ce sont des gens qui n'ont pas plus envie que moi d'essuyer le sa... la merde d'Adira de leurs frusques. Et j'aimerai bien que ça reste comme ça, et, si vous voulez m'en parler, on peut voir ce qu'on peut faire pour éviter ça. Je sais pas qui vous fourni le LIN, mais je sais bien qu'il y a pas des masses de fournisseurs possibles. Ce sont pas des gentils. et maintenant qu'Adira est impérial... merde, je suis sur que vous avez pensé aux implications bien avant moi, non ?

Et je suppose qu'Adira, étant Adira, il a promis tout plein de LIN à Aroche. A des mecs qui doivent pas être plus calins que vos fournisseurs. Donc il doit être comme une carne traversant un ruisseau, avec chaque pattes sur un cailloux, elle peux pas rester là, elle peux pas lever une patte, elle est dans la merde et si personne l'aide elle va finir à la flotte. Vous allez avoir besoin d'aide.

Je peux aider.Et je veux aider, parce que je suis gentil et parce que J'AI INTERET à ce que la merde reste dans le cul du cheval. Pour ça que je viens te voir, parce que l'Adira est sympa mais pour lui expliquer quelque chose y'en as pour des plombes et que t'a la réputation de comprendre vite. Et il se trouve, oui, que je vais avoir besoin d'un coup de main à Aroche. En gros, c'est récupérer un truc chez les Dirsens.

C'est pas dans mes cordes du tout, mais faut bien que quelqu'un s'en charge, mais pour un ... professionnel, c'est ça le mot? ouais pour un professionnel ça devrait pas être compliqué.

Après tout vous avez déjà fait tellement de trucs qui avaient l'air impossible qu'un de plus, c'est genre la routine non?


Vighnu commence par être silencieux, mais au fil du discours de Lel'liamil il se détend et finit même par sourire:

Donc que je comprenne bien, tu pense qu'on es dans la merde et qu'on a besoin d'aide et tu te propose de nous aider si en échange je te file un coup de main, c'est ça ? c'est gentil de ta part non vraiment.... Mais vois tu j'ai pas l'impression un instant d'avoir des problèmes ... enfin si mais pas ceux la.... En fait j'ai surtout l'impression qu'il y a plein de jaloux qui en veulent à mon cousin depuis qu'il est sénéchal impérial mais ça nous les fenrhis on sait gérer les jalousies .... d’ailleurs tu peux me répéter qui jasent ?

Ce qui veux dire que pour rendre service a un ami d'Adira et réaliser l'impossible .... se sera pas gratuit.... Je suis toujours prêt a faire des prix au amis de la famille hein !!! je te fais même le devis gratuit (grand sourire)

Alors c'est quoi ton histoire (Vighnu se frotte les mains).

C'est toi qui sait, mais bon, si t'es pas inquiet, tout va bien.Je suppose que t'a déjà ton idée pour vendre l'her.. le LIN (putain, j'ai du mal) sans prendre de risque. Laisse tomber pour les noms, si les gens qui m'ont prévenu avaient envie de nuire à Adira, ils auraient parlé depuis longtemps de ses affaires. Mais comme tout le monde aime bien Adira, personne n'a voulu lui faire de la peine. Le truc à Aroche, ce serait récupérer un objet dans la crypte des templiers locaux. Voila. rien de bien compliqué quoi.

Glups ...ah qd même ....

Alors autant je suis pas inquiet autant je ne suis pas convaincue de l’absence de nuisance des gens qui t'ont prévenue. Parce que la plupart des fenrhis on pour vertus la discrétion (oui la plupart.... il y a des exceptions) vois tu.

Disons que si 1 tu me dis qui t'a prévenue et que 2 nous parlions avec Adira de l'avenir du commerce de LIN.

Je suis prés a envisager de te récupérer ton objet.


Ben, mec, ça fait quand même un bail que t'est dans le nord, et t'a même bourlingué avec Vérité-Tranchante et Neige-en-été : parler aux vents, aux animaux, aux esprits, c'est pas sorcier quoi.

et t'a pas compris ce que je t'ai dit. quand je commerce, je suis le représentant de ma caravane.

Là, je te parle au nom des copains d'Adira. Qui, heureusement pour Adira, sont pas tous de mon clan ni de mon aile.

Et c'est pas une question d'apothiquer des gens pour régler le problème de la dissémination de l'information : Votre "petit commerce", faut bien que vous ayez des fournisseurs et des acheteurs. forcément ça se sait. Surtout que, l'herbe, ça pousse dans des champs et les champs c'est pas exactement discret. pis ça se trimballe en gros ballots (à moins d'être malins comme vous quoi).

Tout le monde sait qu'Adira trafiquait des armes avec les Khormes ok? il l'a même vaguement reconnu après l'histoire de la mine, tu te souviens?

A partir de là, des gens plus calés que moi en trafic Dirsen on additionné deux et deux, mais faut pas être grand clerc pour comprendre comment les Khormes le payaient (parce que laisse moi te dire que la manière dont les khormes ont payé leur équipement à fait pas mal de bruit, et on est encore à essayer de nettoyer les éclaboussures de merde qui on giclé partout).

Quant à l'avenir de votre commerce, sérieusement, le truc intelligent à faire serait d'arrêter. C'est pas les sources de revenus légales qui manquent à monsieur le Sénéchal.

Et c'est pas les opportunités qui manquent non plus, surtout quand on peut compter sur les copains. Genre, tiens, ça fait combien de temps que tout le monde essaye de relancer la production de bleu des lacs?

ça ça serait un truc sympa, rémunérateur, et nettement moins sujet aux incidents diplomatiques.

Et même dans le moyennement légal, y'aurai un coup merveilleux à faire sur le sel, j'ai pas mal d'idées dont au moins une qui aura besoin d'apothicaire (mais pas la version apothicaire définitif, hein, le truc du "je mélange ça et ça, je chauffe, je refroidi, et j’obtiens un truc que les dirsen payent en rondelles).

Et ça poserai pas de problème moral aux petits animaux de la forêt.

Maintenant, si vous avez un problème qui vous empêche d'arrêter, comme des acheteurs pas câlins auprès de qui vous avez pris des engagements, explique moi, et on peut essayer de trouver des solutions.

On peut imaginer que si vraiment c'est nécessaire, les copains d'Adira expliqueront aux vents, aux esprits et aux petits animaux de la forêt que c'est pas cool, mais qu'Adira étant un copain faut pas en parler aux gens qui le prendraient mal.

Alors tu sent bien que ça lui arrache la gueule mais Vighnu répond:

Ah..!! en effet on a peu être bien besoin d'un peu d'aide......avec les petits animaux de la forêt. ...... fais chier .....

  • Suite a cela Tael Shannan et Adira négocierons "la mission" Vighnu pratesh apportant son expertise a l'opération de récupération d'artefact en territoire dirsen de Lel'Liamil.


Peu après le départ du Coppavento, Lel'Liamil et Vighnu discutent en aparté. Bientôt les deux compères entreprennent Andreas puis le trio se rapproche de Herle de Lorune. Les quatre hommes, installés à fond de cale, ne font que discuter entre eux pendant une bonne partie du voyage ce qui attise la curiosité de Mérane. En effet le petit groupe se fait mystérieux et fait silence dès qu'elle approche. Mérane essaye bien de leur tirer les vers du nez mais rien n'y fait : il s'agit d'histoire d'homme.

Morceau choisi:


Lel'Liamil s'adresse à herle: "Alors juste pour être bien clair : Tael a planqué l'objet a une époque ou TalEndil n'était ni un baillage ni une zone de paix protégée par un accord entre emishens et remans de bonne volonté. Il a ce truc sur les mains. Il a des sorciers dans son jardin (la louve, urgan) qui veulent le truc. Il en as d'autre a peine plus loin (lorkan) qui le voudrait encore plus si ils savaient qu'il existait. Le planquer la ou il l'a fait était pas une mauvaise solution. C'était une solution.

Maintenant le truc est en danger. D'une part parce qu'il y a certains remans qui croient pouvoir s'en servir, d'autre part parce qu'il y a des malades qui pense sérieusement que déclencher une catastrophe servirait leur guerre de merde.

Tael considère qu'il peut pas laisser le paquet la ou il est. Et je suis d'accord. Il pense que le ramener dans la zone de paix, le baillage de talendil, serait une solution. Je suis assez d'accord avec lui. Sérieusement aucun autre endroit au monde on trouve une telle concentration de gens de bonne volonté.

Et des shamans. Parce que sauf ton respect ex templier, on peut pas dire que les Remans soient habituellement doués pour gérer les objets anciens et savoir comment les traiter. Pour bruler les rebouteux de village, ca ya plus de monde, c'est sur. Pour les féministes aussi y'a du monde.

Une fois a tal endil, des gens de bonne volonté et compétent dans le domaine se poserons la questions de quoi en faire.

La, au dela de Tael Shannan et du (futur) shaman de tal endil, j'ai confiance en KalKiran, pour prendre la sécurité de la zone de paix au sérieux.

Mais à la limite ce sera plus mon problème.

Maintenant, juste pour être clair : J'ai dis a Andreas tout ce que je savais sur ce truc. Parce-que j'ai confiance en lui et en son sens du devoir. Il a choisi de te dire tout, et je suppose que c'est parce qu'il te connais et a confiance en ton jugement.

Je sais très bien ce que je risque juste a marcher dans Aroche. Je sais aussi ce qui se passera si un démoniste s'empare du truc. Ou, tout simplement, si un mec mal inspiré pete la buche, se fait bouffer par les démons, et hop on a un nouveau urgan ou pire sur les pieds (et la, j'ai pas des masses d'imagination).

Mais tu parles d'en causer à l'archiviste. Tu va lui dire quoi? Qu'il y a un artéfact premier dans son stock d'objets sans intérêts? Tu as suffisamment confiance en lui?

Ma proposition, c'est de garder la chose simple et entre nous. Vous vous débrouillez pour qu'on vous laisse entrer, vous tirer une copie du truc, vous ressortez le truc et c'est marre. Le mec savaient pas qu'il avait autre chose qu'une buche gravées dans son inventaire, ben voila il aura une buche gravé dans son inventaire.

Mais j'ai jamais eut a faire un truc du genre hein."

Mis à part cela, le voyage se déroule sans encombre - à l'exception notable de Vighnu et Lel'Liamil qui souffrent du mal de mer et arrivent quelque peu barbouillés à Aroche.


La Ville aux Dirsen Innombrables

"Port en vue !" s'exclame la vigie. Le Coppavento est en vue d'Aroche et les voyageurs montent sur le pont. L'air du large commence à changer et à s'emplir d'une odeur évoquant un mélange peu inspiré entre le poisson pourri et diverses déjections. Si Andréas s'exclame "Ah ! La civilisation !", sans qu'on puisse savoir s'il se réfère à la vue de la cité ou bien à son odeur, Lel'Liamil est moins convaincu par cette première impression olfactive de la Cité-Falaise. Il prend tout de même le temps de défaire ses tresses et de se faire une tête la plus "Rémane" possible.

Sur les quais

Le Coppavento est à peine amarré que déjà un comité d'accueil force sa route à bord du navire : il s'agit de Remlin Anvarel, une vieille connaissance pour certains, et désormais capitaine de la garde de toute la Ville Basse. Il est accompagné d'une vingtaine de gardes. Remlin salue Mérane et Herle d'un hochement de tête, puis explique à un Diovire quelque peu outré par cette intrusion qu'il est là pour inspecter l'ensemble de la cargaison par crainte de contrebande. Nos héros se disent que cela cache quelque chose, et s'approchent du Capitaine Anvarel. Ce dernier toise Vighnu.
"À qui ai-je l'honneur ? Vous ne seriez pas un cousin Pratesh ?
- Mais si, précisément, Vighnu Pratesh, enchanté !
- Ah, en voilà un. Gardes, arrêtez-le !"

Face aux protestations de Mérane, qui explique qu'il s'agit forcément d'une méprise puisque c'est la première fois que Vighnu vient à Aroche, le capitaine réplique que Vighnu est un assassin notoire et qu'il a ordre de l'arrêter. Lel'Liamil essaie bien d'intervenir."Mais, vous ne pouvez pas arrêter le cousin d'un Sénéchal Impérial !" Anvarel se tourne vers le nouvel intervenant, l'examine longuement de haut en bas, et semble en conclure que malgré son accent bizarre ce n'est pas un Emishen.
"Et vous, vous êtes qui ?
- Euh... Mon nom est Lel'Liamil et...
- Pardon ? C'est quoi ce nom là ? Vous venez d'où ?
- Je... euh...
- Vous n'êtes clairement pas Ondrène. Seriez-vous Dalane ?
- Ah, oui, les Dalanes, tiens... Hum... Mais ce n'est pas le problème mon Capitaine, le problème c'est que vous ne pouvez pas arrêter le cousin d'un Sénéchal Impérial !
- Mais qu'est-ce que vous me chantez là, avec votre histoire de sénéchal ? C'est un cousin Pratesh !
- Mais justement, l'Honorable Adira Pratesh a été nommé Sénéchal Impérial du Baillage de Tal Endhil par son Éminence Aristame de Gorme..."
Un ange passe. Remlin Anvarel regarde un à un tous les Talendans, qui opinent tous du chef en chœur. Comprenant que cela n'est pas une mauvaise blague, le capitaine s'appuie un instant contre un mas le temps de reprendre ses esprits et sa dignité.
"Bon écoutez, cousin du Sénéchal ou pas, j'ai ordre de l'arrêter. Et mes ordres viennent directement du Prévôt. Alors, je n'ai pas le temps de discuter. Je dois arrêter tous ceux qui sont sur cette liste." (il sort un papier et regarde soudainement Andréas) "Vous êtes qui, vous ?"

Fort heureusement, Andréas n'est pas sur la liste. Les Talendans apprennent bien vite que cette liste comprend Diane Malétudine (alias Nadine "la Moucheuse"), Eldan "le Moineau", et aussi les deux nouveaux "gardes du corps" d'Adira, Lutvik & Brengarn. Mérane essaie bien de faire valoir son titre d'Ambassadrice de Tal Endhil pour défendre Vighnu, mais rien n'y fait. Depuis le pont du Coppavento, Vighnu contemple un instant la centaine de brasses qui le sépare du quai de l'Arche Kerdane, ou Vasco Sotorine semble l'attendre. Malheureusement, le temps de tous ces palabres des gardes lui ont déjà enchainé les mains. Pesant le pour et le contre, le Fenhri décide que coopérer est plus diplomatique et se laisse emmener vers une charrette sur le quai. Vasco Sotorine s'approche du fenrhi enchainé et, avec la permission de Remlin Anvarel, entame une conversation sur le thème du mariage. Vasco est en effet l'oncle d'Islinna, et il semble fort concerné par l'avenir sa nièce...

