Bahardabras au Bastion

De Marches du Nord
Aller à : Navigation, rechercher

Durant la huitaine mourante des Semailles de l'an 37, le sergent récemment promu Bahardabras "le Hornois" avait été envoyé par le Capitaine Durgaut comme escorte d'une expédition maritime marchande à Aroche. Mais il avait pour seconde mission d'y prendre contact avec l'enclave hornoise de la cité-falaise pour embaucher des Hotars, les redoutés fantassins-mercenaires du royaume déchu de Horne.
Pour illustrer l'étrange vie que mènent, cloîtrés, les anciens seigneurs du continent au sein de la plus grande cité des Marches, voici le déroulement de son bref séjour au "Bastion Hornois".

Malheureusement pour nos lecteurs avides, une grande partie de cette aventure jouée par mail est "secrète". Elle est aussi très longue, et très dense en détails culturels (donc en notes de bas de page)...


LA QUÊTE DU CADEAU

N'étant pas connu au Bastion arochais et n'ayant (à ses yeux) encore guère de faits d'armes dont s'enorgueillir, sans compter quelques complications familiales, Bahardabras craignait la manière dont il serait reçu auprès du terrible Seigneur Jhardogrohn, l'homme qui avait rassemblé sous sa bannière plus de 200 guerriers d'élite, vivant selon leurs traditions, loin des tentations du monde des "moindres-sangs", en échange de leur engagement d'une comme garde prétorienne du prévôt d'Aroche, Larmond d'Orsane, et comme troupes de choc auprès du baron-prévôt des Lisières, Berinor de Salviane.

D'abord, Bahardabras contacta Doarkhan, un vieux taillandier métis du quartier de l'Espalier, le principal intermédiaire par lequel les Hornois -enfermés volontaires dans l'ancienne prison de la ville- faisaient commerce avec les incroyants. Le vieil homme presque aveugle rappela les coutumes ancestrales au jeune hornois qui ne les avait jamais très bien su et, surtout, lui fit remarquer qu'il ne pouvait se présenter au Seigneur du Bastion sans pouvoir annoncer le succès d'une mission d'importance, sans haut-fait dont s’enorgueillir et sans présent pour le maître des lieux.
Par un "heureux hasard", Dhoarkan avait justement connaissance d'une pièce d'antiquité hornoise que convoitait Jhardogrohn, mais qui se trouvait depuis bien longtemps entre les mains de l'Ondhor, la pègre ondrène de la ville-basse : la ceinture abdominale en airain d'une ancienne armure hornoise, dont les chefs-truands héritaient les uns après les autre comme insigne de leur pouvoir, le dernier d'entre eux étant un certain Obdal [1]. Incidemment, le même Obdal avait un jour tué le premier apprenti du vieux métis, mais ça n'avait sans doute pas de rapport...

Après la mésaventure que certain connaissent sous le nom de "Opération Viande Froide", enfin en possession de la-dite pièce d'antiquité, son armure remise à neuf pour une petite fortune et ses formules rituelles révisées avec le vieil aveugle, Bahardabras se trouva assez présentable pour requérir audience au Bastion...


SALUTATIONS

MeuJeu : Tu te tiens maintenant devant la porte du Bastion, en armure rutilante et avec ton sac sur l'épaule, depuis une bonne heure sans que personne ne t'aie hélé. Que fais-tu ?
Bahardabras "le Hornois" : Donc, Bahardabras se tiens bien droit devant la porte du bastion, son épée fichée en terre (dans son fourreau) et attend, puisque on m'a prévenu que ça peut prendre deS heureS. :(
MJ : Tu poireautais donc patiemment depuis maintenant deux bonnes heures lorsqu'un officier en armure rejoint les deux gardes de faction au-dessus de la poterne (tout aussi immobiles que toi), se penche par les créneaux et demande d'une voix forte, dans un Hornois plus pur que tu ne l'as jamais entendu prononcé depuis des lustres : "Qui contemple la porte du Sanctuaire ?".
Comment tu te présentes ? "Intrépide" ou "Inflexible" ? [2]

B : "L'Inflexible Bouclier des Secrets, Bahardabras au Perron de la Gloire [3], Vainqueur de Lashdan des Défunts, de Garshen'orin des Arkonnelkan, d'Obdal de l'Ondhor, et fils des Invincibles Gardiens". (L'Ondhor ils doivent connaitre, les Arnonnelkans ils connaissent forcément - vu qu'ils gardent Mont-Griffon sur la frontière, les Défunts ... oui, ils doivent connaître un peu.)

L'officier (?) semble échanger quelques mots avec les deux factionnaires puis beugle d'une voix de stentor (les passants regardent la scène d'un air assez médusé) : "Entre alors, Gardien victorieux à l'airain sanglant : le Bastion de l'Implacable Seigneur Jhardogrohn t'accueille en croyant !"
L'énorme double-porte ferrée retentit alors de plusieurs chocs métalliques et s'ouvre enfin, lentement, dans un synchronisme parfait, sur une largeur d'homme. Dans l'ouverture s'encadre l'armure complète de l'officier descendu du rempart : en dehors de ses yeux que tu devines derrière la visière du heaume, il est couvert d'acier articulé des pieds à la tête et jusqu'au bout des doigts, serrés sur la hampe métallique d'un grand fauchard dont le contrepoids sonne lorsqu'il en plante l'extrémité à ses pieds.
Il t'observe un moment puis s'efface en pivotant raidement et te fais signe d'entrer.

Donc, c'est fait, B. est dedans. Gros soulagement pour lui : au minimum il pourra prévenir pour la porte des fléaux.  Reste à expliquer la situation de Tal Endhil, transmettre toutes les infos utiles, obtenir des renforts pour le Capitaine, obtenir des infos sur le tuage de sorcier "comme il faut", être accepté comme Hornois (et qu'ils me laissent sortir sans trop de problèmes), être reconnu comme Lame d'Airain et, enfin, être mis sur la liste d'aptitude au mariage.
Bahardabras entre et fait de son mieux pour ne pas avoir l'air trop impressionné (le casque va servir) de l'autre coté de la porte. :) J'viens de percuter un truc : si les voisins sont super étonnés, c'est que c'est pas courant ? Je veux dire : si les gens du bastion passent leur temps à partir et à rentrer de mission, ils devraient faire ça ... souvent. Sauf si c'est plus ou moins tombé en désuétude :(

Qu'un "nouveau" se pointe au bastion et provoque le cérémoniel, c'est rare en fait : ceux qui habitent là n'ont pas besoin de toutes ces salamalecs. (Ton officier n'est sans doute pas un "simple hotar" mais un Mordrahrid, donc un véritable "Gardien" !)


Si l'extérieur de la bastide est une construction remane en grosses pierres mal équarries, l'intérieur a été entièrement reconstruit dans un style froid et géométrique. La cour intérieure dallée est encadrée par de hauts murs neufs, taillés au cordeau, qui forment un rempart intérieur percé de fines archères et couvert d'une galerie ombreuse où, dans les arcs brisés, s'encadrent des archers. Parfaitement plane et carrée, quoique les coins biseautés répondent à la forme octogonale de la fontaine centrale, la cour donne à ta droite sur une grande porte plus large que haute et doublée d'airain (!), à ta gauche une unique poterne et un un vaste escalier aux marches raides monte, face à toi, vers les arcades.
Alors que d'énormes rouages referment le grand portail d'entrée derrière toi, l'officier s'avance à la rencontre d'une silhouette en robes grises brodées de blanc, négociant prudemment l'escalier sous le haut masque en ogive figurant un long visage barbu, dont ses épaules dépassent à peine. Suivi par deux Hotars en armure "légère" (casque, plastron d'acier, épaulettes et jambières) portant lance et boucliers en "diamant", le Souvenant vient à ta rencontre, s'arrête à cinq pas de toi, s'incline légèrement et, levant une main gantée de blanc, t'accueille d'une voix éraillée : "Salut à toi, Errant. Nul ne va plus loin que cette cour sans s'être dûment nommé."
Ça n'a l'ai de souffrir aucune nuance, aucun appel. [4]

Bon, donc le rituel de purification c'est pour plus tard (au mieux). Si j'ai bien compris le rituel "normal", l'entrant ne devait se présenter, se nommer, qu'au chef de la place, après la purification. Mais c'est sur que ça a été prévu pour une époque ou la présentation n'était qu'une formalité, puisqu'ils se connaissaient tous. Et que, donc, c'est plus pareil, et qu'ils ont rajouté une étape au rituel "d'entrée", pour vérifier que c'est bien un Hornois qui se présente ... et pas un métis qui s'y croit.
J'aurais besoin d'infos... Du trivial : le fauchard du gardien est dégainé (lame nue) ? Du basique : le Souvenant ayant un rang différant de celui de Gardien, quelles sont les formules que B. doit employer pour s'adresser à lui ? Du potentiellement consommateur de PE : le Souvenant dit "dûment nommé", c'est à dire toute la présentation, qui devrait se faire lame sortie et devant le chef du lieu, ou autre chose ? Le "fils de ..." en version courte pourrait il suffire ? 

