Catégorie:Chamanisme

De Marches du Nord
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La voie du chaman

Les Emishen ne considèrent pas le chamanisme comme une technique, même pas vraiment comme un art, mais comme une fonction sociale et une manière d'être. La plupart d'entre eux n'apprennent pas à être chaman comme on apprend la chasse ou l'artisanat : la plupart des novices sont choisis par les esprits, puis seulement on leur enseigne les bases pendant qu'ils tâchent de découvrir comment être le chaman dont leur communauté a besoin ou, pour les plus exigeants, dont elle aura besoin dans l'avenir.

La fonction d'un chaman étant essentiellement sociale, il faut que le Kal'eshen (apprenti chaman) détermine de quoi son clan a besoin. Voici des exemple de tâches que certains chamans se sont donnés :

  • Kal Shemon'Lon s'est dévoué à chasser les démons parce que le Cercle de son clan est maudit et qu'ils en était infesté (décidément, le "grand nord" est un peu plus attrayant chaque fois qu'on t'en parle).
  • Kal Ron Shidalei, lui a laissé la place car elle est une chamane "des temps anciens", donc un peu obsolète (de son propre aveu) et dont la fonction est essentiellement mémorielle, car les Liam'Lon ont un passé chargé qu'ils ont tendance à négliger.
  • Kal Feilan est, depuis son initiation, le chaman-brandon, celui dont la tâche sera d'enflammer les cœurs et le destin de son clan.
  • Kal Ethendil était la chamane-rôdeuse guidant les Lewyllen du sud sur les territoires incertains où pullulent les Dirsen.
  • Kal Kirhan a mis des années à découvrir sa fonction, d'autant qu'elle s'est avérée très exceptionnelle : prendre la tête des Sentinelles de l'Orage.

Les "moyens" dont dispose un chaman

D'un point de vue "fonctionnel", un chaman emploie principalement 4 "moyens" :

  • Il écoute le Vent.
  • "le Miroir* des Cœurs[1]", qui consiste a observer les intentions d'une personne. Un chaman à le devoir de renvoyer ce qu'il détecte à la personne qu'il "reflète". Regarder dans la tête des gens sans le leur dire c'est pas poli, et sans leur rapporter ce que tu y as vu c'est vain, voire malveillant. Ce "moyen" peut se faire aussi sans magie, rien qu'en causant avec les gens. Ce qui est évident quand on sait qu'avant tout, la fonction de chamn est sociale, pas magique.
  • Les Soins, qui recouvre des notions à la fois médicale, hygiénique, d'entretien, nutritionnelle et éventuellement, magique. Exemple d'utilisation de la compétence de soin par différents chamans:
    • Kal Feilan est un grand soigneur qu'on vient consulter d'assez loin, quoiqu'il n'utilise que très peu de magie pour cela.
    • Kal Kirhan est un bourrin qui ne connait pas grand-chose à la médecine mais peut régénérer des morceaux de gens entiers par une magie "puissante", mais pas subtile.
    • Kal Ron Shidalei soigne aussi la terre, les animaux et les plantes
  • Le Vaste Rêve. Le chaman sert d'interprète entre les esprits et les humains. Ron Shidalei, Tayvohn et Shemon'Lon sont ainsi parmi les rares chamans qui parcourent vraiment le territoire des esprits. Les bardes talentueux sont également capables de ressentir le Rêve et d'en donner des interprétations aux gens, mais certains n'en ont qu'une compréhension superficielle.

Le monde des Esprits

Du point de vue des sorciers Remans comme du chamanisme Emishen, le monde est à la fois matériel et spirituel, puisque presque tout ce qui vit ressent, désire, souvent rêve et, pour les bestioles les plus évoluées, pense. L'ensemble de cette masse d'émotions et de pensées forment le Vaste Rêve, qu'on traduit généralement par "le Songe" en Langue des Pères : il s'étend comme une atmosphère ou un océan onirique recouvrant le monde matériel.

Si nombre de lieux terrestres ont un reflet en Songe, le monde onirique est d'autant plus étrange et dangereux qu'on s'éloigne de sa frontière avec le monde humain et, de même qu'il est risqué de plonger vers le fond des mers, il est périlleux de s'y aventurer trop loin. Le Songe est pourtant composé d'une foule de territoires plus ou moins stables, souvent étranges et mystérieux, répondant chacun à ses propres règles, et où la plupart des humains se connectent lorsqu'ils dorment, entrent en transe ou consomment de l'herbe-nuage.