Remlin Anvarel explique ensuite aux Talendans que, suite aux "incidents" de la dernière fois, ils seront accompagnés par une dizaine de gardes lors de tous leurs déplacements en ville. Juste une petite sécurité, des fois qu'il leur prenne l'envie de brûler à nouveau La Cloche Rouge... Avec l'accord du capitaine, Mérane, Herle et Andréas décident d'accompagner Vighnu jusqu'à la Citadelle, pour plaider leur cause auprès du Prévôt. Lel'Liamil décide de rester sur le bateau. Avant de partir toutefois, le Capitaine Anvarel montre à Mérane un texte écrit en Langue des Vents et lui demande de le traduire. Passée la surprise de voir couchée sur parchemin la transcription d'une langue qui n'est qu'orale, Mérane découvre une sorte de chanson qui commence par "Bonjour Madame". Remlin Anvarel en explique alors l'origine : la Cité-Falaise est actuellement confrontée à une série de meurtres étranges visant des marchands d'esclaves. Et cette chanson Emishen a été entendue à proximité immédiate des meurtres, à chaque fois. Voyant que les Talendans ne connaissent pas cette chanson, Remlin laisse tomber et la troupe se met en route vers la Citadelle.

Audience auprès du Prévôt d'Armes

En route vers la Citadelle, le petit groupe remarque une silhouette vêtue d'orange qui les suit. Ils identifient une jeune questora en la personne de Danilla Melangoline : celle qui n'était alors qu'une apprentie questora avait participé à l'assaut donné par les Talendans et leurs alliés sur La Cloche Rouge, le quartier général de l'Ondhor à Aroche. Danilla est désormais la remplaçante de Dario Celsine à la questure et elle aborde les Talendans pour prendre des nouvelles de Dario. Les protagonistes profitent également du trajet pour se tenir au courant des derniers évènements à Aroche. Les stigmates des incidents survenus lors de "la Nuit des Bêtes", notamment les incendies, commencent à s'effacer.

Dès son arrivée à la citadelle, le petit groupe demande à être reçu par le prévôt. Et, à la surprise générale, après une très courte attente le Prévôt d'Armes Dorvas le Bras (commandant de la garde) les accueille discrètement dans la Citadelle. Dorvas demande même à ce que les chaines de Vighnu soient retirées et ce à la grande surprise de Remlin Anvarel, qui est congédié.
Une fois installés dans son bureau, Dorvas s'excuse presque de cette prise de contact un peu brutale. "Alors, vous allez libérer Messire Pratesh ?", demande Mérane. "Hélas, je ne peux faire une telle chose," répond le Prévôt. "Je dois l'arrêter et l'emprisonner. Mais disons que... je pourrais faciliter son évasion, si vous me rendez un petit service."

Dorvas le Bras explique alors qu'il souhaiterait voir éliminer celui qu'on connait sous le nom d’Écuyer du Roi des Ondrènes. Les Talendans qui faisaient partie du dernier voyage à Aroche, notamment Vighnu et Herle de Lorune, ont entendu parler ce mystérieux personnage, qui serait l'éminence grise orchestrant la Conspiration des Ondrènes. "Avez-vous une idée de l'identité de l’Écuyer ?", demande alors le Prévôt. L'assemblée se gratte le menton, et suggère deux noms : Aergabald de Rordame, ou Sigrell de Lorune. Andréas n'a quant à lui pas la moindre idée de quoi on parle et jette des coups d'oeil interrogatifs à ses camarades. Dorvas reprend la parole :"Bien. C'est donc entendu. Sous cette fenêtre se trouve un chariot de foin. Il m'est avis que si Messire Pratesh sautait par cette fenêtre, personne ne s'en apercevrait et qu'il se verrait déposé dans un endroit tranquille. Évidemment, il faudra tout de même rester discret : je ne contrôle pas les soldats du Capitaine Anvarel ni les hommes d'armes des nobles Ondrènes, et s'ils vous attrapent à nouveau vous finirez -au mieux- en prison, mais probablement pendu..."

Sans demander son reste, Vighnu saute par la fenêtre, atterrit dans le foin, avant que le conducteur du chariot ne se mette en route. Quelques dizaines de minutes plus tard, la charrette s'arrêtera dans le quartier Fenhri, ou Vighnu disparaîtra. Les autres Talendans quittent la Citadelle par la grande porte. Herle repart en direction du Coppavento, tandis que Mérane et Andreas se rendent à l'Auberge des Vénérables pour prendre une chambre.

Mise au point et chat noir

Mérane doit négocier pied à pied pour obtenir une chambre à l'Auberge des Vénérables : c'est l'été, et de nombreuses familles nobles Ondrènes qui n'ont pas la chance d'abord une demeure familiale dans le Clos des Insignes y font de longs séjours. L'endroit est donc bondé. Mérane finit toutefois par obtenir une grande chambre pour les Talendans. Herle revient avec Lel'Liamil, et tout le monde (ou presque) se retrouve pour diner. Le faisan n'est pas mauvais, mais les prix pratiqués ne sont pas ceux de la Taverne Penchée... Andréas demande des explications sur ce mystérieux écuyer, et Herle lui explique ce que savent les Talendans à ce sujet. Toutefois, pendant la discussion, l'attention d'Andréas est attirée par un chat noir, installé sous une table, qui le fixe de ses yeux jaunes. Frissonnant légèrement, Andréas fixe lui aussi le chat. Ce dernier se met à feuler, attirant l'attention des convives attablés près de lui qui le chassent d'un vilain coup de pied. "Oh ! Le pauvre petit chat !", s'exclame Mérane qui n'avait perdu de la scène. Elle se lève et apporte un peu de nourriture au chat qui s'était réfugié sous une autre table. Le chat mange la nourriture, avant de s'attaquer à la main de Mérane, la mordant jusqu'au sang.

Tandis qu'Andréas soigne sa main blessée, Mérane interroge ses compagnons. Mais que viennent-ils faire à Aroche ? Que signifiaient donc ces messes basses pendant le voyage ? Personne ne veut répondre, Lel'Liamil se contente de dire qu'il va se coucher. Mais les Talendans partageant la même chambre ou d'ailleurs les attends Vighnu discrètement entré, ils ne peuvent échapper au feu roulant des questions de Mérane, bien décidée à ce qu'on lui réponde. Herle finit par craquer et révéler qu'ils sont là pour récupérer un dangereux artéfact. Pendant ce temps, Andréas avait inspecté la chambre, et découvert la présence du chat sous un lit ! Herle sort son épée, qui se met à vibrer. "Mais vous n'allez pas tuer ce chat !", s'exclame Mérane, qui semble avoir oublié que l'animal vient d'essayer de lui arracher un doigt. "Mais ce n'est pas un chat, c'est un démon !" répond Andréas du ton le plus sérieux du monde. Herle abat son épée sur l'animal, qui bien que vif se voit frappé d'un coup qui aurait suffit à tuer un chat ordinaire. Là, l'animal feule et s'enfuit par la fenêtre. Un Andréas bien embêté se voit contraint d'expliquer la situation. Kal Shemon'Lon, un des instructeurs d'Andréas en matière de chamanisme et tueur de démons bien connu, semble trouver que son apprenti n'est pas suffisamment assidu. Il a donc décidé de passer directement aux travaux pratiques en lui collant un démon au train, "pour s'entrainer".

Les quatre protagonistes décident alors de partager leurs informations. En particulier, Vighnu et Lel'Liamil exposent leur mission de récupération d'un dangereux artefact. Cet artefact fut un temps stocké au Cloître d'Aroche, où il a été déposé par Tael Shannan qui pensait qu'il y serait en sécurité, loin des convoitises (en particulier celles de Lorkan). Depuis, l'artefact a été déplacé dans une salle de la commanderie templière d'Aroche, suite à une tentative de cambriolage ratée (en réalité une mise en scène de Tael Shannan, pour augmenter la sécurité). Malheureusement, il semblerait que la personne qui a aidé Tael Shannan à faire déplacer l'artefact, le barde Emishen Sail'Langdir, aimerait remettre la main dessus. Mérane fut en contact avec Sail'Langdir, alias le Barde Secret, lors de son dernier passage à Aroche. Elle avait alors pu négocier son aide en échange de l'évacuation de plusieurs enfants esclaves Emishen vers Tal Endhil. Elle a toujours à sa disposition un moyen de contacter le Barde, en lui faisant passer un message par l'intermédiaire d'un luthier. Sachant que Sail'Langdir, en Langue des Vents, signifie plus ou moins "Chanson Lointaine", et connaissant la détestation du barde pour les marchands d'esclaves, les Talendans se demandent alors si Sail'Langdir ne serait pas derrière les meurtres de la ténébreuse affaire de... la chanson qui tue !

La Chanson Qui Tue

En effet, Herle et Mérane, lors de leur "rencontre" avec Sail'Langdir, ont pu constater que ce dernier disposait de certaines capacités "surnaturelles". Bien qu'ils pouvaient lui parler, et lui leur répondre, ils ne l'ont jamais vu. Herle pensait que cette capacité était un Lilpan, permettant au barde de projeter sa voix à distance. Une capacité bien pratique, expliquant également comment il avait pu rester en vie, seul Emishen libre à Aroche... Mais Andreas fait alors remarquer que cela lui parait bien puissant pour un simple Lilpan, la capacité de Sail'Langdir lui évoquant plutôt la Projection, une technique issue du Mentalisme, la spécialité d'Andreas. Lel'Liamil demande alors : "Mais est-ce que ça ne voudrait pas dire qu'il pourrait être en train de nous espionner en ce moment ? Tu peux vérifier ce genre de choses, Andréas ?" Andréas s'exécute, et constate que quelqu'un est bien en train de les écouter en utilisant un forme de magie. Remontant la piste vers l'indélicat indiscret, Andreas constate que ce dernier se trouver dans ce qui ressemble à une petite ferme, dans un cadre plutôt champêtre. Andréas essaye alors de voir le visage de l'espion, mais en fait de visage, tombe sur une oreille : l'espion est bien en train d'écouter. Coup de bol, Andréas peut malgré tout constater que l'individu porte des tresses sociales Emishen. Avec l'aide de Lel'Liamil, il identifie une tribu : les Otlalnan. Une autre tresse indique un rôle social important (compatible avec un barde ou un chaman), une troisième qu'il est célibataire. Tout ceci est compatible avec ce que les Talendans savent de Sail'Langdir... si l'on excepte le fait que le Barde Secret n'était pas sensé être un authentique magicien !

Lel'Liamil rapporte alors certaines informations qu'il a obtenues en discutant avec les gardes qui étaient chargé de "l'escorter". Si la chanson qui tue a toujours été entendue près des meurtres, tous ceux qui l'entendent ne meurent pas. Elle a semble-t-il été récemment entendue à l'Auberge du Goéland. Concernant les victimes en revanche, leurs trépas ont été assez spectaculaires : un marchand d'esclaves est ainsi mort en s'étranglant dans ses propres chaînes après être tombé dans un escalier...

A l'aide de ces informations et des intuitions de Mérane, Andréas émet l'hypothèse que cela pourrait correspondre à une forme de technique magique appelée Chimère. Si un sorcier a crée une Chimère, c'est-à-dire une créature d'Essence, ayant la forme d'une chanson et la capacité de donner des pulsions suicidaires (ou homicides), cela pourrait expliquer cette vague de meurtres. L'expression la chanson qui tue serait ainsi à prendre au pied de la lettre ! En théorie, les Chimères sont à usage unique, mais pour peu que le sorcier le décide, ou que son sortilège lui échappe, la chanson pourrait être une Chimère Maligne, une créature magique parfaitement autonome et capable de grandir en puissance. Andréas ajoute que de son point de vue, la frontière entre ce qu'on appelle une Chimère Maligne et un Démon est assez fine... L'idée qu'une sorte de démon conçu pour tuer des marchands d'esclaves soit en liberté dans Aroche inquiète fort les Talendans...


La Cité des Intrigues

Le lendemain matin, nos Protagonistes se séparent pour s'occuper de leurs affaires. Vighnu s'éclipse discrètement de la chambre de l'auberge des Vénérables (qu'il avait rejointe nuitamment) et part en direction de la Ruche, le quartier (ou plutôt le ghetto) fenhri. Herle se rend "en famille", chez les Garde-Runes, où il espère découvrir des informations sur la conspiration des Ondrènes et la sorcellerie. Mérane part pour affaires sur la terrasse des Arcades. Lel'Liamlim est quant à lui en quête d'un alchimiste qu'il souhaite ramener à Tal Endhil : quelqu'un qui soit capable de relancer la fabrication du Bleu des Lacs. Et il a justement entendu parler d'un certain Leowyn, qui serait actuellement au chômage pour des raisons pas très claires : l'alchimiste serait un "débauché". Après avoir mené son enquête, Lel'Liamil parvient à remonter la piste de Leowyn et à le rencontrer. Il finit par obtenir de lui toute l'histoire : Leowyn a eu la mauvaise idée d'avoir une relation avec un autre homme, et visiblement un fils de bonne famille. Inutile de dire que ça c'est plutôt mal passé, et que Leowyn est la victime collatérale de l'étouffement de l'affaire. Toujours est-il que Leowyn n'est pas près de retrouver du travail à Aroche et qu'il est donc prêt à appareiller pour Tal Endhil. La question de savoir s'il sera mieux accepté là-bas qu'à Aroche est ouverte, même si pour Lel'Liamil, aimer les femmes ou les femmes n'est pas du tout un problème, quelles histoires ils font ces Dirsens !

Notre agent à Aroche

Après avoir réglé certaines affaires pour le compte de son cousin dans le quartier Fehnri - affaires relatives au commerce de substances euphorisantes mais néanmoins prohibées - Vighnu se concentre sur le problème principal qui l'occupe : le vol de la Clé. L'artefact est en sécurité dans le bâtiment de la Commanderie Templière, qui lui même se trouve dans l'ensemble de bâtiments qu'on appelle le Cloître d'Aroche (et qui comprend aussi l'hospice et la Bibliothèque Impériale locale). Le Cloître est ceint d'une enceinte (gardée) et le bâtiment de la Commanderie est lui-même gardé. Après avoir envisagé un accès par les toits, Vighnu se demande si le plus simple ne serait pas d'essayer de passer par les égouts - car la Cité Falaise dispose d'un réseau d'évacuation des eaux usées ! Vighnu explore les environs et remarque plusieurs accès. Mais considérant qu'il doit bien exister un plan du réseau, et certains professionnels de la cambriole doivent en avoir une copie, Vighnu reprend la route de la Ruche (perdant beaucoup de temps dans ses déplacements car il doit éviter la patrouille). Là, il se rend au quartier général des Nocturnes, la pègre Fehnri, pour acquérir contre quelque argent un plan du réseau. Ne désirant pas que toute la pègre soit au courant de son objectif, il n'achète pas que le plan de la section proche du Cloître, mais un plan complet du réseau courant sous la Ville Haute.

