25) "L'Inquisiteur"

De Marches du Nord
Version du 2 avril 2020 à 07:21 par Sebastien (discuter | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : Navigation, rechercher

Au début du mois des Cueillettes, un petit convoi de Talendans part pour Celanire afin d'y commercer, et plus si affinités. C'est également ainsi que commence le premier épisode du second chapitre de notre saga...

PROTAGONISTES :

Ils étaient par ailleurs accompagnés par Nael'Dharam, joyeux guerrier lewyllen coureur de jupons, le soldat du temple Broghan, des bœufs laineux et deux mules acariâtres attelés au "Commodore", le tombereau chéri de Cyric.


Prologue

Le Primat est à peine reparti vers son Temple des Patriarches que les Talendans se remettent aux affaires.
Profitant du roulage ordinaire vers Solerane, il est décidé de pousser jusqu'à Celanire afin d'y régler quelques affaires en suspens. Sous la direction de Mérane, un petit convoi s'organise. Les projets officiels sont nombreux :

  • vendre le poisson à Solerane (ne serait-ce que pour financer la suite).
  • acheter du métal (qui ira grossir les cales des nefs kerdanes), des chevaux, du grain (dont de l'orge), du vin (pour remplacer les hectolitres d'alcool bus pendant la visite du Primat).
  • trouver du matériel chirurgical correct pour les Sœurs Compatissantes.
  • recruter des ouvriers qui seront bien utiles sur les nombreux chantiers ouverts à Tal Endhil.
  • recruter des mercenaires pour compléter l'armée du bailliage.

Plus discrètement, le bailli Durgaut, Herle et Mérane ont également prévu de :

  • ralentir le chantier de l'abbaye voulue par Boniface (si elle est achevée avant celle de Tal Endhil, elle privera le bailliage de sa propre abbaye).
  • étendre le Vent des Rêves au sud.
  • recruter un alchimiste compétent pour la fabrication du Bleu des Lacs.
  • tirer le jeune Merrick de la Faille des pattes d'Aergabald de Rordame (et régler son compte à Eyfahr, l'écuyer de celui-ci, si l'occasion se présente).

Les heures qui précèdent le départ, voulu rapide par Mérane et Durgaut, sont l'occasion de recruter une légère escorte et de se renseigner, autant que possible, sur la situation à Solerane et Celanire. Le convoi va emmener la troupe loin de la frontière de l'Orage, dans une région fermement tenue pas les Seigneurs du Nord... même si officiellement nous sommes entre Impériaux, tout cela ressemble fort à une incursion en territoire ennemi.
Visitant Eliassin de Léandre, encore "convalescent" des graves blessures reçues durant l'embuscade contre le futur bailli, Herle lui emprunte un de ses templiers : Broghan est plutôt jeune, costaud, chevaleresque, buveur par désœuvrement et suffisamment curieux pour avoir appris quelques rudiments de langue des Vents. Malgré une solide gueule de bois, Il ne semble pas mécontent d'aller faire un tour hors de Tal Endhil, surtout si cela lui permet de boire enfin autre chose que du vin de sureau.
Côté emishen, Sifenen Arlan recrute son comparse Nael'Dharam contre une vague promesse de lui arranger le coup avec une donzelle peu farouche qu'il a déjà lutiné vers Celanire. L'ensemble forme une escorte raisonnable bien que légère.

Les Sœurs compatissantes, malgré des remarques déplacées d'Herle qui lui valent des regards courroucés, donnent aux voyageurs quelques noms. Ce ne seront peut-être pas des alliés, mais en tout cas la ville n'est pas tout entière sous la botte de Boniface :

la vieille Aurélia, patronne de l’Auberge de la Canne Sèche, est la doyenne du village. Ancienne sage-femme (elle a donc accouché la plupart des gens de plus de 20 ans) mais aussi avorteuse, elle était proche des Sœurs avec qui elle échangeait des remèdes, y compris des décoctions emishen fort peu légales. Elle n'a pas été inquiétée par Boniface, mais c'est pourtant la seule du village à avoir protesté contre l’exécution de la Sœur Supérieure.
Elle a fermé son établissement une semaine en signe de protestation, avant de ré-ouvrir devant le peu de courage public des autres villageois. Aurélia est, par sa position, la principale acheteuse de bière du coin, donc le brasseur Pirame est assez sensible à ce qu’elle raconte.

la famille de Greldorn vit dans un hameau fortifié de 4-5 familles à quelques km au sud-est de Célanire. Le "père Greldorn" lui-même se retrouve donc à la tête d'une petite communauté assez autonome. Il est assez ouvert d’esprit pour commercer avec les Lewyllen. Il est probable que les Talendans seront bien accueillis, d'autant que ce ne sera pas la première fois que des Emishen restent au calme dans le hameau plutôt que de se risquer au village.

Vorbryn est le plus gros propriétaire, minotier et marchand de Celanire. Les Sœurs ne l’aiment guère parce qu’il profite de sa position pour écraser la population et ses employés emishen. Cependant, l’arrivée de Boniface lui a fait perdre beaucoup d'influence sur le village et il est probable qu'il ne porte guère l'abbé dans son cœur.

le patron de la mine de Whardron est un dénommé Norval, fils de charpentier éduqué chez les Pères, et apparemment actionnaire de l'endroit avec Vorbryn.

► enfin, Tardil de Bedlam, intendant du bailliage, rappelle à Mérane qu'un drapier de Celanire nommé "Teillard" avait été tué par des bandits entre Tal Endhil et Solerane, et que son frère, survivant de l'attaque, avait réclamé une aide financière qu'on lui a refusé : pour quelques pièces d'argent et des condoléances, les Talendans pourraient sans doute se concilier la famille du mort...


Vent frais, vent du matin

Au petit matin, le convoi se met en marche. Nael'Dharam ouvre la route, souvent loin devant. Herle précède le premier chariot mené par Merane. Sifenen Arlan conduit le suivant tant bien que mal (l'Emishen est meilleur cavalier que charron) et Cyric fouette ses mules pour que son "carrosse" suive la trace. Broghan ferme la marche sur le cheval fatigué que le Temple a bien voulu lui confier.

Bien que la route vers la Passe de Nilfenan soit bien connue de tous, le rythme de cette première matinée est fort lent. Les conducteurs peinent à guider leur bêtes, les roues glissent dans les ornières et la route semble interminable. Fort heureusement pour les cavaliers, qui s'ennuient, le paysage est splendide sous le soleil d'été. Après une courte pause, il est décidé d'accélérer la cadence, seul moyen d'atteindre la passe avant la nuit. Tout le monde s'entraide et c'est un groupe nettement plus rapide, mais un peu fatigué, qui attaque la dernière montée quelque temps avant la tombée de la nuit.


Cyric, quelque peu en avance, rencontre un étrange Lewyllen : un petit bonhomme bardé de colifichet, coiffé d'un bonnet ridicule avec des oreilles de lièvre. Le marchand l'identifie tout de suite comme le légendaire Chemin Tortueux et entame la conversation. Une pipe passe entre les deux hommes et Cyric a tôt fait de vomir son repas, tant l'herbe-nuage est forte.
Le colporteur lewyllen profite de l'arrivée de Merane pour l'entraîner à l'écart et échanger quelques rumeurs. Tout semble indiquer que ce nabot ridicule est très bien informé. En l'occurrence, il prévient les Talendans de la présence de Heymdal "l'Émacié" à Solerane. Il semblerait que le chasseur de prime ait provisoirement renoncé à poursuivre les esclaves évadés dans la Vallée de Cainil en raison des combats qui y ont lieu. Il serait donc de retour à Solerane où le capitaine Vanceslas Tremont l'aurai chargé d'enquêter sur la mort de Jornil "Cuivré".