Le fauchard possède un fourreau, oui.
À moins d'investir des pE pour te souvenir très fort, tu ne sais plus. Sans doute un adjectif "byzantin" en plus de son titre de Souvenant.
Au bas mot, tu supposes qu'il veut ton vrai nom et celui de ton père.
Je mise 4 alors.
Pour 4pE, tu te creuses fort la tronche et tu te rappelles que toute la question est de connaître le rang du Souvenant. De base, on dit "Vénérable Maître des Savoirs (aux Annales du Bastion)", mais comme c'est une caste où l'âge compte énormément (d'après ton papa, il y avait des Souvenants qui ont connu Herem, ça devait donc bien leur faire 2-300 ans au compteur), si tu as à faire à un très très vieux qui sait plein de trucs et a de hautes fonctions, mieux vaudra employer "Séculaire Maître des Sagesses (au Pupitre du Temps)", sachant qu'il y a quelques rangs intermédiaires.
Ça s'identifie normalement par la longueur de barbe sur le masque (là bon ben... il en a bien 30cm, mais tu saurais pas dire si c'est "beaucoup") et les broderies sur le gars... Sauf que t'as un trou.
D'un autre côté, il est d'une caste théoriquement inférieure à la tienne et, si ses devoirs au Bastion sont plus importants que tes éventuelles missions à l'extérieur car le sanctuaire prime toujours sur ce qui l'entoure (donc t'es prié de faire ce qu'il te dit), un petit ratage d'étiquette dans ce cas sera nettement moins grave que devant le boss... sauf si tu veux te concilier le "vieux" (?).
J'utilise 1pH, alors.
Alors tu as la chance que ton papa t'aie un jour décrit les Souvenants, et de te rappeler que celui-ci est un "Vénérable Chroniqueur des Âges (à la Tour des Annales)". C'est effectivement un titre de "grand archiviste" plus que d'historien ou de religieux, et c'est assez surprenant dans la mesure où le bastion d'ici n'a que quelques années (peut-être 10-12 ans à tout casser).
Peut-être tes compatriotes ont-ils transféré à Aroche plus qu'une statue (que tu n'a pas encore vue) : les archives de la Citadelle Boréale [5] !?


Woooookkaaaaiiiiii.... Je me rends compte que c'est pas un PE que j'aurais du prendre [à la dernière progression], mais "Étiquette Hornoise" à 4 ... Donc : vénérable étant son "adjectif de statut", "chroniqueur des âges" désignant sa branche d'activité et "à la tour des Annales" sa fonction ? On s'adresse à lui en disant "Vénérable Chroniqueur des Âges à la Tour des Annales", ou juste "Vénérable Chroniqueur des Âges" ? Autre question : le papa de B., était "Invincible" (mieux qu'Implacable?) au "rempart du sanctuaire" = garde du sanctuaire, c'est bien ça ?
"Invincible" est un rang supérieur à "Implacable", oui, mais ton papa était une sorte de "capitaine de la garde royale" alors que Jhardogrohn est un commandant de place forte (donc un grade inférieur avec des responsabilités supérieures : la hiérarchie a pris cher avec la chute de Horne et, contrairement aux hiérarchies plus souples, on ne peut pas être bombardé "Invincible" rien que parce que ça arrangerait tout le monde).
Ce qui te permet de déduire que le bastion d'Aroche est dirigé par des gens qui sont plutôt "des djeuns qui n'en veulent" que des vétérans.
Pour le titre du Souvenant, c'est presque ça : "Vénérable" c'est son rang (donc là, bon, c'est pas un très très vieux), "chroniqueur des âges" c'est son titre de fonction mais "la tour des annales" désigne spécifiquement un archiviste en chef (because "la tour").
Comme les deux premiers termes font partie de son titre, la moindre des politesse est de les citer en t'adressant à lui. Le reste c'est un peu secondaire et tu n'es pas obliger de le répéter à chaque fois, mais comme son affectation à lui est plutôt "au dessus de son rang", ça doit le flatter... et puis la première fois ça fait toujours plaisir. ;)

C'est d'un complexe ces choses. Tu as un précis de hiérarchie hornoise sous le coude, ou seulement des "grandes lignes" et tu développe au fur et à mesure ? Parce que j'ai l'impression d'avancer dans le noir à tâtons là :) (et y'a l'impression que certains murs sons couverts de verre pilé ...)
Enfin, dans tous les cas, B., après avoir hésité un instant sur la longueur de la barbe et s'être trituré la mémoire pour se souvenir de la prononciation correcte, répond : "Salut à toi, Vénérable Chroniqueur des Âges à la Tour des Annales. Je suis l'Inflexible Dahromjarn, fils de l'Invincible Gardien, Norgondram au Rempart du Sanctuaire."

Le masque du vénérable souvenant s'incline légèrement, comme s'il réfléchissait, et il demande : "J'ignorais que l'Invincible Norgondram ait jamais convolé, Ô puissant Gardien." Et tu as bien l'impression de sentir une pointe d'ironie dans sa remarque. [6]

Paf, et là, c'est le drame (bon, c'était attendu, mais ça fait mal quand même, con de M. mon père).
(Notre cher joueur tergiverse alors un moment, hésite... et fini par décider que dans une culture de bourrins coincés du cul, , mieux vaut assumer carrément. Il a bien raison.)
Je réponds : "L'invincible Norgondram s'est uni à la Resplendissante Matrice des Sublimes, Eordarahl au Jardin de Sagesse, qu'il a conduit jusqu'au Pays des Sylves comme il en avait reçu l'ordre".
Il y a d'abord un silence, durant lequel le Souvenant soit attend que tu poursuives, soit déduit, soit édite sa mémoire, après quoi il hoche très légèrement la tête et reprend d'un ton très respectueux : "Je suis le Vénérable Lohndralfar, fils du Séculaire Ananjhogar à la Chapelle Céleste." Il fait un signe de la main et un des Hotar s'avance avec une grande cruche en cuivre, la remplit et pose un genou en terre pendant que Lohndralfar te demande :
"D'où viens-tu Gardien ? As-tu quitté ton poste au rempart de la Foi ?" (les formules rituelles viennent de commencer, qui sont autant de "mots de passe" pour démontrer qu'il a reçu une bonne éducation pieuse, donc qu'il mérite son rang : il transpire un peu sous son casque, c'est pas le moment de piétiner la grammaire...)
"J'ai foulé les terres viles pour le service du Père. Mon âme est en faction, ma lame est mon rempart. Je reviens au sanctuaire ma mission accomplie : j'ai survécu pour préparer la restauration du Sanctuaire et protéger l'Héritage des convoitises indignes."
Je sors la ceinture du sac et je rajoute : "Pièce par pièce, je retourne l'Héritage à ses Gardiens".

Jolie formule ! :)
Lorsque tu produis la plaque abdominale, le Souvenant Lohndralfar reste un instant interdit, le Hotar qui remplissait la cruche hausse les sourcils et il te semble qu'un petit rire résonne sous le heaume de l'officier en armure complète, toujours 2 pas derrière toi.
"D'où... Serait-ce... la fameuse ceinture des blasphémateurs de l'Ondhor ?", demande le souvenant, oubliant soudain son rituel. "Oui, feu les blasphémateurs de l'Ondhor... "


Au bout d'un moment, comme les Hotars attendent derrière lui d'un air patient avec la cruche pleine et une sorte de grand drap noir, Lohndralfar s'extrait finalement de l'examen minutieux de la "ceinture" et, s'éclaircissant la gorge, te tend le linge et énnonçant : "Rejoins les tiens dans la pureté, Inflexible Gardien."
Avec son aide, te voilà bientôt couvert de la large cape de fine résille noire qui, quoiqu'en te protégeant largement des regards "indignes" de la tête aux genoux [7], te permet de voir assez nettement ce qui se passe autour de toi tout en dégageant tes bras.
Retirer ton harnois sous la mantille n'est pas pratique pour autant et tu commences à te demander si le rituel n'a pas pour but secondaire d'épargner aux visiteurs le ridicule du déshabillage en désordre. Pendant que tu te débats dans les sangles, les témoins attendent tous parfaitement silencieux -et pour la plupart immobiles- que tes gants et bottes rejoignent les pièces d'armure que le second Hotar a soigneusement disposées sur la margelle de la fontaine alors que le verseau t'invitait à t'assoir pour te laver d'abord les mains, puis les pieds au dessus d'une bassine de cuivre (et dans la cour où un ciel grisâtre cache le soleil du début d'après-midi, ça caille un brin).
Quand le Souvenant ajoute finalement "Notre visiteur est maintenant purifié : qu'il entre la tête haute pour boire à la fontaine de pureté !", le second Hotar te passe une coupe d'eau, te couvre très respectueusement les épaules d'une sorte de manteau blanc (par dessus le drap noir) et s'efface pour te laisser gagner l'escalier où Lohndralfar te précède.


