Nahymdiral, Luxuriante Cultrice au Jardin de Sagesse

De Marches du Nord
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La Luxuriante Cultrice, Nahymdiral au Jardin de Sagesse est une noble damoiselle hornoise née parmi les clochers séculaires et les fontaines fleuries du Bastion Mordoré de Hradmoaran, la citadelle hornoise au Sultanat de Safran, érigée quand le sultanat était encore un protectorat du Sanctuaire de Horne[1].

Rapatriée avec une poignée d'autres "Hornois mordorés" (nobles dames, militaires et même quelques savants) vers le Bastion Septentrional durant les aventures maritime de l'hiver 37, la jeune Cultrice Nahymdiral s'est vite trouvée à l'étroit –et privée de jardin– dans la très urbaine forteresse arochaise : pour lui permettre de poursuivre ses travaux de botanique comme dans l'espoir (ténu) qu'elle envisage d'épouser l'Inflexible Gardien, Dharomjarn à l'Étendard de la Foi, l'Éblouissante Matrice des Sublimes, Eysifanrahl au Balcon Tutélaire l'a donc envoyée vers la Marche des Lacs, s'installer dans une "fermette" de Farevone[2] aménagée par son soupirant novice, avec l'aide de l'Ineffable Émissaire Rovistocelsine, sensiblement plus dégourdi en matière de femmes...

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▼ Secret accessibles aux PJ parlant Hornois à 2 ou plus. ▼


Il se murmure parmi les Hotars de la Marche des Lacs que la Luxuriante Cultrice aurait montré assez peu d'égard pour l'étiquette du Bastion et réussi à irriter le Seigneur Jhardogrohn, de fait assez satisfait de l'envoyer "chez les sauvages"...

▼ Son arrivée dans la marche des lacs n'est pas passée inapercue... le secret suivant est accessible à toute personne présente à Darverane au printemps 39 ▼


À la huitaine naissante des Moissons de l'an 39 E.I., la Luxuriante Cultrice Nahymdiral au Jardin de Sagesse fut enfin annoncée sur le Mancino, avec les trois Hotars de son escorte : apparemment, les autres avaient été abandonnés à Aroche quand la Luxuriante avait soudain décidé qu'elle était prête à partir, ordonné aux premiers soldats disponibles d'emporter ses malles, rassemblé ses deux servantes et embarqué sur le navire en partance sans même prévenir la Légation (qui a été avertie quelques heures plus tard, quand le reste de l'escorte avait enfin avoué leur "manquement" au Bastion). Et Shakar d'admettre avec un sourire attendri que, oui, elle était comme ça.

La Cultrice devant arriver à Darverane alors que l'Inflexible Commandant et son redoutable Guetteur se trouvaient encore à Farevone, c'est donc l'Ineffable qui alla l'attendre au port, en milieu de matinée, avec quatre Hotars de plus pour la mener vers ses nouveaux quartiers. Rovisto fut carrément médusé de la voir jaillir sur le quai comme une espèce de fantôme, puisqu'elle portait son large voile par-dessus une tenue carrément kerdane, la gaze brodée de motifs complexes mais manifestement rapiécée en plusieurs endroits négligemment passée dans un large ceinturon où pendaient plusieurs couteaux, serpettes et une sorte de gros carnet, le tout laissant largement voir sa veste de cuir tâché, un pantalon (!!!), de hautes cuissardes rarement cirées et, parce qu'il lui était interdit de laisser les Moindres-Sangs voir un seul fragment de sa peau, des gants de chevreau raffinés mais largement décolorés. S'arrêtant à peine pour saluer l'Ineffable au mépris du protocole, elle jeta sur son épaule la sangle d'une large besace (qui déclencha de curieuse vibration dans l'espèce de nuage de gaze qui lui couvrait la tête les épaules, dont Rovisto déduit qu'elle portait dessous une coiffure "moins que réglementaire"), ordonna à son escorte de "s'occuper des bagages" (sans leur préciser qu'en faire) et, attrapant Rovisto par le coude [1], se pencha vers lui (elle le domine d'une demi-tête) pour lui annoncer dans un Kerdan courieusement accentoué qu'elle voulait tout dé souite vissiter les sserboristeries locales.