D'autre part, Chemin Tortueux annonce à Merane qu'elle risque de croiser, à Celanire, un étrange Emishen chauve et bien en chair. Herle reconnait à la description un Korme au service de Lashdan qu'il a déjà croisé aux environs de Tal Endhil. Habillé à l'impériale, sans tresses sociales (et pour cause), ce gros type est sans doute chargé des missions d'espionnage, mais Chemin Tortueux n'indique pas la moindre raison à sa présence.

La troupe s'arrête pour la nuit en haut de la passe, au milieu du campement fortifié des Hotars, des conscrits et des Sentinelles. Au matin, Ahroanfar le Bâtard accompagne le convoi dans la descente jusqu'à la Rivière aux Élans. IL est un peu inquiet. Les Sentinelles ont repéré des éclaireurs emishen dont elles n'ont pu identifier le clan et Ahroanfar sait désormais qu'il ne pourra pas compter sur de vrais fortifications avant un bon moment.


Une première étape étrangement calme

La route vers Solerane se déroule plutôt bien, les mules et les bœufs mènent un bon train et, en fin d'après-midi, le convoi arrive en vue de l'auberge-relais du Marchepied. Un peu en surplomb, Herle et Sifenen Arlan s'inquiètent de voir un bon nombre d'hommes d'arme en position aux abords de l'auberge. Une trentaine de mercenaires, ce n'est pas rien, et pour relever le tout, une bonne dizaine de vétérans portant la livrée jaune et noire des Lévriers de Rordame.
Le pisteur emishen repart prévenir le convoi qu'un autre gîte serait souhaitable, pendant qu'Herle descend se rincer le gosier... et se renseigner quelque peu.

Dans l'enceinte de l'auberge, les soldats ne semblent pas particulièrement sur le pied de guerre, mais ils ne sont pas détendus non plus. Les derniers combats ne sont pas si lointains. Plusieurs Lévriers accueillent Herle poliment mais fermement, la main sur le pommeau. La situation se détend toutefois assez vite autour de quelques bières - enfin une boisson civilisée !
Outre les soldats, l'auberge regorge de pèlerins sur le retour après la visite du Primat et la cérémonie à la Mine. Les mercenaires sont principalement issus de diverses escortes qui ont mené des esclaves aux mines pour le compte du Cuivré. Le reste du temps, ils patrouillent en prévision d'une incursion korme.
Les Lévriers, eux, sont venus de Celanire pour acheter des armes et du matériel à Solerane. Ils ont brisé une roue de leur chariot un peu plus tôt et profitent du délai pour se reposer au sec et au calme, loin de leurs officiers. Finalement plutôt aimables, ils confirment à Herle que la route est correcte et qu'il n'y a (a priori) pas trop de Kormes dans le coin (depuis le passage des Templiers). Ils expliquent sans difficulté qu'ils ont une cinquantaine à être cantonnés à Celanire (ce qui les arrange bien, c'est autrement plus calme que la vallée de Cainil) sous le commandement du chevalier Aymard, un type pas mauvais même s'il est un peu sanguin. En même temps, c'est un Ondrène, faut pas s'attendre à un calme.Les armes sont pour la population, leur officier veut renforcer la défense du village au cas où les Kormes pointent leur nez.

Le convoi installe un campement à la cascade, dans un recoin à l'écart de la route.
Profitant que la ferme de Turil le Brun n'est pas loin, Merane et Broghan s'en vont rendre les chiens comme promis à Vighnu. Le templier a bien du mal à retenir les molosses quand il approche de la chaumière. Un adolescent les accueille plutôt gentiment, avant d'être expédié à l'intérieur par sa mère nettement moins amène. La diplomatie de Mérane a fort à faire pour l'amener à s'adoucir. Les chiens lui sont rendus mais il faut déployer des trésors de persuasion pour qu'elle accepte l'idée de rejoindre Tal Endhil avec ses bêtes et sa famille. Un peu d'argent assouplit le dialogue et la mère finit par promettre de rejoindre le convoi au retour.

Le lendemain, hommes et chariots se lancent dans la montée jusqu'à Solerane où ils arrivent dans la matinée.
Mérane et Cyric s'empressent de se rendre au marché pour y vendre leur chargement de poisson séché. L'endroit est noir de monde, l'activité débordante. Les Talendans ne sont pas les bienvenus, ainsi que leur signifie plusieurs marchands. Un attroupement se forme rapidement, des mercenaires commencent à s'approcher malgré la présence intimidante de Broghan.
A nouveau, les talents oratoires de Mérane et la pénurie de poisson dans la ville finissent par avoir gain de cause : la cargaison pourra être vendu. Le grossiste habituel étant absent, les Talendans se retrouvent à vendre au détail - c'est plus long, mais l'argent rentre mieux. Et cela laisse du temps pour d'autres...

Herle en profite donc pour passer la journée, ou presque, à s'imbiber. Pardon, à recruter des mercenaires. La plupart sont bien contents d'être là, d'autant que le capitaine Trémond a eu la bonne idée d'offrir un pichet par jour à ceux qui resteraient dans la ville - il se paye ainsi une réserve à peu de frais. L'offre généreuse de 12 deniers mensuels (plus logement et couvert) pour les bleu-bites et de 2 lunes mensuelles pour les soldats aguerris, les tournées offerte et le prestige du "tueur de sorciers" finissent par convaincre une poignée d'hommes. Herle verse donc leur prime d'engagement (une demie solde) à sept mercenaires volontaires pour rejoindre l'armée de Tal Endhil. Il envoie les trois apprentis et un ancien pour leur servir de tuteur en direction du Bâtard qui les prendra en charge. Les trois autres restent pour accompagner le convoi :

  • Grevlin "Pied-d'Arbre", un Anguedais vieillissant, vétéran de la Révolte des Ondrènes puis de la Guerre des Sylves, à la large barbe grisonnante, crâne rasé, visage et bras tatoués, manie l'arc, le glaive et une lourde bardiche qu'il utilise aussi comme béquille, afin de soulager sa jambe de bois. Il prétend qu'elle ne l'empêche pas de combattre (quoique ça doive le ralentir un peu), mais c'est surtout pour son sang-froid et son expérience tactique que le Défroqué l'a recruté. Grevlin espère pouvoir finir sa vie dans un coin un peu accueillant et en tuant un minimum de monde (de son propre aveu, il en a un peu marre).
  • Malco Torodine, un Kerdan à la barbe en pointe et aux moustaches cirées, fin de la vingtaine, portant une flamboyante mèche orange vif et qui manie l'arbalète comme la rapièce. Contrairement au précédent, Malco est très impatient de parfaire son "Art" contre quiconque veut bien dégainer contre lui, d'ailleurs il était justement en route vers Tal Endhil pour y provoquer Nadine "la Moucheuse" en duel : elle aurait tué son frère il y a quelques années... Des conversations que Herle a eut avec lui, il est complètement cintré, mais proportionnellement pas plus qu'une partie des grognards de Durgaut et, prévenu que le duel pourrait ne jamais se produire, il a simplement répondu "Alors je lui paierais un verre à la place : mon frère était un sale con". Quand il ne combat pas, il joue de la viole en chantant (pas mal d'ailleurs), drague tout ce qui porte jupon et boit comme un trou.
  • la Grosse Rundella est une guerrière orsani (Herle avait entendu dire qu'elles existaient) qui porte fort bien son surnom, et une grande épée à deux mains étrangement noircie. Fille d'un forgeron de la côte Est, massacré lors d'un raid de pirates grésans, elle s'est d'abord jointe à l'armée d'Arund-le-Taureau comme cantinière, puis armurière, puis une retraite sanglante (après la bataille des Deux-Collines) a démontré son ardeur au combat et elle a été promue mercenaire de plein droit. Après 6 ans de service, elle avait économisé assez pour s'installer comme forgeronne sur le port d'Archerune... qui a évidemment cramé il y a deux mois. Franchement, si elle a le choix, elle préférerait être employée aux forges une fois arrivée à Tal Endhil, mais si pour ça elle doit dégommer quelques types de plus, c'est pas cher payé.