Conspirationnisme

Chacun de leur côté, Herle et Vighnu obtiennent des informations sur la Conspiration des Ondrènes. Vighnu se renseigne à la Ruche, et moyennant une forte somme d'argent (10 pièces d'or !) obtient d'importantes révélations sur l'identité de l’Écuyer du Roi. Selon la pègre Fenhri, l’Écuyer ne serait pas une personne, plutôt une fonction symbolisée par un objet : le sceau du Roi des Ondrènes (un anneau). Qui porte le Sceau à un instant donné est de fait l’Écuyer. Cette ruse a permis aux conspirateurs de brouiller les pistes et d'écarter les soupçons, la fonction s'échangeant aussi simplement qu'un anneau.

Au manoir des Garde-Lunes, Herle s'intéresse à la généalogie et cherche qui pourrait bien être l'héritier putatif de la couronne du Roi des Ondrènes. Entre discussions et vieux bouquins, Herle dresse la liste suivante, par ordre de préséance :

Les deux premiers n'ont pas vraiment le profil : bien qu'ayant la légitimité du sang, ils sont bien trop compromis avec les Impériaux pour incarner les idéaux d'une nation Ondrène indépendante. Quant à Elsar, ceux qui l'ont rencontré l'imaginent mal dans la peau du Roi, surtout vu l'état psychologique dans lequel il est rentré de Tal Endhil. Par contre, comme pantin de sa mère, c'est une autre affaire, mais il y a du monde avant lui. Cela laisse deux candidats plus probables. Herle profite qu'il se trouve dans un temple des chasseurs de sorciers pour consulter des sources sur l'espionnage magique : il cherche à comprendre comment Sail'Langdir a pu les espionner pour ainsi dire dès leur descente du bateau, et comment il a su qu'il fallait espionner les Talendans. Il arrive à une conclusion : il est probable que le Barde surveille une sorte de "marque" et que cette marque soit tout simplement... son nom ! Autrement dit, Sail'Langdir écoute ceux qui parlent de lui...

Mythologies

Quant à Andréas, il commence sa journée en passant chez un orfèvre de la Terrasse des Arcades. Il y dépose une cape contenant un étrange maillage en argent en sa doublure, qu'il voudrait voir réparer. Il s'agit d'une cape qu'il a acquise dans de bien troubles circonstances... L'orfèvre tique devant la caractère étrange du travail demandé, mais accepte les espèces sonnantes et trébuchantes du chroniqueur. Ensuite, Andréas prend le chemin de la Bibliothèque Impériale d'Aroche, sise au sein du Cloître (et donc non loin de la Commanderie Templière). À sa relative surprise, il découvre que l'accès n'est pas simple. Tout chroniqueur qu'il soit, les Frères Consignants ne semblent pas décidés à le laisser rentrer sans une explication bien claire de ce qu'il vient faire là. Après une bonne heure passée à négocier, Andréas voit arriver avec soulagement Frère Abradem et ses reconnaissables tresses sociales, le seul Consignant s'intéressant aux Emishen. Tout content de voir un Talendan (et un chroniqueur), il lui permet d'entrer dans la bibliothèque. Avec son aide, il part à la découverte des lieux, mais passe plus de temps à discuter de ce qu'il cherche qu'à consulter des volumes. Lorsque Andréas parle de cartes, Abradem lui explique que ça va être compliqué : la section de cartographie est en accès encore plus restreint, secret militaire oblige ! Et de toute façon, des cartes du nord, ça n'existe pas... À ce moment, Abradem lui propose d'aller voir quelque chose d'étonnant. Quittant le premier étage du bâtiment où se trouve la bibliothèque proprement dite, ils descendent au rez-de-chaussée, qui constitue le Scriptorium. Là, après avoir traversé une vaste pièce emplie d'odeurs âcres d'encre et de parchemins, ils entrent dans ce qui est une sorte de cagibi, ou pièce de stockage. Là, sur le mur du fond, masqué d'innombrables étagères couvertes de fatras, il y a une carte peinte. Sur la petite portion qui est visible, Andréas reconnait la ligne droite marquant la Grande Chaussée et constate, à sa grande surprise, qu'elle ne s'arrête pas à Darverane ! Frère Abradem doit calmer un Andréas excité par cette découverte : malgré tous ses efforts, il n'a jamais pu avoir accès à la carte ou faire bouger les étagères. La dernière personne à l'avoir fait était un certain Tudwal de Gelaine, qui a restauré la carte. C'était il y a bien 25 ans ! Andréas interroge alors Frère Abradem sur la fameuse chanson Emishen qu'on entend en ville. Le Consignant en a entendu parler. A vrai dire, il l'a même entendue chanter ! C'était à l'Auberge du Goéland, où des musiciens interprétaient une partie du répertoire Emishen. Mais il ne les a plus vus depuis un bail. Et vu qu'il est tard, fait remarquer Abradem, on pourrait y poursuivre notre conversation là-bas, non ?

C'est donc confortablement installés à l'Auberge du Goéland, sorte de taverne de marin pour bourgeois perchée au bord de la Terrasse des Arcades, qu'Andréas en apprend plus sur ces fameux musiciens. Leur chanteur de l'époque, Andréas le connait, puisqu'il s'agit d'Alenn le Rimeur, désormais installé à Tal Endhil. Mais il lui faut une insistance certaine et l'aide d'Abradem pour qu'une serveuse finisse par le renseigner sur le sujet manifestement épineux du devenirs des autres baladins. À force de jouer de la musique Emishen, ils ont fini par se faire serrer par la garde et leur chanteuse, qui remplaçait "Alenn le Rimeur", est encore enfermée à la citadelle. Les autres auraient trouvé refuge à La Lamproie, une vraie taverne de marins située dans la partie la moins reluisante du quartier de la pointe.

Le reste de la discussion se tourne vers des considérations théologico-philologiques. Andréas discute avec Frère Abradem des "liens" qui pourraient exister entre certains figures Emishens (les Anciens) et les Premiers du culte des Pères. Un sujet aux frontières de l'hérésie, qu'Abradem aborde pourtant bien volontiers. Abradem a en effet sa propre théorie sur les correspondances entre les figures maternelles mythiques : il considère en effet qu'il y a des "Mères" dans les mythes de toutes les civilisations (et Andréas se dit alors que si Abradem considère les Premiers comme des figures mythique, le Consignant pourrait avoir des soucis !). Andréas évoque alors d'autres miracles : des "Dames Blanches" qui parlent dans les rêves, et des statues qui s'animent (histoires qui lui ont été rapportées par Herle de Lorune). Selon Frère Abradem, l'animation des statues des Premiers constitue un miracle relativement courant : bien souvent, ceux qui affirment que les divinités leur parlent disent qu'elles l'ont fait à travers de leur statue, soudain brillante, le plus souvent au crépuscule après de longues prières (un esprit un peu sceptique pourrait s'interroger sur la corrélation "manque de sommeil / lumière en pleine tronche / apparition divine"). En cherchant bien, Andréas devrait pouvoir trouver diverses chroniques à ce sujet : l'Inquisiteur Valiard (chef des Pénitents d'Aroche) les fait toutes consigner. Et si on étend le sujet hors de Melen et la Grande Mère, il y a carrément de quoi faire ! D'abord, il faudrait considérer Delem (sœur-épouse de Herem) et toute la liturgie du Sanctuaire, qui décrit les nobles hornoises comme "Rayonnantes" ou "Resplendissantes" (autrement dit "qui brillent"), en plus d'être probablement d'une stature "anormale" comme le sont encore les Hornois d'aujourd'hui (les HornoisEs, c'est plus dur à dire : aucun "non-hornois" n'en a jamais vu). Chez les Emishen, les Anciens sont souvent décrits comme bien plus grands que les gens d'aujourd'hui, d'ailleurs parmi les Otlalnan, Abradem a même entendu une histoire de rêve "collectif", que beaucoup d'Emishen lui ont dit avoir fait, parfois la même nuit. Ce rêve est au sujet d'une "Grande Mère Vengeresse", à la fois chamane, guerrière et esprit elle-même, et qui reviendra pour libérer son peuple (en pétant la gueule aux vilains Dirsen, a priori). Il est d'ailleurs intéressant de noter qu'elle arrive généralement de la mer sur un esquif rond et brillant au soleil.

Virée nocturne

Grosse ambiance à La Lamproie, ou le sens de la fête chez les Ondrènes.

La nuit bien avancée, tout le monde (Frère Abradem et l'escorte de gardes compris) se retrouve à la taverne de La Lamproie, bouge de marins où, effectivement, un petit groupe de baladins est en train de se produire. Point de répertoire Emishen toutefois : s'adaptant visiblement à leur public, les musiciens offrent une interprétation de chansons Ondrènes. Vighnu Pratesh est également présent, il a suivi le groupe et est discrètement attablé à la table voisine. Enfin, pas si discrètement que cela, puisque même Frère Abradem semble avoir remarqué sa présence. Là, nos Protagonistes partagent certaines informations obtenues dans la journée, tandis qu'un Frère Abradem, visiblement ravi d'être le centre des attentions, répond aux questions de Mérane en se lançant dans un cours magistral de mythologie comparée et d'histoire locale. Il se révèle être un expert en matière de toutes sortes de légendes. Il explique en particulier les légendes autour du "trésor des Ondrènes" qui serait caché sous la Citadelle d'Aroche. Constatant que les baladins s'en tiennent au répertoire musical Ondrène, Lel'Liamil les aborde et leur propose de leur faire un concert privé dans une des salles privatives de l'Auberge Calamine. Trop contents de trouver un public intéressé, les baladins acceptent simplement contre le paiement des boissons. Avant de partir, Mérane décide de tester une hypothèse. Elle se rend dans les latrines (un coin qu'elle espère relativement tranquille) et tente "d'invoquer" le Barde Secret en prononçant son nom et en y pensant très fort. Malheureusement, la faune fréquentant les tavernes borgnes n'est pas très sensible à la notion d'intimité, même aux latrines, et il faudra l'aide de Herle pour que Mérane ressorte indemne des lieux d'aisance.

Une fois installés à l'Auberge Calamine, et séparé de Frère Abradem, les Talendans peuvent enfin entendre cette fameuse chanson qui tue. La chanson commence bien comme le Capitaine Anvarel leur avait dit sur le Coppavento : "youpi" (ou "joie") suivi de quelque chose comme "bonjour madame".

Après le concert, il est 4 heures passées et les Talendans prennent la direction de l'Auberge des Vénérables pour enfin aller se coucher (au grand soulagement de leur escorte qui tombe de sommeil et attend la relève avec impatience). Mais alors qu'ils longent la Rue sous les Murs pour rejoindre les escaliers montant à la Ville Haute, qu'elle n'est pas leur surprise d'entendre résonner la Chanson qui Tue ! C'est un écho lointain, comme chanté par des fêtards avinés, mais c'est sans nul doute la chanson. Avec un certains effroi, les Talendans constatent qu'il se trouvent à proximité immédiate du lieu d'un des meurtres, les escaliers où un marchand d'esclaves a fait une chute mortelle. Malgré les réticences de Mérane et d'Andréas, Herle et Lel'Liamil cherchent l'origine des chants. Mais ils ne réussissent à qu'à se perdre dans les rues avant que l'écho de la chanson ne disparaisse. Le groupe reprend sa route, atteint la Ville Haute, et la chanson résonne à nouveau ! Remontant la piste de la chanson dans les rues tortueuses de la Cité-Falaise, les Talendans sont stupéfaits de constater que la Chanson semble provenir de deux directions : la Citadelle tout d'abord, puis une direction qui serait celle du quartiers des Écueils, voire de la mer. Troublés par cette mystérieuse ritournelle, les Talendans font le point. Il y a effectivement des esclaves Emishens sous la Citadelle, mais... la mer ? Et bien, une des tribus du Clan des Otlalnan, les Eritorden (les pélicans) étaient des marins. Et bon, avant la Citadelle, il se tenait sur cet imposant roc un Cercle de Pierre. Cercle de Pierre qui a certes été détruit, mais dont subsiste un vestige : le Doigt, sorte de menhir qui se tient sur la bien nommée Place du Doigt, en plein cœur de la Ville Haute.

Au grand désespoir de leur escorte, les Talendans (toujours suivis de loin par Vighnu) se rendent alors sur la place du Doigt. Vu l'heure avancée, elle est déserte, et même les gardes s'appuient contre un mur pour se taper un petit roupillon. Andréas examine la pierre. Elle est couvertes de graffitis plus ou moins récents, mais le chroniqueur remarque la présence de runes gravée dans la pierre caractéristiques des Cercles Emishens. Plus étrange, la base de la pierre est couverte de traces de sang. Ces traces sont fraiches, probablement du jour même, et Herle et Vighnu se rappelle comment Soashna avait en quelque sorte "activé" le Cercle des Marais lors de l'affrontement final contre ses poursuivants. Juste pour voir, Lel'Liamil chante la chanson : il ne se produit rien de visible. Pour en savoir plus, et profitant de la relative inattention des gardes, Andréas essaie de sonder magiquement la pierre. Remontant le fil des évènements, il comprend qu'un nombre important de personnes (entre dix et vingt) sont venues peu après le crépuscule pour "charger" la pierre en Essence. Ces personnes ont chargé la pierre volontairement et savaient comment procéder (avec leurs mains ensanglantées). Mais à l'instant présent, le menhir est presque vide d'Essence. Autrement dit, le Doigt aurait été "chargé" avant que la chanson ne résonne, et se serait vidé à un moment indéterminé de la nuit. Peut-être justement quand la ritournelle résonnait ?


Des missions comme s'il en pleuvait

C'est presque le petit matin quand les Talendans épuisés (et leur escorte guère plus vaillante) regagnent leur chambre de l'auberge des Vénérables, espérant y trouver un sommeil réparateur. Mais ils n'ont guère dormi que quelques heures lorsqu'ils sont réveillés par une chambrière tout à fait désolée mais carrément insistante : le Capitaine Anvarel a envoyé une estafette les "mander" sans délai dans son bureau de la Tour des Quais. Interrogées, l'estafette, la chambrière et l'escorte "fraîche" expliquent ce que toute la ville semble déjà savoir : une barge de transport d'esclaves arrivant de Valmire a fait naufrage dans les Écueils cette nuit. Dans la brume de la fin de nuit, elle a manqué le phare et les lumières du port de près de 500 mètres... La plupart des mariniers et gardes-chiourme sont morts noyés ou écrasés dans l'épave, et une quarantaine d'esclaves sont désormais en fuite !