Certaines forment d'énergies, principalement l'Essence, peuvent franchir la barrière entre le Songe et le monde matériel, et les chamans l'utilisent donc pour accéder au monde onirique, atteindre ses différents "territoires" (qui possèdent tous des règles et des forces différentes) et éventuellement communiquer avec ses habitants. Si l'on a tôt fait de se perdre dans les différents territoires étranges et mystérieux du, il est généralement possible de mesurer la "distance" par la présence des deux Lunes, qui sont presque visibles de partout en Songe : plus elles grossissent, plus on flotte vers des territoires anciens, des créatures primordiales et plus on s'éloigne de son enveloppe charnelle, parfois au point de ne plus pouvoir revenir.

Dans le Songe flottent tout un tas de trucs plus ou moins cohérents, y compris des créatures "vivantes", en tous cas "sensibles", parfois conscientes d'elle-même et dès lors capable d'agir dans ce monde spirituel. Si les Remans se méfient largement de ces "monstres", les Emishen ont tendance à considérer ces "créatures oniriques" comme une branche du vivant, la faune particulière du "Vaste Rêve" : il y en a des utiles et des nuisibles, des sympa et des méchantes, des débiles et de plus intelligentes que n'importe quel humain... De là, la distinction esprit/démon est pour eux une distinction d'espèce, comme un naturaliste distinguerait les animaux domestiques des prédateurs sauvages. Notamment, ils n'en veulent pas aux "démons" d'être méchants, c'est dans leur nature : les Emishen se contentent de s'en prémunir (Kal Shemon'Lon a un point de vue un peu différent, puisqu'ils les chasse).

Les chamans se préoccupent en général assez peu de l'origine de toute cette faune, pas plus qu'ils ne s'inquiètent de savoir d'où viennent les élans et les renards : y en a, c'est tout. Néanmoins, les chamans emishen qui s'en soucient admettent plus volontiers que les Remans des explications variées suivant les créatures : certaines naissent des rêves des humains, d'autres ont précédé l'humanité et sont "portées par le Vent"...

Certains esprits sont décrits comme "humanoïdes", capables de raisonnement et de langage articulé : pour les Emishen, ce sont des "Esprits Ancêtres", la personnification des générations passées des clans et des tribus.


C'est ceux avec qui l'interaction est souvent la plus facile, mais ils sont souvent "figés dans le passé", peu sensibles au passage du temps et rarement en prise avec l'actualité. Parmi eux, quelques personnalités se distinguent à qui l'on voue une sorte de culte : la Grande Mère (qui est un peu la maman onirique de tous les Emishen et se manifeste avec bienveillance, mais une lenteur délirante pour un humain : il faut parfois rester en Songe des jours pour tenter d'avoir un échange avec elle), l'Oncle Rusé, qui est une sorte de trickster complexe qui réclame souvent des offrandes et met les chamans à l'épreuve et le Chasseur Patient, qu'on aperçoit parfois rôdant à travers les forêts oniriques, toujours en quête de proies pour nourrir les autres Ancêtres.

Quand ils meurent, la plupart des humains soit rejoignent le territoire des Ancêtres, soit -s'ils ne trouvent pas le chemin- errent sous forme de fantômes jusqu'à se dissoudre. Mais certains, ceux qui refusent de s'éteindre ou de rejoindre les Ancêtres et sont à la fois assez "forts" pour survivre en Songe, ceux-là deviennent des Spectres, c'est à dire un fantôme, mais capable de se manifester dans le monde matériel.


Comme la plupart des morts qui n'atteignent pas leurs Ancêtres, leur esprit est rapidement réduit à une poignée d'éléments basiques, mais intenses : quelques sentiments, quelques souvenirs, parfois une obsession, éventuellement les bases de leur identité (en termes humains, le résultat est généralement psychotique). La différence, c'est que les Spectres réussissent à garder assez de cohésion pour absorber de l'Essence, et parfois la soumettre à leur volonté. Incapables de "lâcher prise" pour se diluer, ils oscillent entre des phases de latence apathique, qu'ils ne perçoivent pas, et une lutte acharnée, souvent violente, contre la désintégration progressive. Les spectres changent de "phase" chaque fois qu'ils sont réveillés par les actes des vivants ou des circonstances oniriques particulières, et immédiatement assaillis par la douleur et l'angoisse de leur condition : ça les rend pas sympa...