Sous la grande halle, le commerce continue.
Le capitaine Tremont se fend d'une visite pour venir, en personne et à cheval, acheter du poisson peu avant la fermeture du marché. Cela ne manque pas de réjouir les Talendans d'avoir, pour une fois, le soutien des autorités.

Le soir venu, la troupe quitte la ville pour bivouaquer aux environs de la ferme de la ferme de la veuve Brun, désormais presque amicale avec Merane. Herle profite du campement pour cuisiner un peu ses mercenaires et s'assurer qu'aucun n'émarge chez la concurrence... au moins à première vue. Au matin, Chemin Tortueux est de retour pour faire la leçon à Merane et Cyric.

Sur la route qui monte à Solerane, les Talendans réfléchissent et croisent les informations les plus fraîches. Des bûcherons croisés sur la route leur apprennent l'ouverture d'un nouveau chantier d'abattage, conséquence directe d'une grosse commande - quelqu'un a sans doute une mine à agrandir. D'ailleurs, côté métaux, Solerane a un problème : en l'absence de mine de fer, elle dépend de TE et de Célanire pour s'approvisionner... et les cours montent. Merane et Cyric pensent cependant pouvoir y négocier de l'argent et du cuivre qui seront revenus, plus tard, à Aroche.

Une fois en ville, Cyric rouvre son étal et fait de belles affaires. Merane fait du porte à porte, amadoue des marchands et se renseigne. Forte d'informations précises et d'un certain bagout, elle finit par négocier un accord de bonne intelligence avec Midral Cuivré. Herle, de son côté, déjeune à la bière avec le Capitaine Trémond qui prépare son départ comme toute la garnison. Il ne fait pas mystère de son peu de goût pour Rhilder qui lui a donné l'ordre, il y a quelques mois maintenant, de ne pas renforcer TE assiégée par les Kormes. Le Capitaine confirme également que Heymdall a quitté la ville après avoir refusé une proposition d'embauche du Cuivré. En revanche, pas de trace des baladins mais un étrange avis de recherche pour un type habillé en vert avec un chapeau à grelot.

Le commerce continue, le "Vent des Rêves" s'étend doucement à un palefrenier et à l'intendant de la forteresse. Alors que le soleil entame sa descente, les Talendans reprennent la route pour Celanire.

Célanire sans alcool

Le voyage entre les deux bourgades se déroule sans encombre. La route est peu fréquentée et la troupe imposante. Ce n'est qu'à quelques lieues du village, sur ses terres, que les ennuis pointent leur nez. Une gamine à moitié nue jailli d'un fourré quasiment entre les pattes des chevaux. Elle file sur la route sans demander son reste, bientôt suivi de deux mercenaires retenant leur pantalon d'une main. Il faut se montrer un peu autoritaire pour que leur sergent, sorti du bois à son tour, laisse passer la troupe. Les trois hommes portent bien sûr la livrée des Lévriers.

Celanire-environs02.png

L'ensemble du territoire semble en état d'alerte. Les fermes détruites lors de l'attaque précédente sont en train d'être reconstruites. Le pont de bois de Dun Mollen est en cours de fortification. Les Emishens ne peuvent pas s'empêcher de faire remarquer que la rivière est traversable, à cheval et sans effort, 200 mètre plus au nord. Cela n'a pas l'air de faire sourire les nombreux ouvriers qui œuvrent à renforcer les défenses du hameau et du moulin. Échaudés par l'ambiance et assez méfiants, les Talendans décident de loger chez Greldorn : c'est une bonne position défensive et d'ordinaire, on y est bien accueilli. Seul Ombre d'un Oiseau le connait un peu mais Greldorn serait un vieux copain de Virgile de Narcejane. L'ancien ne failli pas à sa réputation et accueille la troupe avec bonhomie, ravi de voir Merane dont il a connu le père.
En tassant un peu bêtes et matériels, les chariots tiennent dans un coin de l'enceinte. Les Talendans s'attablent ensuite avec la trentaine de personne vivant sur la ferme et passent une excellente soirée. Malco, le mercenaire kerdan, est mis à contribution et sa viole accompagne joliment les chants d'une des filles de Greldorn. Merane, toujours curieuse, en profite pour titiller Herle sur les "sentiments" du clergé en général et des Templiers en particulier... et tout le monde s'en mêle, pour la plus grande jeune du soudard.

Au milieu des chants et des rires, Greldorn et sa femme brossent néanmoins un portrait du village qui est plutôt inquiétant. Depuis l'arrivée de Boniface, les habitants deviennent lentement mais sûrement des fanatiques religieux aux ordres de l'abbé. Et depuis l'arrivée des Lévriers, tout le monde se prépare à la guerre. Le couvent de Celanire est actuellement transformé en donjon. Les Lévriers gardent les points d’accès et patrouillent toutes la région. Ils s'arrêtent un peu avant le Val d’Orge parce que Boniface ne leur permet pas d'assurer la défense de la brasserie. C'est le sergent Dregar, déjà croisé quelques heures plus tôt, qui est en charge des patrouilles... et qui se sert au passage. Le sergent Tend-l’Oreille s’occupe des fortifications et serait un peu plus fréquentable. En tout état de cause, le chevalier d'Orlonde est bien décidé à défendre son coin de province de toutes ses forces.

Au matin, les Talendans dressent leur plan d'action. Cyric emmènera deux chariots jusqu'à la mine pour y acheter du fer. Les autres (Ombre d'un Oiseau, Merane, Herle et Broghan), iront en barque à Célanire pour s'en faire une première impression.