  1. Celui-là même qui avait ouvert la porte de son organisation à la Confrérie du Chacal, ennemie des Talendan
  2. Le moindre débutant de la caste guerrière des Mordrahrim ("Gardiens") peut se prévaloir du titre d'Intrépide, mais il faut avoir accompli au moins un fait d'armes notable (selon les standards des castes nobles) pour pouvoir s'annoncer comme "Inflexible" : à ce stade de la campagne, Bahardabras ayant largement participé au Siège de Tal Endhil, défait Lashdan en combat singulier, vaincu les guerriers Arkonnelkan dans un duel judiciaire lors de l'Opération Tréfonds et, la veille au soir, balayé l'Ondhor jusque dans son repaire pour récupérer la fameuse ceinture, il pense pouvoir revendiquer ce statut. Le risque étant évidemment que le Bastion ne le voie pas du même œil (on a des standards très élevés, chez les Mordrahrim), mais l'alternative étant de passer pour un blanc-bec...
  3. Le "Perron de la Gloire" est une manière hornoise d'admettre qu'on a pas accompli grand-chose jusque là et qu'on a donc pas encore d'affectation dans la hiérarchie des Gardiens. Oui ils pourraient faire plus simple, non ils ont pas envie...
  4. Ce qui n'arrange notre Protagoniste, parce que selon ces fameux standards de la noblesse hornoise, sont identité est un peu bancale : il espérait pouvoir au moins transmettre la demande du Capitaine avant qu'on se penche sur les irrégularités de sa généalogie...
  5. Le Royaume de Horne comptait un Sanctuaire central et 4 citadelles vers les 4 points cardinaux. La mère de Bahardabras, par exemple, était de la citadelle du nord.
  6. Et c'est la tuile pour Bahardabras, parce que c'est là qu'est son problème généalogique : son père n'ayant jamais épousé sa mère en justes noces, il a bien peur que son ascendance ne soit pas reconnue et donc qu'on le jette dehors comme un malpropre. Le Mordrahrid ne baise pas hors des liens (sacrées) du mariage, et si par hasard il s'y commet et qu'une naissance en résulte, c'est pas certain qu'il ne soit pas prié de tuer l'enfant de ses mains pour purger sa faute. C'qu'on rigole chez les hornois...
  7. Toutes ces histoires de masques, de fourreaux et de heaumes que ces braves gens gardent sur la tronche en se disant bonjour sont dues au fait que les castes inférieures n'ont pas le droit de poser les yeux sur les augustes visages des nobles, ceux-ci risqueraient d'y perdre en pureté ! La rigolade et la décontraction, encore et toujours....


L'AUDIENCE

L'officier immédiatement derrière toi et les deux Hotars en remorque (l'un portant la cruche et la bassine, l'autre ton armure), vous gravissez les hauts degrés raides [1] d'un pas mesuré sous le regard impassible des archers, tournez à gauche le long de la galerie jusqu'à une large porte que vous ouvrent deux lanciers (il y a donc 8 soldats rien que pour garder la cour intérieure et 2 de plus au-dessus de la porte : c'est plus que sur l'ensemble des remparts de Tal Endhil).
Un nouvel escalier ("normal", celui-là) mène alors au milieu d'une vaste salle dallée carrelée où, encadrée par 6 lanciers supplémentaires, s'élève une estrade portant une sorte de large trône de pierre et de métal ciselés mais vide. Devant lequel, à la suite du Souvenant, les Hotars et l'Officier ploient le genou...

Vus 16 "gardes", ça fait au moins une 20aine en permanence, donc une soixantaine pour assurer un service continu... outch. Dans une configuration où les assaillants seront toujours en situation de faiblesse, ça ne donne pas envie de prendre le bastion d'assaut...
Bahardabras fait de même (sauf si le rituel suppose qu'il ne le fasse pas de suite, et qu'il s'en souvienne ... ).

Alors que vous êtes tous agenouillés, les yeux plantés en terre et dans un silence complet depuis maintenant quelques minutes, des pas lourds résonnent bientôt depuis le fond de la salle (tout le monde garde la tête baissée, mais Bahardabras peut zyeuter un peu de sous sa mantille), accompagnés de quelques grincements métalliques. Un officier en armure lourde s'avance nonchalamment vers l'estrade, son heaume sous le bras mais la tête couverte par une capuche blanche et un masque doré représentant un visage austère à la courte barbe étoilée (un Horonadrim [2] !?).

Dès que son pied cuirassé se pose sur la dernière marche, un salut tonne à l'unisson dans toute la salle et vibre à tes tympans : "HONNEUR À L'IMMORTEL MAÎTRE DES BATAILLES, LE SEIGNEUR JHARDOGROHN AU TRÔNE D'AIRAIN. NOS VIES LUI APPARTIENNENT !"
(Alors ça, c'est pas les titres que tu attendais ! L'Implacable aurait-il eut de l'avancement ??)
L'Immortel Seigneur du Bastion s'assoit tranquillement, te considère un instant dans un silence absolu, puis demande une voix incroyablement profonde : "Les contrées impures ont-elles terni ta flamme, Fils de la Foi ? Reviens-tu entaché des vilénies du monde ?" (oui, il parle en gras)
Et tu es tellement troublé que tu vas devoir miser des pE pour répondre sur un ton plus ferme que si tu avais six ans.

Arrête moi si je me trompe, c'est pas du tout possible de "devenir" Horonadrim ... donc, puisque l'usurpation n'est pas envisageable, ça signifie qu'il y a un survivant de la caste des rois de Horne ... au nord de l'Empire ... c'est juste énorme, ça. Donc oui, je mise ... reste 9 pE, ==> mise 9 pE. Ça le mérite, c'est juste énorme.
"Mes pas en sont souillés mais j'ai fait pénitence, par la Loi et l'airain j'ai purifié mon âme sur le patient retour."

Comme ta voix retentit fermement dans la salle (il y a même de l'écho, c'est très curieux), le Seigneur répond : "Alors reviens parmi les Purs pour boire au sein de la Mère Inviolée."
De derrière une colonnade arrive alors, à petits pas et la tête baissée, une jeune femme entièrement nue à la peau claire et aux courts cheveux blonds (une Emishen ?! en tous cas elle a l'air frigorifiée), les tempes et le pubis rasés, les épaules scarifiées d'arabesques encore rouges et le cou enfermé dans un lourd collier d'acier ciselé qui lui descend jusqu'aux clavicules. Ses yeux bleus sont complètement inexpressifs lorsqu'elle s'agenouille à tes côtés pour te tendre, miraculeusement sans trembler, une coupe d'argent octogonale contenant un peu de lait. (Ha oui, j'avais oublié que les gentils talibans racistes étaient aussi esclavagistes ... 'zont toutes les qualités quoi.) Buvons le lait !
"Tes armes étincellent-elles, Soldat de l'Héritage ? Ou sont-elles souillées du regard des impurs ? [3]"
"Ma lame a brillé du sang des infidèles, elle a saigné leur fils de leur impureté, le combat et les rites l'ont lavé de leur faiblesse."

L'esclave humblement disparue dans les ombres du pilier, une servante en aube brune s'avance, le visage entièrement couvert d'un voile où sont brodés des paupières closes et portant un plateau d'étain. Suivant une trajectoire exacte entre les guerriers agenouillés, elle s'approche, s'incline très bas devant toi t'offre une haute tasse de thé fumant.
"Alors soit admis au Sanctuaire, pour partager le repos et la chaleur des Sages".
Et le breuvage est délicieux : corsé mais léger, une amertume très douce, une senteurs de fleurs et de fumée, des parfums plus complexes que tu ne reconnais pas... Tu es à la fois réchauffé, nourri et apaisé, comme si ces quelques gorgées comblaient tous les manques qui rampaient dans ton estomac depuis des huitaines [4] . Et tu finis la tasse presque sans t'en rendre compte.
(Tu récupères toute ta Tension, te revoilà à 9pE.)


"Qu'on nous laisse à présent, énonce le Seigneur du Bastion d'une voix forte. Que les nobles Heremides s'entretiennent entre frères."
Et d'un seul mouvement, tout le monde se redresse, les Hotars se retournent dans un ordre parfait et sortent au pas cadencé, laissant ton matériel empilé sur un guéridon marqueté (l'épée toujours au fourreau) et verrouillant derrière eux la porte au bas des escaliers. Quand ne restent que le Seigneur, l'officier, le souvenant et la servante "aveugle", Jhardogrohn défait son masque, révélant un visage au teint cuivré étonnamment semblable à sa gangue métallique : un nez busqué marqué d'une cicatrice ancienne (absente du masque), des yeux sombres entourés de rides, très enfoncés sous des sourcils épais et un front haut, des pommettes presque carrées, une bouche austère et une courte barbe où le blanc parsème le noir-corbeau tout le long d'une forte mâchoire [5], le tout encadré par une cascade de boucles noires (il a donc rompu de longtemps avec les traditions des Lames d'Airain [6]).

Lohndralfar, par contre, est très différent du lourd casque qu'il vient de quitter : un peu joufflu, un nez rond et une barbe grise en collier toute bouclée, il ne reste rien de la présence intimidante que lui conférait son visage de métal.
Et quand l'officier derrière toi tombe le heaume, c'est pour révéler la trogne durcie, le nez cassé et le visage couturé d'un guerrier de métier, le crâne parfaitement rasé et une épaisse moustache poivre et sel qui tombe plus bas que son lourd menton. "L'Implacable Okrathoran Défenseur du Bastion, fils de l'Invincible Orohmgar au Rempart du Sanctuaire", le présente simplement le "jeune" Souvenant qui porte toujours la ceinture d'armure, ternie et rayée mais sinon très semblable à celle de l'officier.