L'Ineffable tenta de lui expliquer qu'un chariot fermé et aménagé pour son confort l'attendait afin de la mener vers sa fermette, la Luxuriante chassa cette courieusse idée en riant : elle était "ehnfin libéré dou joug dou Bastiong", et elle n'allait pas gâcher sa première journée d'indépendance "coingssée dans un sssariot", alors qu'il faisait sui beau ! Surtout qu'elle s'était fait raconté Darverane par l'équipage du navire et savait donc (à peu près) où trouver tout ce qu'elle voulait visiter : les sserboristeries évidemment, mais aussi le marché de la Place des Veneurs, celle du Contre-Écu pour ses baladins, la citadelle, le Temple de Saint-Olgham et la petite librairie cachée derrière, la Rubiconde quand il serait temps de déjeuner, un forgeron car elle avait abîmé sa serpette préférée en disséquant un thon durant le voyage (son premier : c'était très intéressant), et puis il lui faudrait probablement acheter un cheval... Maladroitement poursuivis par les Hotars encombrés de 3 grandes malles (où Rovisto se fût trouvé assez confortable), la Luxuriante Cultrice traversa donc la cité à grands pas, jamais ralentie par les escaliers, la foule, le besoin d'attendre son escorte ou les protestations de plus en plus lasse de l'Ineffable, menant toute la bande à un train d'enfer, interrompant les clients de chaque échoppe et décernant à la plupart des boutiquiers des pourboires d'une £une ou plus, tirée d'une bourse exceptionnellement bien remplie. De fait, expliqua-t-elle en riant encore, elle avait profité de la distraction de son escorte pour vendre ses robes traditionnelles (brodées d'or) à un tailleur d'Aroche afin de "s'assourer oune petite boudget" pour sa première virée en ville.

Apparemment dotée d'une énergie inépuisable, ayant tâché plusieurs fois son voile pour y introduire une caille rôtie, une soupe à l'oignon, une tarte aux fraises et deux chìro sans s'arrêter vraiment de poser des questions sur presque tout ce qui l'entourait, elle entraîna son escorte de plus en plus ruisselante de sueur de haut en bas de la cité, puis d'Est en Ouest, puis à nouveau en haut, ajoutant régulièrement des paquets à ses bagages que, finalement un Hotar plus débrouillard que les autres chargea sur une charrette pour l'envoyer vers le chariot attelé qui attendait depuis maintenant plus de 8 heures devant la Caserne (la charrette du faire un second voyage rien que pour les achats, la Luxuriante s'étant notamment énamourée d'une "merveilleussse" barrique et d'un fauteuil en rotin, en plus d'une quantité de plantes séchées, fioles de verre et un large tapis fehnri à 35 Ðeniers). C'est à ce moment que Rovisto compris pourquoi les servantes (hornoises) ne pipaient mot, se laissaient volontiers distancer pour rejoindre le groupe au prochain demi-tour et portaient des gourdes : elles avaient l'habitude, elles s'économisaient.

Ayant atteint le Temple, l'Infatigable Cultrice convainquit Rovisto de persuader un prêtre de les laisser accéder au clocher pour regarder la ville, s'émerveilla pendant presque 10 minutes et dévala les septs étages comme un cabri sans que l'Ineffable n'ait pu tout à fait reprendre son souffle (malgré son jarret légendaire). Après avoir visité la citadelle en s'attirant les regards outrés de tous les Hotars et d'un paquet de Remans, elle ne commença à ralentir qu'au crépuscule, lorsqu'elle réalisa qu'il ne lui restait plus que quelques pièces alors qu'elle comptait justement finir la soirée à La Soyeuse... Alors qu'il tentait de lui expliquer en termes délicats que c'était là un lieu de perdition indigne de son rang, Rovisto se fit répondre avec un enthousiasme confondant : "Joustement, yé n'ai encore yamais rencontré des proustituées ! ". Heureusement, alors qu'elle se délectait de la première bouteille de vin de toute sa vie à une table autour de laquelle des Hotars rogissant tentaientbravement de faire un rempart, Rovisto, de plus en plus mortifié [2], vit arriver Carmine Negrine (en compagnie d'une accorte demoiselle sans doute recrutée deux tables plus loin) qui, bientôt informé de l'incident diplomatique ambulant, trouva une solution évidente : récupérer la charrette et laisser le vin rigérien s'occuper du reste, idéalement avant qu'une effeuilleuse ne remplace sur scène les danseuses exotiques. C'est donc une Luxuriante complètement pompette mais parfaitement extatique que les deux Kerdans parvinrent à enfermer dans une chambre de la citadelle un peu avant minuit, où elle s'écroula finalement avant d'avoir réveillé tout le donjon par ses rires.

Les Hotars et l'Ineffable étaient aussi épuisés que consternés, mais le providentiel Carmine avait heureusement un plan pour le lendemain : lorsque la Luxuriante serait rattrapée par sa toute première gueule de bois, un thé épicé agrémenté d'une pointe de lait de pavot devrait atténuer la nausée et calmer l'Irrésistible Cultrice assez longtemps pour qu'on la mette dans son carrosse, et que Rovisto puisse la conduire vers Farevone (avec tout son fatras dans un second chariot) avant qu'elle n'ait assez récupéré pour décider d'une visite à Brasure ou Archerune.