À la Tour des Quais

Les gardes mènent donc un groupe de Talendans pas très frais en direction de la Tour des Quais, où les attend le Capitaine Anvarel. En chemin, le petite troupe croise la route d'un Emishen affolé, visiblement un esclave en fuite, rescapé du naufrage de la nuit. Andréas fait valoir qu'ils sont attendus pour dissuader les gardes de lui donner la chasse. Hélas, en arrivant à la Tour, ils assistent au tabassage en règle d'un autre esclave par la maréchaussée. Herle s'interpose en expliquant qu'il a eu sa dose, mais le malheureux ne bouge déjà plus. Les Talendans montent alors les étages jusqu'au bureau du Capitaine, visiblement fort affairé à résoudre cette affaire d'esclaves en fuite. Il ne prend pas de gants et demande directement aux Talendans de lui expliquer ce qu'ils savent, parce que, visiblement, leurs actions de la nuit passée impliquent qu'ils ont compris quelque chose que lui ignore. Tandis qu'Andréas, épuisé, somnole sur un tabouret, les autres essaient de noyer le poisson. Anvarel soupire et dit d'un ton agacé : "Pourriez-vous cesser de me prendre pour un imbécile ? Je veux bien faire semblant d'ignorer qu'une silhouette sombre et encapuchonnée vous suit comme une ombre. Je veux bien faire semblant de vous croire si vous me dîtes ne pas savoir qui c'est. Après tout, personne n'est sensé s'être évadé des geôles de la Citadelle, n'est-ce-pas ? Mais ne me faites pas croire que vous ne savez rien à propos de cette chanson." Andréas se réveille alors brutalement et explique au Capitaine que Herle a découvert que cette chanson était en fait un sortilège qui poussait les marchands d'esclaves à se suicider. Anvarel prend un air pensif, se lève et regarde par la fenêtre en direction de la mer. "Un sortilège, dites-vous... Hum hum... Seriez-vous prêts à en témoigner ?" En effet, si les Talendans témoignent auprès de l'inquisiteur Valiard que sorcellerie il y a, l'affaire quitte automatiquement sa juridiction pour devenir le problème de l'Inquisition. Pour se sortir de ce mauvais pas, Herle accepte d'aller expliquer l'affaire à la Commanderie. Avant de congédier les Talendans, Remlin Anvarel lâche que "son homologue" de la Ville Haute semble avoir une dent contre eux... Herle se fait la remarque que le capitaine de la Ville Haute a partie liée avec les Seigneurs du Nord.

Sorcellerie, fromage et cochonnaille

Tout le monde prend alors le chemin du Cloître. Herle, Mérane et Lel'Liamlin se présentent devant le bâtiment de la Commanderie, avec la lettre d'introduction qui leur avait été remise par le Capitaine Anvarel. Andréas, prudemment, préfère ne pas mettre à l'épreuve la perspicacité des Templiers locaux et oblique en direction de la Bibliothèque Impériale. Là, il est accueilli par Frère Abradem. La curiosité du Consignant a été piquée par sa conversation de la veille à propos du soi-disant "trésor sous la Citadelle", et il a recherché des ouvrages dans les collections de la Bibliothèque Impériale qui pourraient traiter des sujets. Abradem et Andréas se partagent l'imposante pile d'ouvrages et commencent leur étude. Andréas note du coin de l’œil qu'un des Templiers de garde dans la bibliothèque est fort occupé à essayer de chasser un chat noir des lieux...

Pendant ce temps, les trois autres sont introduits dans le bureau de l'Inquisiteur Valiard. Ce dernier les accueille avec bonhommie. Il est à vrai dire au beau milieu d'une collation, et c'est en dégustant fromages et cochonnailles que l'Inquisiteur discute avec les Talendans de matières fort sérieuses [1]. Lisant la lettre d'Anvarel, il n'est pas dupe et comprend que le Capitaine a surtout essayé de se débarrasser d'une affaire encombrante. Il interroge toutefois Herle sur la réalité de ces accusations de sorcellerie. La conversation se déroule à bâtons (et saucissons) rompus, et Mérane en profite pour approfondir ses connaissances en Sorcellerie. Herle expose ses doutes concernant la nature du Doigt, et sa capacité supposée à stocker l'Essence. Valiard n'est même pas surpris. Bien sûr, c'est pour cela que certaines "exhibitions" (comme danser tout nu autour du menhir) ont été expressément interdites sur la place du Doigt. En revanche, l'Inquisiteur doute du fait que de l'Essence puisse être effectivement stockée dans la pierre. Pour lui, le Cercle de Pierres ayant été brisé, une pierre seule n'est plus efficace. En revanche, elle pourrait servir de relais pour un sorcier opérant depuis l'extérieur de la ville. Car Valiard est convaincu que le sorcier n'est pas dans les murs d'Aroche. Pressé de s'expliquer, l'Inquisiteur présente aux Talendans un petit jouet dont il est très fier : un localisateur de sorcier ! Il s'agit d'une plaque de pierre dotée d'une rainure sur laquelle peut glisser une bille. Ne pouvant résister à une démonstration, Valiard lâche la bille sur la plaque. La bille glisse, et indique la direction de la bibliothèque (où se trouve Andréas !), avant d'osciller vers les jardins, puis à nouveau vers la bibliothèque. Devant soudainement sérieux, l'Inquisiteur appelle un Templier.
"Dites, vous êtes certains qu'un Sorcier n'aurait pas pénétré l'enceinte ?
- Non, nos geôles sont vides en ce moment.
- Je ne parle pas des geôles, mais des Jardins. Vérifiez immédiatement, je vous prie !"
L'inquisiteur sort avec son étrange appareil et sa bille oscillante. C'est alors que surgit un chat noir. "Ah, voilà, ce n'était pas un sorcier, mais un Démon ! Occupez-vous de lui !" Valiard a l'air assez fier de son petit effet.
De retour dans son bureau, l'Inquisiteur reprend un morceau de fromage et le fil de la conversation [2]. Il voudrait bien que Herle se charge de cette affaire et arrête le Sorcier. Herle n'est pas vraiment en position de refuser, et voilà une nouvelle affaire qui s'ajoute à la longue liste des missions à accomplir à Aroche pour le petit groupe.

Ignorant qu'on essaie de détecter les Sorciers à quelques dizaines de mètres de lui, Andréas est tout à ses lectures sur le trésor des Ondrènes. Dans différents ouvrages, il trouve trace du fait que la Citadelle a bien été construite par Gréold le Dévot pour protéger quelque chose, quelque chose qui se trouve sous elle. Il y a d'ailleurs trace, il y a une cinquantaine d'années, d'un étrange effondrement de toute section du rempart nord, entre la tour où se trouve la prison et le phare. Étrange, alors que la Citadelle est sensée est construite sur du roc massif... Concernant la nature de ce trésor, des recoupements montrent à Andréas qu'à l'époque de Rhoalberd des Ondrènes (le dernier Roi des Ondrènes) des objets liés à la Couronne des Ondrènes auraient été cachés au Nord. La nature exacte des objets n'est pas claire, il ne s'agit pas nécessairement d'une couronne au sens propre, mais en tout cas il s'agit d'insignes royaux.

Conversation secrète

Dans l'après-midi, tandis que Lel'Liamil et Andréas prennent un peu de repos, Mérane en profite pour aller rendre visite à sa sœur qui réside à Aroche. En route, sa manche est attrapée par une jeune fille : il s'agit d'une jeune Emishen, qui lui explique que "Sail'Langdir a entendu son appel". Mérane est alors menée hors de la ville, par la porte nord, puis dépasse le faubourg des brins. Les deux femmes se retrouvent en pleine campagne, puis pénètrent une forêt jusqu'à une cabane de charbonnier. Dans la cabane, au milieu d'un fatras d'instruments de musique, accordant un luth, Mérane découvre la grande silhouette du Barde Secret, et qu'il est plutôt beau gosse. Sail'Langdir se lance alors dans un petit numéro de charme, mélange de prévenance et de caresses de sa voix de velours. Mérane en est troublée [3] , et il lui faut un petit instant pour retrouver sa contenance. Une conversation franche s'en suit, où le Barde explique plus clairement ses objectifs. Il explique déjà ne plus avoir accès à la ville, et que cela le coupe d'une partie de son pouvoir. Concernant la chanson, Sail'Langhir explique qu'elle s'adresse aux Emishens, que c'est un moyen pour leur permettre de se souvenir qu'il sont des Otlalnan. En se souvenant, ils obtiennent l'aide des Esprits. Qui peuvent, parfois, faire chavirer un bateau, par exemple... Mais ce n'est pas la Chanson qui tue les marchands d'esclaves : ce sont les agents bien réels de Sail'Langdir en ville, le petit groupe d'Emishens qui l'aident. Tandis que la chanson résonne, les gardes courent après son écho, offrant aux hommes du Barde Secret la diversion dont ils ont besoin pour agir.

Sail'Langdir aborde ensuite la question de la Clé. Il demande à Mérane ce qu'elle en sait, et comprend bien que ses compagnons ne lui pas révélé grand chose. Pour lui, ils n'ont pas le droit de prendre la Clé, car elle ne leur appartient pas. Elle aurait été confiée aux Barantanen, et donc appartiendrait toujours à ce clan. Tael Shannan l'aurait dérobée à des Sylvains, et c'est par peur de ces Sylvains que Tael Shannan aurait demandé au Barde de la cacher à Aroche, en échange de la promesse de l'aider à libérer les esclaves. Mais Tael Shannan n'a pas tenu sa promesse. Et Sail'Langdir demande alors clairement à Mérane son aide : qu'elle aille plaider la cause des esclaves auprès des Dirsens. Sinon, les meurtres continueront, jusqu'à ce que le Barde ait suffisamment de forces à ses côtés pour s'attaquer directement à la Citadelle.

Une bien curieuse Fenhri

De son côté, Vighnu Pratesh se réveille après une grasse mâtinée dans les quartiers de Vasco Sotorine. Le Kerdan étant après tout bientôt officiellement en famille avec lui, il a accepté d'héberger le Fenhri loin des regards du Guet de la Ville Basse. Vighnu jette un coup d’œil dehors et constate que les rues sont patrouillées par de nombreux gardes : il est sans doute préférable de se déguiser pour circuler de jour dans Aroche... Vighnu fouille donc dans la penderie de Vasco et découvre des habits de femme, après un mince sourire il prend un miroir et un peu de charbon de la cheminée pour se maquiller ! Peu après, maquillée avec soin une petite fenhri sort fièrement de la chambre de Vasco en roulant des hanches et se dirige vers le quartier fenhri pour faire quelques emplettes. Arrivée à une échoppe, la fenhri-Vighnu achète deux ou trois babioles : un sac, du parfum, une gourde, quelquess vêtement de rechange. Devant l'air ébahi du marchand, Vighnu prend le taureau par les cornes et lui demande directement si son déguisement est réussi.
"Euh... Ca dépend, c'est pourquoi faire en fait ?
- Comment dire... les gardes sont assez tatillons en ce moment."
Le marchand se retourne alors en direction de l'arrière-boutique : "Chérie, il faut que tu viennes... C'est pour un client..."

La femme du marchand arrive et ne peut s'empêcher d'éclater de rire à la vue de Vighnu. Autant pour le déguisement... Après une nouvelle séance de maquillage et quelque ajustements de prêt-à-porter, Vighnu est fin prêt ! Il se dirige alors vers la Citadelle et le prévôt d'armes Dorvas le Bras. Vighnu fait parvenir un message au Prévôt, lui donnant rendez-vous a l'Auberge du Goéland. Après quelques heures d'attente, Vighnu voit entrer à l'auberge un homme ressemblant fortement à un garde déguisé en civil. Celui-ci balaie la salle des yeux et repère la fenhri assise seule dans un coin. L'homme s’appelle Devlin et serait le neveu du prévôt... Vighnu lui fait son rapport, à savoir : que l’écuyer du roi est en fait un alias dont se revendique une sorte de "collectif" pour crédibiliser la conspiration. En l'occurrence, le duc Theodrome de Lorune, le comte Sigrell d'Elorsame, Aergabald de Rordame et le vieux comte Berengar de Delarane (un Orsani) ont tous, à divers moments, prétendus être eux-mêmes le fameux personnage. Ça leur a déjà permis d'échapper plusieurs fois aux espions de la Primature, par exemple lorsque l'un d'eux se savait surveillé et que, soudain, on signalait l’Écuyer à l'autre bout du pays. Donc on pourrait considérer que le personnage est moins important que le Sceau du Roi Rhoalberd des Ondrènes : celui qui porte la bague royale est, techniquement, l’Écuyer du moment, et donne des ordres aux autres conspirateurs. Devlin est intéressé par ces révélations, Vighnu lui signale que ces informations lui ont couté fort cher. Son interlocuteur manque s’étrangler à la mention de la somme puis s'insurge :
"Mais vous l'avez achetée cette information ? Et aux nocturnes en plus !
- Bah oui je suis un nocturne vous savez... N'est-ce pas pour ça que vous m'avez embauché ?"
Vighnu propose alors de voler l'anneau, Devlin s'en va remonter les informations et un rendez-vous est fixé pour plus tard.

Discussion du soir (espoir ?)

Les Talendans se retrouvent à l'Auberge du Goéland pour échanger leurs informations. En particulier, Mérane leur apprend sa rencontre avec le Barde Secret. Elle demande aussi, légèrement irritée, qu'on lui dise la vérité sur cette histoire de Porte-Sous-la-Montagne. Andréas, un poil embêté, se lance dans une explication rapide : “Vois-tu, l’artefact que l’on cherche, est une clé. La clé d’un coffre-fort. Le coffre, on le connait sous le nom de Porte-Sous-la-Montagne et pour autant qu’on le sache, c’est une sorte de réserve d’Artefacts Premiers. Des trucs magiques puissants. Très puissants. Qui pourraient être utilisés comme des armes, contre nous, contre d’autres. Pour te donner une idée de quoi on parle, Urgrand et Lorkan avaient mis la main sur un Artefact Premier, un sarcophage, qui avait le pouvoir de ressusciter les morts. Ouais, rien que ça. Et ça marchait, hein. Tu imagines si ça se savait ? Fort heureusement, ce machin est inaccessible désormais. A priori, des trucs comme ça, la Porte en est pleine. C’est une sorte de réserve, de planque. Est-ce que ces objets ont été mis sous terre pour les protéger, pour nous en protéger ? Qui les a mis là ? On ne sait pas. Mais bon, une sorte de curiosité professionnelle me pousse à aller y voir, histoire d’en avoir le cœur net. Et puis, je me demande si cet endroit ne serait pas une sorte de Cité Première. Alors bon, les histoires racontée par le Barde sur la Clé qui aurait été confiée aux Barantanen... Je ne sais pas. Qui leur aurait confié ? Quand ? Pourquoi ? Il chercherait un moyen pour lui de mettre la main sur un arsenal magique pour virer les Dirsen de la Marche des Lisières qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Il faut qu’il s’explique. À moins que Frère Abradem ne soit au courant de légendes autour de cela ?"

Quant à Herle, il soupire lourdement et vide sa chopine. Il ne voit pas comment concilier toutes ces missions et tâches diverses que les Talendans se sont vues confier depuis leur arrivée à Aroche. "Il nous met dans un belle merde, le chanteur. Parce que j'ai beau réfléchir, on a plein de possibilités d'agir mais y'en a pas une qui me plaise." Et d'évoquer l'hypothèse de livrer le Barde pour satisfaire la faction Impériale et l'Inquisition, de l'aider au risque de se facher fort avec des gens qui sont plutôt des alliés politiques de Tal Endhil et du Bailli (le Prévôt d'Aroche), ou de tenter de ménager la chèvre et le chou. On évoque alors la question des esclaves sous la Citadelle : Andréas et Mérane semblent être d'avis d'essayer d'aider le Barde à les libérer, mais Herle pointe le danger politique pour Tal Endhil à frapper ainsi ses alliés chez les Impériaux.