"Parlons", énonce simplement l'Immortel Seigneur du Bastion en désignant les sept cubes de pierre bas qui entourent son trône [7] et où son second prend place à sa droite, sa lance toujours à la main, pendant que Lohndralfar se tient respectueusement debout derrière le "siège" à la gauche du seigneur en te faisant discrètement signe de t'assoir sur le cube à sa propre gauche.

Donc, le thé hornois, ça fait passer le reconstituant de Vighnu pour de la villageoise, tant mieux (j'avais déjà 3 en tension avant de "parler pas comme un enfant de six ans", plus la tension de cette action dont tu ne m'a pas précisé la réussite). 12pE dispo comme à l'entrée du bastion ?
(Je ne comprends pas toutes les implications sociales de l'apparence de Jhardogrohn... Hérémides ==> terme générique pour les 4 castes nobles ?

Les "Heremides" désigne en effet les castes nobles, descendant directement de Herem. le thé devrait t'avoir rendu 6pts de Tension, tu es donc à 9 passque l'action précédente n'était passé que de 3.
Ce n'est pas un Horodajahr (ie : pas de la "famille" des régents des sanctuaires, puisqu'ils sont tous morts, non ? Ses titres "immortel maître des batailles" et "au trône d'airain" ce sont des titres "royaux" ? Son masque n'est pas celui que devrait porter un Mordrahrid ? Je ne crois jamais avoir eu de "description" de ce à quoi c'est censé ressembler (tt la symbolique des différentes castes), et à part éventuellement celui de son père, B. ne devrait jamais en avoir vu.
"Immortel" et le "Trône d'Airain" sont bien des titres royaux et ton papa t'avait dit que les Horonadrim étaient tous morts, exécutés par l'ennemi ou honorablement suicidés, oui. Alors soit celui-là est "un vrai" qui a échappé à la purge (et qui est resté discret sur son véritable statut depuis 37 ans), soit c'est un vil usurpateur qui s'est auto-proclamé "roi"... Mais d'un autre côté ce serait le seul que vous ayez, avec un vrai bastion, un Souvenant, des resplendissantes, des Lames d'Airain... Note qu'il ne se fait pas appeler Horodajahr, c'est à dire "chef des rois", non plus, mais Seigneur des Batailles, donc "général en chef". Pour les masques, ce sot effectivement les premiers que tu vois, donc tu découvres...
Il porte la barbe, d'autre noms, il s'est "affranchi" des règles des Lames... Elles étaient pas censées non plus diriger de citadelle, donc je peux comprendre la logique.
Jusqu'ici, Jhardogrohn était connu comme une Lame d'Airain, il devait donc se raser le crâne. S'il se laisse pousser les cheveux comme un Horonarod (singulier), et ce depuis un petit moment manifestement, ce peut être qu'il a décidé de réclamer son "nouveau" statut... au moins dans l'intimité de ses pairs, quand il a pas son masque.
Le rituel "d’accueil" semble être terminé, B. ne me s'est pas présenté... mais si il enlève son masque, c'est qu'il reconnait mon rang, et qu'il veux lui faire honneur, c'est bien ça ? La "présentation" est sensée se faire épée sortie, question logistique le guéridon est loin du "carré" ?
Bahardabras s'est déjà présenté en entrant : le boss a probablement assisté au rituel depuis sa fenêtre (celles qui éclairent la salle donnent dans la cour : pratique dans une culture où on beugle de toutes façons), en tous cas si on retire les masques, c'est qu'on t'a reconnu. On t'a même donné de l'Inflexible, ce qui signifie que tes premières victoires sont enregistrées.
Tu as bien l'impression qu'on n'a pas l'intention que tu récupères ton arme ni ton armure en présence du patron (elle est posée à l'autre bout de la salle, y a bien 15-20m jusque là). Par contre, tu peux réciter ton lignage si ça te branche, il semble que ça se faisait avant de prendre la parole (et les 3 autres n'ont encore rien dit). Auquel cas, ça vaut le coût d'employer la forme "Inflexible... au Perron de la Gloire".
Apparemment, il s'est passé un certain nombre de trucs dont tu n'étais pas prévenu : soit que ton papa ne t'en avait pas parlé, dont tu ne te souvenais pas... ou bien qui ont changé depuis.


Donc B. respire un bon coup, s'avance "au milieu" puis sort sa tête / relève le voile, repose un genou à terre et se présente :
"Honneur à toi, Immortel Maître Des Batailles, Seigneur du Bastion, Jhardogrohn au Trône D'airain. Te salue l'Inflexible Dahromjarn, fils de l'Invincible Gardien, Norgondram au Rempart du Sanctuaire, petit-fils de l'Invulnérable Protecteur, Ordrash sur le Pont Étoilé, et de la Resplendissante Matrice des Sublimes, Eordarahl au Jardin de Sagesse, fille de la Radieuse Maîtresse des Invaincus, Eteoldhran au Balcon Tutélaire. Revenu des terres indignes au Perron de la Gloire, mon âme est purifiée, ma lame à ton service."
Puis, il ira s'assoir à la gauche de la gauche du trône ... en se demandant le pourquoi du comment.

"Est-ce vrai ?" demande l'Immortel Seigneur du bastion de cette voix dont le moindre accent résonne dans toute la salle d'honneur.
"C'est... possible", répond le Souvenant : "Lors de la Chute, l'Invincible Norgondram s'est vu confié la sauvegarde de la Resplendissante Eordarahl, épouse de l'Invulnérable Atharajal, tué lors de la bataille des Degrés Célestes [8].
L'union datant de l'avant-veille et Atharajal étant resté aux créneaux jusqu'à l'offensive des shonvrhom [9], la nuit de noce n'a pas eut lieu et la dame est restée vierge. Les épousailles entre Norgondram et Eordarahl ne sont pas enregistrée, néanmoins, et tous deux ont disparu dans les Sylves pendant 17 ans et trois mois.
Un Dharomjarn "Bouclier des Secrets" a en tous cas été déclaré en 1227 [10] au Séculaire Chroniqueur des Âges, Ananjhogar à la Chapelle Céleste [11]. Un "Bouclier des Secrets, fils de Norgondram" a ensuite rejoint la troupe de l'Importun (?) au matin de Hered mourant des Semailles 1244, avant qu'elle ne soit dispersée parmi différentes patrouilles impériales, et le jeune gardien affecté à celle du Sergent shonvarhed Esic Le Cornu, aux ordres du Capitaine Liméric Durgaut depuis le dernier Eled naissant des Bourgeons.
(Je vois bien qui est "l'Importun", et je commence à comprendre à quel point il a du être "importun" à expliquer des trucs à Sigrell de Lorune... pendant que d'autre les mettait en pratique ailleurs. Et : putain "SOUVENANT", ha, ouais, quand même. Leur examen d'entrée, c'est la deux millième décimale de Pi ?
Le Souvenant est au savoir ce que le Mordrarohd est à la bagarre, oui : il dépote.)

_Qui a déclaré la naissance ?
_Je... l'ignore, Immortel au Trône d'Airain, avoue l'archiviste en s'empourprant. Le Séculaire Chroniqueur était déjà mourant à cette époque et ses mémoires ne sont pas...
_Son sang sera donc examiné.
_Il le sera, Immortel Seigneur du Bastion. Et le Bouclier des Secrets a apporté ce... présent.", ajoute le Souvenant en sortant la ceinture du sac.
_Une plaque d'armure ? (L'Immortel a l'air très vaguement intrigué.)
_La plaque ventrale d'Arjhomradhoror que nous ont volé ces blasphémateurs d'Ondhoroen, Seigneur." précise l'Implacable Okrathoran avec un sourire carnassier.
L'Immortel se penche un peu sur l'objet, renvoie un regard indéfinissable à son second (en fait, c'est pas le masque qui est ressemblant, c'est lui qui est quasiment inexpressif !) et se tourne vers le Souvenant : "Son acte est-il pur ?" .
Lohndralfar a l'air un peu gêné et se tourne vers toi avec un regard presque suppliant: "Avez-vous tué tous les profanateurs, Inflexible Bouclier des Secrets ?"
"Leur chef est mort, comme tous Ondrènes présent et le sorcier Sylve qu'ils employaient, et j'ai mis le feu à leur église. Quelques uns de leurs supplétifs sylves sont parvenus à s'enfuir."

À ta réponse sur l'Ondhor, Okrathoran hoche gravement la tête, tu sens le soulagement du Souvenant et l'Immortel te regarde enfin. "Le sang", dit-il simplement au Souvenant, qui acquiesce et quitte la salle avec force courbettes (?). En attendant semble-t-il que Lohndralfar revienne, Okrathoran caresse un moment sa moustache en silence, avant que son seigneur ne lui adresse un petit coup de menton. S'éclaircissant la gorge, le Défenseur du Bastion demande alors :
"Tes nobles parents sont-ils encore vivants ?
_Non. La Resplendissante Eordarahl est morte dans les Sylves, quatre années après ma naissance. L'Invincible Norgondram est mort au combat dans les Sylves, il y a deux ans".
_ Qui t'a élevé dans nos traditions ?
_L'Invincible Norgondram seul, depuis mes 4 ans et jusqu'à sa mort.