Ça construit dans tous les sens, c’est le sergent qui donne des ordres pour les fortifications. Pas mal de pèlerins bricolent des baraques. On rencontre (évidemment) une patrouille qui repère Ombre’ mais qu’on arrive à convaincre que c’est notre pisteur. On retrouve Noirsouche qui est là avec Elsar. Officiellement ils sont « malades ». Le baron leur a recommandé de rester au couvent. Merrick de la Faille est « malade » aussi. (On apprend que Heymdal est rentré à Darverane). On va boire un coup à l’auberge. On est servie par Persine, petite fille de la Cane sèche (qui elle refuse de servir les Lévriers). D’autres Lévriers viennent nous voir mais se barrent quand Noiresouche se lève. Il est probablement drogué (et il n’a plus le droit de boire de l’alcool). Merane papote avec Griselle, veuve du drapier. Corps du mari, problème de trésorerie et de transports. RDV à l’heure du déjeuner. On entend un roulement de tambour avant le déjeuner : les Lévriers arrivent sur la place avec deux prisonniers (un Okinohen et un Ondrène). Le chevalier d’Orlonde monte sur l’estrade (Boniface est là aussi) et annonce l’exécution d’un « espion venteux » et d’un voleur de chevaux. Il ajoute un petit discours pour justifier les corvées et le jugement rapide (et exécutif). On part avant la pendaison pour qu’Ombre ne fasse pas une connerie. Surveillance par des Lévriers en civil, focalisés sur moi. Peu de nouveaux dans le village donc on est très repérés. L’Okinahen mort était le neveu d’Alon Sohna, Dernier matin, officier dans son armée. Il venait en ville pour coucher avec une fille de drapier (qui n’a évidemment rien dit). Il s’est fait prendre par une patrouille dont il a buté deux mecs après avoir raté son bluff pourri. Il a été torturé et n’a forcément rien dit. Il a été enfermé 4-5 jours avant d’être pendu. Si le tonton l’apprend, ça va faire désordre. Emplettes : un couple de chevaux, plein de clous, autant de bière qu’on veut (le Val d’Orge est très content de vendre tout ce qu’on veut, vu que la conso locale a nettement baissé). Chemin tortueux se ballade comme il veut dans le village... Merane construit son réseau en utilisant les mécontents et ceux qui ont des soucis de thunes : le maréchal ferrand (vexé de ne faire que des clous), les drapiers (familles Teillard et Roué), les femmes (qui regrettent le départ des emishen et des nonnes qui fournissaient en plante, contraceptives et autres). Elle recrute Poldine "Rouet" et le maréchal ferrant. Remède miracle ??? algue rouge ??? Je rencontre le gamin à qui je raconte l’histoire de son frère. Il accepte de repartir avec moi sur les conseils d’Elsar d’Elorsame (lequel est toujours blessé et infecté, soigné par Boniface et le sergent Volk). Il lui conseille de sortir des magouilles des Seigneurs du Nord. Aymard d’Orlonde est pas vraiment heureux que je lui pique son écuyer potentiel. Construction : l’abbaye ne sera jamais faite ce mois-ci, peut-être pas le mois d’après. Aymard a fait faire une carte et il a bien prévu ses défenses. Il va faire des fossés qui deviendront des douves. Il fait fortifier aussi Dun Mollen pour contrôler les deux ponts. C’est à peu près tout ce qui est possible. Le point faible est le nord du village. Sa priorité est de construire un donjon : le couvent va avoir une deuxième porte, avec un nouveau mur et en rehaussant le tout. Il est pressé. Aymard a demandé à son frère de le rejoindre dès que Rhilder l’autorisera ; il attend un chargement d’arme (un vient d’arriver) pour équiper sa milice. Il prépare en plus de la milice une « réserve » qui récupère les armes pourries (il a recruté une 30aine d’archers grâce à un concours - dont des femmes). Il est sincèrement persuadé qu’il est en danger - parce qu’il sait qui il a pendu (et qu’il ne l’aurait pas fait si l’abbé ne l’avait pas exigé puisqu’il avait couché avec une fille du village). Aymard se laisse régulièrement convaincre par Boniface, alors même qu’il n’est pas pieux - il soupçonne tout de même que Boniface a fait pendre le mec pour actualiser la menace. Le fossé / douve sera prêt d’ici 2-3 huitaines. D’ici là c’est tendu. Les patrouilles doivent servir à prévenir les fermes en cas d’attaque, en plus du reste. Les finances viennent de Rhilder et de Boniface qui prélève pas mal de fric sur la population. C’est Boniface qui a décidé de ne pas protéger le Val d’Orge et Greldorn - il l’a d’ailleurs dit à Pirane. Boniface a une énorme influence sur une grande partie de la population. Les autres ferment leur gueule parce qu’ils ont peur - à raison, vu que certains se sont fait tabasser.


Cyric à Whardron

Pour cause d'absence du joueur de Cyric, les autres ont décidé de l'envoyer acheter du fer à la mine avec des PNJ (pendant qu'eux-mêmes avançaient à Celanire) : les 3 jours de son escapade ferrugineuse ont donc été racontés par mail.

Après la veillée chez Greldorn, levé à l'aube, alors que les autres se rendaient au bourg, Cyric parti vers le sud avec Branche-de-Peuplier, Grevlin Pied-d'Arbre, la Grosse Rundella et la carriole qu'il appelle "le Commodore" pour acheter du fer à la mine de Whardron.
Le sentier suivait les berges pentues d'une rivière tapie dans la forêt, que l'éclaireur lewyllen désigna comme les "Gorges des Oiseaux-Solstice" (une espèce de passereau migrateur jaune et noir). Serpentant de pentes en talus, presque toujours sous les sapins odorants, dans le bruit constant des eaux, des oiseaux et des insectes, le chemin gravit péniblement les contreforts du Tranchoir.
Au soir, l'arrière-train tabassé par une journée de cahots sur le banc du chariot, Cyric campa là avec son escorte, dans un creux de rochers à l'ombre des pins.

L'ascension s'accentua le lendemain et, peu à peu, visible par fragments entre les branches, une vallée encaissée apparut, encadrée de falaises de granit sur lesquelles les arbres s'entêtaient à pousser partout où une racine s'accrochait. En fin de matinée, rendu au pied de Whardron, le "Mont de Fer", le sentier fit une fourche au pied d'un ancien poteau de bois lessivé et vermoulu : vers le sud, l'ancien chemin vers Brendorne disparaissait rapidement sous les herbes folles et les arbustes, et le groupe obliqua à l'ouest, par le raidillon en lacets qui partait à l'assaut du mont.
Malgré la ténacité des mules et l'absence de poids dans le tombereau, monter là-haut prit encore plus de quatre heures, à négocier des virages, à tirer les mules par leur rênes, à pousser la carriole par-dessus les rochers... L'après-midi était donc plus qu'entamé quand les voyageurs atteignirent une sorte de fortin à moitié creusé dans la pierre, dont l'entrée, presque un tunnel incliné et mordu par une herse, déboucha finalement sur une terrasse pavée, ouverte à tous les vents, mais baignée de soleil : à main gauche, contre la montagne, un bastion presque cubique percée d'une porte basse et de quelques archères précédait le long abri bas d'une écurie. Au fond, dos au vide, une sorte de cabane à peine murée entourait l'épais fourneau d'une fonderie, jouxtant une maisonnette rehaussée d'une haute tour ronde, dominant la vallée.


Les sentinelles à l'entrée semblaient nerveuses et, alors qu'un palefrenier venait chercher les mules de Cyric, les soldats coulèrent des regards torves à Branche-de-Peuplier : un large sergent, un des rares hommes d'armes à porter la livrée des Lévriers de Rordame et qui dominait les autres d'une demi-tête, descendit des créneaux pour se présenter comme Gœrsund. Il demanda les armes du Lewyllen (ce qui fit des histoires) avant d'expliquer que, depuis quelques jours, les mineurs se rendant aux deux puits encore en exploitation, à un demi-kilomètre au nord-ouest de la place-forte (le puits principal, sous le bastion cubique, étant épuisé depuis une décennie) avait remarqué des traces de chevaux emishen (non-ferrés).
Il fallait dire que, depuis Whardron, le grand campement de la tribu rebelle des So'Sherkan se trouvait juste sur l'autre versant du vallon, à moins de deux jours de marche au sud-est, et Gœrsund avait donc envoyé la plupart de sa dizaine de Lévriers patrouiller le long de la rivière pour prévenir une attaque.