Lel'Liamil se décide également à exposer clairement ce qu'il sait de comment Tael Shannan est entré en possession de la Clé, et de ce dont la Clé est capable. En effet, la Clé n'est pas qu'une simple Clé : elle aurait intrinsèquement des pouvoirs, puisqu'elle pourrait aider "à piquer des trucs" (pouvoirs que Tael Shannan aurait directement utilisés pour voler la Clé). De plus, si la protection qui l'isole est ôtée, la Clé est sensée "attirer des trucs", dont la nature n'est pas claire mais qui ne semblent pas être animés d'intentions sympathiques. L'histoire (récente) de la Clé est assez complexe et agitée, et commence... avec les Hornois. Les Hotars débarquent dans le Nord aux environ de l'an 15, en même temps que l'Empire qui lançait alors la Conquête du Nord. Lors de l'invasion, les Hornois profanent ce qui est le Cercle de Pierre principal de tout le Peuple des Vent, qui était également l'endroit où la Clé était cachée : Sheb'Ben Rhiban, littéralement le Cercle de Tous les Chefs en langue des vents. Ce Cercle était alors entretenu par le clan Barantanen. Apparemment, les Hornois voulaient l'utiliser pour ouvrir "quelque chose", potentiellement une autre Porte. La Clé est alors envoyée dans les Sylves. Là, les Hornois croisent la route d'un sorcier qui était le vaisseau précédent du Chacal. Ce dernier affronte un Hornois qui n'est autre que le père de l'Inflexible Capitaine. Tael Shannan vole la Clé à ce moment-là, alors qu'elle n'est pas gardée. Il est toutefois rattrapé par Urgrand, le nouveau vaisseau du Chacal, qui aimerait bien récupérer la Clé. Tael Shannan baratine un poil, mais comprenant que cela ne va pas marcher bien longtemps, il la fait planquer à Aroche par Sail'Langdir, au milieu de la Commanderie Templière. Pensant être tranquille, Tael Shannan rentre dans ses terres et continue à traficoter avec les Kormes. Ces derniers, et Lorkan, continuent à lui mettre la pression pour avoir la Clé. Il a beau dire qu'il n'y a plus accès, ça ne prend guère et il sent le vent tourner. C'est à ce moment que Tael Shannan tourne casaque et rejoint le camp Emishen pacifiste. Étrangement, c'est peu de temps après la "trahison" de Tael Shannan que Lorkan et ses Kormes attaquent la faction pacifiste...

Toutes ces révélations ne résolvent hélas pas les questions qui agitent les Talendans. De plus, Mérane rapporte que le Barde Secret souhaiterait rencontrer tous les Talendans, car il aimerait pouvoir essayer de les convaincre de l'aider. Andréas approuve l'idée, mais Vighnu soupçonne un possible coup fourré. Mérane insiste sur la nécessité de la rencontre et a l'air toute guillerette à l'idée de revoir Sail'Langdir. La discussion revient alors sur la nature des excavations sous la Citadelle d'Aroche et sur le mystérieux trésor des Ondrènes. Si le Prévôt et le Duc-Gouverneur sont tellement pressés de mettre la main sur la Couronne du Roi des Ondrène, ne serait-ce pas que sa possession leur donnerait une légitimité certaine au sein de la succession Ondrène ? L’Écuyer du Roi et sa conspiration d'héritiers putatifs en seraient fortement décrédibilisés... Andréas suggère l'idée suivante : à supposer qu'en utilisant leurs talents si particuliers, les Talendans puissent récupérer la Couronne (ou tout au moins savoir où la trouver) puis échangeaient cette information au Prévôt contre la libération des esclaves (et leur exfiltration, pourquoi pas à Tal Endhil), ne pourraient-ils pas alors s'arranger aussi avec le Barde, échangeant la libération des esclaves contre la Clé ? C'est en tout cas la solution qui semble la moins mauvaise à tout le monde.

Affaires de famille

Alors que les locataires de l'Auberge des Vénérables s’apprêtent à aller se coucher, Vighnu (alias la bien curieuse fenhri) quitte les lieux pour rentrer chez Vasco. Arrivant pour une fois chez son hôte à une heure décente, il trouve Vasco chez lui et la conversation s'enclenche entre les deux hommes. Vasco est un poil surpris par la tenue de Vighnu et l'interroge un peu sur ses activités. "Et alors, vous faites quoi dans la vie, pour être obligé de vous déplacer déguisé ? Islinna m'avait dit que vous étiez une sorte de défenseur de Tal Endhil ? Vous travaillez avec Dario ?" Quelques phrases plus tard, Vasco a compris qu'Islinna a choisi de vivre avec une sorte d'assassin, et Vighnu a compris que Vasco aurait préféré qu'Islinna épouse un bon Kerdan, comme Dario. Cela jette un froid, puis Vasco met tout simplement Vighnu à la porte. Décidément, on ne peut jamais compter sur la belle-famille...


Rendez-vous clandestins

Le lendemain matin, les Talendans de l'Auberge des Vénérables apprennent qu'un message a été déposé à leur attention. À la réception, un rouleau de parchemin orné d'un élégant sceau de cire les attend. Herle reconnait immédiatement le sceau : il s'agit de celui d'Oriane de Lorse, la veuve joyeuse du Clos des Insignes et figure de proue de la faction Ondrène. Celle-ci invite "Herle de Lorune et ses amis" à une réception le lendemain soir. Tenue correcte exigée...

Emplettes et bibliothèque

Mérane, Lel'Liamil, Herle et Andréas se rendent ensuite au Cloître, pour interroger à nouveau l'indispensable Frère Abradem. En route, ils constatent qu'en plus de l'habituelle escorte de quatre gardes, ils sont suivis par une chaise à porteur Fehnri. C'est le nouveau moyen qu'à trouvé Vighnu pour suivre ses compagnons, son déguisement de femme n'ayant pas eu le succès escompté. Au Cloître, Abradem répond bien volontiers à leur questions concernant les Barantanen. S'il n'a jamais entendu parler de quelque chose nommé "la Clé", il explique que le nom même du clan Barantanen, les bernaches, peut être compris de plusieurs façons. Les bernaches annoncent en effet l'éclosion du printemps, ce qui en langue des vents peut aussi signifier l'ouverture. Et de fait, leur Cercle (celui-là même qui fut profané par les Hornois qui y cherchaient la Clé) est supposé, selon Frère Abradem, être une "porte" vers le monde des Ancêtres... Tout ceci semble aller dans le sens des affirmations du Barde Secret.

En sortant du Cloître, les Talendans remarquent avec surprise que leur escorte à disparu. Après un moment d’inquiétude ("il ne leur serait pas arrivé malheur, quand même ?"), ils sont rassurés par deux Templiers. Il semblerait qu'après une discussion entre le sergent de la garde et l'Inquisiteur Valiard, il ait été convenu que désormais c'est le Temple qui se chargerait de la surveillance des encombrants touristes. Avantage pour les visiteurs, les Templiers ne sont que deux. Herle, en tant qu'ancien de la maison, n'a pas de mal à sympathiser avec la nouvelle escorte. Les templiers ont pour mission principale d'attraper Sail'Langdir lorsqu'il tentera de prendre contact avec les Talendans. Herle est un peu surpris que les Templiers connaissent le nom du Barde. Un peu gênés de confier cet élément normalement secret, les Templiers expliquent que l'Inquisiteur cherche le Barde depuis plusieurs mois. Voilà qui explique pourquoi Sail'Langdir n'ose plus rentrer à Aroche...

Ensuite, les Talendan passent une bonne partie de la journée à essayer des tenues chez un tailleur pour ne pas commettre de crime contre l'élégance à la réception d'Oriane de Lorse. Malgré l'insistance du tailleur à leur faire acheter des pantalons bouffants qui seraient à la dernière mode, le groupe préfère prudemment rester dans des tuniques plus classiques, accompagnés de sortes de chapeaux surplombés d'une unique plume.

Pendant ce temps, Vighnu attend à l'extérieur, toujours installé à l'abri des regards dans sa chaise à porteur. C'est alors qu'une jeune femme fend la foule de la rue et, malgré les protestations du porteur qui explique que c'est occupé, entre dans l'étroit habitacle. Là, Vighnu découvre une femme aux traits clairement Emishen, qui lui explique que "Sail'Langdir a entendu votre appel" et qu'il leur donne rendez-vous aux Talendans dans les jardins de l'Espalier, près de la porte est d'Aroche. La jeune Emishen s'esquive alors et Vighnu peut la voir disparaître dans une maison du quartier. Le Fenhri se gratte un instant la barbichette, avant de se rappeler qu'il vient de se la raser : la jeune femme est entrée sans difficulté dans cette chaise alors que Vighnu pensait en avoir fermé le loquet, puis elle a disparu dans une maison anonyme d'un quartier chic - un endroit où on imagine difficilement trouver des alliés du Barde Secret. Tout cela est bien étrange...

Rendez-vous à l'Arche

En fin d'après-midi, Vighnu récupère la fameuse cape d'Urgrand chez l'orfèvre. Il espère bien pouvoir s'en servir le soir même pour assurer la sécurité de la rencontre à venir avec le Barde Secret. Pendant ce temps, les autres prennent rendez-vous avec la questora Danilla Melangoline, sous le prétexte d'échanger avec elle des informations concernant les Chacals continuant à opérer à Aroche. En réalité, les Talendans espèrent simplement profiter de leur entrée sur l'espace "extra-territorial" de l'Arche Kerdane pour se débarrasser de leur escorte. La ruse fonctionne avec les Templiers, mais pas avec Danilla qui n'est pas dupe de la vraie raison de la présence des Talendans. Un prêté pour un rendu, la questora en profite pour leur poser plein de questions : auraient-ils rendez-vous avec un certain "ennemi de l'Empire" ? Après leur séjour, les Talendans pourraient-ils avoir besoin d'une sorte de couverture diplomatique ? Enfin, elle pose plusieurs questions sur les projets Talendans autour d’Écume 7 et du Grand Nord... Le petit groupe répond honnêtement aux questions. Andréas récupère également un paquet (la cape), précédemment confiée à Danilla par Vighnu.

Sortant discrètement de l'Arche, le groupe file sur le Coppavento où Andréas essaie de préparer la cape et restaurer le sortilège d'invisibilité lié à l'artefact. Hélas, il constate que s'il dispose maintenant d'un beau maillage en argent et d'une fibule neuve, les glyphes marquant le sortilège sont endommagées et il y a encore beaucoup de travail pour rendre ses propriétés à la Cape. Un peu dépité, Andréas annonce à Vighnu qu'il ne devra compter que sur son propre talent.

Aux jardins de l'Espalier

Partant en éclaireur, Vighnu s'infiltre discrètement dans les Jardins de l'Espalier. Il repère un bosquet offrant une belle visibilité sur la fontaine où le rendez-vous a été fixé. Pas grand monde à cette heure, sinon des promeneurs et des amoureux. C'est alors que Vighnu est rejoint dans son bosquet par une silhouette encapuchonnée, qui est visiblement là pour la même raison que lui ! Il lui faut un moment pour reconnaître ce visage féminin qui lui rappelle furieusement quelqu'un... Mais oui, c'est Mona Ma'od ! Une Korme ! Tiens, avec des cheveux... Constatant que Mona n'est pas là pour l'affrontement, les deux "agents de sécurité" décident de cohabiter dans le même bosquet. Alors que la nuit tombe, et que les promeneurs se dispersent, une autre silhouette apparait : c'est le Barde Secret.

Les Talendans arrivent peu après et la discussion s'amorce. Sail'Langdir pose la discussion sur des bases morales. Selon lui, ceux qui profitent de l'esclavage sont complices de la barbarie du système de l'esclavage, puisque indirectement ou non, ils en profitent. Mérane essaie d'expliquer que c'est plus compliqué que cela, et que tous les arochais n'ont pas forcément le choix, mais cette idée de culpabilité généralisée des arochais semble bien être la base idéologique qui permet à Sail'Langdir de justifier la guerre qu'il entend mener. Les Talendans exposent alors leur contre-proposition : essayer de négocier avec les autorités d'Aroche pour obtenir la libération des otages en échange de la couronne des Ondrènes. Le Barde Secret n'est pas très convaincu : il ne croit pas que le Prévôt puisse accepter de libérer les Emishens esclaves, même contre la couronne. Et pour cause : les esclaves s'occupent d'une opération très secrète. Ils ne font pas que chercher le mythique trésor des Ondrènes. En réalité, ils construisent surtout une vaste caserne secrète qui commence déjà à être occupée par des soldats impériaux. De quoi mater aisément un éventuel soulèvement des Ondrènes. Et jusqu'à présent, personne n'a vécu pour pouvoir parler à l'extérieur de la Citadelle de l'existence de cette caserne souterraine...

Sail'Langdir est surpris d'apprendre que celui qui a découvert sa surveillance magique est en fait Kal'esh Talendan, le chaman novice des Talendans, autrement dit Andréas. Une discussion s'engage entre les deux sur les moyens qu'emploie le Barde Secret pour surveiller Aroche. Sail'Langdir explique qu'il utilise une technique appelée la Rivière de Mots, qui pourrait s’apparenter à un rituel de Mentalisme ou de Songe assez puissant. Le principe de cette technique est de "pister" un certain nombre de "mot-clés" dans une conversation et de remonter la piste jusqu'à leur origine. Sail'Langdir explique également qu'il n'est ni "un sorcier", ni un Chaman. Ses pouvoirs, il les a appris pour ainsi dire à l'école de Bardes, et ces techniques sont liées à son statut de barde. C'est quelque chose qui est considéré comme normal chez les Barantanen, mais pas nécessairement dans les autres tribus. Interrogé sur la Clé, le Barde explique que le principal pouvoir de la Clé est de pouvoir ouvrir à peu près tout ce qui est fermé. Dernier élément révélé par le Barde : le mur d'enceinte d'Aroche a été incrusté d'éclats issus des menhirs du Cercle qui se tenait sur le rocher de la Citadelle. Ces éclats sont sensés agir comme une barrière magique, bloquant la sorcellerie provenant de l'extérieur et ciblant l'intérieur des fortifications. A moins que l'on ne dispose d'un relais à l'intérieur, comme par exemple le Doigt...

Les deux groupes se séparent : le Barde Secret accepte que les Talendans tentent de convaincre les "chefs de Dirsen", même s'il n'y croit pas trop.