L'Immortel ne manifeste pas grand-chose pendant ta conversation avec son second : il t'observe un peu distraitement, pas très droit dans son trône de pierre et le bras gauche calé dans la garde de la large épée dont le fourreau repose dans son giron (essaye de t'assoir sur un trône avec une lame au côté et en armure), comme s'il réfléchissait ou rêvassait... Et le Souvenant met du temps à revenir.
"L'Invincible Norgondram t'a-t-il également enseigné l'histoire du Royaume ? Les principes du Sanctuaire ?
_Oui, l'Invicible m'a enseigné le Combat, l'Histoire et la Loi Sacrée.
_Pourquoi ce "Bouclier des Secrets" [12] ?
_Dans les Sylves, mes nobles parents ont été confrontés à un sorcier térénide. L'Invincible Norgondram avait éradiqué sa clique, mais le sorcier s'est échappé et juré vengeance. Pour me protéger de ses maléfices, mes nobles parents on résolu de cacher mon nom. Le sorcier est revenu, accompagné d'hommes fauves et de démons. L'Invincible Norgondram a tué tous les assaillants, mais n'a pu sauver que ma vie".
_Mais si le Parjure est mort, pourquoi continuer à protéger ton nom ?
(Il avait des séides, note bien, mais tu te demandes si c'était pas un effet de la parano de papa... ou parce que "les Barbaras", c'étaient plus simple pour les Remans que d'apprendre vos noms.)
_C'était la décision de L'Invicible Norgondram, il ne m'appartenait pas de la discuter. Après sa mort, l'habitude était prise, je n'ai pas vu l'intérêt d'être connu des moindres sang par mon vrai nom."
Pendant la discussion, Jhardogrohn semble être une statue de lui-même : seuls ses yeux bougent parfois et il te faut un bon moment pour réaliser qu'il n'a aucun des mouvements involontaires que manifestent la plupart des humains : il ne se gratte pas le nez, il ne remue pas dans son siège, il n'avale pas sa salive, il ne renifle pas, il ne tambourine pas des doigts...
Dès lors, dans cette extrême immobilité, le plus infime geste est un signal que les deux autres semblent guetter intensément. Le pire, c'est qu'il a l'air détendu quand il est immobile !


"Quel genre d'homme est ce capitaine Liméric Durgaut, demande l'Implacable Okrathoran ?
... [grosse réflexion]
_Pour un shonvarh, il est remarquable. Militairement, c'est un bon officier. Politiquement, il est meilleur.
Lorsqu'il est arrivé à Tal Endhil, il avait trois douzaines de mercenaires remans, dans une zone où les impériaux n'ont qu'un pouvoir théorique. Il a réussi à obtenir l'aide des populations locales,pour repousser l'attaque de six cents rebelles indigènes symboliquement morts, qui étaient appuyés par des musiciens de guerre Arkonnelkan.
Depuis il est parvenu à une sorte d'accord avec les indigènes, qui lui permet de développer son avant-poste malgré la situation de guerre dans la Marche des Lacs. Ses ressources en hommes sont limitées, il cherche d'ailleurs à engager des mercenaires, raison pour laquelle il m'a envoyé à Aroche.

_Des mercenaires ? C'est pour cela que tu es venu nous trouver ? (Okrathoran a l'air vaguement vexé.)
_Non. Je n'ai appris l'existence du Bastion qu'il y a quelques huitaines. J'étais en permission, à chasser un sorcier chez les Oloden, et j'y ai croisé des Sentinelles en éclaireurs de l'armée impériale, qui m'ont exposé la gloire de l'Immortel. J'ai saisi la première occasion de venir à Aroche, d'autant plus que certaines informations devaient être transmises aux Fidèles..."
[Laisse un temps de pause, et si le Souvenant est revenu, j'attends qu'il ai posé ce qu'il pourrait avoir dans les mains avant de finir, on sait jamais...]


Précisions culturelles
En parallèle de cette conversation, notre Protagoniste reconstitue peu à peu la hiérarchie des "grades" chez les Mordrahrim : Intrépide < Inflexible < Implacable < Invincible < Invulnérable. Pareillement, tous les Horonadrim sont au bas mot "Illustres", puis "Immortels" < "Ineffables" et, finalement, "Sublimes".

Bahardabras/Dharomjarn réalise ainsi que si le bras droit de Jhardogrohn est simplement "Implacable", c'est sans doute qu'il n'y a plus d'Invincible (comme l'était le papa de notre héros) ni d'Invulnérable (comme son grand-papa). Mais c'est apparemment tout le problème des "gradés" du Bastion : les titres ne se gagnent qu'au mérite, ce qui nécessite déjà d'avoir l'occasion de combattre beaucoup, donc de vivre longtemps alors que l'espérance de vie est en chute libre depuis la disparition d'Herem (le père de Dharomjarn devait bien avoir 80 ans quand il est mort au combat, et sa barbe commençait à tourner au gris, mais son Invulnérable grand-père est mort sur les remparts du Sanctuaire à 110 ans passés).
À part peut-être Jhardogrohn, les dirigeants du bastion sont donc des gens qui assurent de hautes fonctions en ayant des titres "pas très impressionnants" parce qu'ils ont moins vécu et moins vaincu que leurs glorieux aïeux.


  1. Même les Hotars, athlétiques et en armures légères, semblent avoir eut nettement plus de facilité à descendre qu'à monter cet escalier et, sous les pas de Bahardabras, on dirait bien que les marches sont légèrement... inclinées vers l'intérieur ?
  2. Si c'était bien le cas, il y aurait donc un héritier du trône de Horne au Bastion !
  3. Les Lames d'Airain n'ont pas non plus le droit de dégainer leurs armes devant les "moindres-sangs" à moins de les "laver" ensuite dans leur sang. Voilà, voilà...
  4. Parce qu'en plus la caste guerrière a une loooongue liste d'interdits alimentaires sophistiqués qui obligent notre pauvre Bahardabars a ne manger que les rares trucs dans la cuisine locale qui, par chance, ne sont pas interdits par l'une ou l'autre règle tortueuse. Le plus souvent : des pommes. Il s'affame par piété depuis des mois, le gars.
  5. Jhardogrohn ressemble à un mélange entre Ian McShane et Ghassan Massoud. Je ferai un portrait "masqué" à l'occasion...
  6. Qui se rasent le crâne en signe de servitude.
  7. ça fait un |_| de trois sièges de côté, le trône fermant le carré.
  8. Ça, le papa de B. lui en avait parlé : la défense du Sanctuaire a été telle que la seule prise de l'escalier menant à la salle du trône a donné lieu à une bataille qui a duré 4 jours et 3 nuits, faisant pas loin de 1500 morts côté reman et presque 250 parmi les Hornois.
  9. Les "moindres-sangs" : "shonvarh" au singulier, "shonvrhom" au pluriel, "shonvarhed" est l'adjectif masculin singulier. Les accords de noms varient avec les castes, c'est très pratique... :)
  10. Depuis la fondation du Sanctuaire. L'année en cours est la 1245° du calendrier hornois.
  11. Quoiqu'il ignorât le fait jusque là, on aurait donc déclaré la naissance de "Dharomjarn" au propre père du maître-archiviste, mais l'enfant n'a pas pu être présenté.
  12. Toute cette affaire de nom vient de ce que, lorsqu'il était enfant, notre Protagoniste a été menacé par un affreux sorcier, et que ses parents ont donc décidé de cacher son Vrai Nom au monde sous le pseudonyme traditionnel de Bahardabras, soit "Bouclier des Secrets". Ça en jette un peu dans la cour d'école.


SORCIERS

Le temps que vous discutiez de tout ça, le Souvenant est effectivement revenu... avec son masque (qu'il avait semble-t-il emporté pour circuler dans le reste du Bastion : doit y avoir des "pas nobles" qui traînent). Mais surtout avec ses gants et un petit plateau pleins d'instruments inconnus dont une sorte d'aiguille bizarre, prolongée par une toute petite fiole : "Si le Puissant Gardien me le permet, je vais maintenant lui prélever un peu de sang afin de vérifier sa pureté par certains... rites." (Je suppose que tu laisses faire.)
{{Secrets| Relevant ta manche, il attache à ton bras une sorte de lanière de cuir qu'il serre fermement sous ton biceps, attend que les veines gonflent et plantent son aiguille dans la plus grosse. À ta grande surprise, tu n'as presque rien senti et, quand le Souvenant tire sur une sorte de petit levier, la fiole se rempli de sang sans goutter du tout. Lorsqu'elle est pleine, il retire l'aiguille, pose sur la saignée une compresse enduite d'un produit odorant et l'attache avec la lanière, cette fois sans serrer tellement. "Merci, Puissant Gardien". Et, se tournant vers le Roi : "Cela ne prendra que quelques heures..."
"Confie le travail à quelqu'un, je veux que tu entendes la suite, ordonne Jhardogrohn.
_Mais... Il... sera fait selon votre volonté, Seigneur Immortel."
Pendant que vous attendez tous trois en silence, Lohndralfar disparaît donc un instant avec ton sang et son attirail, puis revient les mains vides, retire son masque et reprend sa place, un pas derrière le siège de pierre à gauche du roi.
Ce dernier tourne alors vers toi son regard intense et Okrathoran t'invite à poursuivre : "En permission pour chasser un sorcier, disais-tu ?".