Le grand sergent emmena les nouveaux venus au réfectoire pour palabrer, au rez-de-chaussée de la lourde bâtisse cubique (dénudée et vaguement délabrée, maintenant que Cyric la voyait de plus près) ; il se montra surpris -et vaguement réprobateur- face à un marchand assez "téméraire" pour s'éloigner du bourg afin d'acheter du fer, laissa planer que la transaction serait sans doute impossible et se dit franchement déçu que la carriole n'ait rien apporté avec elle : les Lévriers -comme la soixantaine de mineurs- n'auraient pas craché sur quelques tonnelets de bière du Val d'Orge, un peu de fromage ou même des légumes frais pour améliorer l'ordinaire de gruau d'avoine, de plantes sauvages et de poisson de rivière.
Quand la soixantaine de mineur et les patrouilleurs ré-intégrèrent le fortin à la nuit tombante, Cyric put enfin rencontrer Maître Norval, le responsable de l'exploitation, accompagné par une sorte de trappeur indigène sans insigne de clan.

Sa barbe poivre-et-sel étalée sur son ventre imposant, ce bourgeois originaire de Brasure était fils d'étameur, éduqué chez les bons pères et ravi d'avoir un visiteur lettré à dîner, dans son bureau cossu au deuxième étage du bastion. Il prit quelques nouvelles du bourg et du reste de la Marche avant de commencer à parler affaires, expliquant qu'il était le second actionnaire de Whardron, dont le minotier celanien Vorbryn avait racheté les deux-tiers de la concession auprès des sénéchaux il y a plus de quinze ans. Les deux associés avaient alors rénové la mine abandonnée et son fort, embauché des mineurs, des gardes, des artisans, quelques serviteurs...
Depuis lors, Norval vivait sur place pour surveiller les travaux durant la belle saison (mais rentrerait dès l'automne auprès de sa famille, dans sa cité natale), il passait son temps libre à chasser et pêcher avec le Muet, le trappeur (effectivement d'origine Halia'Hetan) qui travaillait pour lui depuis près d'une décennie.
Alors, d'une certaine manière, Whardron était un peu "son domaine", où il n'appréciait guère la récente intrusion des Lévriers, venus renforcer la garde depuis plus d'un mois sur ordre du chevalier d'Orelonde.

Norval fut carrément vexé d'apprendre que « cette grosse brute de Gœrsund » ait osé insinué qu'il ne pouvait pas vendre son fer à qui lui chantait et, quoique se doutant bien que l'abbé et le chevalier ne seraient guère content, il se montra prêts à encourir leurs reproches "contre un bon prix". Puisque les Lévriers lui prenaient son fer à 6 deniers le kilo, livré deux fois par mois au dépôt de Celanire (où, en effet, les Talendans n'auraient rien pu racheter), Norval en demandait donc 7 deniers à Cyric qui, après une longue soirée de négociations et une bouteille de "vin du sud" presque entièrement sifflée par son hôte, obtint finalement 60 lingots de fer -presque le tiers de la production du mois- pour 93 £unes, 7 deniers et deux pointes (soit 150 kg, à 6 deniers-un-quart du kilo : si le prix d'achat au lieu de production avait déjà augmenté de plus de 20%, les tarifs à Aroche seraient faramineux !).
Et notre entreprenant Dalane pourrait même espérer un meilleur prix la prochaine fois, s'il avait la bonne idée de ravitailler la mine (et spécialement son patron) en éclairage, en alcool et en distraction : une troupe de baladin, quelques femmes (en effet, l'isolement aidant, même la Grosse Rundella s'était faite proposer la botte plusieurs fois dans la soirée, et semblait avoir jeté son dévolu sur un garde sympathique).


Il faudrait encore cultiver cette relation un bon moment -donc creuser le fossé naissant entre Norval et les Lévriers- pour peut-être obtenir un jour un informateur sur place (Cyric n'avait finalement guère eut accès aux ouvriers).

Épuisé mais content, notre fier caravanier alla donc se coucher auprès de son escorte, reléguée sur de mauvaises paillasses près des latrines, en marge du dortoir où les ronflement des mineurs faisaient résonner tout le premier étage du bastion, et devaient s'entendre jusqu'à l'autre côté de la place pavée, dans la haute tour ronde où les Lévriers avaient pris leurs quartiers.
Les Talendans repartirent à l'aube le lendemain matin et, pas très rassuré par l'évidente désapprobation du sergent Gœrsund, Cyric refusa l'escorte d'une de ses patrouilles même pas "au moins jusqu'à la fourche". Désormais éreinté par les longues journées de marche depuis Tal Endhil, les étapes trop brèves et les levers aux petites heures, Cyric confia bientôt les rênes à Grevlin pour tâcher de s'endormir à l'arrière du tombereau, sur une couche de couvertures jetées par-dessus ses précieux lingots...


Malgré les cahots du sentier, Cyric avait du s'assoupir quelques heures dans la charrette, agréablement chauffé par le soleil oblique du matin, tant que la route suivait la rive gauche de la Rivière des Oiseaux-Solstice. En fin de journée, on camperait entre les deux-gués successifs permettant de traverser les deux bras de la rivière, le chemin changeant de rive avant qu'elle ne devienne infranchissable pour obliquer vers l'Est quelques heures en aval. De là, on rejoindrait un autre cours d'eau, que les colons nommaient Alenrune -apparemment "la rivière à bière" en patois ondrène)- parce qu'il traversait le Val d'Orge pour rejoindre le Lac des Frères et donc Celanire...
Sauf que, bien avant cela, la charrette s'arrêta brusquement : Cyric ouvrit les yeux pour constater que toute son escorte s'était figée face à une vingtaine de cavaliers So'Sherkan, couverts de peintures de guerre, qui étaient surgit sur le chemin en pleine brousse, une dizaine devant, cinq du côté de la forêt (on ne pouvait guère s'enfuir côté torrent) et cinq pour couper la retraite, derrière la Grosse Rundella qui tenait fermement son cheval, une main sur la poignée de sa grande épée.
Les Rebelles avaient l'air incroyablement farouches, tout bariolés de rouge, de noir et de bleu, leurs tresses sociales nouées sur la nuque en signe de conflit, et brandissant des armes traditionnelles aussi bien que des épées et des lances remanes. Certains de leurs boucliers portaient encore les armoiries de Corelguil, la montagne noire aux trois deniers.