Tenue correcte exigée

C'est le grand jour : le soir, les Talendan sont invités au Clos des Insignes, à la soirée d'Oriane de Lorse, et comptent bien y accomplir différents desseins ! Tout d'abord voler la clé des coffres de la Commanderie, pendue au cou de l'Inquisiteur Valiard. C'est Andréas qui en est chargé et il passe une bonne partie de la journée à s'entrainer à copier des clés à l'aide d'une sorte de pâte assez dure fournie par Vighnu. Une fois subtilisée, la clé devra être remise au Fehnri, qui tentera son audacieux cambriolage pendant que l'inquisiteur est encore à la soirée. De son côté, Herle espère être défié en duel par un ennemi déclaré de Tal Endhil : Aergabald de Rordame. Pour cela, tenter de séduire ouvertement son amante (qui n'est autre qu'Oriane de Lorse) semble une bonne piste. Il subit donc une sorte de formation accélérée à la séduction féminine dispensée par Mérane et Lel'Liamlil, qui tentent de transformer le rude soldat en gentleman (ou presque). Quant à Mérane, elle espère bien profiter de ces mondanités pour rencontrer un bon parti.

Oriane de Lorse, votre hôte pour ce soir.

Petits fours et parties de cartes

L'arrivée des Taledans, criée par un domestique, ne suscite guère de réaction parmi les convives déjà présents. Ils sont simplement rejoints par le jeune Lergoran de Garde-Lunes, un petit cousin de Herle dont on lui a confié la garde pour la soirée.

Dans la grande salle, on se presse autour d'un vaste buffet, aligné des deux côtés de la salle. D'un côté on trouve surtout la noblesse lorunoise. À l'exception de Herle, le local de l'étape, les Taledans découvrent la mode lorunoise qui s'avère plutôt... rude ? rustique ? virile ? Ainsi, un énorme lorunois, presque plus large que haut, s'empiffre un poulet entier. Il est vêtu d'une armure de cuir clouté, et porte une hache au côté. Une vraie hache de guerre, pas une arme d'apparat... Non loin de lui, et tout aussi armé et harnaché, se trouve Æryn Tharguel - qui n'est autre que celui que Lel'Liamil sait être l'ex-amant scandaleux de l'alchimiste qu'il a embauché ! Visiblement, l'alchimiste aime les hommes, les vrais... Non loin, assise et semblant comme régenter toute la soirée, se trouve une dame âgée : la comtesse Ydrène de Lorune, venue présenter au monde la Dauphine, la jeune Luane de Lorune. Cette dernière, âgée de même pas 12 ans, est au centre de toutes les attentions.
De l'autre côté de la salle, car on ne mélange pas les torchons roturiers et les nobles serviettes, se trouvent de riches marchands arochais. Parmi ces derniers, la Sénéchale Impériale de la cité d'Aroche, Crysane d'Organde.

Les lieux sont immenses et d'autres salles sont ouvertes pour la soirée. Ainsi, dans un salon de musique, Oriane de Lorse est près d'une fenêtre et se fait donner une leçon d'astronomie par l'Inquisiteur Valiard. Herle en profite pour se faire présenter... et tombe immédiatement sous le charme de la belle Oriane ! N'était-ce point lui qui était sensé la séduire ? Ça commence mal ! Non loin de là se trouve une salle de jeu où s'organise une partie de Prime, un jeu de carte ressemblant au tarot. Parmi les joueurs, une connaissance de plusieurs Talendans : le jeune Elsar de Lorse, fils d'Oriane et apprenti chasseur de sorcière. Il semble jouer mécaniquement, et arbore un visage bien triste. La vue de ses anciens compagnons d'aventure Andréas et Herle ne semble pas le réjouir, même si Andréas lui fait part de son plaisir de le voir à nouveau. Mérane se fait présenter et tente en vain d'arracher un sourire au jeune chevalier dépressif. Profitant d'un changement de joueurs, Andréas et Lergoran s'installent à la table de jeu, tandis que Mérane joue avec Elsar "pour apprendre les règles". Lergoran et Andréas se font plumer par deux autres joueurs jouant "en duo" (qui ne sont autres que Aergabald de Rordame et Ærdyn), et Andréas commence même à se faire extirper des informations sur les défenses militaires de Tal Endhil... La partie est fort heureusement interrompue par l'arrivée du marchand Merrywendell Loryame, qui pose une telle somme d'argent sur la table qu'il décourage tout le monde.

Amour, gloire et coma éthylique

Herle continue son opération séduction sur Oriane, qu'il a à son bras - sans que cela semble déranger le moins du monde Aergabald. En revanche, Oriane lui explique que son amant est absolument obsédé par Durgaut : il en parle tout le temps, et visiblement pas qu'en bien. En tout cas, le courant passe entre Herle et Oriane : cette dernière parvient même à faire goûter à Herle du jus de fruit, une étrange boisson non-alcoolisée (!!!) à base de goyaves importées du lointain empire de Fehn. La soirée est propice à la romance, puisque Mérane ne lâche pas le jeune Elsar et semble enfin avoir son attention. Le jeune chevalier est fortement perturbé par l'espèce de compétition qui existe entre Aergabald et lui-même autour de l'amour de sa mère.

Lel'Liamil préfère les affaires à la romance et s'entretient avec la la Sénéchale Impériale Crysane d'Organde et en profite pour se faire présenter au Sénéchal maritime d'Aroche, le marchand de sel Salvarol "Saunier".

Pendant ce temps, Andréas se présente auprès de l'Inquisiteur Valiard. Ce dernier tique un peu en découvrant le patronyme d'Andréas, "Odran". La maison Odran, ces marchands qui se piquent de marcher sur les plates bandes de la Bibliothèque Impériale... Toutefois, ce léger froid dissipé la discussion s'engage agréablement sur la travail de chroniqueur d'Andréas à Tal Endhil. Remarquant que Valiard ne surveille pas trop son verre (car il préfére s'assurer que personne ne lui pique sous le nez ses mets préférés), Andréas y verse discrètement le contenu de la fiole que lui a confié Vighnu. Il n'y a plus qu'à attendre... sauf que l'inquisiteur semble être immunisé aux effets du somnifère ! Est-ce dû à la forte corpulence de Valiard, à la formidable quantité de nourriture qu'il ingurgite, ou bien que est-ce que Vighnu lui a donné un produit périmé ? En tout cas, Andréas est contraint de changer de tactique et commence à charger le verre de l'inquisiteur d'alcools forts, tandis que le chroniqueur verse opportunément les siens dans les plantes vertes. Valiard commence enfin à piquer du nez. Andréas le conduit vers un divan où l'ogre se décide enfin à s'assoupir avant de se mettre à ronfler bruyamment. Comme à l'entrainement, Andréas n'a plus qu'à glisser délicatement sa main au cou de l'inquisiteur pour prendre l'empreinte des clés supposées pouvoir ouvrir les coffres de la commanderie. Son forfait accompli, le chroniqueur prend poliment congé alors que la soirée commence à tirer à sa fin.

Gang de chats et diplomatie

Une fois à l'extérieur, Andréas hâte le pas en direction de l'Auberge des Vénérables, où il a rendez-vous avec Vighnu. Soudain, un chaton lui barre la route en feulant. Andréas le chasse sans peine, mais voilà un autre chat. Puis deux, trois, il en vient de partout et ils sautent toutes griffes dehors sur Andréas ! Le chroniqueur est rapidement dépassé et il faut l'intervention d'un passant qui chasse les matous d'un sceau d'eau glacée. Un Andréas salement amoché et frigorifié remercie son bienfaiteur. Ce dernier se présente comme étant Lemdern, au service de Remlil Anvarel et chargé de surveiller les Talendans. Andréas se fait escorter jusqu'à l'auberge et offre un verre à Lemdern. Son garde du corps est quelque peu agacé par les manoeuvres des Talendans pour semer leur escorte : ils ne faudraient pas qu'ils oublient que les Chacals ont mis leurs têtes à prix. Puis Lemdern demande des nouvelles de l'enquête sur la Chanson qui Tue. Andréas tourne un peu autour du pôt, lâche qu'il sait qui est responsable mais qu'il ne peut pas le dire sans en référer aux autres. Lemdern prend congé pas vraiment satisfait par cette réponse, mais Andréas peut enfin rejoindre Vighnu dans la chambre et lui confier les empreintes des clés.

Au Clos des Insignes, la soirée est presque terminée et les Talendans restant s'apprêtent à se retirer lorsqu'on leur referme la porte au nez et que des hommes en armes surgissent de nulle part. Oriane leur fait comprendre qu'il sont attendu pour une importante discussion au salon et que leur présence est obligatoire. Des chefs Ondrènes, dont certains que les Talendans avaient vu quitter les lieux, apparaissent à leur tour. Toute la Conspiration des Ondrènes semble avoir pris part à la mascarade : Oriane, Ærgabald,Æryn Tharguel, la vieille Freyda ou encore le capitaine du guet de la Ville Haute. N'ayant pas vraiment le choix, nos protagonistes obtempèrent. Oriane prend la parole et commence à leur proposer une alliance.

"En effet, explique-t-elle, les relations entre les Seigneurs du Nord et les Talendans sont parties sur de mauvaises bases. Il y a eu, de part et d'autre, des actions malheureuses. Certes, l'alliance avec les Chacals ne fut l'idée la plus brillante d'Ærgabald. (ce dernier opine du chef en souriant, levant les mains au ciel comme s'il avait bien mérité cette pique) Pour autant, vous n'êtes pas vraiment Impériaux : ceux d'entre-nous qui ont récemment pu visiter Tal Endhil ont pu le constater de visu. Pensez à votre commerce : tout passe par chez nous. Aroche est votre débouché maritime, et vos routes traversent nos contrées. Vous devez comprendre que les Ondrènes se soulèveront à nouveau. Et cette fois, l'Empire n'aura pas les moyens de s'y opposer, parce que l'essentiel de sa machine de guerre ici est Ondrène. Une fois notre indépendance acquise, vous serez coupés de l'Empire, une minuscule enclave septentrionale. Nous sommes vos alliés naturels, pas l'Empire."

Les Talendans demandent ce qu'ils veulent d'eux exactement, car ils ne sont pas autorisés à prendre des décisions en place du Bailli Durgaut. Pour Ærgabald, ce qui importe, c'est que Tal Endhil prenne position dans la guerre à venir par une action concrète. En attendant, une action bénéficiant aux deux parties pourrait être de se débarrasser des Chacals survivant : Ærgabald vendrait volontiers ses anciens alliés aux Talendans. Les Talendans expliquent qu'ils transmettront l'offre des Seigneurs du Nord à Durgaut et on les laisse partir.

L'heure du choix ?

Tout le monde se retrouve à l'Auberge des Vénérables pour échanger ses informations. Un long débat entre les Protagonistes s'en suit, qui les tiendra occupés jusqu'aux premières lueurs du jour. Faut-il informer le Bailli ? Transmettre des informations aussi critiques par pigeon voyageur n'est sans pas sûr, mais Andréas explique qu'il peut crypter le message et l'envoyer à une personne de confiance. défaut, il peut aussi tenter un contact direct par chroniquerie. Pour autant, beaucoup estiment que cela prendra trop de temps et qu'il faut agir vite. Vighnu n'a pas l'air convaincu par l'offre des Seigneurs des Nords et pense que Tal Endhil doit conserver son indépendance. Et surtout, il y a plus urgent : il faut récupérer la Clé avant que l'Inquisition ne se rende compte de ce qu'elle possède en ses coffres. Volons la Clé avec l'aide du Barde Secret, puis aidons-le en échange à faire évader les esclaves.

La question des "casernes" qui, selon les dires de Sail'Langdir, seraient creusées par les esclaves Emishen sous la Citadelle est également posée. Comment est-ce possible qu'une garnison reste enfermée sous terre, sans possibilité de sortie puisqu'elle doit être secrète ? Cela parait peut probable et les Talendans décident de demander des précisions au Barde.


La nuit du double vol

Le lendemain est consacré à la préparation et à l'exécution du vol de la Clé dans les coffres de la Commanderie. Vighnu a les plans des égouts, un déguisement de moine et a fait plusieurs reconnaissances sur place. Sail'Langdir leur accorde son aide. Andréas a obtenu le double des clés de la salle des coffres, et pourra aider l'opération à distance par magie. Quant à Herle, il va attirer une bonne partie des Templiers loin d'Aroche, à la chasse aux "sorciers sylvains". Tout devrait bien se passer, n'est-ce pas ?

Préparatifs

Plusieurs Talendans font d'abord une grasse matinée histoire de reprendre des forces après leurs émotions nocturnes. Mérane retrouve Sail'Langdir et, avec son aide, confectionne une copie crédible de la sculpture de faucon qui dissimule la Clé : les Templiers ne doivent pas pouvoir remarquer facilement qu'un objet a été volé. La sculpture fait près d'un mètre, tout de même : son évacuation ne sera pas discrète. Un rendez-vous discret avec Sail'Langdir et ses hommes est organisé dans l'après-midi sur le Coppavento. Les détails de l'opération sont discutés. Mona Ma'od accompagnera Vighnu à la Commanderie.

Les Talendans abordent également la question des "casernes sous la Citadelle". Sail'Langdir retransmet ce que les esclaves lui ont décrit, à savoir des soldats en nombre (il ne saurait pas dire combien, mais au bas mot "plus que pour seulement surveiller les esclaves"), des espèces de cavernes aménagées et de grandes salles, du matériel, des armes, des lits, des tas de machines dirsen (d'après les descriptions : des palans, des scies, un four à ciment... rien que de très normal pour une excavation). Et surtout des travaux : les esclaves taillent des escaliers, ils transportent des cailloux, ils creusent, ils étayent, ils maçonnent, ils nettoient de vieux bas-reliefs dans les cavernes, ils installent des portes et des grilles. Les Emishen étant plus doués pour évaluer les distances et les volumes que compter les Dirsen, après réflexion, ça pourrait représenter en tout l'espace d'une dizaine de huttes, reliées par des couloirs, quelques puits et des escaliers. Mais alors plein d'escaliers ! Assez d'escaliers, en fait, pour que les plus profonds atteignent le niveau de la mer. Plus Sail'Langdir explique, plus les Talendans comprennent que c'est surtout un escalier entrecoupés de quelques espaces "techniques" : des paliers, quelques ateliers et salles de travail (surtout vers le haut), des remises, les cellules des esclaves, etc. Le tout croise quelques grandes cavernes (deux ou trois huttes de volume, dont une est clairement "sculptée") et semble être peu à peu segmenté par un paquet de portes et de herses. Ce n'est clairement pas une caserne : mais cet escalier secret pourrait servir à créer un accès protégé de la Citadelle à la mer, sans passer par les quartiers "hostiles" ni dépendre des Kerdans. Et par lequel, si besoin, on pourrait en toute discrétion faire entrer des renforts, directement de la mer dans la Citadelle.

Pendant le casse, le travail d'Andréas sera d'endormir la méfiance des gardes à l'aide de sa magie. Le sortilège qu'il envisage étant couteux en Essence, il a besoin de "faire le plein". Expliquant son problème à Sail'Langdir, ce dernier lui propose de l'accompagner à l'Auberge Calamine. Une fois sur place, le barde parle avec les musiciens en train de jouer sur place et se met à chanter. L'ambiance change brutalement alors que la prestation de Sail'Langdir hyptonise la petite foule des clients. Andréas se concentre et commence à charger la Sphère des Anciens de l’Énergie des auditeurs. C'est alors que quelque chose l'attaque de l'intérieur de la Sphère. Et là, c'est le drame.