▼ la suite n'est accessible qu'aux officiers du Bastion Septentrional ▼


Le plan se déroula d'ailleurs sans autre accroc que l'incroyable constitution de l'Inarrêtable Cultrice : après avoir vomit deux fois et s'être à moitié excusée, elle dormit quelques heures dans son wagon avant d'en bondir à 10km de la ville en réalisant qu'elle avait manqué la traversée du pont sur le Cainil, pourtant le belvédère le plus réputé de tout le canton. Terriblement "déssoue" mais peut-être consciente d'avoir un tantinet abusé de son escorte la veille, elle accepta finalement de remettre cette contemplation à plus tard, n'arrêtant plus le convoi que quatre fois avant d'atteindre Farevone : la première pour aller vomir derrière un bosquet, la seconde parce que, se sentant bien mieux, elle avait désormais très faim (elle avala en une fois les provisions que l'Ineffable avait prévu pour deux repas pour elle et lui) et la troisième pour aller cueillir de pleines brassées de fleurs des champs. C'est alors que le Redoutable guetteur arriva à la tête de quelques soldats inquiets, puisqu'ils s'étaient mis en route en début d'après-midi, le Redoutable commençant à s'inquiéter et l'Inflexible ne supportant plus d'attendre, quoique le protocole l'obligea à accueillir la Dame, au garde-à-vous, au seuil de sa nouvelle maison (après avoir trépigné pendant 16h d'affilée, le soir précédent, il avait fini par accepter un tabouret). Heureusement, la cueillette occupa l'Irréfragable Cultrice jusqu'au coucher du soleil puisqu'elle entreprit –de l'intérieur de son véhicule– d'ausculter, classifier et de coller dans son énorme herbier les 24 nouvelles variétés botaniques qu'elle venait de découvrir : c'est pour lisser un coquelicot récalcitrant qu'elle fit arrêter tout le convoi une quatrième et dernière fois un peu avant la nuit.

Ayant terminé le voyage à la lanterne, les deux chariots et leur escorte atteignirent Farevone vers deux heures du matin, comme la Luxuriante l'annonça elle-même après avoir observé les étoiles pendant dix-minutes dans le lugubre hameau abandonné, dont Rovisto ne parvînt à la persuader de reporter l'exploration au lendemain qu'en lui promettant que de la nourriture l'attendait à la ferme. Lorsqu'elle bondit dans la cour une torche à la main, aussitôt fascinée par le chat sciemment placée devant le chariot (et qui s'enfuit immédiatement vers un toit) au point de vouloir escalader une façade au risque de mettre le feu à son voilage (puisqu'elle ne lâchait pas sa torche à la grande angoisse des Hotars), l'inflexible avait donc eu le temps de se faire un sang d'encre depuis la veille et l'Ineffable sentait son supérieur le fusiller du regard (quoiqu'il ne puisse pas voir ses yeux sous le casque). Finalement, les efforts conjoints de Shakar, Rovisto et Quirino des Rivages convainquirent la Luxuriante Cultrice de prêter attention à l'Inflexible Gardien et Commandant de l'Armée des Lacs, Dharomjarn à la porte soudain ouverte par la belle qui lui avait vaguement tapé sur l'épaulette et jeté un "Bonsoir" avant d'entrer pour commencer à visiter la maison. Rovisto réalisa alors que si l'Inflexible tremblait de rage sous son armure d'airain, le Redoutable Guetteur contemplait l'Inépuisable Cultrice d'un air légèrement préoccupé : « J'espère que vous ne l'avez pas empoisonnée avec vos nourritures impies : je la trouve un peu abattue. Enfin, je crois qu'elle aime le chat : c'est le principal... » murmura-t-il à son collègue atterré pendant que Nahymdiral entreprenait –à la lueur d'une douzaine de bougies sorties de ses bagages– l'inventaire et le montage de son nouveau laboratoire.

1] Les Dames de Horne ne sont pas censées toucher un autre mâle que leur mari, mais Rovisto se trouva incapable d'échapper à la poigne de Nahymdiral.
2] Invalidant finalement la théorie d'Althéa selon laquelle il n'avait honte de rien.


  1. Probablement au III° siècle avant l'È.I. : comme beaucoup de bastions "périphériques", la citadelle portuaire de Hradmoaran s'est largement vidée de ses troupes et de son personnel lorsque, durant la Guerre de Horne, le Sanctuaire menacé a battu le rappel de toutes ses colonies.
  2. Village paysan rasé par les Oloden en l'an 37, et resté en ruines depuis.