Après quelques instants à se toiser les uns les autres, durant lesquels Cyric sentit son estomac se nouer, une guerrière blonde s'avança au pas vers Branche-de-Peuplier, en tête du convoi :
elle s'appelait Serment-des-Pierres, du clan des Okhina'en, "ailière" (lieutenant) de Commande-au-Crépuscule en mission pour le clan, et demandait si le groupe transportait du fer... Sans cesser de sourire, Branche-de-Peuplier présenta ses Dirsen mais se montra très ferme sur la propriété talendane de ce fer, la neutralité de Tal Endhil dans le conflit, la protection que leur accordait les Sentinelles de l'Orage et sa propre appartenance aux Lewyllen de l'Aile du Silond, dont les Okhina'en dépendaient pour une bonne part de leur négoce.
Le temps qu'ils palabrent, un cavalier essaya de se saisir des rênes pour immobiliser l'attelage, mais Pied-d'Arbre le fit tomber à terre et saisit son fauchard : avant même qu'il n'ait vraiment pu brandir l'arme, une lance lui perça le ventre et une flèche se ficha dans sa gorge. Pendant qu'il se vidait de son sang sur les couvertures et les lingots, il fallu toute la persuasion de Cyric, l'autorité de Serment-des-Pierres et la contenance de Rundella pour que le combat en reste là.

Car les Okhina'en n'était pas venus pour le fer : un des leurs, le guerrier Dernier-Matin, le propre ailier et neveu du chef Commande-au-Crépuscule, avait été capturé en allant rendre visite à une demoiselle dirsen au Village-des-Deux-Collines (Celanire), où il était maintenant emprisonné depuis plusieurs jours (une grave insulte chez les Emishen, et Branche-de-Peuplier semblait compatir). Serment-des-Pierres était donc chargée de transmettre un ultimatum, et comptait sur les Talendans pour servir d'intermédiaire : si les Celaniens ne libéraient pas Dernier-Matin "avant que la lune ne change de visage" (fin de la huitaine), les So'Sherkan ravageraient tout le sud de la colonie (dont le Val d'Orge, le hameau de Greldorn et les fermes en reconstruction), tuant tous ceux qu'ils trouveraient en armes.
« Mais... heu... pourquoi le sud, en particulier ?
_Parce que la rive nord du fleuve Louvoyant est en territoire Elloran, expliqua Branche-de-Peuplier... »

Et parce que les Okhina'en -eux- respectaient la liberté humaine, ils laissaient partir Branche-de-Peuplier, ses Dirsen et leur cadavre d'imprudent. Mais ils garderaient la charrette et les lingots de fer en otage jusqu'à ce que les émissaires les retrouvent entre les deux gués avec la réponse de Celanire.
Cyric n'avait donc que trois jours pour rejoindre le bourg (une journée), négocier la libération du prisonnier auprès des Lévriers (!) et revenir : puisqu'ils étaient soulagés de leur charrette, Serment-des-Pierres recommandait que Cyric monte en croupe derrière le Lewyllen, et qu'ils ne traînent pas...


Une fois que les Talendans eurent accepté de servir d'émissaires et sommairement enterré Grevlin Pied-d'Arbre, les Okhina'en les escortèrent en aval, maintenant un solide trot sur le chemin forestier, relayant vos propres montures avec les leurs quand vos bêtes fatiguaient, manifestement pressés de vous mettre sur le bon chemin.
Atteignant les "deux gués" de la rivière des Oiseaux-Solstice au crépuscule, la troupe franchit le premier bras de la rivière pour rencontrer une véritable armée, déjà installée pour bivouaquer et entourée de nombreuses sentinelles. "L'escorte" menée par Serment-des-Pierres ne permis pas à ses ses "hotes" de s'arrêter et, éclairés par des flambeaux et plusieurs dizaines de feux de camps (qu'on devrait voir depuis Whardron, une fois la nuit tombée), les Talendans passèrent tout le long de l'armée, comme si l'Ailière voulait qu'ils puissent témoigner de sa puissance.
Cyric estima ainsi qu'ils étaient peut-être 3 ou 400 guerriers, hommes, femmes, jeunes et vétérans, se levant fréquemment pour regarder farouchement les visiteurs dans les yeux, présentant même parfois les armes, portant des tildhan de guerre comme des armures de cuir et des broignes remanes, arborant principalement les couleurs des Okhina'en mais aussi des Edell'Okhil et des Tallalnen.

Et cette armée coupait maintenant la route vers Whardron.
Pire, fit remarquer la Grosse : les So'Sherkan étaient déjà arrivés à une demi-journée de Celanire, sur une position relativement défendue par la jonction des rivières et de laquelle, désormais, ils pouvaient aussi bien frapper le Val d'Orge et le hameau de Greldorn que contourner le Lac des frères par l'ouest pour attaquer le bourg lui-même, partir plein Est vers l'Auberge du Pont ou même simplement faire demi-tour pour assiéger la mine de fer.

L'escorte continua de pousser les Talendans à travers le second bras de la rivière et encore plus loin vers le sud, jusqu'à la nuit noire, ouvrant la voie à la lueur des torches. À peut-être une heure de route du gros de l'armée, Serment-des-Pierres fit faire volte-face à ses cavaliers et salua les trois Talendans en leur recommandant une fois de plus de ne pas traîner : ceux-ci s'effondrèrent aussitôt dans un sous bois, aussi fourbus qu'abasourdis.
En partant à l'aube, ils pourraient atteindre Gerldorn pour midi, et Celanire une ou deux heures après...


Diplomatie

Ce fut donc trois jours après les avoir laissés partir pour la mine de Whardron en quête de fer, que le reste du groupe vit revenir Cyric, Branche-de-Peuplier et la Grosse Rundella avec des mines déconfites et porteurs d’une bien triste nouvelle. S'ils étaient à l'heure au lieu de rendez-vous - et si aucun des trois ne semblait blessé - ils rentraient en revanche sans le Commodore, sans fer et sans Grevlin Pied-d'Arbre…

Retour de Cyric : « Hey ! Mais il te manque pas quelque chose ?... »

Les trois nouveaux arrivants informèrent rapidement leurs camarades des derniers évènements survenus : la fructueuse négociation à la mine de fer, la rencontre avec les Okhina'en, la mort de Pied-d'Arbre (« sur un malentendu »), le Commodore plein de lingots de fer pris en otage et la mission de porte-parole accepté, bon gré mal gré, par Cyric.
La menace des So'Sherkan était claire : une armée de 300 à 400 hommes aux ordres d'Alon Sorhan était déjà en mouvement au sud de Celanire et, si les négociations confiées à Cyric ne permettaient pas de libérer Dernier-Matin, ce serait tout le sud de la colonie qui serait ravagé (biens brûlés, personnes en armes tuées).
Mérane, Herle et Ombre-d’un-oiseau durent informer leurs camarades de la mauvaise nouvelle : Dernier-Matin ne pourra pas être libéré, car il n’est plus, ils ont assisté à sa pendaison à Celanire peu de temps auparavant.

Discussion autour d'un pot-au-feu

Cyric ayant rejoint le groupe chez Greldorn peu avant le repas, il fut bientôt temps de s'affairer en cuisine et chacun essaya d'évacuer la tension comme il le put (ce fut ainsi que Mérane assomma Herle de questions indiscrètes sur sa vie sexuelle passée et que les pommes confiées à Herle pour épluchage finirent en bouillie...).
Les discussions allaient bon train et tous réfléchissait à une solution d'éviter le carnage promis par les So'Sherkan. Il apparut que :

  • Dernier-Matin était déjà pendu, mort et enterré.
  • Le prix du sang pourrait être proposé aux So'Sherkan, mais, puisqu'il ne pouvait être accordé que par les offensés, rien ne garantissait qu'ils accepteraient ce prix du sang.
  • Alon Sorhan semblait avoir des intérêts (personnels) à attaquer Celanire.
  • Théoriquement, la menace n'aurait dû concerner que le sud du fleuve - car au-delà s'étendait le territoire des Elloran - mais Alon Sorhan pouvait très bien décider d'attaquer tout de même Celanire (en s'excusant simplement auprès des Elloran par la suite).
  • Les So'Sherkan semblaient vouloir respecter le Hagad : s'en prendre aux bâtiments mais pas aux personnes sans arme (toute personne en armes étant considérée en guerre en revanche).