Le casse

Pendant ce temps, Mona Ma'od et Vighnu progressent dans les égouts sous la Citadelle. Pliés en deux au milieu des miasmes et des déjections diverses, ils atteignent leur point d'entrée dans le Cloître : une évacuation située dans la salle de chirurgie. C'est à peu près à ce moment là que Mona Ma'od est "contactée" par Sail'Langdir qui vient avec des nouvelles assez troublantes. Le barde est toujours à l'auberge Calamine, où il semblerait qu'Andréas se soit lancé dans "une soirée de débauche" alors qu'il a un boulot à faire. Outre le fait que ce n'est pas son genre de laisser tomber une affaire en cours, Vighnu fait observer qu'Andréas est plutôt une sorte de moine vis-à-vis de la bagatelle. Mais il est trop tard pour faire demi-tour.

Couverts de certains "déchets chirurgicaux", Vighnu et Mona Ma'od entrent dans l'hospice en soulevant la grille d'évacuation. Leur entrée déclenche les cris d'un patient, qui se met à hurler "Les goules ! Les goules sont revenues !". Ses hurlements font intervenir deux Sœurs Compatissantes, qui tentent de leur mieux de calmer le dément pendant que Mona et Vighnu attendent dans la salle d'opération. Visiblement, l'hospice contient aussi des aliénés. Les Compatissantes finissent par repartir, et nos deux cambrioleurs reprennent leur route en direction de la Commanderie. Les voici maintenant dans les jardins du Cloître, où Sail'Landhir les informe qu'Andréas a cette fois disparu de l'auberge calamine... Le barde dit également à Mona Ma'od qu'en l'absence du chroniqueur, il va les rejoindre pour leur filer un coup de main opérationnel. En attendant, nos deux monte-en-l'air observent les mouvements de la patrouille. Une fois celle-ci passée, Mona Ma'od utilise son déguisement de nonne pour traverser le Cloître le plus innocemment possible, tandis que Vighnu passe de buisson en buisson, échappant à la vigilance d'un garde qui surveille les lieux depuis une tour de garde. Devant la porte de la bibliothèque, ils constatent que celle-ci est fermée à clé. Vighnu crochète la serrure, couvert par Lunes Voilées et parvient de justesse à faire jouer la serrure avant que le garde ne les repère. Mona Ma'Od fait une remarque acide à l'endroit de Vighnu qui l'a échappé belle, et ce dernier réplique à haute voix que "Ça va, hein." C'est alors qu'une voix répond de l'intérieur des lieux : "Chuuuut ! Vous êtes dans une bibliothèque !"
Un ange passe.

À l'intérieur, Frère Abradem qui regarde ces deux religieux d'un air un peu interdit. "Je ne vous connais pas, je suis Frère Abradem, Moine Consignant. Et vous ?" Lunes Voilées répond qu'elle est une Compatissante, tandis que Vighnu fait comme s'il ne pouvait pas parler. Haussant les épaules, Abradem leur dit que les ouvrages médicaux se trouvent au fond à gauche de la bibliothèque avant de s'en retourner à ses travaux. Et il n'a pas l'air de vouloir s'en aller, à vrai dire il sort même un petit en-cas qui laisse entendre qu'il est là pour un moment. Vighnu décide d'utiliser un de ses dards enduits de soporifique pour se débarrasser de l'encombrant Consignant. Il vise et atteint Abradem juste derrière l'oreille. Ce dernier lâche un Aïe ! sonore, retire la fléchette de dernière son oreille et se retourne droit en direction de Vighnu. Il le regarde d'un air ébahi, se met à osciller et tombe. Les deux cambrioleurs le réinstallent derrière sa table de travail. Ils constatent à cette occasion que Frère Abradem semble être en train de travailler sur l'archéologie des Marches du Nord, reliant tous les sites Premiers entre eux pour voir où ça se croise. Notamment, il semble s'intéresser à ce qui se trouve dans le prolongement de la Grande Chaussée, et qui semble être... le Pays des Gens de Pierre ! Lunes Voilées fait ingérer de l'Herbe-Nuage à Abradem d'une "soufflette", espérant que l'effet résiduel de la drogue sera suffisant pour lui faire de ce qu'il a vu pendant la nuit. Elle subtilise également les clés qu'il a sur lui. Coup de chance, il a les clés des lieux sur lui. Par contre, ils entendent aussi la patrouille qui est en train d'arriver. Les gardes trouvent Abradem affalé sur son bureau, le secouent, et il ne se réveille pas. Ils sentent également une odeur bizarre qui émane du Moine. Lunes Voilées se présente avec un livre sous le bras et un air innocent comme étant Sœur Cateline, et que Frère Abradem lui a conseillé cet ouvrage. Et que oui, ça sentait bizarre quand elle est entrée dans la bibliothèque. D'un air désapprobateur, les gardes referment la porte de la bibliothèque à clé et continuent leur patrouille... en direction de la salle où Vighnu s'est réfugié ! Ce dernier grimpe en haut d'une étagère et les deux gardes passent sous lui sans remarquer sa présence.

Une fois rejoint par Mona Ma'Od, ils constatent que le jeu de clés de Frère Abradem n'ouvre pas la porte qui donne sur la Commanderie. Mona Ma'od recontacte Sail'Langdir : ce dernier est arrivé sur place et "il a vue sur la Commanderie". Il pourra donc au besoin faire diversion sur les gardes en créant divers chuchotements dans les jardins. Vighnu a besoin de souffler et, dissimulé dans la salle de stockage du scriptorium, discute le bout de gras avec Lunes Voilées. Après s'être présentés leurs CVs respectifs, ils reprennent le cours de leur opération et retournent devant la porte verrouillée. Vighnu la crochète et entre enfin dans la Commanderie. Traversant un couloir, ils arrivent à la porte suivante, devant laquelle le garde de faction s'est endormi. Vighnu fait à nouveau jouer ses outils sous le nez du factionnaire... et les deux cambrioleurs passent ce nouvel obstacle. Ils descendent un escalier au pied duquel se trouvent plusieurs cellules, et un peu plus loin la porte qui doit mener aux coffres. Mais avant elle, il y a un garde qui est manifestement occupé à repriser des chaussettes sous une torchère. Vighnu sort à nouveau sa sarbacane... et une fléchette se plante dans le cou du garde qui lâche à nouveau un cri.
"Aïe !
- Qu'est-ce qui se passe, tu t'es piqué avec ton aiguille à repriser ?" réplique une voix rigolarde, plus loin dans le couloir. La garde extrait de son cou la longue fléchette et la contemple avec perplexité.
"Non... je crois qu'on m'a... tiré dessus...", a le temps de répliquer le garde avant de s'effondrer. L'autre Templier s'approche dans le couloir et a à peine le temps de se passer les épaules qu'il est frappé lui aussi par une fléchette empoisonnée. Tout surpris, il tente de crier un "alerte !" qui se révèle bien mou. Vighnu soupire de soulagement. C'est alors que de derrière eux quelqu'un fait "Pssstt... par ici !". C'est un prisonnier, puant, hirsute et avec un accent à couper au couteau, qui leur fait signe en agitant des doigts où les ongles ont été remplacés par une pulpe sanglante. C'est visiblement un Sylvain, et Vighnu lui explique qu'il ont une affaire à mener et qu'il ne récupèreront sur le chemin du retour.

Vighnu et Mona Ma'od sont enfin devant la porte de la salle des coffres, avec ses deux serrures suffisamment éloignées pour qu'il faille deux personnes pour ouvrir la porte. Prudemment, les deux compères examinent la porte en quête d'un autre système de sécurité. Vighnu examine également les serrures. Ne remarquant rien de particulier, ils entreprennent de tourner les clés de façon synchrone et dans le même sens. La clé de Mona Ma'od tourne... mais pas celle de Vighnu ! Lors d'un nouvel essai, Vighnu change son le sens de rotation de sa clé. Le mécanisme joue... mais la porte reste bloquée. Vighnu et Mona Ma'od pestent et se rejettent la faute, ce qui suscite les ricanements du prisonnier, un peu plus loin : "Vous n'avez pas vraiment l'habitude de travailler ensemble, n'est-ce pas ?" Ils essayent une autre combinaison de sens de rotation des clés, nouvel échec. Mais comment marche cette fichue serrure ? Comprenant qu'une rotation dans le mauvais sens est "enregistrée" par le mécanisme, et qu'il faut retrouver une sorte de position initiale, les deux cambrioleurs finissent, après vingt minutes d'essais et d'insultes mutuelles, à déverrouiller la porte. Ouvrant le double battant, ils découvrent derrière un vaste fatras d'objets divers sur des étagères, ainsi qu'un petit bureau. Les murs sont entièrement recouverts de plomb, et sur les étagères il y a parfois de simples caisses, ou bien des coffrets plombés. Sur le bureau se trouve un registre, tous les objets étant numérotés. En fouinant un peu ils trouvent l'objet qu'ils cherchaient : une statuette ressemblant "raisonnablement" à la copie réalisée par Mérane et Sail'Langdir et procèdent à l'échange. Il ne reste plus qu'à sortir d'ici maintenant...

Mona Ma'od demande quoi faire avec le prisonnier. Vighnu est partisan de l'évacuer, elle envisage de le tuer sur place. L'idée est de l'utiliser comme alibi en tout cas. Après un court débat, et une démonstration de mauvaise foi de Vighnu, ce dernier reconnait que Lunes Voilées a raison et que ce n'est probablement pas la peine de s'embêter à l'évacuer si c'est pour le tuer plus tard. Entrant dans sa cellule, ils constatent que le Sylvain a des menottes plombées avec des clous qui pénètrent ses poignets. Pendant que Mona Ma'od fait mine d'examiner les menottes, Vighnu poignarde le Sylvain qui meurt sans mot dire. Constatant qu'il porte sur la poitrine un tatouage de la Confrérie du Chacal, Vighnu entreprend de découper le morceau de peau tatouée pour "marquer" le crime de la main de la Confrérie. Ils enferment ensuite les deux gardes du couloir dans la cellule. Remontant l'escalier, ils remarquent que le garde qui s'était assoupi en faction est désormais réveillé. Ils demandent l'aide de Sail'Langdir pour faire diversion. Il leur faut attendre un long moment avant qu'ils n'entendent les gardes s'interpeler entre eux. Le factionnaire s'éloigne et les deux cambrioleurs peuvent sortir. En provenance du cloître, ils entendent des hennissements, des coups sourds et des cris. La diversion semble fonctionner !

Remontant leurs pas, Vighnu et Mona Ma'od sont de retour dans le scriptorium. Il n'y a plus trace d'Abradem et la bibliothèque semble déserte. Regardant dehors, ils voient les Templiers courir après un cheval. Puis, ils entendent le bref échange suivant :
"Il s'agit d'un cheval échappé, mon Commandeur.
- Je vous dis de vérifier le sorcier !"
Comprenant qu'ils n'ont pas une minute à perdre, Vighnu et Lunes Voilées se précipitent dans les jardins, sous le nez des gardes en train de maîtriser le cheval. Ils sont repérés, mais personne ne semble disposé à arrêter ces deux étranges religieux. Ils peuvent donc pénétrer dans l'hospice et refermer la porte derrière eux avec une solide barre de bois. À l'intérieur, les malades sont agités et plusieurs Compatissantes essaient de les calmer. Les deux cambrioleurs se font tout petits et rejoignent discrètement la salle de chirurgie. Quittant leurs déguisements, ils se faufilent par l'évacuation, direction les égouts, puis ils espèrent rejoindre discrètement le Coppavento. Mais juste avant d'atteindre la sortie des égouts, Vighnu a un mauvais pressentiment. Il a le temps de voir briller une lame... Lunes Voilées vient de le trahir !

Vighnu se décale, mais ne peut éviter complètement le coup de la Korme. Il encaisse le coup en grimaçant, et ne peut éviter un second coup de poignard qui lui fait perdre conscience. Mona Ma'od ne penche sur son corps et le frappe à nouveau pour s'assurer de sa mort, avant de s'enfuir avec la statuette. Dans l'obscurité des égouts, la caméra revient sur le corps de Vighnu. La caméra zoome sur sa main : elle s'agite encore ! Vighnu n'est pas mort ! Juste devant cette main apparait alors une paire de bottes, et la voix de Sail'Langdir s'exclame : "Ah, ces Talendans !"

Sur la route de Valmire

Si Lunes Voilées la traitresse et Vighnu n'ont pas croisé tellement de Templiers à la Commanderie, et si l'Inquisiteur Valiard était absent, c'est parce qu'ils se trouvaient à ce moment là à plusieurs dizaines de kilomètres d'Aroche. La cause ? Une habile diversion montée par Herle de Lorune ! En effet, ce dernier a réussi à convaincre son cousin Tharcem de Garde-Lunes - qui joua un temps les "agents de liaison" entre la famille Garde-Lunes et la Conspiration des Ondrènes - à mettre en place un coup de billard à trois bandes. Herle compte en effet partir "innocement" en déplacement à Valmire, où se trouvent actuellement emprisonnée la petite troupe de "baladins-voleurs" qui avait sévit à Tal Endhil lors de la visite du Primat. Les voleurs avaient alors réussi à s'échapper, mais Dario Celsine n'a pas lâché l'affaire et les a fait chercher dans toutes les Marches du Nord. Et les Talendans viennent justement d'apprendre que les indélicats viennent de se faire poirer à Valmire, à deux jours de marche au sud d'Aroche. Le Bailli Durgaud aimerait beaucoup que ces individus soient transférés à Tal Endhil afin d'y subir toute la rigueur de la justice... ou bien entrer au service occulte du Bailli, on ne sait pas encore très bien. L'idée est que Tharcem parvienne à convaincre les Ondrènes conspirateurs que ce déplacement de Herle à Valmire, seul avec lui, serait une bonne occasion de se débarrasser de cet encombrant Talendan (première bande). Comme les conspirateurs ne peuvent pas trop agir à visage découvert, il y a de bonnes chances pour qu'ils refilent le sale boulot à leur anciens alliés de la Confrérie du Chacal (deuxième bande). Sauf que Herle aura prévenu les Templiers et l'Inquisiteur de son mouvement, et que donc l'embuscade montée par les Chacals sera en fait une embuscade montée par les Templiers (vous suivez ?). Et comme Herle aura suggéré la présence d'un sorcier Chacal, l'Inquisiteur lui-même va faire le déplacement. Ce qui fait que lui et son escorte ne seront pas à la Commanderie pendant le casse de Vighnu ! (troisième et dernière bande)

Or donc, Tharcel ayant servi un baratin qu'il espère suffisamment convaincant à son contact au sein de la conspiration Æryn Tharguel, le voilà en route vers Valmire en compagnie de Herle - suivis un peu plus loin par un détachement d'une petite dizaine de Templiers dirigés par l'Inquisiteur Valiard en personne. Le voyage aller se passe sans problème. Herle et Tharcem en profitent pour discuter de leurs lectures respectives au sein de la bibliothèque des Garde-Lunes. Tharcem y a lu des choses concernant le terrible sorcier Lorkan. Les Garde-Lunes ont en effet compilé une certaine masse d'informations à son propos. Ce dernier serait arrivé dans la Péninsule des Épées il y a bien longtemps (probablement avant la naissance du vieil Herrengard, c'est dire). Il aurait gagné en influence auprès des Arkonnelkans en leur promettant de gagner le contrôle du Pays des Vents, et la Conquête du Nord par l'Empire n'a fait que raffermir son influence. Le plus intéressant, c'est que Lorkan aurait passé une sorte de pacte avec un Démon. Le Démon en question serait une sorte de démon du feu et il lui donnerait accès à des capacités bien au-delà de ce que peut le Draconiste moyen. Et comme ces capacités sont permanentes, cela signifie que Lorkan et le Démon auraient "fusionnés", un peu comme Urgrand et le Chacal, la différence notable étant que Lorkan semble bien être resté aux manettes, tenant le Démon sous son contrôle. La bibliothèque des Garde-Lunes contient également un exemplaire ancien de Stratégie et Stratagèmes, en version expurgée, écrite en patois Ondrène.