"Oui. Je vous passe les détails, mais le capitaine ayant obtenu le renfort de Soldats du Temple, et après quelques frictions, il m'a accordé une permission..."
L'Immortel Seigneur lève à peine un sourcil que son lieutenant t'interrompt :
"Comment votre Capitaine Durgaut a-t-il obtenu l'appui des Soldats du Temple ?
_Je ne connais pas les détails, mais les soldats du temple son venu préparer l'arrivée d'un haut dignitaire du Culte des Pères, un "primat je crois...
Toujours est-il qu'une fois en permission, je me suis joint à "une expédition de commerçants locaux" qui devait se rendre sur le territoire des Oloden, dans la ville que les indigènes appellent "le Cercle des Hautes Pierres". On m'avait expliqué qu'il s'y trouvait un sorcier du clan des Arkonnelkan, et j'ai proposé d'aider un groupe d'indigènes qui voulait sa mort [1]."

L'Implacable Okrathoran a l'air surpris : "Les commerçants de Tal Endhil vous aidaient ?". Et, sur un bref regard de son maître, il ajoute : "Qui est ce sorcier ?
_Les commerçants de la Guilde de Tal Endhil espéraient ouvrir une route commerciale vers le territoire des Oloden. Les marchands Kerdans y avaient été "interdit de séjour", et ils espéraient pareillement un réexamen de la situation... Officiellement, une poignée de volontaires et moi-même escortions la caravane marchande, qui ignorait nos intentions.
Le sorcier est celui qu'ils nomment "Colère des Tréfonds"...

Malheureusement, en arrivant chez les Oloden, nous avons découvert que les indigènes allaient écraser l'armé impériale par surprise, avec quelques millier de cavaliers, et mon groupe a du intervenir pour ralentir l'attaque...
_Ton "groupe" ?
_Les indigènes Nevel Sholdanan, Kal Kirhan, Oleytan Lerkoren, Lidel'Agilon, Hem'Lelnis, Falnen Be'hemshar, Doma Sholen et Maliam Lelpen, et Vighnu Pratesh, de la guilde de Tal Endil.
Nous avons gagné quelque jours en défiant les chefs du contingent militaire Arkonnelkan en duel judiciaire.

_Sous quel prétexte ?
_Juste avant le siège et l'assaut sur Tal Endhil par les Kormes, un groupe de rebelles indigènes a croisé une caravane Lewyllen au lieu dit "du Pic Blanc", volé leurs chevaux, et tué tout le monde. Par la suite on a appris que ces rebelles étaient des Arkonnelkan, déguisés en "rebelles symboliquement morts" pour ne pas être reconnus. Ils emploient le même stratagème actuellement dans la Baie des Langueurs et celle des Oubliés, en utilisant des navires de conceptions rémane pour attaquer le trafic maritime.
Les indigènes ont des lois strictes pour faire la guerre : la tuerie du Pic Blanc en constituait une violation. Nous espérions perturber la coalition indigène de Kainen Tahrel en révélant ce fait. Le chef militaire des Oloden à voulu régler la question par un duel, et nous en avons profité pour réclamer le paiement du prix du sang pour les Lewyllen.
Par ailleurs, la révélation de cette affaire a entrainé un débat/procès à l'assemblé indigène du Cercle des Hautes Pierres, qui a abouti à l'exclusion des représentants Arkonnelkan de ce cercle, mais pas à la reconnaissance de leur culpabilité dans leurs autres exactions...

"Malgré nos efforts, nous n'avons pas eu l'occasion d'approcher le sorcier à part le jour du duel, qui s'est déroulé au milieu de l'armée indigène rassemblée. Après avoir vaincu, nous avons du quitter le territoire Oloden immédiatement."
Le Souvenant fait un petit bruit de gorge et Okrathoran adresse un regard interrogatif à l'Immortel Seigneur, dont deux doigts de la main gauche esquissent une autorisation.
"Pour mémoire, précise respectueusement Lohndralfar, l'Inflexible Gardien a défait Garshen'orin, porte-étendard des Arkonnelkan, fils de Maeghlan Dey, cheffe du clan de la Montagne-Brasier. L'étendard est aujourd'hui échu à Ker Shidalon, premier bouclier de la cheffe, également vaincu mais épargné lors du duel et qui menait l'assaut contre Brasure.
_Pourquoi l'épargner ?" demande Okrathoran.
_Garshen'orin était trop confiant, il m'a attaqué sans stratégie, et je l'ai abattu. Cette victoire m'a rendue trop confiant, et j'ai attaqué Ker Shidalon sans stratégie. Je ne méritait pas de le vaincre. Ker Shidalon est le meilleur combattant que j'ai eu occasion d'affronter. La prochaine fois que l'affronterai, ma victoire sera pure."
Okrathoran t'adresse un sourire d'appréciation et même l'Immortel Seigneur se fend d'un petit hochement de tête approbateur. Et illico, Bahardabras gagne 1pH.


Bahardabras reprend : " À l'occasion de cet évènement, j'ai appris que les rebelles symboliquement morts avaient des liens avec les cultistes sylvainss de la Confrérie du Chacal et le sorcier des Arkonnelkan...
_La "Confrérie du Chacal", demande le Défenseur du Bastion ?
_Les serviteurs humains de l'Ignominieux Loup Efflanqué, développe Lohndralfar. Ils auraient fondé un chapitre nordique." Et comme on le regarde d'un air insatisfait, il ajoute sur un ton d'excuse : "C'est tout ce que nous en savons..."
Okrathoran fronce les sourcils et lisse sa moustache : "Sont-ils alliés à l'Hérétique Lork...
_Lorkan Elakhendil, "Colère des Tréfonds", né Æryl de Sarde, draconniste capturé par Arsomond de Marale en 1171 et évadé de la commanderie pénitentiaire de l'Écrou en 1197." Si Lohndralfar a l'air très satisfait de cette précision, le Défenseur lui jette un regard moins qu'impressionné et le Souvenant baisse les yeux, honteux, alors qu'Okrathoran se tourne vers toi : "Ce sorcier et la Confrérie ont-ils alliés ?
_Je l'ignore. Ce que je peux dire, c'est qu'ils ont des alliés communs, et peut être des objectifs convergents. Les Chacals sont très actifs dans le nord" à Aroche même, ils avait noué des liens avec l'Ondhor, au point d'initier à leurs rites les chefs de l'organisation.
Du coté de Tal Endhil, ils alimentent un trafic d'armes à destination des rebelles symboliquement morts. Comme la sorcière qu'on appelle "La Louve" est une sylvaine, et qu'avec le sorcier également sylvain "Urgrand" ils assistent les Kormes, je suppose que les Chacals sont alliés aux rebelles symboliquement morts.
De leur coté, les Arkonnelkan ont aidé les Kormes dans la région de Tal Endhil, et au moins l'une de leurs dignitaires, Mona Ma'od, serait directement liée à leur sorcier Lorkan Elakhendil...

_En tant que porte-étendard des Arkonnelkan, Garshen'orin disposait d'une troupe d'Albannakh dont la présence est attestée lors de la Bataille du Lac Sanglant comme dans la Vallée de Cainil", précise Lohndralfar. Mais ce n'est pas à ça que le Défenseur semble réagir quand il serre visiblement le poing et lâche d'une voix sourde : "Urgrand ! Où est-il à présent ? _Aux dernières nouvelles, il était blessé [2] et en fuite, quelque part dans l'arrière pays sauvage de Tal Endhil...
_De quand datent ces informations ? _L'affrontement a eut lieu la huitaine croissante des Labours, l'information m'a été transmise peu après, mais elle était encore valable au moment du départ pour Aroche de l'expédition commerciale que j'accompagne, à la huitaine croissante des Semailles... "
Remarquant alors le haussement de sourcil impatient de son seigneur, le Défenseur du Bastion incline le front en guise d'excuse pour ses interruptions :
"Poursuis ton récit, Inflexible Gardien..."


"Ce sera bref : à part au moment du duel judiciaire contre les Arkonnelkan, qui s'est déroulé au milieu de l'armée indigène rassemblée, nous n'avons pas eu l'occasion d'approcher le sorcier Lorkan, et après avoir vaincu, nous avons du quitter le territoire Oloden."
Mais ce n'est pas là que Bahardabras/Dharomjarn voulait en venir : "Je dois préciser que le contexte de Tal Endhil est... particulier. Les Kormes qui ont assiégé l'avant-poste ont donc des liens avec les cultistes de la Confrérie du Chacal, ils emploient des sorciers des Sylves, se sont associés au grand sorcier des Arkonnelkan... Mais surtout, il semble que leurs supplétifs sylvains se soient introduits dans une cité "première", et en ait retiré un ou plusieurs artefacts permettant de relever les morts. Cet artefact est convoité également par le sorcier des Arkonnelkans, pour son propre usage..."