Récupérer Dernier-Matin et échafauder un plan d'action

1) Couvent, 2) Chapelle, 3) Maréchal-ferrant, 4) Entrepôt, 5) La Canne Sèche, 6) Lavoir, 7) Digue, 8) Famille Teillard, 9) Camprement, A) route vers l'Auberge du Pont et le reste de la Marche des Lacs

Alors que les troupes So'Sherkan commençaient à prendre position sur la colline face au Val d'Orge, les PJ partirent pour Celanire en barge dans le but de rencontrer Aymard et de récupérer le cadavre de Dernier-Matin.

Aymard les reçut dans la bibliothèque. Une fois informé des derniers évènements et de l'attaque imminente des So'Sherkan, il les autorisa à récupérer le corps de Dernier-Matin et passa quelques ordres à ses hommes afin de mettre en place des mesures défensives.
S'il était enclin à laisser les PJ récupérer la dépouille de Dernier-Matin, il ne semblait, en revanche, pas très ouvert à l'idée du prix du sang (en partie parce que cela apparaissait plus complexe que prévu : il faudrait peut-être aussi sacrifier le bourreau et les autres participants à l’exécution (?) et en partie parce qu'il ne semblait, de toute façon, pas très favorable à l'idée de sacrifier l'abbé Boniface).

Pendant que les hommes du groupe se chargèrent de déterrer le cadavre de Dernier-Matin, Mérane entreprit de s'informer sur Boniface avant de tenter toute négociation avec lui. Elle apprit que :

  • Boniface était un homme proche du peuple qui détestait les Emishen ("convertis" ou "morts" étaient les seules options envisageables à ses yeux).
  • Il se considérait comme pur et sans péché à racheter et il était à l'origine des martyrs de Mont-Griffon.
  • Il était proche d'Aymard qu'il semblait prêt à écouter (sur les questions militaires du moins) et ce, même quand cela allait contre ses intérêts.

Après un déjeuner à la Canne Sèche, Herle pénétra dans le Donjon où il surprit et écouta, appuyé derrière la porte, une discussion entre Aymard et Boniface au sujet de l'organisation de la défense :

  • Aymard fit remarquer à Boniface que les événements étaient la conséquence de la pendaison de Dernier-Matin sans que Boniface ne semblât prendre conscience de sa responsabilité dans l'affaire.
  • Aymara pensait qu’avec deux jours ils auraient assez de défense pour tenir face aux cavaliers, dans l'attente de renforts.
  • Aymard insista pour que Boniface sollicite une aide auprès du Primat : les templiers du Temple des Patriarches auraient pu venir soutenir le gros des troupes à Celanire, mais Boniface, détestant le Primat, et ne voulait rien avoir à lui demander, refusa.

Vision divine

Après avoir surpris cette conversation entre Aymard et Boniface, Herle se rendit dans la chapelle de Celanire. Il y rejoignit Cyric, plongé dans ses prières, et il se mit à prier à côté de lui, au pied d'une grande statue de plâtre aux traits de Melen. Les deux Talendans furent alors témoins d'un bien étrange événement : la statue de Melen se mit à briller soudainement et elle s'anima, posant un pied au bas de son piédestal. Après un bref instant de stupeur, Herle récita une rapide prière et s'agenouilla devant elle.
L'étrange statue passa la main dans les cheveux de Cyric où quelques légers résidus de plâtre vinrent teinter ses cheveux de blanc, puis elle fit signe à Herle de se relever.
« Madame, je vous ai entendu et j’ai commencé à réensemencer mon cœur » prononça-t-il à haute voix en s'adressant à elle.
Pour toute réponse, elle désigna de ses mains la porte ainsi que le village. Après qu'Herle lui ait promis de faire tout ce qui serait nécessaire pour protéger Celanire, la statue remonta sur son piédestal où elle retrouva son immobilité habituelle et la lueur dont elle était nimbée disparut.

Transport de cadavre et négociations

Laissant Herle dans la chapelle, Cyric rejoignit le reste du groupe tout en réfléchissant aux liens entre Melen et « la Grande Mère » des Emishen.

En sortant de Celanire, le gros du groupe (PJ – Herle) eut l'occasion de constater qu'une lance de défi avait été lancée par les So'Sherkan sur le portail sud de Dun Mollen, ce qui annonçait le début des combats : tous ceux qui seraient pris en armes sur le territoire de So'Sherkan (rive sud) seraient considérés comme des combattants et donc tués. Une partie des plumes de la lance ayant été trempées dans le sang, cela signifiait également que les combats avaient déjà commencé (probablement du côté de la mine).

Près de la maison de Greldorn, le groupe croisa de nombreux réfugiés qui cherchaient à rejoindre en hatte Celanire, ainsi qu'une troupe So'Sherkan à qui Cyric expliqua la raison de leur présence et la mission dont ils étaient porteurs.
Face à la suspicion des So'Sherkan, Ombre d'un oiseau s'empressa de refaire ses tresses sociales, mais trop tardivement pour que cela puisse le prémunir d'être questionné sur sa tenue et sur son absence de tresses (jusque-là) et il dut, de plus, essuyer certains reproches sur le « pacifisme » de sa tribu face aux Dirsens.
Devant la réaction des So'Sherkan face à la déplaisante odeur qui émanait du chariot de Mérane (transportant le corps de Dernier-Matin), celle-ci les informa du contenu dudit chariot (et donc de sa mort).
Entouré et accompagné par plusieurs So'Sherkan, le groupe s'avança de plus en plus au sein de leurs rangs. Les So'Sherkan avaient formé une haie de part et d'autre de la route et présentaient une attitude plutôt hostile face aux Talendans qui s'enfoncèrent de plus en plus au milieu d'eux.
La tension ne cessa de monter jusqu'à ce que Mérane, prise de panique, tente de s'enfuir en essayant de faire demi-tour avec son chariot sur un chemin bien trop étroit. Un guerrier So'Sherkan fonça vers elle pour tenter de la retenir en vain, le chariot se renversa, son contenu (cadavre) roula sur le sol et un des bœufs fut grièvement blessé.
Mérane, en larmes et blessée au bras, fut secourue par Cyric qui l'aida à se ressaisir, pendant qu'Ombre d’un oiseau essayait de calmer les choses en s’interposant (sans grand succès). La situation devint de plus en plus confuse jusqu’à ce que Serment-des-Pierres fasse preuve d’autorité et qu'un Emishen abatte le bœuf blessé.

Cyric expliqua à Serment-des-Pierres que le corps avait été enterré, d’où le délai. La tension continuait de monter, mais Cyric tenta de négocier pour sauver les civils. Il ne réussit à les convaincre qu'en racontant sa vision (dans la chapelle) et en parlant de la Grande Mère (en lieu et place de Melen). Si Serment-des-Pierres ne sembla guère influencée par ce récit, cela causa assez de questionnements et impressionna suffisamment la majorité de ses guerriers pour qu'elle accepte le prix du sang proposé : Boniface plutôt que l'ensemble de la communauté...
Ils attendraient 24h avant d'attaquer (le temps de livrer Boniface), mais si les combats devaient reprendre, en revanche, les habitants du sud ne seraient pas épargnés (car ils restaient à leurs yeux des envahisseurs sur les terres des So'Sherkan).