Les Esprits Animaux semblent former la principale population onirique : probablement plus anciens et certainement plus "génériques" que les Ancêtres, ils sont apparemment plus proches du monde matériel, plus actifs et mieux en prise avec l'actualité de leur espèce "terrestre", capables de communiquer avec elle et, si le cœur leur en dit, avec les chamans.

Les Oiseaux-Totems sont une catégorie à part : ce sont des esprits animaux qui ont à la fois une affinité particulière avec le Vent (et donc des capacités quasi-"chamaniques") et ont formé une alliance avec des Emishen pour les guider dans leur vie physique aussi bien que spirituelle. En échange, les Emishen leur font des offrandes, préservent leur territoires, les soignent, leur rendent des services variés... Le totem de chaque clan guide ainsi ses membres à travers le Songe (jusqu'au Territoire des Ancêtres, notamment), les conseillant et les avertissant parfois, les aidant de différentes manières, parfois jusque dans le monde matériel via leur descendance terrestre (donc les "vrais" oiseaux).

Et puis il y a les Démons, qui désignent pour les Emishen non pas les esprit "malins" et nuisibles en général, mais l'espèce particulièrement dangereuse que les Anciens ont enfermé dans la terre et qui en sortent pour s'incarner dans le monde matériel, possédant les créatures vivantes (les bêtes, les gens...) par la force ou la ruse. Normalement, si on creuse pas n'importe où comme des crétins de Dirsen, c'est très rare et c'est alors l'affaire de spécialiste comme Kal Shemon'Lon, qui est l'équivalent onirique d'un chasseur de grands fauves (on dirait pas, quand on le voit...), là où les chamans assurent normalement le service de "pest-control" : si le bestiau est trop gros pour le chaman local, il appelle Shemon'Lon pour s'en occuper.


Les démons peuvent prendre de multiples formes mais sont caractérisés par leur constante volonté de s'incarner et/ou d'interagir dans le monde terrestre, principalement par leur la capacité à employer l'Essence, et donc à se manifester au niveau matériel d'une manière presque symétriques à celles que les chamans utilisent pour agir en Songe.

Les Cercles de Pierres

Les Cercles de Pierres ont été bâtis par les Anciens pour permettre aux Emishen d'utiliser de l'Essence en masse : clairement, c'est un savoir qui s'est en grande partie perdu
mais Ron Shidalei (qui s'y connaît mieux que bien d'autres) sait qu'un cercle est à la fois un "puisard", un moyen d'extraire de l'Essence de la conjonction de la terre et du vent (d'où le fait qu'ils soient tous "en plein vent", donc souvent en altitude), un "catalyseur" de l'Énergie spirituelle d'un clan (ça doit pouvoir faire beaucoup plus que simplement concentrer l'Essence par réverbération pendant un rituel, mais comme on a plus le mode d'emploi...) et une sorte de "four" magique au sein duquel on peut créer et contrôler une magie très puissante et intense pour lancer de très gros sorts. Et, de fait, c'est un très bon endroit pour causer avec les Esprits en général, certains réussissent même à se manifester à tout un clan dans l'espace du Cercle.
Historiquement, les Cercles ont aussi joué un rôle important pour élever les Emishen au rang d'être humains complets lorsqu'ils n'étaient encore que des créatures semi-animales comme les Hommes-Fauves (mais plus personne ne sait comment ça s'est produit techniquement).

Le lien avec le chamanisme est donc assez "lâche" : les chaman sont un peu les seuls à connaitre les fonctions avancées du machin (tout ce qui est "magie opératoire" et "puits d'Essence") et les clans s'attachent surtout par tradition au(x) Cercle(s) que les Anciens ont bâti pour eux comme des humains différents s'attacheraient à des lieux saints ou à des monuments historiques. Culturellement, pour des semi-nomades, les Cercles sont aussi les rares "points fixes (de rassemblement)" et le territoire d'un clan est en partie déterminé par le Cercle qui s'y trouve (théoriquement, le territoire est défini par "tout ce qu'on peut voir depuis ton Cercle", quoique dans les faits les Emishen s'accordent souvent sur des limites topographiques, plus pratiques).


  1. traduction approximative, puisque ça désigne la capacité réfléchissante des eaux calmes

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