À ces mots, Lohndralfar se décompose visiblement, le front du Défenseur se plisse de rides soucieuses au-dessus de ses yeux écarquillés et l'Immortel Seigneur pose son impassible regard sur toi pour demander d'une voix calme mais toujours puissante :
"Quel appareil ?
_On me l'a décrit comme un "sarcophage de régénération".
_Pute borgne !!" lâche Okrathoran en langue des Pères [3], ce qui lui vaut un regard froid de son Roi : "Hmm... Mes excuses, Immortel Seigneur.
_Qu'est-il advenu de l'appareil, demande Lohndralfar ?
_Les rebelles l'avait installé dans la mine d'argent, au sud-ouest de Tal Endhil. Ils l'y on abandonné, à la suite d'un incident. Quand une expédition a été envoyée de Tal Endhil pour remettre la mine en état après la bataille, les Talendan ont découvert l'appareil, et résisté aux assauts des rebelles qui ont alors cherché à le reprendre.
[gros moment de gène pour B.] Heu ... les rapports sont pas très clairs, mais les survivants on affirmé qu'une apparition divine serait venu les aider à repousser les rebelles..."

Et comme Okrathoran ne semble pas réaliser de quoi tu parles, Lohndralfar explique :
"L’Éternel Gardien, Herem à la Cité Lunaire [4], loué soit son nom...
_LOUÉ SOIT SON NOM ! (comme tu te tenais prêt, tu t'es écrié dans un bel unisson avec les deux autres)
_...serait apparu deux fois sous son aspect de Premier Seigneur des Batailles dans la Marche des Lacs, durant les huitaines passante et mourante des Labours. Mais aucune de ces manifestation n'a pu être confirmée en l'absence de témoin Fidèle."
Une intense perplexité tombe sur le visage d'Okrathoran, qui se tourne vers son chef pensif, lui-même interrogeant le Souvenant du regard : "Je vous en demande pardon mais la Chambre ne peut rien affirmer, Immortel Seigneur."
Jhardogrohn fronce les sourcils un moment, puis hoche gravement la tête (?) et te fait signe de continuer.

"À la fin, la falaise surplombant la mine s'est écroulée, balayant les rebelles, mais les membres de l'expédition qui s'étaient retranchés dans les galeries ont survécus. Urgrand aurait été blessé dans l'effondrement. Au moment de mon départ, l'appareil y était encore, caché dans la mine, laquelle devait être fortifiée et gardée."
Là, le Roi et son bras droit échangent un regard aussi interrogateur que froid, que l'Immortel conclu par un petit signe de tête.
"Ton Capitaine sait-il ce qu'il risque à conserver un tel objet ?" demande l'Implacable Défenseur du Bastion.
Bahardabras/Dharomjarn hoche gravement la tête : "Il sait que je le tuerais s'il en fait usage. Que les Soldats du Temple le tueraient sans doute rien que pour l'avoir garder. Que l'ex-répurgateur Herle de Lorune le tuerait probablement s'il en faisait un mauvais usage. Et qu'alors même les indigènes le tueraient -et Tal Endhil avec- parce que même eux ont un minimum de principes.
Mais je ne doute pas qu'il cherche un moyen de mettre l'appareil hors de porté des rebelles et de leurs sorciers. Vu qu'il n'a plus assez de soldats pour tenir la mine contre un assaut en règle, il a mis au point une solution pour détruire l'objet, à tout le moins le neutraliser... [5] "

Okrathoran n'a l'air qu'à moitié satisfait de cette réponse et le Souvenant semble franchement préoccupé, mais personne ne commente explicitement avant que le jeune Gardien n'enchaîne :
"Je crois important d'insister sur le fait que cet objet proviendrait d'une citée première. Dont les sorcier sylvains aurait violé l'entré, pour accéder au moins a une antichambre. Certains des locaux semblent connaître l'endroit et le désignent comme la Porte-Sous-la-Montagne, et les indigènes la Porte des Fléaux..."

À ces mots, le Souvenant s'éclaire un peu et ouvrait la bouche pour parler quand la main gauche du roi se dresse sèchement. D'abord surpris (on pourrait même dire "pétrifié"), Lohndralfar baisse la tête d'un air humble, puis vous salue tous trois par ordre de préséance et quitte la pièce, humilié. La hiérarchie, c'est chaud chez les extrémistes dis donc... B. attend qu'on lui repose des questions, il est aussi attentif qu'il le peut.
C'est le principe de base, oui. Par contraste avec le conseil de guerre de Kainen Tahrel où on pouvait bouffer, sortir pisser, discuter le bout de gras avec les potes et se pointer à poils sous sa couverture parce qu'on vient de se lever, ça fait tout drôle.
Mais puisque tu étais très attentif lorsque Lohndralfar se fait virer de l'entretien, tu as nettement l'impression que c'est moins pour une question d'étiquette que parce qu'il était sur le point de lâcher quelque chose dont son patron ne voulait pas qu'on discute.

Alors que Lohndralfar quitte servilement la pièce par une porte latérale (tu vois brièvement luire l'acier du battant : si le Bastion est en pierre de taille, toutes les portes que tu y a vu étaient métalliques), l'Immortel Seigneur braque un moment son regard sur toi en silence.
Puis à l'attention de l'Implacable, il énonce : "Éprouve-le".
Okrathoran sourit alors, se lève, te fait signe de l’imiter, s'incline devant le roi et, remettant son heaume, se dirige vers le grand escalier et s'arrête un moment devant ton matériel avec un geste d'invite.


  1. Chez les Hornois comme chez les Templiers, buter du sorcier est une saine activité de vacances : c'est très bien vu.
  2. Après l'attaque de la Mine Bénie, pendant l'épisode 6) "La Mine"
  3. Parce qu'il n'y a pas de jurons en langue hornoise. Probablement aussi parce que le moustachu Défenseur du Bastion a servi longtemps parmi les mercenaires "shonvrhom"...
  4. Herem a en fait un paquet de noms, titres et qualificatifs qu'on emploie chez les Hornois par souci poétique (si, si) comme pour désigner ses différentes "facettes". Car si les shonvrhom ne le connaissent que comme "Premier Seigneur des Batailles", les Heremides le considèrent également comme le père tutélaire de leur lignée, leur Roi des Rois et général en chef, aujourd'hui "transcendé" vers les étoiles, mais aussi comme l'Ultime Gardien du Savoir, l'Architecte du Sanctuaire... et différentes castes favorisent différentes désignation. Dans tous les cas, on loue son nom à pleins poumons.
  5. En effet, depuis le départ de l'expédition arochaise, le Capitaine était pressé de se débarrasser de l'engin, entre la prochaine arrivée du Primat et la pression de Kal Feilan. Car le "gentil" chaman ayant appris que le sarcophage était toujours dans la mine en cours de fortification, il a fait savoir que l'objet "maudit" devait être neutralisé d'urgence sans quoi il préviendrait les Sentinelles de l'Orage qui le prendraient très mal : sans doute au point de raser le village pour s'assurer de la destruction de l'artefact... Durgaut connaissant par ailleurs toutes les convoitises que le sarcophage semble attirer, il a consulté ses rares "spécialistes" et, la destruction étant impossible avec les moyens à leur disposition, notre Capitaine a pris des mesures qui devraient suffire pour un moment : le sarcophage a été séparé en deux parties, le couvercle remisé en secret dans un endroit bien gardé et la caisse, trop encombrante, balancée dans un lac profond. Là, normalement, c'est pas demain la veille que quelqu'un s'en resservira.


ÉPREUVE

Quand tu as remis ton armure et ton casque, vous descendez jusque dans la cour et l'Implacable s'arrête sur un des quatre octogones sculptés dans les dalles : tu reconnais sans mal les symboles d'une zone d'entraînement comme ton père en a tracé dans la terre des campements pendant une bonne partie de ta jeunesse. Aux galeries comme aux remparts, les Hotars affluent pour profiter du spectacle.

Okrathoran te salue raidement et, soudain, exécute un grand moulinet pour planter son fauchard (toujours gainé) sur le sigle des duels, la hampe résonnant du tintement reconnaissable d'un contrepoids intérieur : tu es sensé faire de même... après quoi, en dehors de dégainer vos lames, tous les coups sont permis jusqu'à ce qu'un des adversaire abandonne ou que "l'enseignant" trouve que ça suffit et quitte l'octogone.


Tu as alors une mise de 15 (15pE + 5 de matériel, -3 en Blessure et 2 en Fatigue) et tu as tout lieu de penser qu'il est à la fois plus compétent et plus en forme que toi : tu veux jouer l'affrontement tour par tour, ou tu préfères me décrire simplement ta tactique (y compris si tu brûles de l'Énergie ou des pH) et que je te raconte la suite ?
Ok pour le duel "raconté" : le combat en mail par mail, ça va prendre des siècles, et je suis super impatient d'avoir le fin mot de l'histoire. B. est donc aux 3/4 de son potentiel, face à un mec qui doit avoir une vingtaine de pE en combat mais avec un style totalement différent (arme d'hast et armure lourde).
Donc stratégie : d'abord observation / défense. Si il attaque (il aura probablement la priorité) défense haute, manœuvre défensive et attaque faible (en espérant lui prendre des pions sur la défense). Si attaques multiples en face, sacrifice de l'attaque sauf 1 pion (donc 4 avec matériel) pour contrer.
Si il me laisse la priorité, attaques multiples avec manœuvre offensive pour essayer de le déborder en jouant sur la mobilité, défense faible en espérant lui piquer des pions.