Les So'Sherkan étaient peu résolus à restituer le Commodor aux Talendans, mais Mérane refusa de partir sans lui et, grâce à un discours véhément, elle réussit à convaincre les So'Sherkan de leur rendre le chariot et sa cargaison de fer. Les Talendans repartirent vers Celanire avec un chariot vide tiré par un seul bœuf et le Commodor plein de lingots.

Organisation défensive rémane et prémices d'attaque So'Sherkan

Les PJ rejoignirent la maison de Greldorn où ils avaient décidé de passer la nuit. Dehors, l'évacuation se poursuivait sous la direction des Lévriers. Quelques escarmouches éclatèrent entre les Lévriers et les So'Sherkan - prémices des combats qui risquaient de faire rage le lendemain - sans qu'il n'y ait de morts cependant (les So'Sherkan veillaient à respecter leur parole donnée et le Hagad).
À la nuit tombée, on put voir briller les torches des So'Sherkan qui passaient près des demeures (= pour montrer leur présence) et entendre les voix des crieurs qui prévenaient les Celaniens de la durée du délai qu'il leur restait avant l'attaque : Boniface devait être livré avant le lendemain soir. Le village de tentes fut démoli par leurs soins et bien que cela fut effectué sans violence, les habitants alentour étaient effrayés.

Le lendemain matin, l'évacuation et la fortification de Dun Mollen se poursuivirent. Vorbryn, au milieu de ce climat instable, essaya de vendre de nouveaux chevaux à Mérane, qui se résolut à lui en acheter plusieurs à un prix très intéressant. Les mercenaires se virent chargés des chariots et des chevaux et furent envoyés en direction de Tal-Endhil (sous la direction de Broghan). Branche-de-Peuplier ne put s'empêcher de serrer très fort Mérane dans ses bras et s'avoua impressionné par le plan diplomatique (des PJ).

Plus loin, dans la chapelle, Herle avait prié toute la nuit aux pieds de la statue de Melen et au milieu d'une foule de Celaniens qui se densifiait avec les heures qui passaient.
Boniface, égal à lui-même, accueillait et prenait soins de tous ces croyants qui venaient à lui. Nombreux étaient ceux qui espéraient (désespérément) pouvoir empêcher l'attaque en priant.
Herle eut à nouveau une vision de la « Dame Blanche » qui semblait observer la ville d’un regard un peu distant.

Vers midi, tous les PJ se retrouvèrent à Celanire pour rejoindre Aymard qui les avait convoqués pour déjeuner.
Herle put lire la missive que Durgaut avait renvoyée en réponse à Aymard : « Ne vous inquiétez pas : le temps de rassembler nos troupes et nous arrivons ». Pendant que les PJ et Aymard réfléchissaient aux solutions envisageables pour améliorer la situation des prochaines heures, Ombre eut la mauvaise idée de faire remarquer que le combat n'était pas « juste » (parce qu'ils avaient tué un « innocent ») ce qui mit fin à la discussion : Aymard mit tout le monde dehors.

Conflit public et joute oratoire

Après s'être rabattus sur l'auberge pour le déjeuner, les PJ s'acheminèrent vers la chapelle qui était devenue, depuis qqs jours, le lieu d'accueil de centaines de Célaniens terrifiés et en quête d'un refuge physique, moral et spirituel.

Au sein de celle-ci, ils trouvèrent Boniface en plein sermon devant une foule galvanisée par son verbe : les rebelles étaient l'incarnation d'une épreuve envoyée par les Premiers, il fallait résister, le siège serait l'illustration du conflit entre la sauvagerie et la civilisation...

Conflit social : protagonistes face aux PJ : Aymard + l'abbé Boniface + le bedeau Ervald + Dregard (le doyen des pêcheurs du coin)

Au milieu de cette joute verbale, les Celaniens furent témoins, entre autre, des évènements suivants :

  • Herle parvint à s'adresser à la foule avec succès (et à retourner une partie de celle-ci à son avantage).
  • Une attaque verbale conjointe de Cyric et d'Ombre sur Ervald permit de le mettre hors d'état de poursuivre cette discussion (il s'énerva violemment et sa fille dut l'entrainer à l'écart de la foule).
  • Mérane mit Boniface au courant de ce que demandaient les So'Sherkan (= prix du sang) et elle réussit à le convaincre de se sacrifier pour sauver la vie des Celaniens (l'abbé tomba à genoux et se mura dans le silence, les mains jointes en prières face aux vitraux)
  • Mérane réussit à persuader Aymard de laisser Boniface se sacrifier s'il le souhaitait (Aymard tomba à genoux à côté de Boniface et abandonna toute forme de résistance)
  • Dregard, le seul à s'opposer encore aux Talendans, quitta la chapelle après avoir essuyé les remontrances d'Ombre puis de Mérane.

Le sacrifice de Boniface

Boniface, résigné, se mit à fendre la foule en direction de l'entrée de Celanire et, après avoir béni et serré les mains des Celaniens qui l'interpelaient sur son passage, il sortit par la poterne pour se retrouver face à l'armée So'Sherkan. Sa silhouette s'évanouit au milieu des cavaliers et les So'Sherkan - qui venaient d'obtenir l'homme qu'ils attendaient - tournèrent le dos à Celanire et disparurent à l'horizon, Serment-des-Pierres fermant la marche.

Au petit matin, des villageois découvrirent, à 500m du village, les restes de celui qui avait été l'abbé Boniface.

D'après l'expertise de Herle, le corps démembré avait été découpé à la hache. Les bras avaient été tranchés en premiers, puis les jambes et enfin la tête. Les PJ supposèrent que chaque membre tranché correspondait à une offense grave commise par le coupable : emprisonnement, torture, pendaison de Dernier-Matin et enterrement de son cadavre.

Retour au bercail

Après toutes ces péripéties, les Talendans s'apprêtaient à rentrer chez eux.
Finalement, le sacrifice de Boniface avait suffi (pour l'instant du moins) à éviter la guerre. Les So'Sherkan s'étaient retirés sur leurs terres, Celanire ne serait pas rasée et la mine - attaquée quelques jours plus tôt - avait tenu bon.
Avant de laisser Herle repartir, les enfants de Greldorn lui confièrent qu’ils avaient, eux aussi, rêvé de la Dame Blanche : elle leur avait dit qu'Herle allait les sauver, et Herle, pour la première fois de mémoire de PJ, parut touché.


Les PJ avaient rempli leur mission : le fer, les chevaux et les mercenaires les précédaient de quelques heures, et, une fois arrivés à Tal-Endhil, ils auraient également le plaisir d'annoncer à leur Bailli que le problème de « l'abbaye de Celanire » était définitivement réglé...
Le groupe reprit donc la route pour TE, loin de se douter que les Seigneurs du Nord sauraient qu’ils s’en étaient pris à un des leurs - les tenant pour responsable de la mort de Boniface - et que, dans l’autre camp, le Primat allait utiliser cette histoire pour entamer le début d’une guerre sainte en représailles…



Chapitre I ← | → Épisode Suivant
<< retour à la LISTE des ÉPISODES