Herle découvre dans les faubourgs de Valmire un morceau de l'armée du Baron-Prévôt de la Marche des Lisières, Berinor de Salviane. Près de 1500 hommes, tout de même : la région est en proie à des affrontements assez violents avec les Kormes en ce moment. Se rendant à la prison, il obtient facilement qu'on lui confie les baladins. À vrai dire les autorités locales sont assez surprises qu'on ait retourné toutes les Marches du Nord pour retrouver "de dangereux baladins", et ça les fait un peu rigoler... Le groupe des baladins est constitué d'Olivar, leur chef (qui, remarque Herle, porte un tatouage de l'Ondhor), d'Ivayn (un jeune garçon), de Drogan (le cambrioleur), de Dame Podrane (une forte femme jouant les cantatrices) et enfin d'Amandel (danseuse plus ou moins habillée). Tout ce petit monde est embarqué dans un chariot direction Aroche.

Au retour, sans réelle surprise, le petit convoi tombe dans une embuscade tendue par une dizaines d'hommes. Herle et Tharcem supportent le gros du choc, le temps que les Templiers puissent intervenir. Herle aura le temps de se débarrasser de cinq de ses adversaires mais Tharcem sera légèrement blessé. Après le combat, on constate que les "Chacals" ne sont que trois, les autres étant des bandits de grand chemin embauchés pour l'occasion. Et, au grand désespoir de l'Inquisiteur, il ne semble qu'il n'y ait nul sorcier parmi eux (même s'il compte bien passer tout ce beau monde à la question pour s'en assurer).

Peu de temps après, la convoi croise la route de deux Templiers galopant en sens inverse : ils viennent apporter la nouvelle de l'intrusion dans la Commanderie et du meurtre du "sorcier" Sylvain. Plus qu'agacé par cette information, l'inquisiteur se tourne vers Herle et Tharcem : "Dites-moi, vous ne m'auriez rien à voir dans cette affaire, des fois ?" Si Tharcem n'a aucun mal à nier sa connaissance de l'affaire (puisqu'il tombe lui-aussi des nues), les dénégations de Herle ne convainquent pas totalement Valiard. Et quand l'Inquisiteur a un doute, même léger, il réagit toujours de la même manière : il fait arrêter tout le monde. C'est donc assis dans le même chariot que des baladins désormais carrément rigolards que Herle et Tharcem finissent le voyage, avant d'être jetés dans les geôles du sous-sol de la Commanderie. Autant dire que vu la totale confiance que l'Inquisiteur a envers la torture comme moyen absolu d'obtenir la vérité, ça risque de chauffer pour leur matricule...

Épilogue : tout est bien qui finit mal

Et c'est ainsi que Mérane se retrouva à devoir gérer les divers ratages de ses compatriotes Talendans.

Rentrant à l'Auberge, elle découvre tout d'abord que les affaires d'Andréas, ainsi que une bonne partie de l'argent laissé là, a été subtilisé. Sauf que selon le personnel de l'auberge, le voleur en question semble bien être Andréas lui-même ! Andréas a même laissé un mot à la réception à l'attention des Talendans. Le mot en question est fort succinct, se résumant à : "Dites à Durgaut qu'il aille se faire mettre". Quelle élégance de la part d'un lettré...

De retour sur le Coppavento, Mérane est mise au courant des évènements s'étant déroulés au Cloître par Sail'Langdir lui-même, et découvre un Vighnu entre la vie et la mort, presque emballé dans des bandages. Le Barde Secret lui relate la trahison de Mona Ma'od, le fait que la Clé est désormais en possession de Lorkan qui va très probablement s'en servir "pour ouvrir la Porte des Fléaux", ainsi que du curieux comportement d'Andréas. Sail'Langdir précise que lorsqu'il chercha le chroniqueur à l'Auberge Calamine, il découvrit qu'Andréas était, en compagnie d'autres clients de l'auberge (hommes et femmes), engagé dans une partie fine dans une chambre de l'auberge. Faisant le pied de grue la chambre, il finit par voir sortir un petit vieux qui lui expliqua que l'orgie était loin d'être finie là-dedans. Attendant encore, il vit sortir tout le monde... mais pas d'Andréas ! Sail'Langdir est bien sûr tout aussi emmerdé que Mérane de la tournure prise par les évènements mais, à part avoir retapé Vighnu autant qu'il le pouvait, il ne pense ne plus pouvoir guère aider les Talendans.

Interloquée par ce comportement qui ne ressemblait guère à Andréas, et dans l'attente du retour de Herle de Valmire, Mérane entreprend alors de rechercher le chroniqueur. Interrogeant les serveurs à l'auberge Calamine, elle comprend que le "petit vieux" vu par Sail'Langdir ressemble fort à une sorte d'Andréas qui aurait pris 60 ans d'un coup. Puis elle se résoud à aller demander l'aide du Capitaine Remlin Anvarel. Ce dernier est disposé à aider Mérane, en échange d'informations claires : va-t-on enfin lui dire qui est le sorcier responsable de la Chanson Qui Tue ? Un peu désespérée de trouver de l'aide, Mérane écrit le nom de Sail'Langdir sur une feuille, en ajoutant que ce "sorcier" est capable d'entendre quand on parle de lui et qu'il ne faut pas prononcer son nom. Anvarel parait pour le moins troublé par l'idée que la sorcellerie existait vraiment... Mais en tout cas, il tient parole et fait chercher Andréas dans Aroche. Les hommes du Guet découvrent que "le petit vieux", reconnaissable à la grosse besace qu'il trimballe avec lui, est sorti de la ville par la porte Sud à peu près au moment où Mérane franchissait la porte du bureau du Capitaine Anvarel. Ils se lancèrent à sa poursuite à cheval, mais n'en trouvèrent pas trace avant d'atteindre la frontière avec la Marche des Lisières (et donc hors de leur juridiction).

C'est sur ces informations peu rassurantes que Mérane recoit la visite de l'Inquisiteur Valiard. Ce dernier lui apprend que Herle est enfermé à la Commanderie, soupçonné d'avoir participé à l'assassinat d'un sorcier prisonnier, sans doute pour l'empêcher de parler ! Valiard tente de tirer les vers du nez à Mérane, qui essaie de s'en sortir en jouant la femme dépassée par les évènements et la disparition de ses amis. Malheureusement, elle ne peut empêcher de faire porter le soupçon sur Andréas, à cause de sa brutale disparition concomitante à l'intrusion dans le Cloître. L'Inquisiteur est toutefois suffisamment convaincu par son numéro pour la laisser en paix le temps qu'il puisse interroger Herle, qui de son côté résiste de son mieux aux interrogatoires, pour le moment toujours relativement "cordiaux".

Mérane trouve heureusement un allié inattendu en la personne de Frère Abradem. Bien qu'il fut irrité d'avoir été pris pour cible lors du casse ("Une fléchette dans le cou ! Comme ça ! Alors que j'étais en train de travailler pour vous, sur les questions que Maître Andréas m'avait posées !"), le Consignant parait sincèrement disposé à aider Mérane pour tirer d'affaire Herle et - surtout - pour retrouver Andréas. Après avoir demandé à Mérane si l'expression "Choucas du sapin" (sic) lui disait quelque chose, Abradem lui expose une théorie assez crédible sur le déroulé des évènements, notamment sur le fait que les Talendans devaient être intéressés par quelque chose se trouvant dans les coffres, probablement "une espèce de faucon en bois assez moche". Un peu abasourdie par la clairvoyance du Moine, Mérane ne peut qu'opiner. Il faut dire que Frère Abradem lui révèle bien vite que c'est lui que le Barde avait contacté pour faire transférer la Clé dans les coffres de la Commanderie : il était donc au courant de l'intérêt de l'objet. Abradem était de plus au courant de la nature réelle des capacités d'Andréas, ainsi que de l'existence "de gentils magiciens" en plus des "méchants sorciers" (Andréas appartenant selon lui à la première catégorie).

Frère Abradem propose alors à Mérane une stratégie pour faire sortir Herle et son cousin des geôles. L'Inquisiteur ayant une grande théorie tenant en une vaste "conspiration de tous les sorciers", Abradem suggère de jouer dessus, en rajoutant une couche de "conspiration des sorciers ET des démons" pour expliquer qu'une affaire de possession démoniaque était là-derrière, et que le parfaitement innocent par ailleurs Andréas a été possédé par un Démon ! C'est bien là la seule explication capable de justifier l'étrange changement de comportement d'Andréas. La satisfaction de voir Abradem se ranger à sa théorie de "conspiration des sorciers", le fait que Herle continuait à nier toute implication, ainsi que les arguments de Mérane finissent de convaincre l'Inquisiteur Valiard, qui fait libérer sur le champ Herle et son cousin. Valiard promet de plus qu'il fera tout son possible pour retrouver Andréas et exorciser cet épouvantable Démon qui a volé son corps !

Nous retrouvons alors Mérane, Herle et Abradem à l'extérieur du Cloître. Le Moine semble déterminé à éclaircir le mystère de la disparition d'Andréas, et interroge Mérane et Herle sur les derniers agissements du chroniqueur. Mérane parle du Démon qui pourchassait Andréas (son "exercice" de chaman), ce qui va dans le sens de la théorie qu'ils ont fait avaler à Valiard. Toutefois, cela ne concorde pas avec le mot laissé par "Andréas" à l'auberge des Vénérables : les Démons ne peuvent pas écrire. "Mais ça ne pourrait pas être un sorcier, alors ?" Cette étrange affaire de copulation à l'auberge Calamine rappelle à Herle la méthode utilisée par Soashna pour absorber l'Essence.
"Mais ça ne peut pas être Soashna, elle est morte, je l'ai tuée !", explique Herle.
"Vous l'avez tuée comment ?
- On lui a coupé la tête puis brûlé son corps, bien entendu ! Nous ne sommes pas des amateurs, mon cousin Heymdal et moi !
- Ah, parce que Heymdal l’Émacié est votre cousin ? Bonjour la famille... Bref, mais ça s'est déroulé, ça ?
- Dans un ancien Cairn.
- Dans un Cairn ? Mais quelle idée d'attaquer une sorcière dans un Cairn ! Ah bien, ne cherchez plus : gorgée d'Essence comme elle était, elle a dû réussir à transférer son Esprit dans le focus que votre Chroniqueur trimballe tout le temps avec lui !"
Les Talendans semblent avoir compris ce qui s'est passé : Soashna a volé le corps d'Andréas. Mais il n'ont pas la moindre idée d'où il peut bien se trouver. Adradem est disposé à les aider, mais cela risque de prendre des mois... C'est sur cette amère révélation que les Talendans reprennent le chemin du Coppavento qui s'apprête à appareiller.

Il va être coton, le rapport au Bailli Durgaut !


Bilan des opérations à Aroche

Au moins, les transactions avec la Haute-Guilde ont été fructueuses, rapportant 1 point de Finances supplémentaires à la guilde, pas mal de liquidités à Durgaut lui-même (pour la vente de sa production d'argent, principale source de revenue du bailliage) et même de jolis bénéfices personnels pour les Pratesh (leur huile de lin) et Maître Plirune (pour sa laine). Curieusement, quelques jours avant le départ, la cale du Coppavento s'est remplie d'armes, rapidement emballées dans des sacs de grain avant que les trente nouveaux colons n'embarquent. En effet, le Coppavento ramene également une dizaine d'artisans (dont un forgeron et deux charpentiers), autant de paysans, des mineurs et 6 nouveaux soldats pour l'armée de Tal Endhil. Bien entendu, l'alchimiste Leowyn est également à bord, servant d'infirmier à Vighnu et lui permettant d'affronter les rigueurs de la traversée.

Frère Abradem continuera de chercher Andréas (sans l'aide de l'Inquisition : ce serait vraiment trop dangereux pour votre chroniqueur) et vous tiendra au courant. En attendant, il a remis à Herle une copie de la carte "murale" de la Bibliothèque : en consultant plein de vieux documents des nuits durant, il a pu remplir certains trous avec de vieilles indications en Hornois (?!).

Peu après le départ, une terrible vague de terreur s'empare des passagers, lorsque des têtes rasées sont aperçues dans la cale : "Des Kormes ! des pirates !". Une rapide enquête révèle que quatre esclaves en fuite s'étaient introduit sur le Coppavento. Cinq minutes plus tard, les enquêteurs talendans obtiennent des aveux complets de trois marins kerdans qui les ont accueilli et nourri : les pauvres bougres (deux adultes et deux adolescents) ont réussi à atteindre le bord à la nage depuis les Écueils, après avoir échoué à rejoindre les Barantanen et s'être cachés plusieurs jours dans une grotte au pied des falaises. Ils se croyaient piégés jusqu'à ce que l'un d'eux remarque le pavillon de Tal Endhil en sortant pêcher pour se nourrir : "la Tour à l'Épervier Blanc" est non seulement une indication (rimée) qui résonnait le long du port depuis quelques jours, mais elle était carrément apparue en rêve à la jeune Edell'okhil du groupe la veille du "naufrage" de leur barge-prison. Une fois expliqué aux nouveaux colons que, non, on les jettera pas par-dessus bord, les Emishen passent le voyage sur le pont, à bâfrer (ils sont décharnés) et à chanter joyeusement par tous les temps (y compris la "chanson qui tue", qui terrifie les passagers sans pour autant tuer personne durant le voyage). Les protagonistes présents, connaissant tous la langue des Vents, apprennent ainsi une ancienne comptine Eritorden pour saluer les orages : il parait que ça leur fait plaisir, aux orages...



  1. Quel est le rapport entre les sorciers, le fromage et la charcuterie me direz-vous ? Et bien, les trois se fument très bien au feu de bois...
  2. Notez le beau zeugma !
  3. Reconnaissons que ses compagnons de voyage ne l'ont pas habituée à un tel niveau de glamour...

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