Ensuite : si je peux creuser l'écart en jouant sur la mobilité, attaques multiples à outrance, en manœuvrant pour le gêner. Si c'est pas possible de le déborder, manœuvres défensives pour rattraper l'écart de pool. Si il m'accule, attaque à fond, quitte à investir en Init' pour lui prendre la Priorité.

Je suis prêt à cramer de l'Énergie (si ça me permet de lui prendre des pions, ou d'éviter de me prendre des gnons) et des Ph (tout particulièrement pour éviter de prendre un gnon d'entrée de jeu sur un fumble en défense -genre, mes trois derniers combats) .
Question con, les lames au "gainées" mais les fourreaux métalliques ou souples ?

Vos fourreaux sont en métal, évidemment : vous ne cherchez pas à vous entretuez, mais un entraînement de Hornois, ça fait quand-même mal. :)


Très vite, tu t'aperçois que ton adversaire change constamment de tactique : au début, te laisse venir en maintenant la distance et tu prends régulièrement des gnons en rentrant dans le rayon d'action du fauchard, surtout qu'il laisse volontiers l'armure encaisser pour frapper (il ne prend que du choc et, manifestement, il s'en remet vite).
Dès que tu réussis à lui coller une belle attaque, il riposte par une grêle de coups (du fourreau, de la hampe, du pommeau renforcé à l'autre bout, des coudes, du casque...) et tu découvres qu'il peut bouger beaucoup plus vite que tu ne l'aurais imaginer (il doit bien avoir 4 ou 5pts de Protection, et peut-être 1 ou 2 en Gêne), tout en étant assez fourbe : certains grands coups changent de direction au dernier moment pour te coller une pichenette ailleurs, il met soudain tout son poids derrière une attaque qui te semblait une feinte...
Et dès qu'il t'a placé quelques gnons et que ton casque teinte comme une cloche, vu que tu es déjà blessé au côté gauche, il te colle un grand coup dans la hanche correspondante et commence à s'acharner sur la douloureuse ouverture ainsi créée...


Combien de pH es-tu prêt à mettre (selon mes notes, il t'en restait 2 et tu en as gagné 1 rien qu'avec un hochement approbateur de l'Immortel Seigneur, donc 3 à cet instant) et combien de pE brûlerais-tu au maximum ? Il me ballade en changeant de Répartition c'est ça ?
Pour le mettre à terre au Choc, vue son armure, c'est pratiquement impossible en l'état : faut que je manœuvre pour lui piquer des pions...
Je suis prêt à bruler jusqu'à 6 PE (ça fera 8 points de fatigue) mais faut que ça compte. Je veux dire : je suis déjà à -5. S'il me colle du choc (??) je vais perdre du pool trop vite. Si je prends de la fatigue, ça accentue mon désavantage "définitivement", donc inutile si ça me permet pas de lui piquer plus de pions que je perds en fatigue... Et je suis prêt à brûler mes 3pH (m'en fous, j'ai déjà progressé cette année ^^).
A l'usure, il va me bouffer (Pool et armure supérieure) donc faut que je le démonte vite. Je pense à feinter une manœuvre de désarmement et essayer de le déséquilibrer aux jambes. Un quintal de bestiau + un demi d'équipement, doit y avoir moyen de le déséquillibrer en piratant ses appuis ! (enfin, j'espère ^^...)


Bahardabras pare, esquive, riposte, feinte, assaille, encaisse et frappe de taille comme d'estoc pendant plusieurs minutes qui lui paraissent des heures, face à un adversaire carapaçonné et pourtant mobile qui ne se retient pas de lui en mettre plein la lampe...

Ta première tentative de désarmement échoue (il fait tournoyer son fauchard et tu manques de lâcher ton épée), une manœuvre défensive te permet de rentrer dans sa garde pour le percuter d'estoc dans la coquille (il a gémit), tu enchaînes coup de pommeau dans la tête... qu'il dévie du heaume, accroche ta lame de sa hampe pour te tirer vers lui et, dès que tu résistes, te coller un grand coup de cubitière dans le groin (et même avec ton casque, le sang gicle de ton arcade).
Tu esquives miraculeusement le coup de hampe dans le bide mais il pivote et revient de taille vers ta tête. Tu pares de peu et il en profite pour te marcher sur le pied de tout son poids, passe sa hampe entre tes jambes et t'envoie voler sur les dalles : aïe.

Après t'avoir étrillé le flanc gauche déjà blessé à la Cloche Rouge (il a du remarquer ça pendant que tu t'arnachais et il en profite), l'Implacable Okrathoran s'y reprend à deux fois pour te déboîter le genou gauche à travers la genouillère (sans armure, il t'aurait fracturé la rotule) : enchaînement haut de la lame pour te forcer à te tasser, parade tournante de la hampe quand tu ripostes, coup de pied pour t'éloigner, battement de sa lame sur la tienne, pivot et le méchant coup de manche dans la patte... que tu retires de justesse pour te fendre et lui carrer ta pointe dans le casque. Non mais.

La deuxième fois qu'il t'assassine la rotule, il venait d'esquiver ta charge de justesse et, pendant que vous pivotiez tous les deux pour revenir en position, il a carrément encaissé ton fourreau dans le thorax pour te remettre son pommeau dans la genouillère, et là tu as eu plus mal que lui.

Trois ou quatre passe d'armes plus tard, tu as senti que tu ne pouvais plus vraiment te couvrir à gauche -il en a profité pour te percuter l'épaule de sa lame- et, après que tu aies vainement tenté de changer de rythme et néanmoins placé encore 2-3 bon coups (dont un grand coup de taille dans la jambe qui l'a nettement ralenti, tu as même cru que tu allais t'en sortir), il t'a crocheté la guibole droite avec son arme (et vu que la gauche était en capilotade...), grand coup de heaume dans la tronche, projection hors de la zone (et vlan : la margelle de la fontaine), coup de pied dans les reins avant que tu te relèves, désarmement tournant et un grand coup de pointe dans le dos, pile au défaut du plastron : tu as au moins deux côtes qui ont craqué (re-aïe).

Des dérouillées pareilles, même en comptant Shidalon Ker, t'en avait plus pris depuis ton papa : tu finis avec 4 pts de Blessure supplémentaire (t'es à 7), le souffle laborieux (3 points de Choc) et complètement lessivé (tout le reste en Fatigue). Ton papa disait que la douleur, c'est la faiblesse qui sort du corps : hé ben tu viens de cracher tout plein de faiblesse, bravo.

Pendant que tu serres les dents en tentant de te relever, magnanime, il boitille jusqu'à ton épée et, en faisant levier de son fauchard, la projette dans ta direction avant de conclure d'une voix assez essoufflé : "Fff... fin de la leçon."
Évidemment, personne pour te soutenir pendant que tu claudiques à sa suite pour regagner la salle d'honneur (mais quels escaliers de merde !), surtout qu'il faut encore saluer un genou en terre (aïe-heu) lorsque vous atteigniez l'estrade où le Roi (masqué) écoutait le rapport d'un jeune officier Hotar, très élancé, portant un immense arc dans le dos... et aux yeux curieusement clairs.
Sur un signe de l'Immortel Seigneur, l'archer vous salue tous bien bas et prend poliment congé, puis Okrathoran se relève (péniblement), retire son casque et ses gantelets pour tirer un mouchoir de sa ceinture et épancher sa lèvre fendue sous un énorme coquard qui vire déjà au violacé.
Mais ils sourit franchement et l'Immortel Seigneur du Bastion hoche la tête avec approbation (hop +1pH).

Toi, à qui personne n'a cette fois retiré tes armes, tu as déjà du mal à tenir debout, tu souffres de partout et ça te gâche un peu la satisfaction lorsque Jhardogrohn vous fait signe de vous assoir en demandant à son second : "Combien d'hommes disponibles ?
_Onze, réponds Okrathoran après réflexion, en acceptant le thé que vous offre la servante "aveugle". Quatorze, si l'Immortel est prêt à y joindre le Bâtard et ses ailiers (petit signe de tête vers la grande porte qui se refermait sur l'archer)." Le roi médite la question un instant, considère ton récent insigne de sergent (un foulard rouge noué en fourragère, que tu portes autour de l'épaulette gauche) et lance un regard à la Lame d'Airain qui éponge le sang de sa moustache.
Okrathoran demande : "Quelles seraient les missions des Hotars ?

■ "Combien de temps durerait leur engagement ?" ■ "Où seraient-ils cantonnés ?" ■ "Combien d'autres officiers et sous-officier compte la troupe de ton Capitaine ?" ■ "Quand repart ton navire ?"